Archives de catégorie : Vie spirituelle

« Je donne ma vie pour mes brebis »

Un prêtre doit être :

A la fois grand et petit,

Noble d’esprit, comme de sang royal,

Simple et naturel, comme de souche paysanne,

Un héros dans la conquête de soi,

Un homme qui s’est battu avec Dieu,

Une source de sanctification,

Un pécheur pardonné,

De ses désirs le maître,

Un serviteur pour les timides et les faibles,

Qui ne s’abaisse pas devant les puissants,

Mais se courbe devant les pauvres,

Disciple de son Seigneur,

Chef de son troupeau,

Un mendiant aux mains largement ouvertes,

Un porteur de dons innombrables,

Un homme sur le champ de bataille,

Une mère pour réconforter les malades,

Avec la sagesse de l’âge, et la confiance de l’enfant,

Tendu vers le haut, les pieds sur la terre,

Fait pour la joie,

Connaissant la souffrance,

Loin de toute envie,

Clairvoyant,

Parlant avec franchise,

Un ami de la paix,

Un ennemi de l’inertie,

Constant à jamais…

 
Manuscrit du Moyen Age trouvé à Salzbourg

« Si quelqu’un s’abaisse, le Seigneur le protège »

Psaume 114 – Prière d’action de grâces après la souffrance

J’aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l’invoquerai.

J’étais pris dans les filets de la mort,
retenu dans les liens de l’abîme, *
j’éprouvais la tristesse et l’angoisse ;
 j’ai invoqué le nom du Seigneur :
 » Seigneur, je t’en prie, délivre-moi ! « 

Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
Le Seigneur défend les petits :
j’étais faible, il m’a sauvé.

Retrouve ton repos, mon âme,
car le Seigneur t’a fait du bien.
Il a sauvé mon âme de la mort, *
gardé mes yeux des larmes
et mes pieds du faux pas.

Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.

« Lisant « le Seigneur a tendu vers moi son oreille », Origène observe : « Nous sommes petits et bas, nous ne pouvons pas non plus nous allonger et nous soulever vers le haut, aussi le Seigneur incline-t-il l’oreille et daigne nous écouter. En fin de compte, étant donné que nous sommes des hommes et que nous ne pouvons pas devenir des dieux, Dieu s’est fait homme et s’est penché, selon ce qu’il est écrit : « Incline les cieux et descends » (Ps 17, 10) ».

En effet, continue le psaume, « le Seigneur défend les petits » (Ps 114, 6). « Si quelqu’un est grand, s’il s’exalte et s’enorgueillit, le Seigneur ne le protège pas ; si quelqu’un se croit grand, le Seigneur n’a pas de miséricorde pour celui-là ; mais si quelqu’un s’abaisse, le Seigneur a de la miséricorde pour lui et le protège. Si bien qu’il dit : « Me voici, et les enfants que le Seigneur m’a donnés » (Is 8, 18). Et encore : « Je me suis humilié et il m’a sauvé » ».

Ainsi, celui qui est petit et misérable peut retrouver la paix, le repos, comme le dit le psaume (cf. Ps 114, 7) et comme le commente Origène lui-même : « Quand on dit : « Retrouve ton repos », c’est le signe qu’auparavant on était en repos et qu’on l’a ensuite perdu… Dieu nous a créés bons et il a fait de nous les arbitres de nos décisions, et il nous a tous mis dans le Paradis, avec Adam. Mais puisque, par notre libre décision, nous sommes tombés de cette béatitude, finissant dans cette vallée de larmes, le juste exhorte donc son âme à retourner là d’où elle est tombée… « Retrouve ton repos, mon âme, car le Seigneur t’a fait du bien ». Si toi, âme, tu retournes au Paradis, ce n’est pas parce que tu en es digne mais parce que c’est l’oeuvre de la miséricorde de Dieu. Si tu es sortie du Paradis, ce fut par ta faute ; au contraire, y retourner est l’oeuvre de la miséricorde du Seigneur. Disons, nous aussi, à notre âme : « Retrouve ton repos ». Notre repos, c’est le Christ, notre Dieu » (Origène-Jérôme, 74 Omelie sul libro dei Salmi, Milan 1993, p. 409, 412-413). »

Saint Jean Paul II 

Audience. 26/01/2005