L’habit du Moine

monje2L’adage « l’habit ne fait pas le moine » est bien connu ; en revanche ce qui l’a constitué moine est sa vocation propre et toujours mystérieuse, vocation divine qui reste retranchée dans le silence et dans la prière, pour mourir au monde et se configurer à ce Christ qui passait des nuits en prière avec le Père, ce Jésus Christ fils du Dieu très haut qui, dans son infinie miséricorde, a décidé de demeurer avec les hommes, comme pain vivant descendu du ciel dans le silence du tabernacle. Cette citation tirée de la lettre aux Colossiens de Saint-Paul semble avoir été écrite pour les moines : « vous êtes morts et votre vie reste cachée dans le Christ » Col 3, 3.

Oui, c’est exact, l’habit ne fait pas le moine. Il ne lui donnera ni la persévérance, ni fera de lui un saint, il est pourtant le signe distinctif qui manifeste d’abord à sa propre conscience de moine puis aux yeux des hommes ce merveilleux don silencieux d’une vie à contempler la miséricorde divine, qui le fait participer, par sa vie de prières et de sacrifices, à cette « meilleure part » qu’a choisie Marie, et qui « ne lui sera pas retirée ».

De quels symboles l’habit monacal est-il porteur ! Se revêtir extérieurement est une invitation et une exigence constante à vivre intérieurement aussi chacune des significations que porte l’habit. La couleur blanche est symbole de la Transfiguration, des vêtements « blanchis par le sang de l’Agneau » et des « trois blancheurs » : l’eucharistie, la Sainte Vierge, et le Saint Père.

Le moine qui revêt l’aube reflète ainsi le mystère de la vie du Christ qui vit en lui. C’est le signe de l’appel concret à devenir une empreinte du passage dans notre histoire de la Sainte Trinité. Le contemplatif est également invité à se revêtir des vertus de transcendance, la foi, l’espérance et la charité, et les vertus d’anéantissement, l’obéissance, la pénitence, la prière et l’offrande silencieuse.

1. Accueil 4La capuche est le signe du prolongement de la cellule, c’est-à-dire cette école, sanctuaire et lieu de combat, que le moine habite pour se retrouver seul avec Dieu comme dans le désert. C’est pour cela qu’elle couvre la tête du moine et pointe vers le ciel, rappelant au moine sa totale consécration à Dieu, à vivre non seulement en Sa présence mais plus encore uniquement pour Lui.

Mais le moine est aussi appelé à pratiquer particulièrement la pénitence. Et c’est justement cela que veut signifier le ceinturon en cuir dont il se ceint, en premier lieu pour rappeler sa vocation à suivre et à se configurer au Christ qui a souffert pour tous les hommes sans exception en se faisant solidaire de tous devant le Père.

Enfin, les épaules, le torse et tout le corps sont recouverts par le scapulaire de la Vierge, en imitation du Verbe qui s’offre au Père silencieux et caché dans le sein de la Vierge Marie à laquelle il est consacré totalement de par son quatrième vœu. Au niveau du cœur il porte brodé les armes de l’Institut, comme signe de son appartenance participant à son même charisme, sa même finalité spécifique et son même apostolat.

1. Accueil 6Il va de soi que rien ne constitue le moine comme tel sinon cette élection divine éternelle et libre. Pourtant, le seul fait de porter l’habit monastique proclame dans son cœur l’exigence que cette vocation particulière a dans l’Eglise, ce mystérieux appel à se retirer du monde pour se cacher en Dieu ; l’habit doit devenir une incessante proclamation silencieuse de la vie choisie par le moine, toujours accueillie par le Père.

Qu’il est heureux le moine qui ne vit que pour Dieu ! Que peut-il envier s’il a Dieu ? Que peut-il désirer de plus s’il possède Dieu ! Qu’est-ce qui peut l’attrister s’il demeure avec Dieu ? De quoi aura-t-il peur s’il combat avec Dieu ? Qu’est ce qui peut l’intimider s’il est le vassal de Dieu ? Que craint-il s’il est protégé par la main de Dieu ?… Par ce que vous êtes morts et que votre vie reste cachée dans le Christ !

Nous rendons grâce au Seigneur qui ne cesse de nous bénir avec des vocations à la vie monastique pour le salut du monde et nous le supplions que ceux qui écoutent l’appel au don total de de la vie à Dieu soient toujours plus nombreux !

Une réflexion sur “ L’habit du Moine ”

  1. Oui « l’habit ne fait pas le moine » mais il ne faut pas oublier la deuxième partie de l’adage « mais il y contribue ».
    UDP
    Jérôme

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