« Dieu ne regarde pas l’apparence, comme font les hommes : il sonde les reins et les cœurs »

Lire l’évangile de ce dimanche (Mc 7, 1-8.14-15.21-23)

Jésus et les pharisiens. Monastère "Bx Charles de Foucauld". Institut du Verbe IncarnéCe dimanche, l’évangile de saint Marc nous rapporte un des plus grands problèmes de la religion juive, qui était plus évident encore au temps du Seigneur, qui s’appelait le pharisianisme. Il s’agissait d’une secte de juifs qui contrôlait le culte et les rites, elle mettait l’accent dans les pratiques externes de la religion, c’est cela que l’évangéliste décrit dans le passage de ce dimanche.

Contre ces faux principes des pharisiens, le Seigneur donne une réponse qui pour nous va devenir une règle par rapport à notre véritable esprit religieux : « Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »

Mais en ce dimanche, notre réflexion peut aller encore plus loin et à partir du texte que l’Eglise nous donne à la méditation, nous pouvons voir deux grands aspects, d’abord le fait de conformer notre vie intérieure à ce que les gens voient de nous ; et le deuxième aspect, lié au premier, c’est ce qu’on appelle la rectitude d’intention.

Voyons le premier aspect. Il nous faut penser que nous sommes membres de l’Eglise, que nous sommes chrétiens et être conscients du mal que nous-mêmes causons parfois à l’image de l’Eglise devant les autres.

Parce qu’il est habituel que les gens disent (et souvent avec raison) que nous, les chrétiens ne conformons pas notre vie avec la foi. Il faut donc examiner si nos attitudes et notre façon d’agir font contraste avec nos défauts et notre conduite injuste en dehors de l’Eglise. Il est nécessaire de nous rappeler à chaque moment que les autres voient en nous un chrétien, donc quelqu’un qui suit le Christ.

Cela nous oblige à faire un vrai examen de conscience sur l’authenticité de notre vie chrétienne, tout en voyant si ce qui apparait à l’extérieur corresponde à notre réalité intérieure. Il y a deux choses essentielles  et nécessaires : la rectitude extérieure et la justice intérieure.

Ainsi, cette rectitude extérieure doit être un reflet de notre vie intérieure. Nous ne devons jamais renoncer à progresser dans notre identification de cœur avec le Seigneur et que cela se manifeste aussi aux autres. Comme dit le Seigneur dans l’évangile de saint Mathieu : « Que votre lumière brille devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Mt 5,16). Mais pour briller à l’extérieur, l’esprit doit brûler d’amour à l’intérieur.

Le deuxième aspect nous devons l’appeler par son nom, c’est la rectitude d’intention :

Alors, quelle est le but, la finalité que nous devons avoir dans chaque œuvre que nous faisons ? Nous pouvons dire que toutes nos œuvres doivent être accomplies pour la plus grande Gloire de Dieu. C’est-à-dire que tout dans notre vie doit être fait pour contenter et plaire à Dieu, notre Seigneur. Comme celui qui tire à l’arc, ferme son œil gauche pour regarder seulement avec l’œil droit, pour que la vue soit plus concentrée et éviter ainsi de se distraire ; aussi nous, nous devons fermer l’œil des respects humains et du monde et ouvrir seulement l’œil droit, qui est celui de l’intention bonne et droite et qui regarde seulement ce que veut Dieu.

 Et on peut descendre à des choses plus concrètes, comme par exemple chaque matin, au moment de nous réveiller, savoir offrir à Dieu tout ce que nous pouvons faire de bon, les œuvres, les pensées, les paroles et demander à Notre Seigneur que tout soit accompli pour sa plus grande Gloire, pour qu’après, lorsque la vaine gloire et l’orgueil arrivent, l’on puisse répondre : « Tu es arrivé en retard, c’est déjà donné ».

Mais nous ne pouvons nous contenter de cette offrande du matin, il nous faut aussi la prolonger au long de la journée, et ne pas commencer une chose qui ne soit pas offerte à Dieu. Comme fait le maçon lorsqu’il est train de construire un bâtiment, à chaque fois qu’il met une brique, il applique le fil de plomb.

Saint Basile, le grand, disait à ce propos : « toute la vie et toutes les œuvres du chrétien ont comme centre et fin la gloire de Dieu, parce que soit que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quelque autre chose que vous fassiez, comme dit saint Paul, faites tout pour la gloire de Dieu ».

Cette attitude dans notre vie spirituelle  nous apporte aussi un grand avantage, celui de transformer toutes nos œuvres, pour ainsi dire, en d’œuvres d’or, c’est-à-dire de grande valeur devant Dieu. C’est aussi le moyen pour que dans notre vie quotidienne ne s’éteigne pas notre dévotion et que notre esprit soit toujours attentif à Dieu.

Sainte Catherine. Monastère Bx Charles de Foucauld. Institut du Verbe IncarnéL’histoire raconte que sainte Catherine de Sienne avait toujours le désir de se consacrer à Dieu depuis son enfance et passait beaucoup de temps enfermée dans une petite cellule, en prière ; mais ses parents ne le voulaient absolument pas. Pour éviter cela et pour empêcher sa vocation, ils lui faisaient faire beaucoup de tâches à la maison. Alors inspirée par l’Esprit Saint, elle construisit une cellule secrète mais dans son cœur, et elle fit le propos de ne jamais sortir d’elle. De telle façon que, bien qu’elle pût sortir et entrer de sa cellule matérielle, elle ne sortait jamais de sa cellule spirituelle.

Elle allait même au-delà de cela : elle imaginait dans son cœur que son père était le Seigneur Jésus et sa mère, la Vierge Marie, ses frères et son entourage représentaient les apôtres et les disciples du Seigneur, et qu’elle avait la grâce de les servir, tout en se réjouissant toujours de savoir la présence de Dieu dans sa cellule intérieure. Sainte Catherine même donnait ce conseil à son confesseur, qui était toujours très actif: « Mon père, faites vous aussi une cellule, pour ne jamais sortir d’elle ».

Cela serait bon pour nous, parfois très agités par diverses activités, et qui sommes tentés parfois de penser que tout dépend de nous. Il est très important de savoir qu’en cherchant en tout la Gloire de Dieu et sachant que Dieu donne sa grâce pour accomplir cela, nous devons être sûrs que bientôt nous arriverons à la sainteté.

Que la Vierge Marie nous donne cette grâce.

P. Luis M. Martinez

Monastère « Bienheureux Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné

Ne nous laisse pas succomber dans la tentation (Première partie)

Tentation - Monastère Bx Charles de Foucauld - Institut du Verbe IncarnéIl existe des pécheurs désireux d’obtenir le pardon de leurs fautes ; ils se confessent et font pénitence ; mais ils n’apportent pas toute l’application nécessaire pour ne pas retomber dans le péché. Ils sont vraiment inconséquents avec eux-mêmes. En effet, à certaines heures, ils pleurent leurs péchés et s’en repentent, et à d’autres heures ils retombent dans leurs fautes, et accumulent ainsi la matière de larmes futures. C’est la raison pour laquelle le Seigneur leur dit en Isaïe (1, 16) :Lavez-vous, purifiez-vous, retirez de ma vue vos pensées mauvaises, cessez de mal faire.

Et c’est aussi pourquoi le Christ, comme nous l’avons dit, nous enseigne dans la demande précédente, à implorer le pardon de nos péchés et, dans celle-ci, nous apprend à demander la grâce de pouvoir éviter le péché, par ces parolesNe nous laissez pas succomber à la tentation, car à la tentation il appartient précisément de nous faire tomber dans le péché.

                 Le contenu de cette sixième demande de l’oraison dominicale nous invite à examiner :

  1. Ce qu’est la tentation,
  2. Comment et par qui l’homme est tenté,
  3. Comment il est délivré de la tentation.

  Qu’est-ce que la tentation ?

Tenter ne signifie rien d’autre que mettre à l’essai ou éprouver. Ainsi, tenter un homme, c’est éprouver sa vertu.

Sa vertu peut être mise à l’essai ou éprouvée de deux manière dans la ligne des exigences de la vertu humaine.

Il est requis d’une part que l’œuvre bonne soit accomplie d’une manière excellente et d’autre part que l’on se garde du mal. Ce qui est indiqué par le Psalmiste (Ps 33, 15) : Evite le mal et fais le bien.

La vertu de l’homme sera donc mise à l’épreuve tantôt au point de vue de l’excellence de son agir, tantôt au point de vue de son éloignement du mal.

Si, en premier lieuon vous éprouve pour savoir si vous êtes prompt à vous porter au bien, comme par exemple à jeûner, et si on vous trouve effectivement prompt au bien, ce sera le signe que votre vertu est grande.duccio_la_tentacion_de_cristo_enmarcado_frick_collection_new_york1

C’est de cette façon que Dieu éprouve parfois l’homme ; ce n’est pas qu’il ignore sa vertu, mais il veut la faire connaitre à tous et à tous la donner en exemple. Dieu éprouva de cette manière Abraham (cf. Gn 2) et Job. Souvent en effet le Seigneur envoie des tribulations aux justes ; s’ils les supportent patiemment, leur vertu est manifestée et ils progressent dans la vertu. Le Seigneur vous tente, disait Moïse aux Hébreux (Deut 13, 3) afin de faire apparaître au grand jour si oui ou non vous l’aimezC’est donc de cette manière seulement que Dieu tente l’homme, à savoir, en l’excitant à bien faire.

En second lieu, pour éprouver la vertu de l’homme, on l’incitera au mal. S’il résiste fortement et ne consent pas, c’est l’indice de la grandeur de sa vertu ; mais s’il succombe à la tentation, sa vertu est manifestement inexistante.

Jamais Dieu ne tente qui que ce soit de cette manière ; car Dieu est incapable de tenter et de pousser personne au mal.

Sa propre chair, le diable et le monde, voilà les tentateurs de l’homme.

Commentaire au Notre Père

Saint Thomas d’Aquin