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Neuvaine au Bienheureux Charles de Foucauld

Prière au Bienheureux Charles de Foucauld

Bienheureux Charles, nous nous confions à votre puissante intercession auprès de Dieu, afin que vous nous obteniez la grâce d’imiter Jésus-Christ et de plaire au Père, et de suivre fidèlement les mouvements intérieurs du Saint-Esprit, toujours et en toute circonstance, selon le modèle de la Sainte Vierge, Mère du Christ, votre Mère et notre Mère.

A vous, enfant de Dieu le Père, qui Lui avez été pleinement confié ;

à vous, qui avez demandé Son aide avant de Le rencontrer par « cette étrange prière : Si vous existez, faites que je Vous connaisse »[1] ;

à vous, qui avez compris cette confiance comme un abandon total, comme vous remettant totalement entre Les mains du Père, de votre Père, afin qu’Il puisse faire de votre vie ce qui Lui plaît ;

à vous, qui avez su découvrir que « Dieu est si grand ! » et qu’il y a « une telle différence entre Dieu et tout ce qui n’est pas Lui ! »[2] ;

Nous vous demandons de nous obtenir la grâce d’être prêts à tout, de tout accepter, de remercier le Père pour tout, afin que Sa Volonté soit faite en nous, et de pouvoir manifester, dans la pauvreté et le mépris des biens du monde, que Dieu est notre seule richesse et qu’il y a « quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines »[3].

A vous, frère du Christ, en qui vous avez vu le Premier-né de l’humanité, non comme de simple homme, mais comme Dieu qui « se fait chair » (Jn 1,14), qui par amour pour nous « a tellement pris la dernière place que jamais personne n’a pu la lui ravir »[4] ;

à vous qui, mu par l’exemple du Christ dans sa vie cachée à Nazareth, avez toujours voulu lui tenir compagnie « autant que possible dans ses peines »[5] ;

à vous qui, dans ce but, avez renoncé avec une grande douleur et avec un plus grand courage à la proximité de vos proches, et à tout autre amour humain ;

Nous vous demandons de nous obtenir la grâce de nous déterminer en tout « par amour, par pur amour »[6] de ce Christ qui a vécu et est mort pour notre amour, avec une grande pureté de cœur, afin que nous n’aimions rien en dehors du Christ, dans la certitude que « l’amour c’est échanger tous les biens contre toutes les douleurs pour l’amour du Seigneur ! »[7].

À vous, serviteur de l’Esprit Saint, qui, non par des impulsions humaines ou mondaines, mais par ses mouvements intérieurs, avez toujours cherché à atteindre une plus grande perfection et à ne jamais revenir en arrière ;

à vous qui aviez compris que l’amour de Dieu est de Lui obéir « avec cette promptitude, cette foi, dans ce qui navre le cœur et bouleverse l’esprit, dans ce qui renverse toutes les idées qu’on s’était faites »[8] ;

à vous qui avez lutté pour rester dans ce désir de plus grande perfection, en vous défendant « de l’agitation et de perpétuels recommencements »[9] ;

Nous vous demandons de nous obtenir la grâce d’être inébranlablement fidèles à ce Saint-Esprit, dans la loyauté à ses inspirations intérieures et l’obéissance à ceux qui le représentent, pour faire de notre amour un « sacrifice immédiat, absolu, de ce qu’on a de plus cher »[10], c’est-à-dire, notre volonté, à Sa Sainte Volonté.

O Bienheureux Charles de Foucauld ! instrument de Dieu et ami de l’homme, âme de solides vertus théologiques et enflammée par le désir de conversion des infidèles, homme de l’Eucharistie, apôtre de la bonté, exemple de l’héroïsme sacerdotal aujourd’hui assez oublié, moine missionnaire, prédicateur dans le silence et dans « l’ensevelissement de votre vie », confesseur de la foi et martyr de la charité ; élevez vers la Sainte Trinité notre humble prière pour nous-mêmes, pour les peuples qui vous ont vu passer et pour ceux qui veulent être remplis de votre esprit.

Et disposez en notre faveur la Mère commune, la Mère de la Sainte Famille, la Mère de Bethléem, de Nazareth et du Calvaire, à qui nous voulons dire avec vous votre prière de confiance : « Très Sainte Vierge, nous nous donnons à vous, Mère de la Sainte Famille, faites-nous mener la vie de la divine Famille de Nazareth. Faites que nous soyons vos dignes enfants, les dignes enfants de Saint Joseph, les vrais petits frères de notre Seigneur Jésus. Nous remettons nos âmes entre vos mains, nous vous donnons tout ce que nous sommes pour que vous fassiez de nous ce qui plaît le plus à Jésus. Si nous avons quelque résolution spéciale à prendre, faites-la nous prendre. Portez-nous. Nous voulons une seule chose : être et faire à tout instant ce qui plaît le plus à Jésus. Nous vous donnons et vous confions, Mère Bien-aimée, notre vie et notre mort »[11]. Amen.  


[1] Charles de Foucauld, L’imitation du Bien-aimé, Nouvelle Cité, 1997, 78.

[2] Lettre à Henry de Castries, 14 août 1901.

[3] Lettre à Henry de Castries, 8 juillet 1901.

[4] Chatelard, Antoine, Charles de Foucauld. Le chemin de Tamanrasset, Karthala, Paris 2002, 44.

[5] Ibidem, 58.

[6] Lettre à Henri Duveyrier, 24 avril 1890.

[7] Charles de Foucauld, Qui peut résister à Dieu ?, Nouvelle Cité, Paris 1980, 65.

[8] Ibidem, 64.

[9] Lettre à l’abbé Huvelin, 18 juillet 1899.

[10] Qui peut résister à Dieu ?, 64.

[11] Cf. Carnet de Tamanrasset, prière du 15 août 1905.

Dédicace des basiliques de S. Pierre et de S. Paul, apôtres

Aujourd’hui, l’Église propose de célébrer la dédicace de deux basiliques romaines, qui sont mises sous le titre des deux plus grands apôtres, saint Pierre et saint Paul, et qui conservent leurs reliques.

Et la célébration a une grande charge symbolique, puisque les deux basiliques sont au cœur du christianisme, et qu’elles montrent une réalité théologique : que l’Église du Christ s’élève au-dessus des Apôtres, qui sont ses colonnes.

Saint Paul lui-même a dit que nous sommes édifiés sur le fondement des Apôtres et que le Christ lui-même est notre pierre angulaire. Et nous sommes tellement soutenus par la foi des Apôtres que chacun d’entre nous pourrait faire remonter sa propre foi au témoignage de l’un d’entre eux, qui à son tour nous relie au Christ. Nous devons tous notre foi au témoignage de l’un des apôtres, et donc d’une manière matérielle, notre vie chrétienne est fondée sur eux.

En effet, les apôtres se présentent comme des témoins et témoignent de ce qu’ils ont vu et entendu. Leur témoignage spécifiquement touche au mystère pascal. L’essence de l’expérience des apôtres, de ce qu’ils nous ont transmis, est le contact avec la croix de Jésus. Lorsque nous disons que nous sommes édifiés sur un fondement apostolique, nous voulons dire que nous croyons et avons confiance en la mort du Christ. Et en ce que cette mort, comme l’a dit le père Boylan, est si puissante, qu’elle est capable de faire de nous de grands saints même lorsque nous sommes aussi faibles que nous vraiment le sommes.

Aux grands Apôtres, qui ont su faire de leurs faiblesses leur force, par leur confiance dans le Christ, nous demandons la grâce que notre foi soit fortifiée et notre espérance accrue, jusqu’au jour du triomphe final de Jésus-Christ. Et à la Vierge Marie, Reine des Apôtres et Mère de l’Église, nous demandons qu’elle continue à bénir et à édifier l’Église sur le sacrifice toujours nouveau de son Fils Jésus.

P. Juan Manuel Rossi IVE.