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15 Septembre – Anniversaire de naissance du Bx. Charles de Foucauld

 

Le Bx. Charles de Foucauld  est né en France, à Strasbourg, le 15 septembre 1858 et il a été baptisé deux jours après sa naissance.

« Mon Dieu, nous avons tous à chanter vos miséricordes : Fils d’une sainte mère, j’ai appris d’elle à Vous connaître, à Vous aimer et à Vous prier : Mon premier souvenir n’est-il pas la prière qu’elle me faisait réciter matin et soir : « Mon Dieu, bénissez papa, maman, grand-papa, grand-maman, grand-maman Foucauld et petite sœur » ?… »

Avec sa mère et sa petite soeur

LES ÉTAPES DE LA VIE DE CHARLES DE FOUCAULD XVII

LE MARABOUT BLANC

Sa réputation de sainteté rendait sacrés pour les indigènes les objets qu’ils découvraient en chemin, à l’intérieur de la clôture, déposés par d’autres. Il fut bientôt le « marabout blanc ».

Il engagea, pour l’aider aux travaux de jardinage et d’irrigation, deux de ces métis d’arabes et de nègres demi-esclaves qu’on nomme des harratins. Il aurait voulu les retenir et les nourrir à l’ermitage. Mais quand ils eurent partagé le repas du Père de Foucauld, plusieurs jours de suite, ils déclarèrent qu’ils pourraient mourir à ce régime-là, mais non pas vivre, car le marabout déjeunait d’un morceau de pain d’orge trempé dans une décoction d’une plante saharienne, qu’on appelle innocemment « le thé du désert », et, le soir, il dînait d’un bol du même thé, auquel il ajoutait un peu de lait condensé. Les harratins restèrent jardiniers externes. Peu à peu, leur travail améliora le terrain et rendit judicieuse la distribution des eaux. Il y eut, dans le sable, de jeunes palmiers, quelques figuiers en espérance et de même des oliviers, des pieds de vigne. Après des années, le nom de jardin, donné dès le début à ces essais de culture, commencera d’être mérité. Mais à ce moment, comme on le verra, l’ermite aura quitté Beni-Abbès, pour n’y revenir qu’à de rares intervalles.

Tel était le cadre de cette vie sans précédent, ordonnée par une volonté puissante. Le reste était presque entièrement caché aux hommes. A peine auraient-ils pu, s’ils s’étaient appliqués à le faire, découvrir l’exact partage des heures entre les devoirs de charité, de travail manuel, de lecture, et les devoirs de prière : la règle que s’était imposée le Père de Foucauld.

L’âme leur échappait. Toute âme est secrète pour les autres, plus ou moins. Le mystère est plus grand quand les âmes sont grandes, et qu’elles s’écartent de nos plaisirs, de nos occupations, de nos pensées habituelles qui ne sont guère que nous-mêmes, et qu’elles se donnent à Dieu, pour être mises par lui au service du pauvre monde. Nous ne voyons alors que ce qu’elles nous apportent, leur bonté, leurs œuvres fraternelles, le vague reflet d’elles-mêmes sur le visage qui vient vers nous et dans les yeux qui nous regardent. Mais par quel effort se maintiennent-elles hors de la vie commune, dans la constante présence de Celui dont on perd le sourire et la paix pour une seule petite pensée ; quelles grâces elles ont eues, quels combats, quelles délices, quels rêves : cela, nous ne le savons pas.

Le règlement de cette vie, depuis le temps où nous sommes parvenus jusqu’à la fin, ne variera plus. Règlement extrêmement rude, où la prière tenait la première place. Le service de charité était une épreuve des plus sensibles pour Frère Charles, dont l’âme contemplative était assoiffée de recueillement. Il l’acceptait cependant. Il était celui qui fait au plus misérable prochain, au plus inconnu, au plus indigne, un accueil fraternel.

A chaque moment, quelqu’un se présentait à la porte, et l’ouvrait, et Frère Charles apparaissait, les yeux, ses très beaux yeux pleins de sérénité, la tête un peu penchée en avant, la main déjà tendue. Il portait une gandourah blanche, serrée par une ceinture, et sur laquelle était appliqué un cœur surmonté d’une croix en étoffe rouge ; il avait des sandales aux pieds. La coiffure se composait d’un képi sans visière que recouvrait une étoffe blanche tombant en arrière, sur les épaules, pour protéger la nuque.

« Le Père de Foucauld »

René BAZIN