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Saint Benoît – Sa sortie de ce monde et les signes qui l’accompagnaient

Passons maintenant à l’année où il devait quitter cette vie : à tous il annonça le jour de sa mort, signifiant à tous ceux qui étaient présents qu’ils devaient tenir secret ce qu’ils avaient entendu et indiquant aux absents quel signe, et de quelle sorte, se produirait lorsque son âme sortirait de son corps.

Six jours avant son départ, il se fait ouvrir son tombeau. Peu après, il est pris d’accès de fièvre dont l’ardeur véhémente commence à l’accabler. Comme sa langueur s’aggravait de jour en jour, au sixième jour, il se fit porter par ses disciples à l’oratoire et là, il s’assura pour son départ en recevant le Corps et le Sang du Seigneur, puis, entouré de ses disciples qui soutenaient de leurs mains ses membres affaiblis, il rendit le dernier souffle en prononçant des paroles de prière.

Ce jour-là, deux de ses frères, l’un étant resté en sa cellule et l’autre se trouvant au loin, eurent la révélation d’une même et unique vision : ils virent qu’une voie recouverte de tissus précieux et illuminée de lampes innombrables, s’étendait de sa cellule jusqu’au ciel, empruntant un chemin tout droit, à l’Orient. Au sommet se tenait un homme brillant, majestueusement vêtu, qui leur demanda :  » Cette voie que vous contemplez, de qui est-elle ?  » Ils reconnurent qu’ils ne le savaient pas. Alors il leur dit :  » C’est la voie par laquelle Benoît, le bien-aimé de Dieu, est monté au ciel.  » La mort du saint homme donc, les disciples présents la virent de leurs yeux tandis que les absents en eurent connaissance grâce au signe qui leur avait été prédit.

Il fut enseveli dans l’Oratoire de Saint-Jean-Baptiste que lui-même avait construit sur les ruines de l’autel d’Apollon.

Vie de Saint Benoît par Saint Grégoire, Pape.

Chapitre XXXVII

SAMEDI SAINT

Vivons la Semaine Sainte

Le Samedi saint ne comporte ni l’Eucharistie, ni Liturgie de la Parole. On y célèbre seulement la Prière des Heures. Il n’est pas cependant une simple attente de la Fête. En l’absence de toute assemblée, nous nous recueillons dans le souvenir du Christ au tombeau, mais nous adhérons aussi à un mystère, auquel nous affirmons croire lorsque nous disons le symbole des Apôtres: «Je crois en Jésus Christ, notre Seigneur, qui est descendu aux enfers».

La descente du Christ aux enfers, c’est-à-dire au séjour des morts, est au nœud du mystère de sa Pâque. Elle prolonge l’humiliation de la croix, en manifestant le réalisme de la mort de Jésus, dont l’âme a vraiment connu la séparation d’avec son corps et rejoint les autres âmes des justes. Mais la descente du Christ au séjour des morts exprime aussi la grandeur de sa victoire: c’est du fond de l’abîme qu’il est remonté à la vie. En même temps, elle inaugure déjà cette victoire: le Christ Seigneur est descendu vers ceux qui l’attendaient pour leur annoncer leur libération toute proche.

La descente aux enfers est le point de départ du grand mouvement qui l’emportera par-delà la résurrection dans la gloire de son ascension: «Celui qui est descendu est aussi celui qui est monté plus haut que tous les cieux» (Eph 4, 10).

Dans la Liturgie des Heures nous prions en ces termes: «Dieu éternel et tout puissant, dont le Fils unique est descendu aux profondeurs de la terre, d’où il est remonté glorieux: accorde à tes fidèles, ensevelis avec lui dans le baptême, d’accéder par sa résurrection à la vie éternelle».