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« J’ouvre toutes grandes les portes de ma miséricorde »

Lire l’évangile du deuxième dimanche de Pâques  (Jn 20, 19-31)

Nous sommes dans ce deuxième dimanche de Pâques, dimanche dans l’octave de Pâques. L’Eglise nous fait célébrer ces 8 premiers jours du temps de Pâques comme un grand dimanche.

Nous allons en profiter pour faire un petit enseignement liturgique par rapport à ce grand élément caractéristique du temps de Pâques qui est le Cierge Pascal.  Le mot « cierge » vient de cire, la cire d’abeille, la matière dont les cierges étaient faits auparavant et même aujourd’hui.

Au début de l’histoire de l’Eglise, le cierge pascal a eu une fonction tout à fait pratique, celle d’éclairer le temple pour la cérémonie de la Veillée Pascale, à l’origine il n’y en avait pas un seul, mais plusieurs dans les églises pour pouvoir bien les illuminer.

Il semble qu’en Orient ils aient été décorés avec les dates des fêtes liturgiques mobiles dans l’année (Pâques, Ascension, Pentecôte). Selon la tradition, certains évêques envoyaient aux membres de leurs diocèses des cierges comme une sorte de calendrier liturgique. C’est peut-être l’origine des chiffres de l’année que l’on y appose maintenant.

Pour nous, le Cierge Pascal a une finalité symbolique. D’abord, il nous rappelle le passage de la mer Rouge et le chemin dans le désert du peuple d’Israël, pendant la nuit Dieu illuminait le peuple comme une colonne de feu (image prophétique de la lumière de la vérité qui est notre Seigneur Jésus-Christ). Mais, plus évident encore, le cierge est image et représente le Seigneur ressuscité, éclairant les ténèbres de ce monde. Sa flamme signifie la nouvelle vie de la Résurrection. La cire dont ce cierge a été fait est fabriquée par l’abeille, qui est l’animal toujours vierge ; symbole du Corps sans tache de Notre Seigneur né de la Vierge Marie.

Le cierge pascal doit porter nécessairement la croix, les lettres grecques Alpha et Omega (première et dernière lettres de l’alphabet grec) et les chiffres de l’année présente. Selon le livre de l’Apocalypse le Christ est l’Alpha et l’Omega (principe et fin de notre histoire), la croix est toujours au centre de l’histoire de l’humanité, et sa résurrection illumine aussi notre temps présent (notre « aujourd’hui »). A ce cierge nous appliquons cinq grains fait d’encens ; qui représentent les cinq plaies glorieuses du Seigneur : sur ses mains et ses pieds et sur son coté transpercé par la lance. Ce sont les plaies qu’Il a voulu porter après sa résurrection et Il les aura toujours sur son Corps Glorieux. Elles nous rappellent comme on le dira plus tard, l’amour de la Passion et la gloire de la résurrection.

Revenons maintenant à la célébration de ce dimanche dans l’octave de Pâques, il a reçu depuis le 30 avril de l’année 2000 le nom de Dimanche de la Divine Miséricorde. C’est le pape Saint Jean Paul II qui lui a donné ce nom le jour où il a canonisé sainte Faustine Kowalska. Elle est la sainte qui a reçu les révélations de Notre Seigneur, et le Seigneur a voulu que ce premier dimanche après la Pâque s’appelle ainsi et soit célébré comme une fête de la Miséricorde.

Le Seigneur s’est montré à sainte Faustine comme le représente le tableau qu’Il lui a fait peindre après, signalant avec sa main gauche la plaie de son côté, d’où surgissent deux rayons qui signifient le Sang et l’Eau.

On peut affirmer que cette vision de Notre Seigneur a beaucoup de relation avec l’évangile de ce dimanche. Le côté transpercé de Jésus Ressuscité est comme le résumé de tout le message de la Divine Miséricorde.

Comme nous le savons le Seigneur a gardé ses plaies, son Corps glorieux plein de beauté et parfait après sa résurrection a gardé ces reliques de sa souffrance sur la croix.

Alors, on pourrait faire ce raisonnement : « Mais Jésus aurait pu garder seulement les marques, comme les cicatrices que nous portons parfois dans nos corps, tandis que nous savons qu’Il a gardé les plaies ouvertes, sinon Il n’aurait pas dit à l’apôtre Thomas « mets ta mains dans mon côté ».

D’abord nous devons dire que le Seigneur a voulu conserver ses plaies ouvertes pour notre bien spirituel, pour raffermir notre foi et la foi de ses disciples dans la Résurrection, comme S. Bède écrit, si le Christ a gardé ses plaies, ce n’est pas par impuissance de les guérir, mais   » pour faire connaître à jamais le triomphe de sa victoire « . Son Corps ressuscité se montrait donc plus parfait en portant les signes de Sa passion. C’est pour cela que le Seigneur veut que Thomas introduise son doigt et sa main dans les ouvertures causées par les clous et la lance ; pape S. Léon explique  » il lui suffisait, pour sa foi personnelle, de voir ; mais il a travaillé pour nous en touchant ce qu’il voyait « .

Les marques de la croix ne servent pas seulement pour affermir notre foi dans la résurrection du Christ, elles ont une implication dans notre vie spirituelle par rapport à l’amour que les hommes de tous les temps sont obligés de rendre à Jésus-Christ, mort pour nous sur la croix. Et pour cela, l’autre saint Thomas, saint Thomas d’Aquin (que nous suivons dans tous ces arguments, cf. Somme Théologique Q. 54, a. 4) donne deux raisons parmi d’autres, mais faisant référence à l’amour et la foi que l’humanité doit porter pour le Christ :

Il aura toujours ses plaies pour faire connaître, au jour du jugement, combien juste sera la condamnation portée contre ceux qui ne l’ont pas aimé. Comme l’observe S. Augustin :  « Le Christ savait pourquoi il conservait ses plaies dans son corps. Il les montrera un jour à ses ennemis et leur dira en les convainquant par sa vérité : ‘Voilà l’homme que vous avez crucifié ; voyez les blessures que vous lui avez faites ; reconnaissez le côté que vous avez percé ; car c’est par vous et pour vous qu’il a été ouvert, pourtant vous n’avez pas voulu y croire. »

Mais, Il les gardera aussi pour ceux qui ont cru à Lui et l’ont aimé, « pour insinuer à ceux qu’il rachetait par sa mort, avec quelle miséricorde Il les avait aidés, en mettant sous leurs yeux les marques mêmes de sa mort ».

Nous pouvons dire aussi que le Seigneur a voulu que ses plaies, spécialement celle du côté soient toujours ouvertes. C’est une ouverture, c’est par elle que sont sortis du sang et de l’eau (cf. Jn. 19,34) ; l’eau symbole de l’Esprit Saint et de la purification des péchés ; le sang du Christ nous rappelle l’Eucharistie, qui est le Sacrement de son Corps et de son Sang et qui nous apporte la grâce. Mais Son côté est ouvert pour pouvoir y accéder jusqu’à Cœur de Jésus et découvrir son amour pour nous, comme Jésus l’a révélé à sainte Faustine, avec la seule condition d’avoir confiance dans sa Miséricorde.

Bien avant dans l’histoire, saint Jean Chrysostome prêchait sur la puissance de la croix et la grandeur de la Passion pour nous : « Veux-tu connaître encore mieux la puissance du sang du Christ? Souviens-toi de son origine. Il a coulé du côté du Maître en croix. La lance du soldat ouvrit le côté et brisa le mur du temple saint (c’est le Corps du Christ). Voici, j’y ai trouvé un trésor de grâce. Et je me réjouis d’y découvrir d’admirables richesses»

Mais les plaies de Jésus ne nous parlent pas seulement à nous, les hommes ; Il les a gardées pour les présenter tout le temps, éternellement au Père. Comme dit saint Thomas, le Seigneur les a gardées pour montrer constamment à son Père, en suppliant pour nous, quel genre de mort Il avait subi pour l’humanité », elles sont le témoignage de son Amour pour nous les hommes. « Jésus, dit la lettre aux hébreux (7,24-25), lui, parce qu’il demeure pour l’éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas. C’est pourquoi il est capable de sauver d’une manière définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, car il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur ».

Mais de ce côté transpercé descend aussi la force de la grâce qui nous pardonne les péchés, précisément dans ce dimanche où l’évangile nous montre comment Jésus a donné le pouvoir de l’Esprit Saint aux apôtres pour pardonner les péchés. Nous ne pouvons pas séparer la Miséricorde de Dieu de ce moyen précieux que Dieu a mis pour l’exercer dans ce monde qui est le sacrement du pardon et de la Miséricorde, sachant toujours que le prêtre est un instrument, agissant in persona Christ, dans la personne du Christ.

Et nous allons finir avec les paroles de Jésus à sainte Faustine :

« (La dévotion à la divine Miséricorde) est un signe pour les derniers temps, après viendra le jour de la justice. Tant qu’il en est temps, que les hommes aient recours à la source de ma miséricorde, qu’ils profitent du sang et de l’eau qui ont jailli pour eux.  Avant de venir comme juge équitable, j’ouvre d’abord toutes grandes les portes de ma miséricorde. Qui ne veut pas passer par la porte de ma miséricorde, doit passer par la porte de ma justice… » (Petit journal, 848)
« Je veux répandre mes grâces inconcevables sur les âmes qui ont confiance en ma miséricorde.   Qu’elles s’approchent de cet océan de miséricorde avec une très grande confiance : les pécheurs obtiendront justification et les justes seront affermis dans le bien. Celui qui a mis sa confiance en ma miséricorde, à l’heure de la mort, j’emplirai son âme de ma divine paix. » (Petit journal, 687.1520)

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

(Image mise en avant : jour de la canonisation de sainte Faustine)

Il vit, et il crut!

La résurrection du Christ a changé l’histoire des peuples. Sa vie est ses œuvres, sa résurrection ont changé l’histoire. Le Christ est le sujet le plus abordé, soit de façon positive, soit de façon négative. De certaine façon, on ne peut pas être impartial, ou bien nous sommes avec le Christ ou nous sommes contre le Christ.

De ce grand mystère de la résurrection nous allons parler tout d’abord de la résurrection comme un fait historique, après la résurrection comme objet de la foi, et finalement, comment nous devons vivre ce mystère.

La résurrection est un fait historique :

Il y a des sources non chrétiennes :

Tacite (55-120), dans son traité « Les Annales », vers les années 115, décrit le grand incendie de Rome pendant le règne de l’empereur Néron. Il déclare : « Néron fit de ceux que le peuple a appelés Chrétiens, des boucs émissaires et les soumit aux tortures les plus raffinées… Leur nom vient de Christ qui, pendant le règne de Tibère, avait été exécuté par le procurateur Ponce Pilate » (Annales 15. 44).

Flavius Josèphe, (37-110 ap JC), historien juif du Ier Siècle dit : « Jésus, un homme sage … un maître d’hommes dont ces derniers reçoivent la vérité avec plaisir. Il avait attiré à lui, beaucoup de juifs et beaucoup de païens … quand Pilate, sur la suggestion des hommes principaux parmi nous, l’avait condamné à la croix, ceux qui l’ont aimé depuis le début ne l’ont pas abandonné ; parce qu’il leur est apparu vivant le troisième jour. (Et voilà) La tribu des chrétiens, ainsi appelée à cause de lui. (Josephus, Antiquités 18.3.3. )

Mais, les évangiles sont des sources historiques :

Même s’il y a beaucoup des personnes qui nient cela, les évangiles sont des sources historiques, par exemple : au moment où ils racontent la coutume de l’époque : La façon de semer, la façon de travailler, la manière de chercher de l’eau.  Lorsqu’ils décrivent les différentes sectes religieuses, les pharisiens, sadducéens, les hérodiens. Les différents gouverneurs, la manière de punir, la croix…

On voit aussi que les évangiles ne recherchent pas de nous convaincre de la résurrection. Saint Marc, dont l’évangile est lu cette année dans la liturgie, est plus étendu, plus large au moment où il parle de la passion, que lorsqu’il parle de la résurrection. Pour la passion on a 2 chapitres avec 119 versets. Pour la résurrection on a 1 chapitre avec 20 versets[1], Saint Marc écrit donc 99 versets de plus quand il parle de la passion. Semble-t-il qu’il n’est pas intéressé à nous faire croire un fait, parce que pour lui et pour ses contemporains, cela est évident.

Les ennemis de Jésus : Ils sont les seuls à penser à la résurrection juste après la passion.  Ce sont eux qui demandent une garde à Pilate pour garder le sépulcre : Les grands prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai… Pilate leur déclara : « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! » (Mt 27, 62 ss) (Les disciples n’ont pas par contre cru à la résurrection tout de suite après la passion…)

Au moment où le tremblement de terre se produit et le Corps de Jésus disparait, les soldats font leur rapport et les juifs leur répondent : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »

Mais, les disciples de Jésus étaient encore trop effrayés pour penser à voler le corps de Jésus, car Saint Jean nous dit « Le soir venu, en ce premier jour de la semaine… les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs » (Jn 19, 20) C’est la même crainte qu’ils ont manifesté le jeudi Saint au moment où ils ont abandonné leur maître.

On peut même examiner l’affirmation de Juifs : « Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” » Mgr. Fulton Sheen dit : « Les soldats dorment, s’ils dorment ils ne pouvaient pas donc voir qui était le voleur. »

Une fois que les disciples voient le Christ ressuscité, on voit comment après ils proclament ouvertement la passion et la résurrection du Christ : « Les pharisiens (les chefs du peuple) leur interdisent de faire cela mais ils continuent à le proclamer. C’est pour cela que les pharisiens leur disent une fois encore : ‘Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme !’ En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : ‘Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.  Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.’ » (Actes 5, 28ss.) On voit pourtant que les pharisiens ne disent pas : « le Christ n’est pas mort ou il n’est pas ressuscité»… Ils interdisent simplement la prédication.

Saint Paul aux corinthiens

Un cas qui nous fait voir la certitude la résurrection c’est la lettre aux corinthiens. Le contexte est que quelques corinthiens disaient : «il n’y a  pas résurrection de mort » Paul leur répond : Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité… Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis ». (1 cor 15, 12). Saint Paul se sert de la certitude de la résurrection du Christ pour affirmer avec certitude notre résurrection future.

Nous voudrions finir ce premier mot en disant : Le Christ est mort sur la croix. Son corps n’est plus là. On ne peut pas croire non plus au mensonge qu’une personne endormie puisse voir qui est le voleur. Donc les disciples n’ont pas volé le corps. Alors,  qu’est-ce que s’est passé ?

C’est pour cela qu’il est logique croire en la résurrection.

  1. La foi en la résurrection :

La foi est en elle-même est un sujet très large, la foi comme l’acte de foi, soit intérieur soit extérieur, la foi comme vertu, la foi comme don de Dieu. Ce que nous dirons de la foi aura toujours le but d’approfondir le mystère de la résurrection.

La lettre aux hébreux nous dit que : « La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. » (Hébreux 11, 1)

Nous avons écouté tout à l’heure l’évangile de Saint Jean : Les disciples écoutent l’histoire des femmes, les deux disciples courent, Jean arrive le premier mais il n’entre pas. Pierre arrive et entre au tombeau, et l’évangile nous dit : « C’est alors qu’entra l’autre disciple (Jean), lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. »

Qu’est-ce qu’il a vu ? Il a vu ce que Pierre a aussi vu : « il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. »  Il crut en la résurrection. Car « La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

On connait bien l’histoire, le dimanche de pâque, Thomas n’est pas avec les disciples au cénacle.  Après, lorsqu’il sera informé, l’apôtre ne voudra pas croire à ses compagnons. Le dimanche suivant, Jésus apparait au cénacle encore une fois et dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Alors, est-ce que Thomas a vu Dieu lui-même ? Non, il est en face de Jésus ressuscité, il voit un corps avec les marques de la croix et il le proclame « Seigneur et Dieu ».

« La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

La lettre aux hébreux dit aussi : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère » (Hébreux 11,1)

Nous avons l’exemple de Marie Madeleine : Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs… elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.  « Jésus lui dit… « Marie ! »… S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » et elle se jette vers Jésus… Jésus reprend : « Ne me retiens pas… » ».

C’est ça qu’on fait par la foi, en quelque sorte on touche, on possède l’objet de la foi : une façon de posséder ce que l’on espère »

On voit comme la résurrection nous fait mieux comprendre l’ensemble de la révélation. On connait le passage des disciples d’Emaus, ces deux disciples qui quittaient Jérusalem tous tristes, et Jésus devient leur compagnon de voyage (Lc. 24, 13-35).

Jésus va leur expliquer les écritures: « Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. » Et ils se disaient après : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » »

La résurrection du Christ nous laisse voir, nous permet de comprendre d’une meilleure façon, la révélation toute entière.

Nous avons aussi le cas de Saint Pierre, en l’apparition à saint Pierre nous voyons que la résurrection nous aide à comprendre nos péchés et nos faiblesses.

L’apparition dont nous parlons est présentée dans l’évangile de Saint Jean (21, 15-19). Il nous dit que le Christ est apparu en Galilée, Il était à la berge du lac et les disciples faisaient la pêche. Ils reconnaissent Jésus, ils font une pêche miraculeuse, ils mangent ensemble, et après Jésus parle avec Pierre en disant :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit cela une deuxième fois… et pour la troisième fois… Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

Nos péchés ne disparaissent pas dans l’histoire (En le sens que nous les avons commis et c’est une réalité que nous devons reconnaître, nous sommes pécheurs) ils deviennent[2] une cause par laquelle nous sommes ‘obligés’ d’aimer Dieu. Saint Pierre devient triste, peiné, parce que Jésus lui rappelle son péché, mais il se confie à la miséricorde de Dieu qui est plus fort que la mort, plus grande que nos péchés.

En certaine manière la résurrection est le sceau de la révélation, ce qui donne unité,   « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine aussi est votre foi. »

  1. Vivre comme ressuscité :

D’abord, le baptême : Par le baptême nous sommes morts avec le Christ et nous sommes ressuscités avec le Christ.

Col 3,1-2 : Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez (Vivez !) les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.

Nous faisons partie d’un corps ressuscité, du corps mystique du Christ. Notre façon de vivre, notre manière de penser, de parler, agir, d’omettre, doivent manifester le mystère de la résurrection.  « Le royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint ». On sait bien que la joie éternelle ne peut pas être donnée par aucune créature.

Mais aussi nous avons le devoir de la proclamer :

Au matin des pâques, les femmes ont reçu le message de la résurrection mais tout de suite elles reçoivent le devoir de proclamer aux disciples le mystère de la résurrection:

« L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire » (Mt 28, 5).  C’est un commandement pour toute l’Église :

Saint Marc, Saint Matthieu, Saint Luc et Saint Jean. Mt 28, 18 : Jésus (Ressuscité) s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.  Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

[1]Il y a de manuscrits que seulement nous transmettent 12 versés, évidement les 20 versés sont canoniques.

[2]Is 1, 18 « Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine.»