Archives de catégorie : Vie spirituelle

Stella Cœli – Prière en temps d’épidémie

Prière en temps d’épidémie à la Vierge Marie

V / Seigneur Dieu, aide-nous, donne-nous l’union, la paix et la concorde.

R / Ainsi nous serons dignes de ta miséricorde.

V / Miséricorde Mon Dieu, miséricorde Seigneur.

R / Miséricorde te demande ce grand pécheur.

Stélla cœli extirpávit,
Quæ lactávit Dóminum, Mórtis péstem, quam plantávit
Prímus párens hóminum.
L’Etoile du Ciel, qui allaita le Seigneur, a extirpé la peste de la mort, qu’avaient planté les premiers parents de l’homme.
Ipsa stélla nunc dignétur
Sídera compéscere, Quórum bélla plébem cædunt
Díræ mórtis úlcere.
Puisse cette même Etoile brillante daigner maintenant éteindre cette constellation dont les combats ont tué le peuple blessé par une mort amère.
Piíssima Stélla máris,
A péste succúre nóbis.
O très pieuse Etoile de la mer, protège-nous de la peste.
Audi nos, Dómina, nam fílius tuus
Níhil négans, te honórat,
Ecoute-nous, ô Dame, car ton Fils t’honore en ne te refusant rien.
Sálva nos, Jésu,
Pro quíbus Vírgo María te órat.
Sauve-nous, Jésus, nous pour qui la Vierge Marie te prie.
℣. Ora pro nobis, piíssima Dei Génitrix.
℟. Quæ contrivísti caput serpéntis, auxiliáre nobis.
℣. Prie pour nous, très pieuse Mère de Dieu.
℞. Toi qui a écrasé la tête du serpent, secours-nous.
Orémus.   Deus misericórdiæ, Deus pietátis, Deus indulgéntiæ, qui misértus es super afflictiónem populi tui, et dixísti Angelo percutiénti pópulum tuum : Cóntine manum tuam, ob amórem illíus Stellæ gloriósæ, cujus úbera pretiósa contra venénum nostrórum delictórum dúlciter suxísti ; præsta auxilium gratiæ tuæ, ut intercedente Beata Virgine Maria Matre tua, ab omni peste et improvísa morte secúre liberémur, et a totíus perditiónis incúrsu misericórditer salvémur. Per te Jesu Christe, Rex glóriæ, qui cum Patre et Spíritu Sancto vivis et regnas, Deus in sæcula sæculorum. Prions. Dieu de miséricorde, Dieu d’amour, Dieu de pardon, qui fut ému de compassion pour l’affliction de ton peuple, et qui dit à l’Ange dévastateur de ton peuple : « Retiens ta main » ; pour l’amour de cette Etoile glorieuse, dont le sein précieux t’a allaité avec douceur contre le venin de nos péchés, accorde-nous le secours de ta grâce, afin qu’à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie ta Mère, nous soyons délivrés en toute sûreté de toute peste et de la mort imprévue, et que nous soyons miséricordieusement sauvés de l’assaut de toute perdition. Par toi, Jésus-Christ, Roi de gloire, qui avec le Père et l’Esprit Saint vis et règnes, Dieu pour les siècles des siècles.

Dieu saint, délivre-nous de la peste et de tout mal, par tes saintes plaies. Par ta croix, délivre-nous de la peste, ô Divin Jésus. De la colère céleste que la culpabilité défie, nous garde et nous défende la très Sainte Vierge Marie. Amen

V / Ô douce Mère, tendre Marie, donne-nous la douce compagnie de Jésus.

R / Seigneur Dieu, miséricorde ; Seigneur Dieu, miséricorde ; Seigneur Dieu, miséricorde.

Il sera un signe de contradiction

Fête de la Présentation du Seigneur (Lc. 2, 22-37)

Nous venons d’accomplir un beau geste répété par l’Eglise depuis longtemps, c’est la procession des cierges, qui a donné son origine à la « chandeleur ». On célébrait déjà cette fête au IV siècle à Jérusalem, mais on croit qu’elle était aussi présente dans d’autres églises.

L’évangile qui l’inspire c’est celui de la présentation du Seigneur au temple de Jérusalem, on vient de l’entendre. C’est pour cela que les grecs appelaient à cette fête, la Hypapante, fête de la rencontre, elle fait référence au moment où le grand prêtre Syméon et la prophétesse Anne rencontrent l’enfant Jésus ; mais il faut savoir que nous aussi, nous sommes venus à l’Eglise rencontrer le Seigneur ; ou plutôt c’est lui qui vient à notre rencontre et nous sortons avec nos lampes allumées comme le dit la parabole.

Alors pour nous cette fête a encore d’autres significations dont il est beau de se souvenir : comme nous le savons, elle se trouve à mi-chemin entre Noël et la fête de la Pâque, avec la procession des cierges prépare l’esprit pour la Pâque et pour ce grand temps de préparation, qui est le carême.

Selon la tradition juive, quarante jours après la naissance, un enfant garçon devait être présenté à Dieu, il devait être offert à Dieu, consacré : selon la loi, le tout premier né mâle appartenait à Dieu, les animaux devaient être offerts en sacrifice et les enfants étaient rachetés. Les parents devaient offrir un mouton en holocauste et une tourterelle pour la purification de la mère (selon la loi, elle restait impure tout ce temps après la naissance) ;  mais s’il s’agissait d’une famille pauvre, à la place d’un mouton, elle pouvait offrir une autre tourterelle, comme nous le voyons, c’est le cas pour la sainte Famille. La Mère qui portait l’Agneau de Dieu venu sauver ce monde n’avait pas d’agneau à offrir, en dehors de l’Agneau de Dieu. Marie accepte aussi l’humiliation du rite de purification, elle qui avait été conçue sans tâche.

Alors, l’évangile nous enseigne que Syméon bénit les parents, mais qu’il ne bénit pas l’Enfant, et il est évident, car sur Lui reposaient déjà toutes les bénédictions. Le prêtre s’adresse à la Mère, c’est elle qui portera l’épée des douleurs et pas saint Joseph :

« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction… » L’enfant suscitera une terrible contradiction entre le bien et le mal, arrachant le masque de chacun et provocant ainsi une haine implacable. Il allait être maintenant une pierre d’achoppement, un glaive qui séparerait le bien du mal, une pierre de touche qui allait révéler les secrètes dispositions des cœurs.

Mais il ne faut pas comprendre que le Seigneur serait « la cause de chute », plutôt ce mot est plutôt mis en juxtaposition avec le deuxième, ensemble ces mots veulent signifier que « ceux qui n’accepteront pas Notre Seigneur ne pourront pas se relever de l’état déchu, mais que ceux qui veulent l’accueillir dans leur cœur pourront se relever de l’état auquel le péché les avait condamnés ». En fait, la mission de l’Enfant ne serait pas de juger mais de racheter les hommes, et malgré cela beaucoup, à cause de leurs péchés, détesteraient Sa Venue.

L’on parlait de la Pâque et de la relation avec cette fête ; et Marie, à partir de ce moment, a compris que si l’Enfant était consacré pour la souffrance, elle l’était elle aussi.

« A peine cette jeune vie avait-elle pris son départ que Syméon, tel un vieux marin, parlait de son naufrage. La coupe d’amertume n’avait pas encore été présentée par le Père aux lèvres de l’Enfant, que déjà un glaive était montré à sa Mère. »

Pratiquement Syméon désigne Jésus comme le « divin perturbateur » qui invitera les cœurs humains à choisir entre le bien et le mal, une fois mis en sa présence, ils devront opter pour la lumière ou pour les ténèbres, chacun est obligé de découvrir ses pensées intimes sur la bonté aussi bien que sur Dieu.

De même que le Soleil avec ses rayons peut amollir la cire et au même temps durcir la boue, de même la présence du Seigneur peut transformer la vie des uns ou démasquer les désirs pleins de haine et d’orgueil des autres, comme nous le voyons dans la vie du Seigneur.

Dans ce simple moment qui n’a dû durer que quelques minutes, la vie du Christ était encore une fois exposée en prophétie.  A 40 jours de sa naissance, l’enfant touchait sa croix, encore plus la passion se signait sur son front, cette lumière que l’ancien avait chantée, illuminait déjà une croix qui sera placée non loin de ce temple.

P. Luis Martinez IVE.