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Conséils pour l’étude, d’après saint Thomas d’Aquin

Une cinquantaine d’années après la mort de saint Thomas, une de ses lettres fit surface sous le titre « Exhortations de saint Thomas d’Aquin aux jeunes gens de bonne volonté pour ce qui concerne l’étude » :

« Jean, mon très cher frère,

Tu m’as demandé comment étudier pour acquérir le trésor de la science et de la culture. Voici, à cet égard, les conseils que je te donne.

  1. Entre dans la mer de la connaissance par les petits ruisseaux et non d’un trait : car c’est par le plus facile qu’il convient d’arriver au plus difficile. Voici mon premier conseil et tu serais bien inspiré de le suivre.
  2. Sois lent à parler, lent à te rendre là où l’on parle.
  3. Accorde une grande importance à garder une conscience pure.
  4. Ne cesse jamais de prier.
  5. Montre-toi aimable envers tous.
  6. Ne te mêle pas des affaires des autres.
  7. Ne sois trop familier avec personne, car l’excès de familiarité engendre le mépris et fournit l’occasion de négliger le travail sérieux.
  8. Ne perds pas de temps en conversations inutiles.
  9. Marche dans les pas des saints et des gens de bien.
  10. Ne te concentre pas sur celui qui parle, mais confie à ta mémoire tout ce que tu entends de bon.
  11. Ce que tu lis et entends, fais en sorte de bien le comprendre.
  12. Dissipe tes doutes.
  13. Efforce-toi de ranger tout ce que tu pourras dans la petite bibliothèque de ton esprit.
  14. Ne cherche pas ce qui te dépasse. Si tu suis mes conseils, tu parviendras à ton but.

Saint Thomas d’Aquin, 1270 »

«On apprend plus avec saint Thomas en une année, qu’avec tous les autres saints ensemble pendant toute la vie»

Jean XXII, dans la bulle de Canonisation de Saint Thomas

150ème de la proclamation de Saint Joseph comme patron de l’Eglise

Quel gardien ou quel modèle Dieu pourrait-il donner à son Église ? Il est évident que c’est celui qui était le protecteur de l’Enfant Jésus et de Marie.

Or, la divine maison que Joseph gouverna comme avec l’autorité du père contenait les prémices de l’Eglise naissante. Joseph était le gardien, l’administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef.

Lorsque Dieu a décidé de fonder la famille divine sur terre, il a choisi Saint Joseph pour être le protecteur et le gardien de son Fils; lorsque Dieu a voulu que cette famille continue dans le monde, c’est-à-dire fonder, étendre et conserver l’Église, c’est à Saint Joseph qu’ est confiée la même charge. Un cœur capable d’aimer Dieu comme fils et la Mère de Dieu comme épouse, est capable d’embrasser avec un grand  amour et de prendre sous sa protection toute l’Église, dont Jésus est le chef et Marie est la Mère.

Dieu, qui aime les hommes, mêle travaux et douceurs, c’est un style qu’il suit avec tous ses saints. Ni des dangers ni des consolations ne nous sont continuellement donnés, mais de l’un à l’autre il tisse la vie des justes. Il l’a aussi fait avec Joseph.

 Il était vraiment le serviteur fidèle et prudent », dit saint Bernard, « que notre Seigneur a nommé maître de Sa maison, le réconfort et le soutien de sa mère, Son père adoptif et le plus fidèle coopérateur dans l’exécution de ses plus profonds conseils que la terre ait connu ». « Quel bonheur », dit encore Saint Bernard, « non seulement de voir Jésus-Christ, mais aussi de L’entendre, de Le porter dans ses bras, de Le conduire d’un endroit à un autre, de L’embrasser et de L’étreindre, de Le nourrir, et d’être au courant de tous les grands secrets qui ont été cachés aux princes de ce monde ».

« Voulez-vous des enfants bien-aimés, ramener les hommes au Christ et à l’Église ? se demandait à son tour Saint Bernardin de Sienne ; 

– Par rapport au Christ : aucun homme n’a été aussi proche du Rédempteur par les liens domestiques, par les relations quotidiennes, par l’harmonie spirituelle et par la vie divine de la grâce , comme Joseph, de la descendance de David, mais aussi humble ouvrier.

– Par rapport l’Église : il est le Patron de l’Église universelle. « 

Sainte Thérèse d’Avila l’a choisi comme patron principal de son ordre. Dans le sixième chapitre de sa vie, elle écrit ainsi : « J’ai choisi le glorieux saint Joseph pour mon patron, et je me recommande en toutes choses singulièrement à son intercession. Je ne me souviens pas avoir jamais demandé à Dieu quoi que ce soit que je n’aie pas obtenu. Je n’ai jamais connu personne qui, en l’invoquant, n’a pas avancé excessivement en vertu, car il assiste merveilleusement tous ceux qui s’adressent à lui ». Saint François de Sales recommande vivement sa dévotion et célèbre ses mérites, principalement sa virginité, son humilité, sa constance et son courage.

«L’illustre patriarche, le bienheureux Joseph, a été choisi par Dieu de préférence à tout autre saint afin que sur terre il soit le plus chaste et vrai époux de l’Immaculée Vierge Marie et le père adoptif de son Fils unique. Afin de permettre à Joseph d’accomplir à la perfection une mission aussi sublime, Dieu l’a comblé des faveurs absolument uniques et les a multipliées en abondance. Par conséquent, il est juste que l’Église catholique, maintenant que Joseph est couronné de gloire et d’honneur dans le ciel, l’entoure de magnifiques manifestations d’adoration et le vénère avec une dévotion intime et affectueuse. (Pie IX)

«Si toute l’Église est redevable à la Vierge Marie, puisque c’est par elle que l’Eglise a reçu le Christ, elle doit de la même manière à Saint Joseph, après la Sainte Vierge, une reconnaissance et une révérence particulières. (Pie XII).

Nous allons conclure avec ces belles réflexions de saint Jean Paul II, qui deviennent pour nous comme une prière :

« Que saint Joseph devienne pour tous un maître singulier dans le service de la mission salvifique du Christ qui nous incombe à tous et à chacun dans l’Église : aux époux, aux parents, à ceux qui vivent du travail de leurs mains ou de tout autre travail, aux personnes appelées à la vie contemplative comme à celles qui sont appelées à l’apostolat. L’homme juste, qui portait en lui tout le patrimoine de l’Ancienne Alliance, a été aussi introduit dans le « commencement » de l’Alliance nouvelle et éternelle en Jésus Christ. Qu’il nous indique les chemins de cette Alliance salvifique au seuil du prochain millénaire ou doit se poursuivre et se développer la « plénitude du temps » propre au mystère ineffable de l’Incarnation du Verbe ! Que saint Joseph obtienne à l’Église et au monde, comme à chacun de nous, la bénédiction du Père et du Fils et du Saint- Esprit ! »