LES ÉTAPES DE LA VIE DE CHARLES DE FOUCAULD X

charles-centeComme cet appel vers la vie solitaire et cachée se renouvelle à tout instant, et que cinq ans ont passé depuis que le Frère Albéric a prononcé ses premiers vœux, l’abbé Huvelin donne son consentement à la réalisation de ce qu’il sent être une irrésistible vocation :

bx_charles_de_foucauld_iii_institut_du_verbe_incarne« J’avais espéré, mon cher enfant, que vous trouveriez à la Trappe ce que vous cherchez, que vous y trouveriez assez de pauvreté, d’humilité, d’obéissance, pour pouvoir suivre Notre-Seigneur dans sa vie de Nazareth. Je regrette encore que cela ne puisse pas être. Il y a une poussée trop profonde vers un autre idéal, et vous arrivez peu à peu, par la force de ce mouvement, à sortir de ce cadre, à vous trouver déplacé. Je ne crois pas, en effet, que vous puissiez enrayer ce mouvement. Dites-le à vos supérieurs à la Trappe. Dites simplement votre pensée. Dites à la fois votre estime profonde pour la vie que vous voyez autour de vous, et le mouvement invincible qui, depuis si longtemps, quoi que vous fassiez, vous porte vers un autre idéal… Non que je pense que vous êtes appelé plus haut,… je ne vous vois pas au-dessus ; Oh ! Non, je vois que vous vous sentez soulevé ailleurs. Je ne vous fais donc plus attendre. Montrez ma lettre, parlez…»

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Frère Marie-Albéric

Frère Marie-Albéric écrivit donc au Père Général des Trappistes à Rome, qui lui imposait une épreuve : étudier à Rome la théologie pendant deux ans. Il acceptait de vivre ainsi trois années ! Ses supérieurs n’eurent pas besoin d’une aussi longue épreuve pour être sûrs qu’une vertu si humble pouvait, vaincre les dangers d’une vie solitaire parmi les hommes. A la perfection de son obéissance, ils reconnurent que l’appel qu’il entendait depuis les premiers temps de son entrée à la Trappe n’était pas celui d’un orgueil déguisé.

Le Père général de l’ordre se préoccupait de faire juger, par les membres de son conseil, le cas de Frère Marie-Albéric. Celui-ci ne se doutait de rien. Le Père général le fit venir, lui dit que le moment était venu d’examiner quels étaient les desseins de Dieu sur son serviteur Charles de Foucauld, et que, si les Pères, ayant prié, étudié, réfléchi, reconnaissaient que celui-ci avait une vocation exceptionnelle, hors de la règle de Saint-Benoît et de Saint-Bernard, il faudrait qu’il la suivît, sans plus tarder, et de tout son cœur.

Cette autorisation transformait en un séculier le Frère Marie-Albéric. Sa décision fit pleurer plus d’un vieux moine. L’un d’eux, l’ancien prieur de Notre-Dame d’Akbès, devenu abbé de Staouëli en Algérie, écrivit même : « En nous quittant, il m’a fait la plus grande peine que j’aie éprouvée dans ma vie. »

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Nazareth au début du XX siècle

En février 1897, Charles de Foucauld, sur le conseil de l’abbé Huvelin, partait pour aller mener en Terre Sainte, une vie cachée, après avoir passé sept ans à la Trappe.

« Toutes les portes me sont ouvertes, écrit-il, pour cesser d’être religieux de chœur et descendre au rang de familier et de valet… Je crois que c’est ma vocation de descendre… Celui qui donne à chaque feuille sa place saura me mettre à la mienne. »

« Le Père de Foucauld »

René BAZIN

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