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Si vous voulez avoir la vie de l’Esprit Saint

Pentecôte

Nous célébrons la solennité de la Pentecôte, cinquante jours après la Pâque de la Résurrection du Seigneur, l’Esprit Saint descend sur les apôtres. La Pentecôte faisait déjà partie des fêtes liturgiques des juifs, c’était la fête de la récolte, où les croyants devaient offrir les prémices à Dieu, c’était donc une fête agricole. Mais ils ont ensuite associé un autre évènement à cette célébration, elle est devenue le souvenir de la manifestation (Théophanie) de Dieu sur le mont Sinaï, où Dieu a donné la loi écrite en deux tables de pierre, écrites par le doigt de Dieu.

A Jérusalem, cet évènement religieux attirait beaucoup de pèlerins venus de tous les coins du monde civilisé à cette époque. Comme la fête de la Pâque tombe souvent au printemps et qu’à cette saison la Méditerranée n’était pas facile à naviguer, les pèlerins qui venaient de plus loin, préféraient se rendre à Jérusalem plutôt pour la fête de la Pentecôte, ce qui explique qu’au moment où les disciples parlaient en langues, il y a avait à Jérusalem des gens de diverses nationalités qui comprenaient la prédication.

Alors, on disait d’abord que – la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres s’est produite au cours de la fête juive de la pentecôte, et cela a évidemment un sens, ou plutôt Dieu donne un sens nouveau à cette fête, maintenant dans la nouvelle alliance. D’abord, l’Esprit Saint, Dieu se manifeste, dans un bruit qui vient du ciel comme un violent coup de vent et dans un feu qui se partageait en langues (deux signes  déjà présents dans le mont Sinaï). L’Esprit Saint vient écrire la loi nouvelle dans les cœurs des hommes, avant c’était sur la pierre. L’Esprit Saint est appelé le doigt de Dieu, nous l’avons chanté dans le « Veni Créator Spiritus » : Digitus paternae dexterae, Toi le doigt qui œuvres au Nom du Père. Nous trouvons des ressemblances aussi avec la fête juive de la récolte, l’Eglise en donne les prémices chez les disciples réunis au Cénacle, mais ce sont des prémices qui promettent une grande moisson dans ce monde, dans ce don de langues qu’ils reçoivent il y a l’élan missionnaire qui les fera partir dans toutes les directions pour annoncer l’évangile de salut. C’est l’accomplissement du mandat du Seigneur le jour de sa résurrection : De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

Alors, ce dimanche, l’Eglise nous invite à méditer tout spécialement sur la Troisième Personne de la Sainte Trinité, l’Esprit Saint. La doctrine catholique nous dit qu’Il est l’Amour du Père et du Fils, c’est le souffle d’amour. Dans notre – profession de foi, nous confessons que l’Esprit Saint est Seigneur (Dieu) – qui donne la vie, qu’Il procède du Père et du Fils. Et qu’avec le Père et le Fils, L’Esprit Saint reçoit même adoration et même gloire. Et qu’Il a parlé par les prophètes, dans le sens qu’Il a inspiré la Bible.

Dans la vie du Seigneur nous le voyons Présent, dans sa conception (la Vierge Marie conçoit par l’œuvre de l’Esprit Saint), dans la sanctification de saint Jean Baptiste dans le sein de sa mère, sainte Elisabeth. Il apparait aussi dans le baptême de Jésus sous la forme d’une colombe ; c’est l’Esprit Saint qui Le pousse d’abord au désert et après L’accompagne dans la prédication et dans les miracles accomplis par le Seigneur. Il y a aussi dans les évangiles une autre manifestation visible de l’Esprit Saint, au moment de la Transfiguration du Seigneur, où l’Esprit Saint se montre en forme de nuage qui couvrait le Seigneur et ses trois disciples de son ombre. Le Seigneur l’a promis aussi à plusieurs reprises comme le Paraclet, le Défenseur, la Source d’eau vive, Celui qui rappellera tout ce qu’Il a fait. Comme nous pouvons le voir, l’Esprit de Dieu est très Présent, mais son travail pour ainsi dire est toujours silencieux, comme Il le fait aussi en nous.

Alors, nous devons savoir aussi que l’Esprit Saint guide l’œuvre de sanctification de chacun de nous, par Lui nous grandissons en sainteté, Il guide l’Eglise dans ce monde.

Tous les chrétiens reçoivent l’Esprit Saint au moment du baptême, car c’est à ce moment que la Trinité vient habiter notre cœur. Si nous avons le malheur de perdre la grâce sanctifiante, notre amitié avec Dieu et sa présence se rétablit par le sacrement de la confession, et elle grandit à chaque fois que nous recevons l’un des autres sacrements, spécialement le sacrement de l’Eucharistie. Dieu habite en tout âme en grâce. Mais nous disons que la Confirmation est le sacrement de l’Esprit Saint. Et c’est parce qu’avec ce sacrement, la Troisième Personne de la Sainte Trinité vient nous donner une force spéciale, la plénitude de ses dons qui fait en nous une nouvelle pentecôte, c’est-à-dire qui nous donne la force de rendre témoignage du Christ, la force d’annoncer le Christ aux hommes et de Le confesser devant les hommes (le courage des martyrs). Pour cela, on dit que ce sacrement fait de nous de véritables soldats de Jésus-Christ.

Mais, il y a encore une autre grande vérité, et c’est que l’Esprit Saint est toujours en train d’agir en nous, de nous aider. Et Il le fait à travers ses inspirations.

Comment nous pouvons définir les inspirations de l’Esprit ?  Nous appelons inspirations tous les attraits, mouvements, mais aussi les reproches et remords intérieurs, lumières et connaissances que Dieu crée en nous afin de nous réveiller,  nous exciter, nous pousser et nous attirer aux saintes vertus, à l’amour céleste, aux bonnes résolutions, bref, à tout ce qui nous achemine vers notre bien éternel (Saint François de Sales, Introduction à la vie devote, L. II, ch. 18). A travers elles, l’Esprit de Dieu illumine notre intelligence pour – voir ce que nous devons faire et meut notre volonté pour- accomplir ce qu’Il propose. Les inspirations sont comme l’air de notre âme ; si nous ne respirons pas l’air matériel, nous ne pouvons pas continuer à vivre, c’est pareil dans la vie spirituelle.

De quelle façon l’Esprit Saint nous donne-t-il ces inspirations ? Parfois par Lui-même, inspirant notre cœur, mais aussi à travers notre ange gardien, un prédicateur, le directeur spirituel, le confesseur, un ami, par un livre, une lecture.

Dieu est toujours en train de frapper à la porte de notre âme avec ses inspirations mais nous devons être capables d’ouvrir et les recevoir, et de rester toujours fidèles à l’aide qu’Il nous donne dans notre chemin de sainteté. Comment cela se fait ? Il y a trois éléments nécessaires à notre fidélité à la grâce, et les voici :

  1. Faire attention aux inspirations : cela implique de vivre attentif à l’intérieur de notre âme, qui est le sanctuaire de l’Esprit (1 Cor. 6,19). Alors pourquoi parfois n’entend-on pas ce qu’Il nous dit ?
  • Parce que nous sommes versés vers l’extérieur, chez nous la dissipation est habituelle : comme dit le livre de l’imitation du Christ : « Un homme intérieur se recueille bien vite parce qu’il ne se répand jamais tout entier au-dehors. (Kempis, 2,1)
  • Parce que parfois, il nous faut mortifier encore plus notre chair : L’homme animal, n’accueille pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu (1 Cor 2,14).
  • Par nos affections désordonnées qui font obstacle à la voix de Dieu dans nos vies : « L’homme qui s’accroche encore à quelque créature, ne saurait s’occuper librement des choses de Dieu. Et c’est pourquoi l’on trouve peu de contemplatifs, parce que peu savent se séparer entièrement des créatures et des choses périssables ». (Kempis, 3,31).
  1. Le deuxième pas pour bien saisir une inspiration c’est de savoir discerner si elle vient de Dieu. Saint Paul disait : N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le (1 Thes. 5,19-21). C’est ce qu’on appelle dans le langage spirituel « savoir discerner les esprits ». Et pour cela nous devons prendre garde  :

(1) Que l’objet que l’inspiration me propose de faire soit saint (le diable ne nous pousse jamais à une œuvre vertueuse, et notre nature ne nous pousse jamais à faire un sacrifice, à faire un effort, au contraire, elle nous pousse à la commodité, aux plaisirs).

(2) Que cela soit aussi en conformité avec notre état de vie (jamais l’Esprit Saint ne va inspirer un prêtre à faire quelque chose qui soit contraire à son sacerdoce, un homme marié à faire quelque chose hors du sacrement du mariage).

(3) En suite toute inspiration, lorsqu’elle est véritable donnera de la paix et de la sérénité à notre esprit, « une des meilleures marques de la bonté de toutes les inspirations, et particulièrement des extraordinaires, c’est la paix et la tranquillité du cœur qui les reçoit ; car l’esprit divin est violent, mais d’une violence douce, suave et paisible. Il vient comme un vent impétueux et comme un foudre céleste, mais il ne renverse point les apôtres, il ne les trouble point : la frayeur qu’ils reçoivent de son bruit est momentanée, et se trouve soudain suivie d’une douce assurance. »

(4) Deux éléments à savoir pour bien discerner ce sont encore le conseil et l’obéissance que nous devons à quelqu’un qui ait la capacité de nous orienter.

Et finalement nous devons être dociles à exécuter ce qui vient de Dieu, car Dieu n’aime pas les résolutions qui se font lentes, une fois qu’Il a montré sa volonté. L’exemple c’est la Vierge Marie, qui après avoir reçu l’annonce de l’Ange, part « en hâte » aider sa cousine Elisabeth.

Demandons à la très sainte Vierge Marie de vivre en nous la vie de l’Esprit. « Si vous voulez avoir la vie de l’Esprit Saint, gardez la charité, aimez la vérité et désirez l’unité pour arriver à l’éternité » Saint Augustin.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

 

Pour quelle raison le don de l’Esprit est-il appelé une « eau » ?

L’eau, symbole de l’Esprit

L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle. C’est une eau toute nouvelle, vivante, et jaillissante, jaillissant pour ceux qui en sont dignes. Pour quelle raison le don de l’Esprit est-il appelé une « eau » ? C’est parce que l’eau est à la base de tout ; parce que l’eau produit la végétation et la vie ; parce que l’eau descend du ciel sous forme de pluie ; parce qu’en tombant sous une seule forme, elle opère de façon multiforme. ~ Elle est différente dans le palmier, différente dans la vigne, elle se fait toute à tous. Elle n’a qu’une seule manière d’être, et elle n’est pas différente d’elle-même. La pluie ne se transforme pas quand elle descend ici ou là ,mais, en s’adaptant à la constitution des êtres qui la reçoivent, elle produit en chacun ce qui lui convient.

L’Esprit Saint agit ainsi. Il a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l’eau, produit des bourgeons, de même l’âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, apporte des fruits de justice. Bien que l’Esprit soit simple, c’est lui, sur l’ordre de Dieu et au nom du Christ, qui anime de nombreuses vertus.

Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse ; il éclaire par la prophétie l’âme de celui-là ; il donne à un prêtre le pouvoir de chasser les démons ; à un autre encore celui d’interpréter les divines Écritures. Il fortifie la chasteté de l’un, il enseigne à un autre l’art de l’aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l’ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différent chez les différents hommes, il n’est pas différent de lui-même, ainsi qu’il est écrit: Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. ~

Son entrée en nous se fait avec douceur, on l’accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d’un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l’esprit : chez celui qui le reçoit, tout d’abord ; et ensuite, par celui-ci, chez les autres.

Un homme qui se trouvait d’abord dans l’obscurité, en voyant soudain le soleil, a le regard éclairé et voit clairement ce qu’il ne voyait pas auparavant: ainsi celui qui a l’avantage de recevoir le Saint-Esprit a l’âme illuminée, et il voit de façon surhumaine ce qu’il ne connaissait pas.

CATÉCHÈSE DE SAINT CYRILLE

DE JÉRUSALEM SUR LE SAINT ESPRIT

Source: AELF

Veni, Créator, Spiritus