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Pour quoi dois-je croire en Toi, Jésus?

Homélie pour le XIV dimanche du temps ordinaire (Mc 6, 1-6)

« Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux » Nous avons écouté cet avertissement de Dieu au prophète Ezéchiel dans la première lecture. Ce dernier est image et prophétie vivante de notre Seigneur, spécialement dans ce passage de l’évangile que nous venons d’entendre.

Le Seigneur enseigne dans la synagogue de Nazareth, ses paroles produisent l’étonnement de ses auditeurs, qui connaissent d’ailleurs quelques miracles que Jésus avait déjà accomplis. Ils sont profondément choqués, dit l’évangile. « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles », les gens de Nazareth voyaient Jésus avec les yeux de la chair, Il était toujours le charpentier, le fils d’une famille de ce petit village. En définitif, le problème qu’ils avaient c’était comme dira le Seigneur un problème de foi, et de foi dans le mystère de l’Incarnation ; Jésus de Nazareth était et Il est le Fils de Dieu.

Certaines traductions de l’évangile de ce dimanche disent « que les gens de la synagogue étaient scandalisés » au lieu de dire « profondément choqués » comme le fait notre traduction. Ce scandale est appelé « scandale pharisaïque » c’est-à-dire, le scandale (une réaction mauvaise, comme un choc) qui se reçoit ou bien qui semble se recevoir sans une véritable cause, regardant comme répréhensible (condamnable) ce qui ne l’est pas.

Ils étaient scandalisés de l’enseignement de Jésus, ils résistaient à croire en Lui, le voyant toujours comme le voisin de Nazareth. Cette attitude fermait le cœur des auditeurs, comme aujourd’hui aussi beaucoup ne veulent pas écouter son enseignement, parce que finalement ils n’ont pas une foi éclairée en Jésus-Christ

Voilà le grand point de réflexion de ce dimanche, il est orienté vers l’enseignement de notre Seigneur ; et nous ferons pour cela un peu d’ « apologétique » (c’est-à-dire, une défense au travers d’arguments cohérents des dogmes de notre foi en Jésus-Christ, l’Eglise, etc.).

Nous allons nous demander si l’enseignement de notre Seigneur est acceptable, si son témoignage est véritable, si Sa vie correspond à ce qu’Il enseigne. Cela est évident pour nous qui avons la foi et croyons en Jésus, mais nous savons qu’une grande partie de l’humanité ne croit pas en Lui, et qu’une autre partie Le combat et combat son Eglise. Nous devons avoir des éléments nécessaires pour défendre notre foi, comme dit l’apôtre saint Pierre (1 P 3,15) « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ».

Au long de l’histoire certains ont blasphémé contre Jésus ; de son temps les chefs religieux Le qualifiaient d’imposteur, quelqu’un qui se prenait pour Dieu. Au XIXème siècle sont apparus dans le monde des biographes de Notre Seigneur qui méprisaient son image, Le considérant comme un fou aveuglé par l’orgueil, un fanatique religieux (Bultmann, R. Otto).

Pour répondre à ces conceptions perverses et éviter d’y succomber , nous devons savoir qu’à travers une lecture attentive des évangiles, qui sont pour nous tout d’abord la Parole de Dieu, mais aussi les livres qui nous racontent les moments les plus importants de la vie de notre Seigneur, nous pouvons démontrer que la Personne de Jésus est un véritable miracle de sagesse et sainteté, la personnalité la plus parfaite qui ait jamais existé auparavant ni n’existera après, un homme unique.

Nous allons procéder en deux pas, un premier pas qu’on dira négatif puis un pas positif. En chacun de ces deux pas il y aura deux aspects, un aspect intellectuel et un aspect moral.

Premier grand pas, le pas négatif.

Jésus ne s’est jamais trompé sur Lui-même (aspect intellectuel). Jésus était conscient qu’Il était Roi, Prophète et plus grand qu’Abraham. Alors, si ces expressions avaient été le résultat des divagations d’un fou, ni ses amis n’auraient adhéré à ses prédications avec tant de ferveur, ni le peuple ne l’aurait suivi avec autant d’ardeur (les foules accouraient vers Lui), ni certains docteurs de la loi (Nicodème, Joseph d’Arimathie) n’auraient accepté ses enseignements, ni ses ennemis ne se seraient disputés avec lui tant de fois.

Loin d’être un hystérique, nous voyons en Jésus une personne prudente, avec une grande maîtrise de soi et forte en ses décisions, qui savait bien distinguer les domaines religieux et politique. En plus de jouir d’une parfaite santé corporelle et équilibrée qui lui a permis de mener une vie si dure comme celle décrite par les évangiles.

Jésus n’a pas voulu nous tromper (aspect moral), car ce serait un geste de grande méchanceté de quelqu’un que de prendre le titre de prophète et même de Dieu, un blasphème et même un crime de pousser l’humanité vers une fausse religion qui la condamnerait.

Alors, cette méchanceté n’a jamais existée en Jésus. Il montrait par contre, une tendresse et une douceur qui conduisaient les autres à aimer le Père Eternel, tendresse qu’on voit aussi dans la Passion de Notre Seigneur ; les évangiles nous dévoilent aussi l’ardeur avec laquelle Jésus accomplissait la volonté divine.

Nous savons qu’il y eu des cas où ceux qui se sont proclamés Dieu ou envoyé de Dieu ont cherché toujours une récompense, une rétribution ; ce que Jésus n’a jamais exigé de personne : Il ne recherchera pas les richesses, ni le pouvoir politique, ni l’honneur ; lorsqu’on veut faire de Lui un roi, par exemple, Il s’échappe de la foule (Jn 8,15; Lc 12,14).

D’autre part, ses ennemis n’ont jamais réussi à démontrer un manque de vérité dans son enseignement.  Les scribes et les grands prêtres se mirent alors à le surveiller et envoyèrent des espions qui jouaient le rôle d’hommes justes mais Ils furent incapables de le prendre en défaut devant le peuple en le faisant parler et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence (Lc 20,20.26). La foule ne trouve rien de mauvais dans son enseignement et surtout ses disciples, qui traitaient avec Lui quotidiennement et en grande amitié, n’ont jamais trouvé une parole ou un geste qui nuise l’image de leur maître, comme le dira saint Pierre quelques années plus tard (1P. 2,21) : « Il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. »

Nous avons aussi ce deuxième pas de notre raisonnement, le pas positif, qui compte, lui aussi de deux aspects : l’aspect intellectuel et l’aspect moral.

Par rapport à l’aspect intellectuel, en Jésus resplendit une Sagesse qui n’est pas de ce monde. Cela est témoigné par les contemporains de Notre Seigneur ( les docteurs de la loi sont surpris de sa Sagesse lorsque Jésus avait 12 ans par exemple et en d’autres moments de sa vie (Lc 2,47; 11,27; 4,22; Jn 6,68), ses mêmes adversaires (Jn. 7,46; etc.). Dans son enseignement il n’y pas de contradictions, au contraire le tout garde une parfaite unité, en plus de profondeur et de sublimité.

Au centre de sa prédication s’élève l’idée du royaume de Dieu, et d’elle dépendent les relations de filiation par rapport à Dieu, l’amour universel par rapport aux autres et l’envie de perfection, dans l’abnégation de soi-même.

Sa Sagesse resplendit aussi dans la façon de proposer ses idées, Jésus jouit d’une autorité qui n’est pas de ce monde, il n’hésite jamais dans ses décisions et exerce l’autorité avec fermeté.  Son enseignement est facile à comprendre, accessible à tous mais il garde une incomparable densité. Il nous suffit de relire le sermon de la Montagne, ou le sermon de la dernière Cène.

Par rapport à l’aspect moral, Jésus resplendit aussi en sainteté : dans sa passion, les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort et ils n’en trouvèrent pas (Mt 26,59). Pilate le reconnaît innocent (Lc 23,4.14) et même Judas, le traitre (Mt 27,4).

Si on examine sa façon d’agir par rapport à Dieu, on Le voit envahi par le désir de la glorification de son Père ; sa prière est continuelle, intime et très élevée et elle dévoile un amour ardent pour Dieu et un désir qui l’amène à se consacrer tout entier à Lui (Jn 8,29; Mt 22,37; 26,40; etc.). Dans sa façon d’agir envers les hommes, nous voyons en Jésus de Nazareth un homme plein de charité : Il guérit, Il pardonne, mais Il est plein de tendresse devant la mort de son ami, Lazare. Sa charité n’a pas de limites, elle est miséricordieuse et affable, patiente et douce (Mt 22,36.40 ; 25,34-46; 7,12; etc) , mais aussi virile et consciente (réaliste) au moment où Il corrige les fautes et les erreurs du prochain(Mc 7,18; M7 16,23; etc.).

Il dévoile sa sainteté aussi dans sa chasteté immaculée, la proposant comme un chemin pour ses disciples et l’humilité (Il lave les pieds de ses disciples, Il est toujours accompagné de pécheurs et publicains). De façon particulière, nous voyons en Jésus toutes les vertus, vécus de manière admirable, même celles qu’on pourrait considérer comme opposées, gardant en tout un grand équilibre (la vie de contemplation et l’activité apostolique, le zèle et la miséricorde, la grande sincérité et en même temps la gentillesse dans les mots)

Il y a un dernier point dans l’évangile de ce dimanche qui nous surprend un peu, malgré tout ce que l’on vient de dire. Il ne pouvait accomplir aucun miracle à cause du manque de foi des gens. Ces gens l’avaient méconnu, pour eux Jésus était un simple voisin et voilà un grand obstacle pour l’œuvre de Jésus. L’envie de vouloir tout savoir, de fermer l’intelligence à la vérité, de mal penser et de vouloir ramener tous à leur rang, a causé l’incrédulité dans le cœur de nazaréens. Saint Thomas d’Aquin dira : « ce n’est pas que Jésus n’a pas pu, car Il est Tout-puissant ; mais Il réalisait les miracles pour que les gens croient en Lui » . Mais ils l’ont méprisé, car tout ce qu’Il leur avait dit, ils l’ont appris pour le mal et pour cela, ils n’étaient pas disposés à croire.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie, la grâce de la foi, de croire pleinement en son Fils Jésus de Nazareth, de croire qu’Il est Dieu fait homme. L’écrivain Rousseau avait dit une fois : « Si la vie et la mort de Socrate sont d’un sage, la vie et la mort de Jésus sont d’un Dieu. »

 

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

Il vit, et il crut!

La résurrection du Christ a changé l’histoire des peuples. Sa vie est ses œuvres, sa résurrection ont changé l’histoire. Le Christ est le sujet le plus abordé, soit de façon positive, soit de façon négative. De certaine façon, on ne peut pas être impartial, ou bien nous sommes avec le Christ ou nous sommes contre le Christ.

De ce grand mystère de la résurrection nous allons parler tout d’abord de la résurrection comme un fait historique, après la résurrection comme objet de la foi, et finalement, comment nous devons vivre ce mystère.

La résurrection est un fait historique :

Il y a des sources non chrétiennes :

Tacite (55-120), dans son traité « Les Annales », vers les années 115, décrit le grand incendie de Rome pendant le règne de l’empereur Néron. Il déclare : « Néron fit de ceux que le peuple a appelés Chrétiens, des boucs émissaires et les soumit aux tortures les plus raffinées… Leur nom vient de Christ qui, pendant le règne de Tibère, avait été exécuté par le procurateur Ponce Pilate » (Annales 15. 44).

Flavius Josèphe, (37-110 ap JC), historien juif du Ier Siècle dit : « Jésus, un homme sage … un maître d’hommes dont ces derniers reçoivent la vérité avec plaisir. Il avait attiré à lui, beaucoup de juifs et beaucoup de païens … quand Pilate, sur la suggestion des hommes principaux parmi nous, l’avait condamné à la croix, ceux qui l’ont aimé depuis le début ne l’ont pas abandonné ; parce qu’il leur est apparu vivant le troisième jour. (Et voilà) La tribu des chrétiens, ainsi appelée à cause de lui. (Josephus, Antiquités 18.3.3. )

Mais, les évangiles sont des sources historiques :

Même s’il y a beaucoup des personnes qui nient cela, les évangiles sont des sources historiques, par exemple : au moment où ils racontent la coutume de l’époque : La façon de semer, la façon de travailler, la manière de chercher de l’eau.  Lorsqu’ils décrivent les différentes sectes religieuses, les pharisiens, sadducéens, les hérodiens. Les différents gouverneurs, la manière de punir, la croix…

On voit aussi que les évangiles ne recherchent pas de nous convaincre de la résurrection. Saint Marc, dont l’évangile est lu cette année dans la liturgie, est plus étendu, plus large au moment où il parle de la passion, que lorsqu’il parle de la résurrection. Pour la passion on a 2 chapitres avec 119 versets. Pour la résurrection on a 1 chapitre avec 20 versets[1], Saint Marc écrit donc 99 versets de plus quand il parle de la passion. Semble-t-il qu’il n’est pas intéressé à nous faire croire un fait, parce que pour lui et pour ses contemporains, cela est évident.

Les ennemis de Jésus : Ils sont les seuls à penser à la résurrection juste après la passion.  Ce sont eux qui demandent une garde à Pilate pour garder le sépulcre : Les grands prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai… Pilate leur déclara : « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! » (Mt 27, 62 ss) (Les disciples n’ont pas par contre cru à la résurrection tout de suite après la passion…)

Au moment où le tremblement de terre se produit et le Corps de Jésus disparait, les soldats font leur rapport et les juifs leur répondent : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »

Mais, les disciples de Jésus étaient encore trop effrayés pour penser à voler le corps de Jésus, car Saint Jean nous dit « Le soir venu, en ce premier jour de la semaine… les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs » (Jn 19, 20) C’est la même crainte qu’ils ont manifesté le jeudi Saint au moment où ils ont abandonné leur maître.

On peut même examiner l’affirmation de Juifs : « Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” » Mgr. Fulton Sheen dit : « Les soldats dorment, s’ils dorment ils ne pouvaient pas donc voir qui était le voleur. »

Une fois que les disciples voient le Christ ressuscité, on voit comment après ils proclament ouvertement la passion et la résurrection du Christ : « Les pharisiens (les chefs du peuple) leur interdisent de faire cela mais ils continuent à le proclamer. C’est pour cela que les pharisiens leur disent une fois encore : ‘Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme !’ En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : ‘Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.  Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.’ » (Actes 5, 28ss.) On voit pourtant que les pharisiens ne disent pas : « le Christ n’est pas mort ou il n’est pas ressuscité»… Ils interdisent simplement la prédication.

Saint Paul aux corinthiens

Un cas qui nous fait voir la certitude la résurrection c’est la lettre aux corinthiens. Le contexte est que quelques corinthiens disaient : «il n’y a  pas résurrection de mort » Paul leur répond : Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité… Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis ». (1 cor 15, 12). Saint Paul se sert de la certitude de la résurrection du Christ pour affirmer avec certitude notre résurrection future.

Nous voudrions finir ce premier mot en disant : Le Christ est mort sur la croix. Son corps n’est plus là. On ne peut pas croire non plus au mensonge qu’une personne endormie puisse voir qui est le voleur. Donc les disciples n’ont pas volé le corps. Alors,  qu’est-ce que s’est passé ?

C’est pour cela qu’il est logique croire en la résurrection.

  1. La foi en la résurrection :

La foi est en elle-même est un sujet très large, la foi comme l’acte de foi, soit intérieur soit extérieur, la foi comme vertu, la foi comme don de Dieu. Ce que nous dirons de la foi aura toujours le but d’approfondir le mystère de la résurrection.

La lettre aux hébreux nous dit que : « La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. » (Hébreux 11, 1)

Nous avons écouté tout à l’heure l’évangile de Saint Jean : Les disciples écoutent l’histoire des femmes, les deux disciples courent, Jean arrive le premier mais il n’entre pas. Pierre arrive et entre au tombeau, et l’évangile nous dit : « C’est alors qu’entra l’autre disciple (Jean), lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. »

Qu’est-ce qu’il a vu ? Il a vu ce que Pierre a aussi vu : « il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. »  Il crut en la résurrection. Car « La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

On connait bien l’histoire, le dimanche de pâque, Thomas n’est pas avec les disciples au cénacle.  Après, lorsqu’il sera informé, l’apôtre ne voudra pas croire à ses compagnons. Le dimanche suivant, Jésus apparait au cénacle encore une fois et dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Alors, est-ce que Thomas a vu Dieu lui-même ? Non, il est en face de Jésus ressuscité, il voit un corps avec les marques de la croix et il le proclame « Seigneur et Dieu ».

« La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

La lettre aux hébreux dit aussi : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère » (Hébreux 11,1)

Nous avons l’exemple de Marie Madeleine : Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs… elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.  « Jésus lui dit… « Marie ! »… S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » et elle se jette vers Jésus… Jésus reprend : « Ne me retiens pas… » ».

C’est ça qu’on fait par la foi, en quelque sorte on touche, on possède l’objet de la foi : une façon de posséder ce que l’on espère »

On voit comme la résurrection nous fait mieux comprendre l’ensemble de la révélation. On connait le passage des disciples d’Emaus, ces deux disciples qui quittaient Jérusalem tous tristes, et Jésus devient leur compagnon de voyage (Lc. 24, 13-35).

Jésus va leur expliquer les écritures: « Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. » Et ils se disaient après : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » »

La résurrection du Christ nous laisse voir, nous permet de comprendre d’une meilleure façon, la révélation toute entière.

Nous avons aussi le cas de Saint Pierre, en l’apparition à saint Pierre nous voyons que la résurrection nous aide à comprendre nos péchés et nos faiblesses.

L’apparition dont nous parlons est présentée dans l’évangile de Saint Jean (21, 15-19). Il nous dit que le Christ est apparu en Galilée, Il était à la berge du lac et les disciples faisaient la pêche. Ils reconnaissent Jésus, ils font une pêche miraculeuse, ils mangent ensemble, et après Jésus parle avec Pierre en disant :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit cela une deuxième fois… et pour la troisième fois… Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

Nos péchés ne disparaissent pas dans l’histoire (En le sens que nous les avons commis et c’est une réalité que nous devons reconnaître, nous sommes pécheurs) ils deviennent[2] une cause par laquelle nous sommes ‘obligés’ d’aimer Dieu. Saint Pierre devient triste, peiné, parce que Jésus lui rappelle son péché, mais il se confie à la miséricorde de Dieu qui est plus fort que la mort, plus grande que nos péchés.

En certaine manière la résurrection est le sceau de la révélation, ce qui donne unité,   « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine aussi est votre foi. »

  1. Vivre comme ressuscités :

D’abord, le baptême : Par le baptême nous sommes morts avec le Christ et nous sommes ressuscités avec le Christ.

Col 3,1-2 : Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez (Vivez !) les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.

Nous faisons partie d’un corps ressuscité, du corps mystique du Christ. Notre façon de vivre, notre manière de penser, de parler, agir, d’omettre, doivent manifester le mystère de la résurrection.  « Le royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint ». On sait bien que la joie éternelle ne peut pas être donnée par aucune créature.

Mais aussi nous avons le devoir de la proclamer :

Au matin des pâques, les femmes ont reçu le message de la résurrection mais tout de suite elles reçoivent le devoir de proclamer aux disciples le mystère de la résurrection:

« L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire » (Mt 28, 5).  C’est un commandement pour toute l’Église :

Saint Marc, Saint Matthieu, Saint Luc et Saint Jean. Mt 28, 18 : Jésus (Ressuscité) s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.  Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

[1]Il y a de manuscrits que seulement nous transmettent 12 versés, évidement les 20 versés sont canoniques.

[2]Is 1, 18 « Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine.»