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LES SEPT PAROLES DE LA CROIX

Célébration de la Passion

Nous sommes au sommet de cette Semaine Sainte, avec la cérémonie de la Passion de Notre Seigneur. C’est le premier grand triomphe du Seigneur, le triomphe de l’Amour : « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir (Jn. 12,32-33).

L’Eglise nous invite ce vendredi à contempler spécialement le Seigneur en agonie sur la croix jusqu’à son dernier souffle de vie, une agonie qui a duré environs 4 heures.

Pendant ce temps, soumis à des douleurs inimaginables pour nous, le Seigneur a prononcé quelques paroles  que les évangélistes nous ont laissées par écrit ; elles sont 7 phrases au total et la tradition de l’Eglise a nommées comme « les 7 paroles de la Croix ». Il est très probable que le Seigneur n’ait dit que ces 7 paroles car les douleurs étaient à ce moment, extrêmes et son Corps Sacré était évidement épuisé.

Ainsi comme les dernières paroles de nos êtres chers qui vont partir de ce monde restent gravées dans nos cœurs et il est impossible de qu’elles tombent dans l’oubli ; de la même façon il est arrivé pour ceux qui étaient présents à ce moment au Calvaire. Ce sont eux qui ont transmis ce dernier testament aux évangélistes pour que chaque disciple de Jésus écoute à son tour ces paroles et les garde comme un trésor dans son cœur.

A ce moment sublime, Jésus appela tous ses enfants autour de la chaire de la croix et chacun des mots qu’il prononça pour eux devait être publié éternellement et apporter une consolation sans fin.   Il n’y a jamais eu de prédicateur comme le Christ mourant et il n’y a jamais eu un sermon comparable à celui de sept paroles du Christ (Mgr. Fulton Sheen).

Première Parole

La première Parole que Jésus a dite au moment où on le clouait sur la croix c’est une prière adressée au Père, par laquelle Notre Seigneur demandait pardon pour ceux qui l’ont mis sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23,34).

Semblable à ces arbres odoriférants qui inondent de leur parfum la hache même qui les entaille, le grand Cœur  de l’Arbre d’Amour tira de ses profondeurs quelque chose qui était moins un cri qu’une prière, la douce, la suave, l’humble prière du pardon et de l’oubli de la faute.

Jésus ne demande pas pardon pour Lui-même car Il est l’Innocence parfaite ; comme Médiateur entre Dieu et les hommes, ce qu’Il faisait c’est donner le pardon.

Il prie le Père, non pas parce qu’il lui manque le pouvoir de pardonner, mais pour nous apprendre à prier pour nos ennemis. L’Immense Tendresse appelle la bénignité de Dieu et Notre Seigneur juge avec amour ceux qui le condamnaient avec haine.  N’oublions pas qu’Il prie aussi pour nous qui l’avons conduit par nos péché à la Passion.

Deuxième Parole

Au calvaire Jésus fut crucifié avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche, nous dit l’évangile. L’un de deux mourra de la même façon dont il a vécu, loin de Dieu.

Le deuxième, à qui la tradition de l’Eglise donnera le titre de bon larron demandera le pardon et la grâce de pouvoir se réjouir de la compagnie de Notre Seigneur dans le Paradis. C’est un bon larron parce qu’il a volé le Ciel : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc. 23,42-43)

Sage est le conseil de Saint Augustin à propos de l’histoire du bon larron: « si l’Évangile nous fournit l’exemple d’un pécheur converti au moment de sa mort, c’est pour nous empêcher de tomber dans le désespoir ; et, afin que nous ne présumions pas de la Miséricorde de Dieu, cet exemple est le seul qui nous soit proposé ». N’oublions pas de revenir à Dieu et de grandir dans la vie de la grâce par une confession régulière.

Troisième Parole

La troisième parole est adressée à sa Mère et à son disciple bien-aimé : Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »  Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » (Jn. 19, 26-27).

Pourquoi le Seigneur dit Femme et non Mère ? La première raison possible c’est pour ne pas la faire souffrir encore plus dans ce moment de grandes douleurs pour Marie, pour ne pas lui « faire du mal » pour ainsi dire, avec un nom si doux, si tendre, si délicat comme celui de Mère, car elle voit son Enfant mourir.

Mais, théologiquement parlant Jésus est l’homme parfait, libéré du péché et qui est pleinement en amitié avec Dieu, nouvel Adam. Marie, la nouvelle Eve, est la première femme de la nouvelle création qui commence avec la Croix. Si dans le Christ nous avons le modèle parfait du véritable Homme, en Marie nous avons le modèle de la véritable Femme qui engendre ses enfants pour la vie éternelle.

Quatrième Parole

Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt . 27,43) Voilà la quatrième parole du Christ sur la Croix.
Rappelons-nous que ce vendredi Saint, des ténèbres épaisses se firent sur toute la terre, c’était une grande obscurité.

Mais le Christ qui avait accepté de souffrir en lui toutes les conséquences du péché, a aussi souffert les effets de la séparation de Dieu, la solitude de l’homme lorsqu’il est soumis au péché. Une obscurité et des ténèbres plus épaisses que celles les gens contemplaient à ce moment au Calvaire.

Le Seigneur voulait prendre sur lui l’effet principal du péché, qui est celui de se sentir désemparé ; mais dans notre cas, ce n’est pas Dieu qui nous abandonne, c’est nous-mêmes qui l’abandonnons.

Regardons encore qu’à la différence de la première parole, le Seigneur ne s’adresse pas à son Père avec ce nom ; Il s’adresse à Dieu, car Jésus représente à ce moment aussi toute l’humanité qui a péché contre Dieu ;  pour cette humanité, Jésus veut prendre sur lui tout le poids du péché.

Cinquième Parole

Selon l’évangile de saint Jean, « pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif » (Jn. 19, 28), et nous avons ici la cinquième parole.

Il s’agit d’une véritable soif physiologique. La perte de sang avait causé en Lui une fièvre mortelle ; le sang avait commencé à couler depuis l’agonie à Gethsémani, mais augmenté par la flagellation, le couronnement d’épines, le chemin de croix et la crucifixion. La soif dans ces conditions devient extrême et un grand tourment. Mais il devait accomplir toutes les prophéties, le psaume 69 annonçait que le Messie devrait être abreuvé du vinaigre, et c’est ce que les soldats ont fait.

Contemplant ce moment de la Passion, saint Ambroise commente : « ‘J’ai soif ‘, comme s’il disait : ‘j’ai soif de que tu aeis soif de Moi’ !

Sixième Parole

Lorsque Jésus prend la boisson vinaigrée, Il dit avec force : « Tout est accompli » (Jn. 19, 30), c’est une seule parole en grec et en araméen. Il ne la dit pas comme quelqu’un qui se résigne à une défaite ; mais on peut traduire comme le cri d’une victoire, comme on dit lorsqu’on finit avec une mission « c’est fait ! j’ai fini ! » Nous pouvons dire qu’avant de parler avec son Père et près sa mort, Jésus donne avec une grande voix son acclamation de Triomphe.

Septième Parole

Pour montrer qu’Il ne mourait pas par épuisement mais par sa propre Volonté, la dernière parole est aussi prononcée avec force. Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » (Lc. 23,46).

C’est un verset du psaume 31(5), que les enfants d’Israël priaient avant de s’en dormir. C’était la prière de la nuit. A cette tendre prière Jésus ajoute le nom du « Père ». Jésus veut s’endormir entre les bras de son Père.

Il est celui qui donne sa vie, Il meurt quand Il veut et parce qu’Il le veut, cette voix forte indique cela.

Mais il y a aussi un autre détail.

Lorsque les hommes meurent, la mort les fait expirer et perdre ensuite les forces de leur corps. Dans l’évangile, l’Esprit Saint nous montre comment le Christ est Seigneur de la mort.

D’abord Il incline la tête, comme en disant à la mort :  » c’est maintenant que tu peux venir, je te le permets », pour donner ensuite le dernier souffle de sa vie . Et inclinant la tête, Jésus remit l’esprit (Jn. 19,30).

Et Il s’est endormi sur la croix et la lance à pénétré son coté. C’est l’amour qui a triomphé.

« Stabat Mater Dolorosa », Au pied de la croix était sa Mère, contemplant la mort de son Fils. Faisons lui compagnie, supplions la Mère du bel Amour qui nous aide à contempler le triomphe de l’Amour.

P. Luis Martinez, IVE.

L’homme au cœur pur, aux mains innocentes

Homélie pour le Dimanche de Rameaux

Introduction

Au commencement de la célébration, la liturgie nous a expliqué les sens de la célébration :

« Nous avons préparé nos cœurs, par la prière, la pénitence et le partage. Nous voici rassemblés pour commence la semaine sainte, pour célébrer le mystère pascal. Aujourd’hui, le Christ entre à Jérusalem, la Ville Sainte, où il va mourir et ressusciter. Et encore Mettons toute notre foi à rappeler le souvenir de cette entrée triomphale de notre Sauveur. Suivons-le dans sa passion pour avoir part à sa résurrection. »

D’abord nous allons contempler cette entrée triomphale dans les évangiles synoptiques, puis à la lumière du psaume 23 que nous avons chanté tout à l’heure et nous finirons avec une petite relation entre cette entrée triomphale et la célébration de l’Eucharistie.

A. L’entrée à Jérusalem dans les évangiles synoptiques.

Avec l’entrée triomphaleles trois évangiles synoptiques (Mt, Marc et Luc) commencent à décrire le ministère public du Christ à Jérusalem. On trouve 5 chapitres chez Saint Mathieu (21 – 25 Mt)

Notre Seigneur entre à la ville et chasse les vendeurs du temple.

Dans le chapitre 21 Le premier problème qui se pose c’est la question de l’autorité de Jésus. « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » demandaient les juifsJésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » [Ils n’en répondent rien pour cela Jésus leurs dit] : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela ». (Mt 21, 23 ss)

Après cela, le Seigneur prononce la parabole de deux enfants : le premier disait faire la volonté de son père mais finalement il ne la fait pas. La parabole de vignerons homicides (En relation aux chefs du peuple) 22 Et une troisième parabole, le festin des noces. 

Puis les juifs lui mettent à l’épreuve avec des questions difficiles.

  • L’impôt dû à César.
  • La résurrection des morts,
  • Le commandement plus grand

Au chapitre 23, Jésus dénonce l’hypocrisie des scribes et des pharisiens… avec quelques imprécations : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites guides Insensés et aveugles ! »

Le chapitre 24 présente les discours eschatologique et, dans le chapitre 25, les paraboles en relation au jugement dernier : « Les vierges sages et folles » et « la parabole des talents ».

Après la prédication du Seigneur Saint Matthieu dira : « Lorsque Jésus eut terminé tout ce discours », ce que Saint Thomas d’Aquin commente : « Seulement lui, il est capable de donner la fin, le terme, la perfection à ce qu’il faut dire. »

B. A la dernière cène :

  • L’évangéliste nous décrit la préparation de tout ce qu’il fallait.
  • L’annonce de trahison de Judas.
  • Et l’institution de l’Eucharistie (Le même sacrifice du Christ mais offert de manière non sanglant)

C. Et finalement, la passion dont nous venons d’écouter le récit. C’est sa sortie de ce monde. (Selon la transfiguration de San Luc 9, 11)

  • Gethsémani.
  • Les tribunaux religieux et publics.
  • La flagellation et le couronnement d’épine.
  • Le chemin de croix et la crucifixion et la mort de notre Seigneur.

La passion, le sacrifice du Christ offert de façon sanglant.

En effet, cette entrée à la ville sainte a un climat, un contexte liturgique, Jésus entre dans la ville pour offrir son unique sacrifice (Jésus Christ… après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu…. Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie.10, 12hébreux) d’abord de manière non sanglante et puis de manière sanglante, en versant son propre sang.

Le pape Benoît, dans une homélie de dimanche de Rameaux, disait : La procession des Rameaux est – comme elle le fut ce jour-là pour les disciples – une expression de joie, parce que nous pouvons connaître Jésus (le Sauveur), Il nous accorde d’être ses amis et il nous a donné la clé de la vie, [Il est la vie]. Cette joie, qui existe au début, est cependant également l’expression de notre « oui » à Jésus et de notre disponibilité à aller avec Lui partout où il nous conduit. (Homélie dimanche de Rameaux 2007)

Le Psaume 23

Méditons maintenant le psaume 23 de la procession d’entrée que nous avons chanté : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? « 

C’est la partie du psaume où l’on voit que la perspective du Psalmiste se restreint au Sion, « la montagne du Seigneur ». Nous sommes devant le temple de Jérusalem et l’ambiance est liturgique.

Dans cette procession que faisait le peuple d’Israël, les fidèles adressent une question aux gardiens de la porte sainte: « Qui montera sur la montagne de Yahvé? Et qui se tiendra dans son lieu saint? ».

Il ne s’agit pas de normes purement rituelles et extérieures à observer, mais plutôt d’engagements moraux et existentiels à pratiquer. Pour entrer en communion avec Dieu nous devons nous préparer, ou plutôt nous laisser préparer par Dieu. En certaine manière c’est une description de Jésus Christ : L’homme au cœur pur, aux mains innocentes. Qui ne livre pas son âme aux idoles (et ne dit pas de faux serments).

A) Tout d’abord il faut avoir « les mains innocentes et le cœur pur ». « Les mains » et le « cœur » évoquent l’action et l’intention, c’est-à-dire tout l’être de l’homme qui doit être radicalement orienté vers Dieu et vers sa loi.

B) La seconde exigence est celle que l’âme du croyant « ne se porte pas vers des riens ou les idoles » qui, dans le langage biblique, ne renvoi pas seulement à la sincérité mais surtout à la lutte contre l’idolâtrie, les idoles étant de faux Dieu, c’est-à-dire « des riens ».

C) Enfin, voilà la troisième condition qui concerne la relation avec le prochain : « Ne jure pas pour tromper ». La parole, comme on le sait, dans une civilisation orale comme celle de l’antique Israël, ne pouvait pas être un instrument de tromperie, mais elle était au contraire le symbole de relations sociales fondées sur la justice et la rectitude. Jésus Christ est la parole qui donne la vie éternelle, Il est ou Il doit être le centre de la vraie vie social de l’homme.

Pour nous qui montons avec le Christ, c’est presque comme un examen de conscience ou un acte de pénitence qui précède la célébration liturgique.

3. Pour finir mais plus brièvement, tous ces évènements en relation à la liturgie eucharistique. 

On peut observer ces 3 moments liturgiques dans la célébration eucharistique :

  • L’entrée du Christ à Jérusalem – L’entrée du Prêtre, qui préside le sacrifice.
  • La prédication du Christ à Jérusalem -la liturgie de la Parole.
  • La dernière cène et la passion – la célébration du sacrifie eucharistique.

Conclusion :

Aujourd’hui, le Christ entre à Jérusalem, la Ville Sainte, où il va mourir et ressusciter. Nous sommes appelé à entrer avec le Christ, à avoir ses mêmes dispositions. Écoutons sa parole et répondons par notre foi, l’obéissance de la foi. Suivons-le dans sa passion ; essayons de vivre, de faire notre son sacrifice ; pour utiliser un verbe plus technique « participer» à l’unique sacrifice rédempteur, l’unique sacrifice qui peut nous purifier de nos péchés.

P. Andrés Nowakowski IVE.