MARTYROLOGE DU 11 AU 20 AVRIL

Le 11 avril

1. Mémoire de saint Stanislas, évêque de Cracovie et martyr. Au milieu des troubles de son temps, il fut un défenseur sans relâche de la civilisation et des mœurs chrétiennes, il gouverna son Église en bon pasteur, vint en aide aux pauvres, visita chaque année son clergé, enfin, en 1097, il fut assassiné, alors qu’il célébrait les saints mystères, par le roi Boleslas, à qui il avait reproché sa conduite scandaleuse.
2. Commémoraison de saint Antipas, le témoin fidèle, qui fut mis à mort à Pergame en Asie, pour le nom de Jésus, comme le dit saint Jean dans l’Apocalypse.
3. Commémoraison de saint Philippe, évêque de Gortyne en Crète. À l’époque des empereurs Marc-Antoine Verus et de Lucius Aurèle Commode, il protégea l’Église qui lui était confiée de la fureur des païens et des pièges des hérétiques. Il mourut vers 180.
4. À Samone en Dalmatie, saint Domnion, évêque et martyr, dont on rapporte qu’il fut mis à mort dans la persécution de Dioclétien, en 304.
5. Près de Gaza en Palestine, vers 540, saint Barsanuphe, anachorète. D’origine égyptienne, d’une austérité de vie extraordinaire, rempli du don de conseil, il ne communiquait avec les autres que par écrit.
6. À Spolète en Ombrie, vers 500, saint Isaac, moine, venu de Syrie, fondateur du monastère de Monteluco, dont le pape saint Grégoire le Grand a rappelé les vertus.
7*. En Calabre, l’an 1119, le bienheureux Latuin, compagnon de saint Bruno et son successeur, qui fut un excellent interprète de l’esprit du fondateur dans l’établissement des monastères de l’Ordre de la Chartreuse.
8*. Près de Coimbra au Portugal, en 1229, la bienheureuse Sancie, vierge, fille du roi Sanche Ier, qui fonda le monastère de moniales cisterciennes de Cellas et y prit elle-même l’habit religieux.
9*. À Cuneo dans le Piémont, vers 1495, le bienheureux Ange de Chivasso, prêtre de l’Ordre des Mineurs, d’une doctrine, d’une prudence et d’une charité remarquables.
10*. À Londres, en 1608, le bienheureux Georges Gervase, prêtre de l’Ordre de Saint-Benoît et martyr. Élevé au collège anglais de Douai, il revint en Angleterre après son ordination sacerdotale, sous le roi Jacques Ier, et bien que deux fois capturé dans le temps où il exerça son ministère pastoral, il demeura fidèle à la foi catholique jusqu’à la potence.
11. À Lucques en Toscane, l’an 1905, sainte Gemma Galgani, vierge. Remarquable par sa contemplation de la Passion du Seigneur et sa patience à supporter les douleurs, elle acheva une vie angélique le Samedi saint, à l’âge de vingt-cinq ans.
12*. À Lucques également, en 1914, la bienheureuse Hélène Guerra, vierge, qui fonda la Congrégation des Oblates du Saint-Esprit pour l’éducation des jeunes filles et invita de manière admirable les fidèles à coopérer avec l’Esprit Saint dans l’économie du salut.
13*. Au camp de concentration d’Auschwitz (Oswiecim), près de Cracovie en Pologne, l’an 1942, le bienheureux Symphorien Ducki, religieux capucin et martyr. Sous l’occupation de son pays par les troupes du régime nazi, il fut arrêté avec les autres religieux de son couvent, plongé plusieurs fois dans l’eau glacée et enfin massacré par les vigiles du camp.

Le 12 avril

1. À Fermo dans les Marches, sainte Vissia, vierge et martyre.
2. À Rome, au cimetière de Calépode, au troisième mille sur la voie Aurélienne, en 352, la mise au tombeau du pape saint Jules Ier, qui garda fermement la foi catholique, alors que sévissaient les ariens, prit la défense de saint Athanase contre les attaques de ses ennemis, l’accueillit quand il fut exilé et prit soin de convoquer dans cette affaire le Concile de Sardique.
3. À Vérone en Vénétie, vers 372, saint Zénon, évêque, dont les travaux et la prédication conduisirent la ville au baptême.
4. En Cappadoce, l’an 372, saint Sabas le Goth, martyr. Alors qu’Athanaric, roi des Goths, poursuivait les chrétiens, parce qu’il refusait les aliments immolés aux idoles, il subit de cruels tourments et fut jeté dans un fleuve, le troisième jour après la célébration de la Pâque.
5. À Gap en Provence, après 517, saint Constantin, évêque.
6. À Pavie en Lombardie, l’an 697, saint Damien, évêque, dont la lettre sur la foi orthodoxe au sujet de la volonté et de l’opération dans le Christ fut lue au troisième Concile de Constantinople.
7*. À Parion dans l’Hellespont, en 735, saint Basile, évêque, qui, à cause du culte des saintes images, endura les verges, les chaînes et l’exil.
8*. Dans le Ponthieu, en 742, saint Erkembode, abbé de Sithiu, qui succéda à saint Bertin et fut en même temps évêque de Thérouanne.
9*. Au monastère de Cava en Campanie, l’an 1050, saint Alfier, fondateur et premier abbé de ce monastère. Auparavant conseiller de Guimard, duc de Salerne, il devint à Cluny disciple de saint Odilon et apprit avec exactitude l’observance de la vie monastique.
10*. Au monastère de Belém près de Lisbonne, au XIVe siècle, le bienheureux Laurence (Lauréntii), prêtre de l’Ordre de Saint-Jérôme, vers qui accouraient en grand nombre les pénitents, en raison de sa profonde piété.
11. À Los Andes au Chili, en 1920, sainte Thérèse de Jésus (Jeanne Fernandez Solar), vierge. Novice chez les Carmélites déchaussées, elle offrit à Dieu sa vie, comme elle le disait, pour le monde pécheur, et mourut du typhus dans sa vingtième année.
12. À Naples, en 1927, saint Joseph Moscati. Médecin, il accomplit une œuvre d’assistance quotidienne et infatigable aux malades, sans aucune relâche, sans demander le moindre argent aux pauvres, et en soignant les corps, il se souciait aussi des âmes avec beaucoup de charité
13. À San José, sur le territoire de Chilpancingo au Mexique, en 1927, saint David Uribe, prêtre et martyr, qui pendant la persécution religieuse en ce pays, fut tué d’un coup de revolver dans la nuque.

Le 13 avril

1. Mémoire de saint Martin Ier, pape et martyr. En un temps difficile, il condamna dans un Concile au Latran l’hérésie des partisans d’une volonté unique dans le Christ ; sur l’ordre de l’empereur Constant II, l’exarque Calliope donna l’assaut à la basilique du Latran et arracha le pape de son siège. Le pontife fut conduit à Constantinople, où il fut gardé étroitement au secret en prison, enfin relégué en Chersonèse, où, après deux ans environ, en 656, il vit la fin de ses tribulations pour la défense de la foi catholique.
2. À Pergame en Asie, au IIe siècle, les saints martyrs Carpe, évêque de Thyatire, Papyle, diacre, sa sœur Agathonique, et beaucoup d’autres, qui reçurent la couronne du martyre pour avoir généreusement confessé le Christ.
3. À Ravenne en Flaminie, l’an 398, saint Ours, évêque, qui déplaça de Classis dans la ville le siège épiscopal, fit le jour de Pâques la dédicace de la cathédrale sous le titre de l’Anastasis, et le même jour de Pâques d’une autre année, passa lui-même à la gloire du Christ ressuscité.
4. À Tarragone en Espagne, l’an 586, saint Herménégilde, martyr. Fils du roi arien des Wisigoths Léovigild, il fut converti à la foi catholique par l’évêque saint Léandre, et ne se laissa fléchir ni par les faveurs ni par les menaces de son père, qui, irrité, le priva du règne et le fit enfermer dans une étroite prison. Au moment des fêtes pascales, ayant refusé de recevoir la communion des mains d’un évêque arien, il fut frappé à mort d’un coup de hache, sur l’ordre de son père.
5*. Au monastère de La Capelle près de Wast, au pays de Boulogne, en 1113, la bienheureuse Ida. Veuve du comte de Boulogne Eustache, elle s’illustra par sa libéralité envers les pauvres et son zèle pour la beauté de la maison de Dieu.
6*. À Ménévie au pays de Galles, en 1124, saint Caradoc, prêtre et ermite. Joueur de harpe à la cour du roi Rhys, il abandonna ce prince quand il vit qu’il aimait mieux les chiens que les hommes, et il apprit de l’abbé Teila à servir Dieu.
7*. Au monastère cistercien de La Ramée dans le Brabant, vers 1260, la bienheureuse Ida, vierge, qui souffrit beaucoup de la part de son père, avant de pouvoir entrer dans la vie religieuse, où, par l’austérité de sa vie, elle imita dans son corps le Christ souffrant.
8*. Au monastère de Font Avellane en Ombrie, l’an 1294, le bienheureux Albertin, ermite et prieur d’une communauté d’ermites, qui préféra aux honneurs la solitude, et s’employa à réconcilier des cités qui se battaient entre elles.
9*. À Città di Castello, également en Ombrie, l’an 1320, la bienheureuse Marguerite, vierge, Sœur de la Pénitence de Saint-Dominique. Née aveugle, naine et difforme, abandonnée par ses parents, elle garda toute sa vie un cœur confiant dans le nom de Jésus.
10*. À Rochester en Angleterre, l’an 1590, les bienheureux François Dickenson et Milon Gérard, prêtres et martyrs. Du collège anglais de Reims, ils rentrèrent dans leur patrie pour y exercer en cachette leur ministère sacerdotal ; pour ce motif, ils furent condamnés à mort, sous la reine Élisabeth Ière, par pendaison et autres supplices habituels.
11*. À York, également en Angleterre, l’an 1642, les bienheureux Jean Lockwood et Édouard Catherick, prêtres et martyrs, sous le roi Charles Ier. Le premier, âgé de quatre-vingt-sept ans, qui avait déjà échappé deux fois à la peine capitale, fut derechef condamné à mort en raison de son sacerdoce. Il voulut précéder à la potence son compagnon plus jeune et troublé, pour lui communiquer le courage du martyre.
12*. À l’île de la Réunion, en 1867, le bienheureux Scubilion (Jean-Bernard Rousseau), frère des Écoles chrétiennes, qui, sans relâche, instruisit les enfants et apporta secours aux pauvres et espérance aux esclaves.
13. À Totoclan, dans la région de Guadalajara au Mexique, en 1927, saint Sabas Rayes, prêtre et martyr, qui durant la persécution en ce pays, fut arrêté après avoir célébré un baptême, puis torturé et fusillé dans le cimetière.
**        En Italie, en 1822, le bienheureux Serafino Morazzone, prêtre (béatifié le 26 juin 2011 par Benoît XVI)
**        En Italie, en 1945, le bienheureux Rolando Rivi, martyr tué, alors qu’il avait 14 ans, par haine de sa foi,   (beatifié 5 octobre 2013 par le pape François)

Le 14 avril

1. À Rome, au cimetière de Prétextat sur la voie Appienne, les saints martyrs Tiburce, Valérien et Maxime.
2. À Antioche de Syrie, au IVe siècle, les saintes martyres Bernice et Prosdocé, vierges, avec leur mère Domine. Au temps de la persécution, pour échapper à leurs poursuivants qui en voulaient à leur pudeur, elles cherchèrent leur salut dans la fuite et trouvèrent enfin leur martyre dans le fleuve.
3. Dans le désert de Nitrie en Égypte, au IVe siècle, saint Fronton, abbé, qui se retira dans ce désert avec environ soixante-dix compagnons.
4*. À Elphin en Irlande, au Ve siècle, saint Asicus, évêque, dont on dit qu’il fut disciple de saint Patrice et premier évêque de cette Église.
5. À Alexandrie, en 476, sainte Thomaïde, martyre de la chasteté.
6*. À Lyon, vers 688, saint Lambert, évêque, qui fut auparavant moine puis abbé de Fontenelle.
7*. À Montemarano en Campanie, au XIe ou XIIe siècle, saint Jean, évêque, qui, dit-on, travaillait lui-même à défricher la terre pour nourrir les pauvres et montrer aux clercs un moyen de se sanctifier.
8*. Au monastère de Tiron près de Chartres, en 1117, saint Bernard, abbé, qui mena d’abord une vie d’ermite en divers endroits, en forêt et à l’île Chausey, mais, des disciples venant à lui en foule, il se fixa avec eux dans la forêt de Tiron, les forma et les conduisit à la perfection selon l’Évangile.
9*. À Avignon, en 1184, saint Bénezet (Benoît), jeune berger, grâce à qui, avec l’aide du Seigneur, fut construit sur le Rhône un pont très utile aux habitants de la ville. Il mourut à dix-neuf ans et son corps fut déposé sur le pont.
10*. À Tuy en Galice, l’an 1246, le bienheureux Pierre Gonzalez, appelé Telme par les marins, prêtre de l’Ordre des Prêcheurs. Il devint aussi humble qu’il avait recherché la gloire et se dépensa pour venir en aide aux miséreux, surtout aux marins et pêcheurs.
11*. À Schiedam en Hollande, l’an 1453, sainte Lidwine, vierge, qui supporta avec patience pendant presque toute sa vie les infirmités corporelles pour la conversion des pécheurs et la libération des âmes.
12*. À Cuevas de Vinroma en Espagne, l’an 1937, la bienheureuse Isabelle Calduch Rovira, vierge, clarisse capucine et martyre, victime de la persécution religieuse au cours de la guerre civile.

Le 15 avril

1. En Thrace, entre 117 et 137, les saints martyrs Théodore et Pausilype, dont on rapporte qu’ils souffrirent sous l’empereur Adrien.
2. À Myre en Lycie, saint Crescent, qui acheva son martyre par le feu.
3. Au Mont d’Or dans le Picenum, saint Maron, martyr.
4. À Saint-Pierre de Rome, commémoraison de saint Abondius, qui, au témoignage du pape saint Grégoire le Grand, fut un humble et fidèle gardien de cette église au VIe siècle.
5. Au pays de Coutances, vers 565, le trépas de saint Paterne (Pair ou Pern) évêque d’Avranches, qui fonda beaucoup de monastères et fut élu à l’épiscopat à l’âge de soixante-dix ans. Il mourut en se rendant au monastère de Sciscy, où il fut inhumé. Avec lui est commémoré son compagnon saint Scubilion, mort le même jour et inhumé avec lui à Sciscy.
6*. À Landelle, près de Vire au diocèse de Bayeux, au VIe siècle, saint Ortaire, abbé, adonné aux austérités et à la prière, et assidu à soigner les malades et soulager les pauvres.
7*. À Avignon, en 1607, le bienheureux César de Bus, prêtre. Détourné d’une vie mondaine, il se dépensa dans la prédication et la catéchèse et fonda la Congrégation des Pères de la Doctrine chrétienne, pour qu’ils rendent gloire à Dieu par la formation des fidèles.
8*. À Kalawao, dans l’île de Molokai en Océanie, l’an 1889, saint Damien de Veuster, prêtre de la Congrégation des Missionnaires des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, qui se dévoua tellement de tout son cœur au service des lépreux qu’il contracta lui-même la lèpre et en mourut. (canonisé le 11 octobre 2009 par Benoît XVI)

Le 16 avril

1. À Corinthe, au IIIe ou au IVe siècle, les saints martyrs Léonide et sept compagnes, qui, après avoir enduré divers supplices, furent noyés dans la mer.
2. À Saragosse en Espagne, commémoraison de saint martyr Optat et dix-sept compagnons, qui, au début du IVe siècle, durant la persécution de Dioclétien, furent cruellement tourmentés, tous ensemble, et mis à mort. Le poète Prudence a décrit en vers leur glorieux martyr.
3. À Saragosse, en Espagne, Saint Engrace, vierge et martyr, subit des tourments cruels et variés, mais survécut, portant dans son corps les traces de ses plaies.
4. On commémore avec eux les saints martyrs Caïus et Crémence, victimes de la même persécution, ainsi que sainte Engrace, vierge, qui subit des tourments cruels et variés, mais survécut, portant dans son corps les traces de ses plaies.
5. À Astorga, au royaume des Suèves en Espagne, au Ve siècle, saint Turibio, évêque, qui, avec l’aide du pape saint Léon le Grand, se mit en devoir de s’opposer avec force à la secte des priscillianistes qui se développait en Espagne.
6. À Braga au Portugal, vers 668, saint Fructueux, évêque, qui fut d’abord moine et fondateur de monastères, puis évêque et abbé de Dume, enfin établi par les Pères du dixième Concile de Tolède évêque métropolitain de Braga ; il gouverna avec prudence son Église en même temps que ses monastères.
7*. En Écosse, l’an 1116, saint Magnus, martyr. Fils d’un viking, prince des Orcades, il fut d’abord pirate, mais embrassa bientôt la foi chrétienne. Échappant à l’emprise du roi de Norvège et à ses raids sur les côtes, il vécut comme un pénitent, puis, devenu à son tour prince des Orcades, il partagea le pouvoir avec son cousin Haakon, mais, celui-ci se saisit de lui, désarmé, dans une église et le fit traîtreusement assassiner.
8*. À Sebourg dans le Hainaut, vers 1186, saint Druon (Drogon). À la recherche d’une vie simple et solitaire, comme berger de troupeaux puis comme pèlerin, il vécut pour Dieu seul.
9*. À Broni en Lombardie, l’an 1249, saint Contard, pèlerin, qui choisit de vivre dans la plus grande pauvreté et, faisant route vers Compostelle, fut arrêté en ce lieu par la maladie et y mourut.
10*. À Sienne en Toscane, l’an 1305, le bienheureux Joachim, religieux de l’Ordre des Servites de Marie.
11. À Rome, en 1783, saint Benoît-Joseph Labre. Né à Ameth au diocèse de Boulogne, attiré dès son enfance par le désir d’une vie austère, mais malheureux dans ses essais de vie monastique, il entreprit des pèlerinages pénibles aux sanctuaires les plus réputés, vêtu seulement d’un habit grossier et en loques, se nourrissant de ce qu’il mendiait et donnant partout des exemples de piété et de pénitence. Il fit de Rome la dernière étape de son parcours et mourut, un mercredi saint, près de l’église Sainte-Marie des Monts, où il priait assidûment.
12*. À Avrillé près d’Angers, en 1794, les bienheureux martyrs Pierre Delépine, Jean Ménard et vingt-quatre compagnes. Presque tous de la campagne, ils furent fusillés, sous la Révolution française, pour leur attachement à la foi catholique.
13. À Nevers, en 1879, sainte Bernadette Soubirous, vierge. Née à Lourdes d’une famille très pauvre, elle ressentit, toute jeune fille, la présence de la Vierge Marie immaculée dans la grotte de Massabielle, et par la suite, ayant pris l’habit de religieuse, elle mena à Nevers une vie humble et cachée.

Le 17 avril

(En Suisse, Mémoire de saint Pierre Canisius. Notice à prendre le 21 décembre, n° 1).
1. À Mélitène en Arménie, l’an 341, vers le IVe siècle, les saints martyrs Pierre, diacre, et Hermogène, son serviteur.
2. En Perse, l’an 341, la passion de saint Siméon bar Sabas, évêque de Séleucie et Ctésiphon. Par ordre du roi des Perses Sapor II, il fut arrêté, chargé de fers et, comme il refusait d’adorer le soleil et qu’il rendait témoignage au Seigneur Jésus Christ d’une voix libre et assurée, il fut d’abord enfermé dans une prison pour esclaves avec une troupe de plus de cent compagnons, parmi lesquels des évêques, des prêtres et des clercs de divers ordres. Ils y furent détenus longtemps, puis, le vendredi de la Passion du Seigneur, tous les compagnons de Siméon furent égorgés sous ses yeux, pendant qu’il exhortait vivement chacun d’eux. Il fut enfin lui-même décapité, le dernier de tous. Avec lui souffrirent encore Abdécalas et Ananie, ses prêtres, personnages très distingués.
3. On commémore également un grand nombre de martyrs, qui, après la mort de saint Siméon, furent frappés par l’épée à travers toute la Perse, pour le nom du Christ, sous le même roi Sapor, de 341 à 345. En Perse, l’an 341, la passion de saint Usthazadès, eunuque de la cour royale. Il avait été le père nourricier du roi Sapor II et, quand se leva le premier orage de la persécution, il renia la foi, mais, grâce à l’évêque saint Siméon, il fit pénitence de sa faute et, le Vendredi saint, il subit le martyre dans le palais d’Artaxercès, frère du roi Sapor, dans la province d’Adiabène.
4. À Tortone en Ligurie, au IVe siècle, saint Innocent, évêque.
5. À Mélitène en Arménie, vers 435, saint Acace, évêque, qui, au Concile d’Éphèse, revendiqua la foi orthodoxe contre Nestorius, et ensuite fut injustement chassé de son siège.
6. À Vienne en Gaule, l’an 540, saint Pantagathe, évêque, réputé un des plus saints et des plus savants évêques de son temps.
7*. Dans l’île d’Eigg dans les Hébrides, au large de l’Écosse, en 614, les saints Domnan, abbé, et ses cinquante-deux moines, qui furent tués par des pirates par le feu ou l’épée, alors qu’ils célébraient les fêtes pascales.
8. À Cordoue en Andalousie, l’an 856, les saints martyrs Élie, prêtre, déjà avancé en âge, Paul et Isidore, moines encore jeunes, qui furent mis à mort par ordre de Mohammed, fils d’Abdérame II, à cause de leur profession de foi chrétienne.
9. Au monastère de la Chaise-Dieu en Auvergne, l’an 1067, saint Robert, abbé, qui vécut d’abord dans la solitude, puis en ce même lieu rassembla des frères et gagna au Seigneur une foule considérable par la parole de sa prédication et l’exemple de sa vie.
10. Au monastère de Molesmes, en 1111, saint Robert, abbé. À la recherche d’une vie monastique plus simple et plus stricte, il fonda et dirigea infatigablement des couvents de cénobites, il fut à la tête de groupes d’ermites et rétablit la vie monastique selon la Règle de saint Benoît, en fondant le monastère de Cîteaux dont il fut le premier abbé. Mais c’est à Molesmes, où il dût retourner comme abbé pour la troisième fois, qu’il mourut en paix.
11*. À Pérouse en Ombrie, l’an 1367, le bienheureux Jacques de Cerqueto, prêtre de l’Ordre des Ermites de Saint-Augustin, qui offrit un exemple de joie en supportant la maladie.
12*. À Pise en Toscane, l’an 1419, la bienheureuse Claire Gambacorta. Mariée à douze ans, veuve à quinze ans, elle fonda en cette ville, sur l’exhortation de sainte Catherine de Sienne, le premier monastère de Saint-Dominique sous une observance rigoureuse de la Règle, dirigea ses Sœurs avec prudence et charité et pardonna à ceux qui avaient tué son père et ses frères.
13*. À Madrid, en 1624, la bienheureuse Marie-Anne de Jésus Navarro de Guevara, vierge, qui vint à bout des oppositions de son père, reçut l’habit de Notre-Dame de la Merci, et eut recours aux prières et aux pénitences pour les miséreux et les affligés.
14*. À Londres, en 1643, le bienheureux Henri Heath, prêtre de l’Ordre des Mineurs et martyr, condamné à mort et livré au bourreau, uniquement à cause de son sacerdoce, sous le roi Charles Ier.
15*. À Sault dans le Québec, en 1680, sainte Catherine Tekakwitha, vierge. Née dans une tribu indienne, baptisée le jour de Pâques, elle offrit à Dieu la virginité qu’elle s’était appliquée à conserver avant d’être chrétienne, même si elle fut en butte à des menaces et à de multiples vexations.   (canonisée le 21 octobre 2012 par Benoît XVI)
**        A Madagascar, en 1947 le bienheureux Lucien Botovasoa père de famille, « martyr de la foi et de la charité (Béatifié le 24 juin 2012 par Benoît XVI

Le 18 avril

1. À Mélitène en Arménie, les saints martyrs Hermogène et Elpide.
2. En Perse, l’an 341, saint Pusice, martyr. Surintendant des ouvriers du roi Sapor II, parce qu’il avait relevé le courage du prêtre Ananie qui tremblait, il eut lui-même, sur l’ordre du roi, le cou percé et la langue arrachée, et périt de ce supplice cruel le Samedi saint, lendemain de la mort de saint Siméon.
3*. Commémoraison de saint Eusèbe, évêque de Fano dans les Marches, qui accompagna le pape saint Jean Ier envoyé à Constantinople par le roi Théodoric, et, au retour, fut emprisonné à Ravenne comme lui, et y mourut vers 526.
4*. À Leighlin en Irlande, l’an 639, saint Lasérian ou Molaise, qui fit accepter pacifiquement dans l’île la manière romaine de calculer la date de Pâques.
5. Au monastère de Lobbes dans le Hainaut, en 713, saint Ursmer, évêque et abbé, qui propagea la Règle de saint Benoît et amena à la foi chrétienne les habitants de la Thiérache.
6. À Constantinople, en 811, sainte Anthuse, vierge. Fille de l’empereur Constantin Copronyme, elle apporta tous ses soins à aider les pauvres, à racheter les esclaves, à réparer les églises, à construire des monastères, et reçut elle-même, des mains de l’évêque saint Taraise, le voile des vierges.
7. Dans l’île d’Égine en Grèce, au IXe siècle, sainte Athanasie, qui fut deux fois veuve, puis higoumène, célèbre par sa fidélité aux observances monastiques et par ses vertus.
8. À Constantinople, après 842, saint Jean l’Isaurien, moine. Disciple de saint Grégoire le Décapolite et ami de saint Joseph l’Hymnographe, il fut un champion de la défense des saintes images sous l’empereur Léon l’Arménien.
9. À Cordoue en Andalousie, l’an 850, saint Parfait, moine et martyr. Parce qu’il s’en était pris à la doctrine de Mahomet et avait confessé fermement sa foi dans le Christ Fils de Dieu, il fut mis en prison par les Maures et ensuite tué d’un coup d’épée.
10*. À Bruges dans les Flandres, en 1167, le bienheureux Idesbald, abbé. Il vécut d’abord dans le monde, et devenu bientôt veuf, il s’acquitta pendant trente ans de diverses fonctions à la cour des comtes, puis, à l’âge mûr, il entra au monastère de Dune, dont il fut le troisième abbé et qu’il gouverna saintement.
11. À Milan, en 1176, saint Galdin, évêque, qui s’employa à restaurer la cité détruite à cause des guerres de l’empire et rendit son âme à Dieu en achevant de prêcher un sermon contre les hérétiques.
12*. À Monte Reale dans les Abruzzes, en 1479, le bienheureux André, prêtre de l’Ordre des Ermites de Saint-Augustin, qui se dépensa a prêcher en Italie et en France.
13*. À Gandie, dans la région de Valence en Espagne, l’an 1602, le bienheureux André Hibernon, religieux de l’Ordre des Mineurs. Dévalisé par des voleurs quand il avait vingt ans, à partir de là, il pratiqua de manière admirable la pauvreté.
14*. À Pontoise, en 1618, la bienheureuse Marie de l’Incarnation (Barbe Avrillot). Épouse de Pierre Acarie, mère de famille expérimentée, femme très pieuse, elle introduisit en France la branche féminine du Carmel réformé par sainte Thérèse en fondant cinq monastères et, à la mort de son mari, elle-même fit profession de vie monastique dans le carmel d’Amiens, puis fut assignée à celui de Pontoise, où elle finit ses jours.
15*. À Angers, en 1794, le bienheureux Joseph Moreau, prêtre et martyr, qui durant la Révolution française, fut guillotiné en haine de la foi chrétienne, le vendredi de la Passion du Seigneur.
16*. À Sienne en Toscane, l’an 1923, la bienheureuse Sabine Petrilli, vierge, qui fonda la Congrégation des Sœurs de Sainte-Catherine de Sienne, pour subvenir aux besoins des jeunes filles pauvres.
17*. À Majdanek, près de Lublin en Pologne, l’an 1943, le bienheureux Romain Archutowski, prêtre de Varsovie et martyr. Jeté en prison par des soldats du régime nazi d’occupation, à cause de son sacerdoce, il y souffrit les sévices, la faim, la maladie et succomba le dimanche des Rameaux.

Le 19 avril

1. En Afrique, l’an 250, saint Mappalique, martyr. Durant la persécution de Dèce, ému par la piété familiale, il demanda d’accorder la paix à sa mère et sa sœur, qui avaient failli, mais lui-même, soumis à l’interrogatoire et à la torture, fut couronné du martyre dans l’épreuve ; avec lui sont associés beaucoup d’autres saints martyrs qui ont confessé le Christ : Bassus dans une carrière, Fortunion en prison, Paul après l’interrogatoire, Fortunée, Victorin, Victor, Heremius, Credula, Hereda, Donat, Firmus, Vénustus, Fructus, Julie, Martial et Ariston, qui tous moururent de faim en prison.
2. En Perse, l’an 341, sainte Marthe, vierge et martyre. Sous le roi Sapor II, elle fut décapitée le lendemain de l’exécution de son père, saint Pusice, c’est-à-dire le jour de la Résurrection de Seigneur.
3. À Antioche de Pisidie en 818, saint Georges, évêque, qui mourut en exil pour le culte des saintes images.
4*. Dans les Alpes de Bavière, vers 978, saint Gérold, ermite, dont on rapporte qu’il mena une vie de prière et de pénitence dans la région de Vorarlberg.
5. Sur la côte près de Greenwich en Angleterre, la passion de saint Elphège, évêque de Cantorbéry et martyr. Il s’offrit pour son troupeau aux Danois qui ravageaient la ville par le fer et le feu, et comme il refusait d’être racheté à prix d’argent, il fut frappé, le samedi après Pâques, à coups de pierres et enfin décapité.
6. À Rome, près de saint Pierre, en 1054, saint Léon IX, pape, qui d’abord évêque de Toul, défendit fermement son Église pendant vingt-cinq ans puis, élu au siège de Rome, pendant cinq ans il convoqua plusieurs synodes pour réformer la vie du clergé et extirper la simonie.
7*. Au monastère de Saint-Bertin en Thérouanne, l’an 1182, le trépas du bienheureux Bernard le Pénitent, qui, cherchant à expier par une pénitence très dure des péchés de jeunesse, choisit un exil volontaire : pieds nus, vêtu de tissus de laine, se contentant d’un peu de nourriture, il fit sans arrêt des pèlerinages aux lieux sacrés et finit ses jours sous l’habit monastique.
8*. À Londres, en 1602, le bienheureux Jacques Duckett, martyr. Marié et libraire, il fut dénoncé pour avoir vendu des livres catholiques. Après neuf ans passés en prison, il fut condamné à mort, sous la reine Élisabeth Ière, et soumis au supplice de la pendaison à Tyburn, avec son accusateur, qu’en mourant il invita à une mort catholique.

Le 20 avril

1. À Rome, vers 166, saint Anicet, pape, dont un hôte illustre, saint Polycarpe, éprouva la fraternité, quand ils traitèrent ensemble de la date à retenir pour le jour de Pâques.
2. À Rome également, commémoraison des saints Sulpice et Servitien, martyrs, qui furent déposés au second milliaire sur la voie Latine.
3. À Cordoue en Espagne Bétique, au IVe siècle, saint Secondin, martyr.
4. À Embrun dans les Alpes, vers 374, saint Marcellin, premier évêque de cette ville. Venu d’Afrique, il convertit à la foi du Christ la plus grande partie des Alpes maritimes et fut ordonné pour ce siège par saint Eusèbe de Verceil.
5. À Auxerre, vers 488, saint Marcien, moine.
6. Près de Constantinople, au Ve siècle, saint Théodore, surnommé Trichinas à cause du rude tissu de poil de chèvre dont il était vêtu, qui mena dans la solitude une vie très âpre.
7. Saint Anasthase d’Antioche, évêque et martyr
8*. Au pays de Loriano, près de Paestum en Campanie, au VIIe siècle, sainte Héliène, vierge, qui vécut retirée dans une sorte de caverne.
9*. À Osnabrück en Saxe, l’an 804, saint Wihon, évêque. Né en Frise, il fut envoyé par Charlemagne, étant abbé, évangéliser les Saxons, puis mis à la tête de l’Église d’Osnabrück, où il eut beaucoup à souffrir.
10*. Au monastère de Châtellerault en Poitou, l’an 1120, le bienheureux Giraud de Salles, qui, de chanoine pauvre, se fit ermite beaucoup plus pauvre, partisan de la pénitence la plus grande. Il enflamma beaucoup de gens de l’amour de Dieu ou en attira beaucoup au désert, et fonda enfin un grand nombre de maisons de chanoines réguliers.
11*. À Pise en Toscane, l’an 1218, le bienheureux Dominique Vernagalli, prêtre de l’Ordre des Camaldules, qui construisit un hospice pour les orphelins.
12. À Montepulciano, également en Toscane, l’an 1317, sainte Agnès, vierge, qui prit à neuf ans l’habit des vierges consacrées, à quinze ans devint, malgré elle, la première supérieure du monastère de Procena, et bientôt fonda dans sa patrie un autre monastère, sous le Règle de saint Dominique, où elle donna un admirable exemple de véritable humilité.
13*. À Bologne en Émilie, l’an 1322, le bienheureux Simon Rinalducci, prêtre de l’Ordre des Ermites de Saint-Augustin, qui enseigna les jeunes adonnés aux études et le peuple de Dieu par sa science théologique, sa prédication et l’exemple de sa vie.
14*. À Lancastre en Angleterre, l’an 1584, les bienheureux martyrs Jacques Bell et Jean Finch. Le premier, prêtre, passa vingt ans dans la confession anglicane contre sa science et sa conscience, puis, sur l’exhortation d’une pieuse femme, se réconcilia avec l’Église catholique ; le second, père de famille, paysan et catéchiste, passa de nombreuses années en prison à cause de sa foi catholique et supporta la faim et d’autres tourments ; tous les deux furent condamnés à mort, sous le reine Élisabeth Ière, et menés à la potence.
15*. À Londres, la même année, les bienheureux Richard Sargeant et Guillaume Thomson, prêtres et martyrs. Condamnés à mort parce que, prêtres, ils étaient entrés en Angleterre et y étaient demeurés, ils furent conduits au même supplice de la pendaison à Tyburn.
16*. À Cloyne en Irlande, l’an 1585, le bienheureux Maurice Makenraghty, prêtre et martyr. Après deux ans passés en prison, comme il refusait de reconnaître le pouvoir de la reine Élisabeth Ière dans le domaine spirituel, il fut livré aux supplices de la potence.
17*. À York en Angleterre, l’an 1593, le bienheureux Antoine Page, prêtre et martyr. Homme doux et droit, il fut condamné aux supplices du gibet, à cause de son sacerdoce.
18*. À Londres, en 1602, les bienheureux prêtres et martyrs François Page, de la Compagnie de Jésus, et Robert Watkinson, qui furent ensemble condamnés à mort, sous la reine Élisabeth Ière, à cause de leur sacerdoce, que le second avait reçu un mois seulement auparavant, et tous deux durent monter sur l’échafaud à Tyburn.
19*. À Pianello, dans le pays de Côme en Lombardie, l’an 1887, la bienheureuse Claire Bosatta, vierge, qui, avec l’aide du bienheureux Louis Guanella, fonda la Petite Maison de la divine Providence.
20*. Près de Linz en Autriche, l’an 1942, le bienheureux Anastase Pankiewicz, prêtre franciscain. Quand la Pologne fut soumise au régime nazi, il poursuivit son ministère, ce qui lui valut d’être arrêté par des soldats et déporté au camp de concentration de Dachau. Lorsqu’on le mena à la chambre à gaz, il succomba en cours de route.

V/ Précieuse aux yeux du Seigneur.

R/ Est la mort de Ses saints.

Oraison

Que sainte Marie et tous les saints intercèdent pour nous auprès du Seigneur, afin que nous obtenions secours et salut de Celui qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen

Source: www.societaslaudis.org

Il vit, et il crut!

La résurrection du Christ a changé l’histoire des peuples. Sa vie est ses œuvres, sa résurrection ont changé l’histoire. Le Christ est le sujet le plus abordé, soit de façon positive, soit de façon négative. De certaine façon, on ne peut pas être impartial, ou bien nous sommes avec le Christ ou nous sommes contre le Christ.

De ce grand mystère de la résurrection nous allons parler tout d’abord de la résurrection comme un fait historique, après la résurrection comme objet de la foi, et finalement, comment nous devons vivre ce mystère.

La résurrection est un fait historique :

Il y a des sources non chrétiennes :

Tacite (55-120), dans son traité « Les Annales », vers les années 115, décrit le grand incendie de Rome pendant le règne de l’empereur Néron. Il déclare : « Néron fit de ceux que le peuple a appelés Chrétiens, des boucs émissaires et les soumit aux tortures les plus raffinées… Leur nom vient de Christ qui, pendant le règne de Tibère, avait été exécuté par le procurateur Ponce Pilate » (Annales 15. 44).

Flavius Josèphe, (37-110 ap JC), historien juif du Ier Siècle dit : « Jésus, un homme sage … un maître d’hommes dont ces derniers reçoivent la vérité avec plaisir. Il avait attiré à lui, beaucoup de juifs et beaucoup de païens … quand Pilate, sur la suggestion des hommes principaux parmi nous, l’avait condamné à la croix, ceux qui l’ont aimé depuis le début ne l’ont pas abandonné ; parce qu’il leur est apparu vivant le troisième jour. (Et voilà) La tribu des chrétiens, ainsi appelée à cause de lui. (Josephus, Antiquités 18.3.3. )

Mais, les évangiles sont des sources historiques :

Même s’il y a beaucoup des personnes qui nient cela, les évangiles sont des sources historiques, par exemple : au moment où ils racontent la coutume de l’époque : La façon de semer, la façon de travailler, la manière de chercher de l’eau.  Lorsqu’ils décrivent les différentes sectes religieuses, les pharisiens, sadducéens, les hérodiens. Les différents gouverneurs, la manière de punir, la croix…

On voit aussi que les évangiles ne recherchent pas de nous convaincre de la résurrection. Saint Marc, dont l’évangile est lu cette année dans la liturgie, est plus étendu, plus large au moment où il parle de la passion, que lorsqu’il parle de la résurrection. Pour la passion on a 2 chapitres avec 119 versets. Pour la résurrection on a 1 chapitre avec 20 versets[1], Saint Marc écrit donc 99 versets de plus quand il parle de la passion. Semble-t-il qu’il n’est pas intéressé à nous faire croire un fait, parce que pour lui et pour ses contemporains, cela est évident.

Les ennemis de Jésus : Ils sont les seuls à penser à la résurrection juste après la passion.  Ce sont eux qui demandent une garde à Pilate pour garder le sépulcre : Les grands prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai… Pilate leur déclara : « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! » (Mt 27, 62 ss) (Les disciples n’ont pas par contre cru à la résurrection tout de suite après la passion…)

Au moment où le tremblement de terre se produit et le Corps de Jésus disparait, les soldats font leur rapport et les juifs leur répondent : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »

Mais, les disciples de Jésus étaient encore trop effrayés pour penser à voler le corps de Jésus, car Saint Jean nous dit « Le soir venu, en ce premier jour de la semaine… les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs » (Jn 19, 20) C’est la même crainte qu’ils ont manifesté le jeudi Saint au moment où ils ont abandonné leur maître.

On peut même examiner l’affirmation de Juifs : « Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” » Mgr. Fulton Sheen dit : « Les soldats dorment, s’ils dorment ils ne pouvaient pas donc voir qui était le voleur. »

Une fois que les disciples voient le Christ ressuscité, on voit comment après ils proclament ouvertement la passion et la résurrection du Christ : « Les pharisiens (les chefs du peuple) leur interdisent de faire cela mais ils continuent à le proclamer. C’est pour cela que les pharisiens leur disent une fois encore : ‘Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme !’ En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : ‘Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.  Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.’ » (Actes 5, 28ss.) On voit pourtant que les pharisiens ne disent pas : « le Christ n’est pas mort ou il n’est pas ressuscité»… Ils interdisent simplement la prédication.

Saint Paul aux corinthiens

Un cas qui nous fait voir la certitude la résurrection c’est la lettre aux corinthiens. Le contexte est que quelques corinthiens disaient : «il n’y a  pas résurrection de mort » Paul leur répond : Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité… Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis ». (1 cor 15, 12). Saint Paul se sert de la certitude de la résurrection du Christ pour affirmer avec certitude notre résurrection future.

Nous voudrions finir ce premier mot en disant : Le Christ est mort sur la croix. Son corps n’est plus là. On ne peut pas croire non plus au mensonge qu’une personne endormie puisse voir qui est le voleur. Donc les disciples n’ont pas volé le corps. Alors,  qu’est-ce que s’est passé ?

C’est pour cela qu’il est logique croire en la résurrection.

  1. La foi en la résurrection :

La foi est en elle-même est un sujet très large, la foi comme l’acte de foi, soit intérieur soit extérieur, la foi comme vertu, la foi comme don de Dieu. Ce que nous dirons de la foi aura toujours le but d’approfondir le mystère de la résurrection.

La lettre aux hébreux nous dit que : « La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. » (Hébreux 11, 1)

Nous avons écouté tout à l’heure l’évangile de Saint Jean : Les disciples écoutent l’histoire des femmes, les deux disciples courent, Jean arrive le premier mais il n’entre pas. Pierre arrive et entre au tombeau, et l’évangile nous dit : « C’est alors qu’entra l’autre disciple (Jean), lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. »

Qu’est-ce qu’il a vu ? Il a vu ce que Pierre a aussi vu : « il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. »  Il crut en la résurrection. Car « La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

On connait bien l’histoire, le dimanche de pâque, Thomas n’est pas avec les disciples au cénacle.  Après, lorsqu’il sera informé, l’apôtre ne voudra pas croire à ses compagnons. Le dimanche suivant, Jésus apparait au cénacle encore une fois et dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Alors, est-ce que Thomas a vu Dieu lui-même ? Non, il est en face de Jésus ressuscité, il voit un corps avec les marques de la croix et il le proclame « Seigneur et Dieu ».

« La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

La lettre aux hébreux dit aussi : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère » (Hébreux 11,1)

Nous avons l’exemple de Marie Madeleine : Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs… elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.  « Jésus lui dit… « Marie ! »… S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » et elle se jette vers Jésus… Jésus reprend : « Ne me retiens pas… » ».

C’est ça qu’on fait par la foi, en quelque sorte on touche, on possède l’objet de la foi : une façon de posséder ce que l’on espère »

On voit comme la résurrection nous fait mieux comprendre l’ensemble de la révélation. On connait le passage des disciples d’Emaus, ces deux disciples qui quittaient Jérusalem tous tristes, et Jésus devient leur compagnon de voyage (Lc. 24, 13-35).

Jésus va leur expliquer les écritures: « Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. » Et ils se disaient après : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » »

La résurrection du Christ nous laisse voir, nous permet de comprendre d’une meilleure façon, la révélation toute entière.

Nous avons aussi le cas de Saint Pierre, en l’apparition à saint Pierre nous voyons que la résurrection nous aide à comprendre nos péchés et nos faiblesses.

L’apparition dont nous parlons est présentée dans l’évangile de Saint Jean (21, 15-19). Il nous dit que le Christ est apparu en Galilée, Il était à la berge du lac et les disciples faisaient la pêche. Ils reconnaissent Jésus, ils font une pêche miraculeuse, ils mangent ensemble, et après Jésus parle avec Pierre en disant :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit cela une deuxième fois… et pour la troisième fois… Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

Nos péchés ne disparaissent pas dans l’histoire (En le sens que nous les avons commis et c’est une réalité que nous devons reconnaître, nous sommes pécheurs) ils deviennent[2] une cause par laquelle nous sommes ‘obligés’ d’aimer Dieu. Saint Pierre devient triste, peiné, parce que Jésus lui rappelle son péché, mais il se confie à la miséricorde de Dieu qui est plus fort que la mort, plus grande que nos péchés.

En certaine manière la résurrection est le sceau de la révélation, ce qui donne unité,   « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine aussi est votre foi. »

  1. Vivre comme ressuscité :

D’abord, le baptême : Par le baptême nous sommes morts avec le Christ et nous sommes ressuscités avec le Christ.

Col 3,1-2 : Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez (Vivez !) les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.

Nous faisons partie d’un corps ressuscité, du corps mystique du Christ. Notre façon de vivre, notre manière de penser, de parler, agir, d’omettre, doivent manifester le mystère de la résurrection.  « Le royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint ». On sait bien que la joie éternelle ne peut pas être donnée par aucune créature.

Mais aussi nous avons le devoir de la proclamer :

Au matin des pâques, les femmes ont reçu le message de la résurrection mais tout de suite elles reçoivent le devoir de proclamer aux disciples le mystère de la résurrection:

« L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire » (Mt 28, 5).  C’est un commandement pour toute l’Église :

Saint Marc, Saint Matthieu, Saint Luc et Saint Jean. Mt 28, 18 : Jésus (Ressuscité) s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.  Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

[1]Il y a de manuscrits que seulement nous transmettent 12 versés, évidement les 20 versés sont canoniques.

[2]Is 1, 18 « Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine.»