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« Je mettrai en vous mon esprit »

Lire l’évangile du sixième dimanche du temps de Pâques  (Jn 14, 15-21)

Ce dimanche nous revivons avec l’évangile un moment de la dernière cène, d’après l’évangile de saint Jean. Saint Jean, qui connaissait probablement les autres évangiles écrits avant le sien, ne nous transmet pas les paroles de la consécration comme font les autres trois évangélistes, mais, il écrit le sermon du Seigneur lors du dernier repas avant sa passion.

Le diner de Pâques qui a précédé la Passion c’est le moment où le Seigneur va partager des choses sublimes avec ses disciples. Nous savons que les personnes qui sont proches de la mort font dans les derniers instants de leur vie les plus grandes révélations comme le Seigneur les a faites dans ce sermon ; et c’est à ce moment aussi que beaucoup donnent leurs biens, le plus précieux en héritage, c’est à la dernière cène que Jésus a donné l’Eucharistie à son Eglise.

Quelle est la raison pour laquelle la liturgie nous fait revenir à ce moment avant la Passion dans le temps de Pâques ?  C’est parce que l’Eglise veut nous préparer pour une grande solennité, la Venue de l’Esprit Saint, la Pentecôte avec un passage où le Seigneur parle de la Troisième Personne de la Trinité.

Le Seigneur appellera l’Esprit Saint comme l’autre Défenseur (« qui sera pour toujours avec vous ») : c’est l’Esprit de Vérité.

Le Seigneur fait trois révélations importantes pour notre foi : la première c’est le don de l’Esprit Saint ; la deuxième c’est la présence de Jésus Lui-même  pour toujours, et nous savons qu’Il est toujours présent dans ce monde, substantiellement présent dans le saint Sacrement de l’Autel et spirituellement présent par la foi et l’amour dans le cœur de ses fidèles ; cela fait aussi relation à la troisième grande révélation, l’amour du Père : « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père », c’est-à-dire qu’il y aura une communion profonde, une union d’amour.

Mais ces révélations se font avec des conditions, peut-on dire « enchainées » : Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur. Le véritable amour de Dieu est celui qui s’exprime à travers les œuvres, lors que nous vivons la loi de Dieu. Il n’est pas possible d’aimer Dieu sans accomplir les commandements (il n’est pas possible d’aimer Dieu et d’être d’accord avec l’avortement, l’euthanasie, et les péchés contre la nature de l’homme et de la femme). Saint Jean le dira aussi dans sa première lettre : Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui  (1 Jn. 3,24).

Jésus nous dit aussi que l’Esprit Saint est l’Esprit de vérité, parce qu’Il nous fait voir la réalité telle qu’elle est. Le monde est incapable de le recevoir ; monde veut signifier ici les hommes qui sont loin de Dieu. Parce que le monde ne le voit pas et ne le connaît pas, ceux qui vivent loin de Dieu sont incapables de regarder vers les choses de Dieu (les choses spirituelles sont incompréhensibles pour eux).

Le monde ne peut pas connaître non plus l’Esprit Saint, comme dit saint Paul (1Co 2,14) : « L’homme avec ses seules forces ne peut pas saisir ce qui vient de l’Esprit de Dieu », pour pouvoir le faire il lui faut la foi. Celui qui a langue infectée ne peut pas goûter la saveur des aliments à cause de cela, de la même façon, une âme infectée par la corruption de ce monde n’arrive pas à goûter la douceur des choses du Ciel. On entend souvent des gens qui proposent vivre une vie spirituelle sans renoncer au péché, sans renoncer à l’esprit de ce monde qui ne fait que nous éloigner de Dieu, chose qui est évidement incohérente et impossible.

Le Seigneur nous promet aussi un autre « défenseur ». Un autre, parce que le premier défenseur est le Christ même . Défenseur c’est le mot choisi pour traduire le mot en grec « Paraclétos », de là nous avons un autre nom de l’Esprit Saint : « Paraclet » qui signifie littéralement « celui qui est appelé pour être à côté, pour soutenir, un appui, un support, une aide, celui qui donne consolation » et pour cela on traduit parfois ce mot par« avocat ». Ce nom nous montre une double réalité de l’Esprit de Dieu révélée par Jésus : la première c’est que pour que ce Défenseur vienne il faut tout d’abord que nous l’invoquions, et la deuxième c’est que nous avons besoin à chaque moment de cet Esprit. Sans Dieu nous ne pouvons arriver au Ciel, personne avec ses seules forces et mérites ne peut gagner le Ciel ; c’est l’Esprit Saint qui nous aide, qui nous soutient dans la vie spirituelle, qui nous fait grandir en sainteté.

Demandons-nous : « combien de fois par jour invoquons-nous son aide ? » Nous Lui demandons souvent de nous illuminer ? Toute pensée sainte vient de Lui, saint Paul dit que personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint (1 Co. 12,3), on peut dire donc que chaque prière c’est grâce à l’Esprit Saint. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables (nous dit encore saint Paul dans la lettre aux Romains 8,26)

Mais, ils sont très abondants les effets que l’Esprit Saint peut produire en nous, saint Thomas en énumère 5 principaux :

  • Premièrement, il nous purifie du péché. Comme lorsque nous chantons : Il renouvelle la face de la terre, Il le fait aussi avec nos cœurs. Saint Pierre écrit seulement l’amour couvre la multitude des péchés (I Pierre 4, 8), c’est plus évident encore quand nous disons que l’Esprit Saint c’est l’Amour de Dieu.
  • L’Esprit-Saint illumine aussi notre intelligence, parce que tout ce que nous savons, en effet, nous l’avons appris de l’Esprit-Saint, selon cette parole de Jésus : l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (Jn. 14, 26).
  • Le troisième fruit c’est que le Saint-Esprit nous aide et nous oblige en quelque sorte à garder les commandements. Personne ne pourrait garder les commandements de Dieu, s’il n’aimait pas Dieu (nous l’avons écouté dans l’évangile) et c’est le Saint-Esprit celui qui nous fait aimer Dieu, c’est pourquoi Il nous aide. Le prophète Ezéchiel (36, 26) avait prophétisé : j’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair et je mettrai au dedans de vous mon Esprit, et je vous ferai marcher selon mes préceptes, et vous observerez mes lois et vous les pratiquerez.
  • En quatrième lieu, l’Esprit-Saint affermit notre espérance de la vie éternelle, car il est comme le gage, l’assurance de son héritage. La raison c’est que pour entrer dans la vie éternelle nous devons ressembler au Christ (devenir d’autres Christs), et cela ne se fait que par la possession de l’Esprit de Dieu.
  • Cinquième fruit c’est que le Saint-Esprit nous conseille dans nos doutes et nous apprend quelle est la volonté de Dieu. Comme dit le Seigneur dans le livre de l’Apocalypse : Qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. (Apoc. 2, 7).

Beaucoup de chrétiens pensent aujourd’hui que l’Esprit Saint se manifeste seulement avec des signes extraordinaires, il est vrai qu’au commencement de l’Eglise, Il agissait ainsi et cela avait une raison : c’était pour montrer la Gloire de Dieu et disposer les cœurs pour que les infidèles reçoivent le don de la foi en Jésus-Christ ; c’était le même cas pour les grands missionnaires et évangélisateurs de tous les continents, lorsqu’ils faisaient des grands miracles.

Mais la mission de sanctification dans nos cœurs même si nous ne pouvons pas la voir est un fait extraordinaire, pensons que Saint Augustin disait que la conversion d’une personne est une œuvre plus grande que la création du ciel et de la terre, une chose pareille sera de grandir dans la grâce, de devenir semblables au Christ.

Pour finir écoutons ce que le saint Curé d’Ars prêchait à ses fidèles, il nous le dit aussi à nous aujourd’hui : « Sans le Saint-Esprit, nous sommes comme une pierre du chemin. Prenez dans une main une éponge imbibée d’eau et dans l’autre un petit caillou ; pressez-les également ; il ne sortira rien du caillou, et de l’éponge vous ferez sortir l’eau en abondance. L’éponge, c’est l’âme remplie du Saint-Esprit, et le caillou, c’est le cœur froid et dur où le Saint-Esprit n’habite pas ».

Demandons la grâce de la docilité à l’Esprit Saint et ses inspirations. Nous demandons la grâce à celle qui est son Épouse Fidèle, la très sainte Vierge Marie.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

 

« Je suis du Ciel »

Récit de l’Apparition de Notre Dame de Fatima, le 13 mai 1917

Plusieurs mois après la dernière Apparition de l’Ange et très précisément en ce dimanche 13 mai 1917 qui précédait la fête de l’Ascension, les 3 enfants, avant de sortir avec leurs brebis, s’étaient rendus à l’église paroissiale pour entendre la première messe, celle qu’on appelle dans le pays, la « Messe des âmes », parce qu’on y prie spécialement pour les défunts. Dans la famille des petits pastoureaux, la messe du dimanche était un devoir sacré.

La messe finie, les enfants revinrent à la maison, prirent le sac qui contenait leur repas, et allèrent, avec les brebis, jusqu’à la mare qui se trouve en dehors du hameau, vers l’endroit appelé Gouveia. Lucie, comme elle le faisait presque toujours, choisit elle-même l’endroit où ils devaient faire pâturer les brebis ce jour-là, un terrain appartenant à ses parents à la Cova da Iria qui signifie, la tombe de Iria, en souvenir de Sainte Iria (Irène) qui a préferé mourir que de perdre sa pureté. C’est là que se rendirent allègrement les trois enfants. Ils traversèrent lentement la lande pour permettre aux brebis de brouter le long du chemin. De cette manière, et parce qu’aussi le terrain était pierreux, hérissé ça et là de genêts épineux, la route fut assez longue, et ils n’arrivèrent à l’endroit désigné que peu avant midi. Ils ouvrirent alors leurs sacs de provisions, ils se signèrent, comme ils en avaient l’habitude, récitèrent un « Notre Père », et se mirent à manger, en prenant soin cependant de garder quelque chose pour le soir, avant de reprendre le chemin de la maison. Ils dirent ensuite les Grâces et récitèrent le chapelet puis, en haut de la pente de la Cova da Iria, se mirent à construire, pour s’amuser, un petit mur autour d’un buisson, quand soudain ils virent comme un éclair. Ils se regardent tout surpris. Ils savent qu’il n’y a pas d’éclair sans orage. Ils lèvent les yeux vers le ciel, mais, ni du côté du Levant, ni du côté de Santa Catarina, il n’y a le moindre indice de pluie. Pas le plus léger nuage ne vient obscurcir l’azur du ciel. Pas le plus léger souffle de vent. Le soleil est splendide, l’atmosphère chaude et calme. Cependant, ils décidèrent de rentrer à la maison.

Les petits descendirent donc la pente, poussant les brebis en direction de la route. Arrivés à la moitié de la pente, environ à la hauteur d’un grand chêne-vert qui se trouvait là, ils virent un autre éclair puis une Dame toute vêtue de blanc, et qui répandait la lumière autour d’Elle.

Surpris par cette Apparition, les enfants s’arrêtèrent à environ 1m50 de distance d’Elle. Alors la Dame dit :

– N’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal.
– D’où venez-vous ?, demanda Lucie.
– Je suis du Ciel, répondit Notre-Dame.
– Et que voulez-vous de moi ?
– Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. Après je reviendrai encore ici une septième fois.
– Et moi, est-ce que j’irai au Ciel aussi ?, dit l’enfant.
– Oui, tu iras.
– Et Jacinthe ?
– Aussi.
– Et François ?
– Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets.

Lucie demanda au sujet de deux jeunes filles mortes depuis peu : Maria, 16 ans, fille de José das Neves, et Amélia, 19 ans, qui allaient chez elle apprendre à tisser :
– Est-ce que Maria est déjà au Ciel ?
– Oui, elle y est.
– Et Amélia ?
– Elle sera au Purgatoire jusqu’à la fin du monde.

Il semble que cette jeune fille est décédée dans des circonstances comportant un irrémédiable déshonneur en matière de chasteté.
– Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?
– Oui, nous voulons.
– Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.

Pendant qu’Elle prononçait ces paroles, Notre-Dame ouvrit les mains et, comme par un reflet qui émanait d’Elles, une lumière intense s’en dégagea. Lucie dit plus tard que « cette lumière intense pénétra notre cœur jusqu’au plus profond de notre âme. Elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était la lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs ».

Les enfants se mirent à genoux en récitant intérieurement cette prière :

« Ô, Très Sainte Trinité, je Vous adore.
Mon Dieu, mon Dieu,
je Vous aime dans le Très Saint-Sacrement. »

Avant de partir, Notre-Dame ajouta :
– Récitez le chapelet tous les jours afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.
– Quand arrivera la fin de la guerre ?
– Je ne peux le dire encore, tant que je ne t’ai pas dit aussi ce que je veux.

Après ces paroles, Elle s’éleva doucement, en direction du levant, jusqu’à disparaître dans le Ciel. La lumière qui l’environnait semblait lui ouvrir un chemin.
Cette première Apparition dura environ 10 minutes, et comme pour les Apparitions de l’Ange, François vit la Très Sainte Vierge mais n’entendit pas ses Paroles. Jacinthe, elle, voyait et entendait tout, mais n’osa pas parler à Notre-Dame. Seule Lucie eut le privilège de dialoguer avec Elle.

Source: Fatima.be