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PRIERE DE CONSECRATION A NOTRE DAME DE LOURDES

Pour les religieux de la Délégation  » Notre Dame de Lourdes » (France et Tunisie)

Notre Dame de Lourdes, patronne de notre Délégation, qui avec fierté porte votre nom : nous, prêtres et religieux de l’Institut du Verbe Incarné, missionnaires en France et en Tunisie, nous nous prosternons à vos pieds ; nous vous consacrons toute notre vie, toutes nos œuvres apostoliques, ainsi que nos peines et joies personnelles et communautaires afin que Vous en fassiez don à votre Fils Jésus Christ, le seul pour qui nous voulons vivre et mourir.

Ô Notre Belle Dame, Vous qui Vous êtes faites proche des petits dans vos apparitions à Lourdes, Vous qui avez prié avec eux et leur avez parlé dans leur langue, Vous qui les avez réconfortés et les avez rendus heureux par votre présence; remplissez de fruits notre travail apostolique et missionnaire sur ces terres; bénissez nos efforts et donnez-nous une intelligence et un cœur miséricordieux pour savoir inculturer l’Évangile de Jésus-Christ dans tout ce qui est humain, selon le charisme de notre Institut. Vous, le réconfort des affligés ! Vous qui donnez soulagement et paix à tous depuis votre grotte, protégez-nous, consolez les malades, les pauvres et les souffrants qui nous sont confiés, et qui espèrent trouver à travers nous votre bonté et votre force.

« Immaculée Conception, « …qui, au dire de notre Père Spirituel S. Jean Paul II avez voulu être ainsi invoquée à Lourdes, de ce nom que Dieu a choisi pour vous de toute éternité quand il vous destina à être la Mère de son Fils Jésus; obtenez nous l’immense grâce que notre vie soit toute vôtre, qu’elle soit pleinement mariale, et que ce soit notre vraie dévotion, fidèle, tendre et attentive à apporter une valeur authentique à toutes nos pratiques religieuses, à toute notre vie spirituelle et à tout notre engagement missionnaire.

À votre puissante prière, nous recommandons notre être tout entier, corps et âme. Gardez-nous comme vôtres jusqu’au jour de notre rencontre finale. Amen

Méditations de préparation pour la Nativité du Seigneur

24 décembre : Prendre la croix

Comme nous l’avons mentionné dans l’introduction à toutes ces méditations, les Constitutions de notre Institut du Verbe Incarné affirment : « Nous voulons vivre intensément les vertus de l’anéantissement : humilité, justice, sacrifice, pauvreté, douleur, obéissance, amour miséricordieux… en un mot, porter la croix » (n. 11).

Tout au long de ces journées, nous avons pu montrer, brièvement, comment toutes ces vertus sont présentées dans l’acte de s’abaisser du Christ, et qu’elles brillent pour la première fois sur le monde depuis la crèche de Bethléem. Le Christ enfant est déjà pour nous un exemple de toutes ces vertus que nous devons pratiquer avec effort pour imiter notre Seigneur, qui pour nous s’est fait homme et est né de la Vierge Marie. Dans cette méditation de conclusion, nous allons dire quelque chose sur la vertu qui les unit toutes, et qui s’exprime en disant « prendre la croix ».

L’expression vient de l’Évangile et est formulée de diverses manières : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16,24 ; cf. Mc 8,34 ; Lc 9,23) ; « celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi » (Mt 10,38 ; cf. Lc 14,27 : « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple »). Dès les premiers temps du christianisme, on y voit l’essentiel de la suite de Jésus, car on y voit l’essentiel de la mission du Christ lui-même, qui dès la crèche de Bethléem projette l’ombre de sa croix sur le monde : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Lc 12,49-50).

Une des meilleures explications de ces passages de l’Evangile est donnée par Saint Louis Marie Grignion de Montfort, dans sa Lettre circulaire aux Amis de la Croix. De là, nous prenons quelques passages qui peuvent servir de source de méditation : « Toute la perfection chrétienne, en effet, consiste: (1) à vouloir devenir un saint: Si quelqu’un veut venir après moi ; (2) à s’abstenir: qu’il renonce à soi-même ; (3) à souffrir: qu’il porte sa croix ; (4) à agir: et qu’il me suive !

(1) SI QUELQU’UN VEUT VENIR APRES MOI

Si quis vult post me venire, si quelqu’un veut venir après moi, qui me suis si humilié et si anéanti, que je suis devenu plutôt un vermisseau qu’un homme… après moi qui ne suis venu au monde que pour embrasser la Croix… que pour la placer au milieu de mon cœur… que pour l’aimer dès ma jeunesse… que pour soupirer après elle pendant ma vie… que pour la porter avec joie en la préférant à toutes les joies et les délices du ciel et de la terre… et enfin qui n’ai été content que lorsque je suis mort dans ses divins embrassements.

(2) QU’IL RENONCE A SOI-MEME

Si quelqu’un donc veut venir après moi ainsi anéanti et crucifié, qu’il ne se glorifie comme moi que dans la pauvreté, les humiliations et les douleurs de ma Croix : qu’il renonce à soi-même !

(3) QU’IL PORTE SA CROIX

Qu’il porte sa croix ; la sienne ! Que celui-là, que cet homme, que cette femme rare, que toute la terre d’un bout à l’autre ne saurait payer, prenne avec joie, embrasse avec ardeur, et porte sur ses épaules avec courage sa croix, et non pas celle d’un autre: – sa croix que par ma sagesse, je lui ai faite avec nombre, poids et mesure ; – sa croix, à laquelle j’ai, de ma propre main, mis ses quatre dimensions, dans une grande justesse, savoir : son épaisseur, sa longueur, sa largeur et sa profondeur ; – sa croix que je lui ai taillée d’une partie de celle que j’ai portée sur le Calvaire, par un effet de la bonté infinie que je lui porte ; – sa croix, composée en épaisseur, des pertes de biens, des douleurs, des maladies et des peines spirituelles qui doivent, par ma providence, lui arriver chaque jour jusqu’à sa mort ; – sa croix, composée en sa longueur d’une certaine durée de mois ou de jours qu’il doit être accablé de la calomnie, être étendu sur un lit, être réduit à l’aumône, et être en proie aux tentations, aux sécheresses, abandons et autres peines d’esprit ; – sa croix, composée en sa largeur de toutes les circonstances les plus dures et les plus amères, soit de la part de ses amis, de ses domestiques, de ses parents ; – sa croix, enfin, composée en sa profondeur des peines les plus cachées dont je l’affligerai, sans qu’il puisse trouver de consolation dans les créatures qui même, par mon ordre, lui tourneront le dos et s’uniront avec moi pour le faire souffrir.

La croix; qu’il la porte, puisqu’il n’y a rien de si nécessaire, de si utile et de si doux, ni de si glorieux que de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ. Il faut souffrir comme les saints… sinon comme les réprouvés.

Choisis bien sagement; car il nécessaire de souffrir comme un saint, ou comme un pénitent, ou comme un réprouvé qui n’est jamais content. C’est-à-dire, que si vous ne voulez pas souffrir avec joie comme Jésus-Christ, ou avec patience comme le bon larron, il faudra que vous souffriez malgré vous comme le mauvais larron ; il faudra que vous buviez jusqu’à la lie du calice le plus amer, sans aucune consolation de la grâce, et que vous portiez le poids tout entier de votre croix, sans aucune aide puissante de Jésus-Christ. Il faudra même que vous portiez le poids fatal que le démon ajoutera à votre croix, par l’impatience où elle vous jettera, et qu’après avoir été malheureux avec le mauvais larron sur la terre, vous alliez le trouver dans les flammes.

Mais si, au contraire, vous souffrez comme il faut, la croix deviendra un joug très doux, que Jésus-Christ portera avec vous. Elle deviendra les deux ailes de l’âme qui s’élève au ciel ; elle deviendra un mât de navire qui vous fera heureusement et facilement arriver au port du salut. Portez votre croix patiemment, et par cette croix bien portée, vous serez éclairés en vos ténèbres spirituelles ; car qui ne souffre rien par la tentation, ne sait rien. Portez votre croix joyeusement, et vous serez embrasés du divin amour; car Personne ne vit sans douleur Dans le pur amour du Seigneur. On ne cueille de roses que parmi les épines. La croix seule est la pâture de l’amour de Dieu, comme le bois est celle du feu.

Réjouissez-vous donc et tressaillez d’allégresse, lorsque Dieu vous fera part de quelque bonne croix ; car ce qu’il y a de plus grand dans le ciel et en Dieu même tombe en vous, sans vous en apercevoir. Le grand présent de Dieu que la croix !

(4) ET QU’IL ME SUIVE !

Mais il ne suffit pas de souffrir: le démon et le monde ont leurs martyrs ; mais il faut souffrir et porter sa croix sur les traces de Jésus-Christ, c’est-à-dire de la manière qu’il l’a portée ».

Le Christ est, en fait, dans la crèche, pour nous apprendre à porter la croix. Mère Teresa a dit que la souffrance est dans le monde afin que l’amour puisse être montré. Et il n’y a pas de souffrance plus grande que celle du Christ, car il n’y a pas de plus grand amour que le sien. Demandons à la Vierge, qui a accompagné son Fils à Bethléem et au Calvaire, la grâce de lui être toujours fidèles.