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Le Christ Roi

Aujourd’hui, nous célébrons le Christ Roi de l’Univers. Ce dimanche est le dernier dimanche de l’année liturgique et de l’achèvement de l’année liturgique. L’année liturgique est un signe de l’histoire de l’homme et de l’histoire du salut, et ce dimanche est l’image de la fin des temps. Le Christ est roi, le Christ règne, et son royaume sera parfaitement accompli à la fin des temps.

Le Christ Roi et son Royaume.

Comme nous l’avons dit, le Christ est roi, le Christ règne, et son royaume sera parfaitement accompli à la fin des temps :

On pense que, pour mieux comprendre la profondeur et la réalité du Royaume du Christ, nous pouvons nous aider de sa personne même, le Christ.

Le Christ s’est fait homme, il se proclame Roi, il a été proclamé Roi et il a conquis son royaume avec la victoire de la Croix et de sa résurrection. Il était avec nous, il est avec nous et il viendra. De la même manière que le Royaume de Dieu a été proclamé par le Christ, par ses apôtres, le Royaume de Dieu est présent parmi nous, mais le Royaume de Dieu viendra aussi. Saint Jean dira dans l’apocalypse : « Il est Le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. (Cf. Ap 1, 18)

Il existe manifestement une relation entre la présence du Christ et la présence de son Royaume. Leurs présences peuvent être rendues plus parfaites. Nous disons souvent que dans l’âme d’un baptisé, le Christ habite, le Christ est présent, son royaume est là et nous disons cela aussi, mais d’une manière plus parfaite, dans une âme qui est au sommet de la sainteté, après des années de travail spirituel, le Christ et son royaume sont là, mais d’une manière plus parfaite. 

Travailler pour le Royaume de Dieu

Dans notre vie personnelle également, tout baptisé, toute personne qui vit dans la grâce de Dieu peut affirmer en toute tranquillité la présence du Christ et son royaume est dans notre âme. Non seulement une présence naturelle comme Dieu est présente dans toutes les créatures, mais aussi une présence surnaturelle par la grâce de Dieu.

Mais il est évident que nous pouvons voir en nous des défauts, des faiblesses, des péchés, des fautes… et nous devons confesser que dans cette partie de notre vie, le Christ ne règne pas encore.

On peut dire la même chose d’une société, d’une famille, d’une communauté. Malheureusement, dans de nombreux endroits, le Christ n’est même pas nommé. Mais dans certaines parties de notre société, de notre famille, de nos communautés, la lumière du Christ illumine notre quotidien. Et il veut régner pleinement.    

La plénitude du temps

Mais nous allons contempler la plénitude du règne du Christ, comme l’explique le livre de l’Apocalypse, à la fin des temps.  Dans la préface d’aujourd’hui nous allons prier « Un règne sans limite et sans fin: règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix. (Cf. Préface de la solennité du Christ Roi)

Malheureusement, comme dans de nombreux moments de l’histoire, il y a des gens qui sont des ennemis du Christ et de son Église. Ils sont invités à faire partie du Royaume de Dieu, même ils sont appelés au bonheur éternel, mais ils rejettent cette invitation. Saint Paul dira : « Les ennemis de la Croix du Christ » A la fin des temps, dans ces gens brillera la Justice de Dieu, la Justice du Christ Roi. « Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, j’avais soif, j’étais un étranger, j’étais nu, j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas assisté. » (Cf Mt 25, 31) 

Dans les âmes qui ouvrent leur cœur à la miséricorde divine, qui ouvrent leur cœur aux commandements de Dieu, dans les âmes qui s’efforcent de voir le Christ dans les nécessiteux et qui aident concrètement le Christ présent dans les petits, dans ces âmes brillera la miséricorde et l’amour du Christ Roi ; comme dit l’Évangile « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car vous m’avez assisté. » (Cf Mt 25, 31) 

Nous demandons à Marie Reine, Mère du Christ Roi, la grâce de Dieu de mieux comprendre la réalité du Royaume du Christ, de travailler pour le Royaume du Christ, dans nos vies, notre famille, notre société et d’attendre contre toute espérance la plénitude du Royaume du Christ à venir.

P. Andrés Nowakowski IVE.

Pouvons-nous vivre sans la messe et sans l’Eucharistie ?

Solennité du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ

Dans l’année liturgique l’Eglise dédie un jour pour commémorer de manière particulière l’Eucharistie, c’est-à-dire le Mystère du Corps et du Sang de Jésus. Il est tout à fait vrai que l’’Eucharistie est célébrée à chaque fois qu’on célèbre la Sainte Messe, mais dans cette solennité on veut encore souligner l’importance qu’a pour nous tous la célébration de la Sainte Messe et la Communion Sacramentelle, ainsi que la dévotion au Saint Sacrement de l’Autel, et pour cela la liturgie prévoit, lorsque c’est possible, une procession avec le Saint Sacrement.  

Il est bon de rappeler ici ce que dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique : « La messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur. Mais la célébration du sacrifice eucharistique est toute orientée vers l’union intime des fidèles au Christ par la communion. Communier, c’est recevoir le Christ lui-même qui s’est offert pour nous. » (C. E. C. 1382)

Mémorial Sacrificiel, la messe est bien un sacrifice où le Seigneur s’offre comme Victime encore une fois. Et la messe est aussi un Banquet Sacré, le Seigneur nous donne à manger son Corps et nous donne à boire son Sang, Il se fait nourriture pour nous.

Nous sommes conscients que pendant plus de deux mois, à cause de la situation vécue par pratiquement toute l’humanité, nous avons été privés de la participation présentielle à la messe et de la réception de l’Eucharistie, la Communion Sacramentelle.

Bien que chacun de nous ait trouvé les moyens supplémentaires pour continuer à alimenter notre vie chrétienne (comme la participation par les médias et plus important encore, la participation spirituelle, la prière assidue dans nos maisons et surtout la Communion Spirituelle qui apportent beaucoup à notre âme), nous avons ressenti le besoin de retourner à la Messe, de pouvoir communier l’Eucharistie.    

Nous pouvons dire vraiment que l’un des fruits spirituels que ce « confinement » nous a laissé est le désir de revenir à l’Eglise, de participer à la Sainte Messe et de pouvoir y communier.

Et nous devons avoir le beau souvenir de ces martyrs d’Abitène, ici en Tunisie, condamnés à mort pour se trouver réunis autour de l’Autel célébrant la messe le dimanche, ces martyrs, au moment où le juge païen voulait connaître le motif de leur réunion, ont répondu : « Sine domenico non possumus », nous ne pouvons pas vivre sans la Nourriture de dimanche.

Mais il est toujours bien de nous poser deux questions : Pourquoi nous devons venir à la messe ? Qu’est-ce qu’elle nous apporte dans notre vie spirituelle ? Pourquoi aussi nous devons recevoir l’Eucharistie Sacramentelle ? Il nous ne suffit pas de penser seulement à Jésus ?

Parce qu’il faut bien distinguer : une chose c’est le fait d’être privé de la messe et une autre, tout à fait différente, c’est le fait de ne pas vouloir assister à la messe lorsque je peux le faire.

Ou encore, une chose c’est avoir l’impossibilité de communier et autre tout à fait différente ne pas vouloir communier lorsque je pourrais tout à fait le faire[1]

Sans oublier, évidement que nous participons mieux à la messe si nous ne sommes pas des participants passifs, mais que nous soyons présents en corps et en âme au Sacrifice de l’Autel. Et encore nous ne devons jamais oublier que pour accéder à l’Eucharistie notre âme doit être libre de tout péché mortel, que nous devons être conscients de Qui l’on reçoit dans l’Eucharistie et de garder un moment de jeûne par respect au Saint Sacrement.

D’abord, nous allons décrire quelques-une des raisons que nous avons pour participer à la messe :

  • En assistant avec dévotion à la Sainte Messe, nous rendons la plus grande Gloire à Dieu et le plus grand hommage possible au Sacré-Cœur de Jésus, la messe est la meilleure des prières.
  • Au moment de notre mort, les messes auxquelles nous auront participé seront notre plus grand réconfort.
  • Chaque messe entendue avec dévotion sera un gage sûr de pardon au moment du jugement.
  • Chaque messe nous réduit la punition temporaire méritée pour nos péchés.
  • Par la sainte messe, notre Seigneur Jésus-Christ satisfait au Père pour nos nombreuses négligences et omissions.
  • Dans la messe nous sont pardonnés les péchés véniels et le démon perd des forces sur nous.  
  • Grâce à la Sainte Messe, nous pouvons aider et sauver de nombreuses âmes du purgatoire.
  • Une seule messe à laquelle nous participons avec dévotion tout au long de notre vie mortelle sera plus bénéfique que de nombreuses autres offertes après notre mort.
  • Dieu bénit de manière spéciale tous nos projets si nous les confions pendant la Sainte Messe.

Une deuxième grande question à évoquer : Que perd-on si l’on ne communie pas tout en pouvant le faire ?

Si nous abandonnons l’opportunité de recevoir la Sainte Communion, pensons un peu à ce que nous allons perdre :

1) Nous manquerons une occasion de voir personnellement Jésus auteur de la vie spirituelle et de toute sainteté.

2) Nous perdrons une augmentation spéciale de la grâce sanctifiante, qui embellit notre âme et la rend plus agréable aux yeux de Dieu.

3) Nous perdons la grâce sacramentelle qui nous rend forts en temps de tentations.

4) Nous laissons tomber la précieuse opportunité de recevoir le pardon de nos péchés véniels.

5) Nous n’aurons pas la force pour apaiser et dominer les passions.

6) Nous perdons la possibilité de recevoir la remise partielle des pénalités temporelles à causes de nos péchés au purgatoire.

7) Nous perdons les joies spirituelles que chaque communion produit habituellement.

8) Il nous manquera aussi une augmentation de gloire pour toute l’éternité.

9) Et il se peut aussi que nous risquions de perdre :

a) le contrôle de nos passions.

b) une grâce spéciale que nous demandons depuis longtemps.

c) la conversion ou le salut d’une âme.

d) le salut d’une âme d’un parent au purgatoire …

Le Seigneur nous prévient dans l’évangile de ce dimanche « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous ». Seulement par la communion à son Corps et à son Sang nous aurons vraiment la Vie.

Le curé d’Ars prêchait et même suppliait à ses fidèles de recevoir l’Eucharistie :

« Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui, afin de vivre pour lui. »  « Quand nous avons communié, si quelqu’un nous disait : “Qu’emportez-vous dans votre maison ?”, nous pourrions répondre : “J’emporte le ciel” »

« Ne dites pas que vous n’en êtes pas digne. C’est vrai : vous n’en êtes pas digne, mais vous en avez besoin. »

Que Marie nous donne la grâce d’avoir faim et soif de l’Eucharistie.

P. Luis Martinez IVE.


[1] On peut inclure ici des conduites tout à fait erronées, comme celle qui dit « je ne veux pas communier afin de m’associer à tous ceux qui ne peuvent pas le faire! ». Nous devons penser, au contraire, que nous devons toujours communier lorsque c’est possible, précisément nous devrions le faire lorsqu’il nous est possible en l’offrant pour ceux qui sont dans l’impossibilité de le faire !