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L’appel universel à la sainteté

Mémoire de saint François de Sales

Nous célébrons aujourd’hui la mémoire d’un des Docteurs de l’Église dont la doctrine est principalement spirituelle. En effet, saint François de Sales est surtout un maître des âmes ; car il ne veut rien d’autre que de conduire les âmes à la perfection de l’union avec Dieu.

Il a mis déjà au commencement de son Introduction à la vie dévote ce principe : « Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite ».

Il a expliqué ce principe en disant que dans toutes les vocations, les chrétiens doivent chercher Dieu et travailler pour L’atteindre. Ce travail c’est la vraie dévotion, c’est-à-dire la prière et la pratique des vertus. Avec la dévotion, les vocations mêmes sont embellies, et chacun de nous peut trouver Dieu dans ses occupations particulières. Saint François de Sales commente ainsi : « L’abeille, dit Aristote, tire son miel des fleurs sans les intéresser, les laissant entières et fraîches comme elle les a trouvées ; mais la vraie dévotion fait encore mieux, car non seulement elle ne gâte nulle sorte de vocation ni d’affaires, mais au contraire elle les orne et embellit. Toutes sortes de pierreries jetées dedans le miel en deviennent plus éclatantes, chacune selon sa couleur, et chacun devient plus agréable en sa vocation la conjoignant à la dévotion » (Introduction à la vie dévote, ch. 3).

Cet enseignement que le Concile Vatican II a nommé « L’appel universel a la sainteté » (LG, 40) nous rappelle, en premier lieu, que cet appel n’est pas adressé à ceux qui ont une vocation religieuse ou contemplative, mais à tous car le fait de se sanctifier agit sur la fidélité à la vocation donnée par Dieu ; après il nous rappelle aussi que nous devons travailler pour être maîtres de sainteté pour toutes ces âmes que Dieu a mises dans notre chemin, car elles ont cette noble et sublime vocation, chacune dans sa mesure : « il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier » dit saint François de Sales.

Nous ne devons pas renoncer de porter tous les hommes à l’union avec Dieu. C’est l’objectif le plus important de notre ministère.

Nous demandons à la très sainte Vierge Marie la grâce de pouvoir conduire à son Fils un grand nombre d’âmes.

P. Juan Manuel Rossi. IVE.

Un Céleste Sourire

Monsieur Youf m’a dit encore : « Etes-vous résignée à mourir ? » Je lui ai répondu : « Ah ! mon Père, je trouve qu’il n’y a besoin de résignation que pour vivre. Pour mourir, c’est de la joie que j’éprouve. »

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus 6 juin 1897

Le 30 septembre

A un moment, elle semblait avoir la bouche si desséchée que sœur Geneviève, pensant la soulager, lui mit sur les lèvres, un petit morceau de glace. Elle l’accepta en lui faisant un sourire que je n’oublierai jamais. C’était comme un suprême adieu.
A 6 heures, quand l’Angélus sonna, elle regarda longuement la statue de la Sainte Vierge.
Pendant ce temps si plein d’angoisse pour nous, on entendait par la fenêtre -et j’en souffrais beaucoup- tout un ramage de rouges-gorges et d’autres petits oiseaux, mais si fort, si près et si longtemps !…
Je priais le bon Dieu de les faire taire : ce concert me perçait le cœur…
Enfin, à 7 heures et quelques minutes, elle soupira :
– Ma Mère ! N’est-ce pas encore l’agonie ?… Ne vais-je pas mourir?…
Et regardant son crucifix :
– Oh ! je l’aime…
Mon Dieu… je vous aime !…

Après avoir prononcé ces paroles, elle tomba doucement en arrière, la tête penchée à droite…
– « Ouvrez toutes les portes » disait-elle. Cette parole avait quelque chose de solennel et me fit penser qu’au Ciel, le bon Dieu la disait aussi à ses anges.
Son visage avait repris le teint de lys qu’il avait en pleine santé ; ses yeux étaient fixés en haut, brillants de paix et de joie. Elle faisait certains beaux mouvements de tête et elle rendit le dernier soupir.
Après sa mort, elle conserva un céleste sourire… et le crucifix très fort serré dans ses mains.
Thérèse fut inhumée le lundi 4 octobre 1897.

Extrait de : le “Carnet jaune” de Mère Agnès.
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