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O sacrum Convivium

Solennité du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ

L’Eglise a choisi un jour de l’année pour célébrer de façon spéciale l’Eucharistie, disons plutôt, pour méditer sur le mystère de l’Eucharistie, sur la présence réelle et substantielle de Notre Seigneur dans ce sacrement. On a appris au catéchisme que Jésus est Présent avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité, c’est-à-dire que dans le Sacrement de l’Eucharistie, il y a Jésus Tout entier.

Nous avons entendu dans l’évangile de ce dimanche que Jésus envoie deux de ses disciples pour préparer la cène de Pâques, dans une salle aménagée et prête pour un repas. Si même le Seigneur vivait de façon pauvre, lorsqu’Il choisit un lieu pour célébrer sa Pâque, Il choisit un bon endroit, un endroit de riche, ce type de salle servait pour les grandes fêtes.

C’est pour cela que pour un esprit vraiment chrétien, le temple doit être impeccable car c’est là que nous faisons notre plus grande prière, la Messe et parce qu’en elle habite Dieu. Si l’Eglise doit être propre parce que le Seigneur habite en elle, notre âme doit aussi être propre pour le recevoir à chaque fois qu’on s’approche de l’Eucharistie.

Par la grâce de Dieu et par la générosité de nos fidèles, notre chapelle est toujours propre et ornée la plus part de temps avec de belles fleurs. Ainsi, aujourd’hui  nous avons voulu y ajouter encore des fleurs, parce que nous voulons y célébrer la Fête-Dieu et encore une autre fête.

Par la grâce de Dieu,  nous avons un grand cadeau de Dieu comme dans les années précédentes, cette année aussi, les enfants qui recevront la première communion, et cela nous remplit de joie, parce que dans l’innocence de leur âge, ils ont préparé leurs cœurs pour faire d’eux une maison pour Jésus, une demeure pour le Seigneur. De ces âmes pures et innocentes, Jésus fera un palais pour Lui.

Mais, pour nous autres aussi, nous pouvons dire qu’il est le jour de notre première communion ; en effet, on dit que chaque communion doit être comme si c’était la première et la dernière. Malheureusement nous oublions souvent cela lorsqu’nous nous approchons pour communier. Demandons aujourd’hui cette grâce, et pour nous et pour ces enfants, que cette communion et toutes les autres dans nos vies, nous les vivions comme si c’était la première et la dernière fois que nous communions dans la vie.

Pour l’offertoire, il y a ce très beau chant, vous l’avez dans la feuille, O sacrum Convivium. Il a été composé par Saint Thomas d’Aquin, il a plus de 7 siècles d’histoire. C’est une petite antienne, qui résume de façon admirable ce qui se passe dans la messe au moment de recevoir l’Eucharistie.

O sacrum Convivium in quo Christus sumitur:

La messe est un saint Banquet où nous recevons le Christ comme une nourriture. A différence des autres aliments que nous mangeons mais qui sont assimilés, transformés en nous, l’Eucharistie nous transforme en ce que nous recevons, nous devenons le Christ, comme notre Seigneur a dit à saint Augustin : « tu ne me changeras pas en toi, comme la nourriture de ton corps, c’est toi qui seras changé en moi ».

Que se passe t’il dans ce saint Banquet ? Recolitur memoria passionis ejus: Nous célébrons le mémorial de sa passion, parce que dans chaque Eucharistie, nous sommes spirituellement au Calvaire, dans ce moment de la Passion du Seigneur, ce n’est pas le fait de faire une simple mémoire, un souvenir ; c’est plutôt une participation vivante mais voilée dans ce grand mystère qu’est la messe. Et le saint prêtre disait une fois : « si nous sommes donc au Golgotha, dans ces heures de souffrances, il faut donc garder le respect nécessaire » et l’intensité spirituelle, pour ainsi dire, pour vivre ce moment, de là, l’importance de comment nous participons à la messe, et les dispositions nécessaires qu’il faut avoir.

Les deux grands fruits de notre communion qui vont ensemble, le premier c’est que notre âme est remplie de grâce, parce qu’elle reçoit l’Auteur de la grâce, notre Seigneur. Et si le Christ habite dans notre âme, c’est un avant-goût du Ciel, de la future Gloire que nous contemplerons après notre mort.

Saint Jean Marie Vianney, Le Curé d’Ars était tellement passionné par cette vérité de que Dieu vient dans notre cœur qu’il n’arrêtait pas de le prêcher, d’insister à ses fidèles à la messe « Celui qui communie, disait-il, se perd en Dieu comme une goutte d’eau dans l’océan. On ne peut plus les séparer. Allez donc à la communion, mes enfants, allez à Jésus avec amour et confiance ! Allez vivre de Lui afin de vivre pour Lui ! […] Toutes les prières de la messe sont une préparation à la communion ; et toute la vie d’un chrétien doit être une préparation à cette grande action. […] Oh ! quelle douce vie que cette vie d’union avec le bon Dieu ! C’est le paradis sur la terre : il n’y a plus de peines, plus de croix ! »

Certainement nous sommes déjà au Ciel, le Ciel est dans nos cœurs lorsque Jésus vient nous rendre visite.

Nous disions au début que nous devons vivre chaque communion comme si c’était la première et la dernière de notre vie, c’est la grâce que nous demandons à Jésus.

Il est beau de voir dans la vie des enfants, des petits saints, comment eux se préparaient pour leur Première Communion, dans l’histoire de l’Eglise nous trouvons beaucoup d’exemples d’amour pour Jésus dans l’Eucharistie.

Vous connaissez peut être, saint Dominique Savio, disciple de saint Jean Bosco, qui est parti au ciel lorsqu’il avait presque 15 ans, mais qui tout petit, avait déjà un amour très profond pour l’Eucharistie.

Le jour où il faisait sa première Communion, écrit saint Jean Bosco, il était le premier à entrer et le dernier à sortir de l’Eglise, il semblait un ange, il était un ange.

A genou devant l’autel, il a prononcé les propos qu’il avait préparés pour le jour de sa première Communion, il avait 7 ans :

  1. Je vais me confesser fréquemment et recevoir la Communion chaque fois que mon confesseur le permette.
  2. Je veux sanctifier les jours de fêtes.
  3. Mes amis seront Jésus et Marie.
  4. Plutôt mourir que faire un péché.

Ces propos étaient la règle de sa vie.

Il disait : « Quand je veux quelque chose de grand, je vais recevoir la sainte Hostie… Qu’est-ce qui me manque pour être heureux ? Rien sur cette terre ! Il me manque seulement de pouvoir jouir au ciel, face à face de Celui que je vois dans la foi et que j’adore aujourd’hui sur l’autel. »

Demandons la grâce à la très Sainte Vierge Marie, de que ces enfants continuent le beau chemin vers la sainteté, prions que leurs parents et leurs familles soient toujours les guides vers le Ciel. Qu’à l’exemple de saint Dominique Savio, des Bergers de Fatima, de sainte Bernadette et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de tant d’autres saints, eux aussi, ils aient pour toujours un grand amour pour Jésus Eucharistie, cette grâce nous la demandons pour chacun de nous.

P. Luis Martinez IVE.

LES ÉTAPES DE LA VIE DE CHARLES DE FOUCAULD XXIV

Charles de Foucauld séjourne six semaines à Ghardaïa, capitale du Mzab, du 12 novembre au 26 décembre 1904. Il y remet au Père Guérin la traduction des quatre évangiles en langue tamacheq. Il est, dès ce temps-là, l’objet d’une grande curiosité de la part des indigènes. Un personnage de cette sainteté et de ce renom ne pouvait passer inaperçu. Bien que les gens du Mzab soient d’un caractère fermé, et défiants de l’Européen, on vit les notables solliciter la faveur d’être reçus par « celui qui avait vendu ce monde pour l’autre » ; on vit les moindres gens essayer d’apercevoir au moins par la fenêtre « le grand marabout » au travail ou en prière. L’un de ceux qui rendirent visite au Père de Foucauld, bourgeois des plus importants de la ville, racontait : « Lorsque je suis entré, il m’a dit : « Que le « Seigneur soit avec toi ! » et cela m’a remué le cœur. »

Le Père de Foucauld prend le 26 décembre 1904, avec deux Pères Blancs, le chemin d’El-Goléa, à pied près de son méhari ; il y arrive le 1er janvier 1905 ; il y retrouve Laperrine, nommé lieutenant-colonel, et repart avec lui deux jours plus tard pour Adrar, « où il y avait une occasion pour Beni-Abbès ». Le 24 janvier, le missionnaire retrouve son ermitage, la cabane de terre flambée par le soleil dont il avait fait son domaine et son cloître.

Quelques jours plus tard arrive à Beni-Abbès le général Lyautey, qui m’a raconté sa rencontre avec le Père de Foucauld à peu près dans ces termes :

« Nous avons dîné ensemble, avec les officiers, le samedi, dans la redoute. Il y eut, après dîner, un phonographe qui débita des chansons montmartroises. Je regardais Foucauld, me disant : « Il va sortir. » Il ne sortit pas, il riait même. Le lendemain dimanche, à 7 heures, les officiers et moi, nous assistions à la messe dans l’ermitage. Une masure, cet ermitage. Sa chapelle, un misérable couloir à colonnes, couvert en roseaux. Pour autel, une planche. Pour décoration, un panneau de calicot avec une image du Christ, des flambeaux en fer blanc. Nous avions les pieds dans le sable. Eh bien, je n’ai jamais vu dire la messe comme la disait le Père de Foucauld. Je me croyais dans la Thébaïde. C’est une des plus grandes impressions de ma vie. »

La cloche de l’ermitage a recommencé à sonner, à minuit, sur le plateau désert. Les indigènes ont recommencé à mendier les sous, les dattes, l’orge du marabout, et à lui raconter interminablement leurs affaires compliquées.

Mais c’est pour peu de temps, car au début d’avril 1905, le lieutenant-colonel Laperrine propose au Père de Foucauld d’aller passer l’été au Hoggar avec le capitaine Dinaux, commandant la compagnie saharienne du Tidikelt.

Conformément à la discipline à laquelle il s’était soumis, il consulte l’abbé Huvelin et le Père Guérin. Sur leur conseil, il accepte, et retrouve le 8 juin, près d’un puits du Tout, le capitaine Finaux, qui a pour compagnons quatre civils français : M. E. Gautier, géographe, M. Chudeau, géologue, M. Pierre Mille, écrivain, M. Etiennot, inspecteur des P.T.T. ; pour repartir avec eux vers le Sud.

Soldats, savants, artistes, religieux, ils vont chacun cherchant son bien, et tous veulent ainsi le bien de la France. Le 23 juin, lors de la halte du soir, près du puits d’In-Ouzel, un méhariste est signalé, qui vient, unique dans le tour d’horizon. C’est un courrier que le capitaine Dinaux a envoyé vers Moussa ag Amastane, chef des Touareg Hoggar. Le surlendemain, Moussa entre dans le camp :

« Il est très bien, écrit le Père de Foucauld, très intelligent, très ouvert, très pieux, musulman, aimant argent, plaisir, honneurs, ayant les idées et la vie, les qualités et les vices d’un musulman logique, et en même temps l’esprit aussi ouvert que possible… D’accord avec lui, mon installation au Hoggar est décidée. »

Un mois après, le lieu de sa résidence était fixé et atteint :

« Je choisis Tamanrasset, village de vingt feux, en pleine montagne, au cœur du Hoggar et des Dag-Rali, la tribu principale, à l’écart de tous les centres importants. »

« Le Père de Foucauld »

René BAZIN