Il est le Chemin, la Vérité et la Vie

Homélie pour le Vème. Dimanche de Pâques ( Jn 14, 1-12)

Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie et de grande valeur ; celui qui lui donne sa foi ne connaîtra pas la honte. Ce sont les paroles de saint Pierre que nous avons écouté dans la deuxième lecture, cette pierre est évidement Notre Seigneur, nous avons donné notre foi à Jésus et nous ne devons pas avoir honte de cela. Cette lecture est en étroite relation avec l’évangile de ce dimanche, Jésus proclame qu’Il est le Chemin, la Vérité et la Vie.

La semaine dernière le Seigneur se présentait dans l’évangile comme la Porte, pas une porte parmi d’autres, mais la Porte ; ce dimanche aussi, Il proclame qu’Il est LE Chemin, LA Vérité et LA Vie. Et pour raffermir cette proclamation solennelle, Il ajoute : personne ne va vers le Père sans passer par moi, seulement par Lui nous avons accès au Père. Notre Seigneur nous dit clairement qu’Il est l’unique chemin de salut pour nous, les hommes.

Comme chrétiens, nous acceptons et nous confessons que la Bible est la Parole de Dieu, inspirée par l’Esprit Saint, qu’elle contient la Vérité et qu’elle nous transmet la Vérité ; quelqu’un qui ose dire que la Parole de Dieu se trompe ne pourrait pas se déclarer comme chrétien.

Il y a un petit grand document ( petit en quantité de pages, grand en importance !), appelé Dominus Iesus, il a été rédigé par le cardinal Ratzinger, l’année 2000, et approuvé par  le Pape Saint Jean Paul II ; ce document du magistère de l’Eglise part précisément de la Parole de Dieu pour aller éclairer encore une fois la doctrine authentique du Christianisme :  On doit en effet croire fermement que la révélation de la plénitude de la vérité divine est réalisée dans le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu incarné, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6) : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11,27) ; « Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jn 1,18) ; « En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité, et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude » (Col 2,9-10). (Dominus Iesus, 5)

Avec une grande clarté ces citations nous parlent du fait qu’en Jésus-Christ nous avons la Vérité, et que seulement par Lui nous pouvons connaître Dieu.

Nous pouvons dire avec conviction, donc, que celui qui possède le Christ ( qui est en communion avec Lui), celui-là est dans la Vérité.

Alors vous allez me demander : « Mais… dire que nous sommes dans la vérité ou bien que l’Eglise possède la vérité ne pourrait entraîner en nous une attitude d’arrogance ?

Pour répondre à cette question nous allons faire une comparaison : lorsque vous dites « j’ai 3,4, 6 enfants, cela veut dire que vous posséder les enfants ? Ou bien, il vaut mieux y penser que ces enfants sont en fin compte, un don de Dieu et au même temps une responsabilité devant Lui.

Pour cela, celui qui croit n’est pas arrogant ; au contraire, la vérité le rend humble, sachant que ce n’est pas lui qui la possède, mais c’est elle qui l’embrasse et le possède. En effet, comme la Vérité est une réalité qui nous dépasse, il est impossible de la contenir en nous-mêmes, il faut dire plutôt que nous vivons en elle, pour cela, elle nous embrasse et nous possède.

Relativisme

Malheureusement dans nos jours il y a chez beaucoup de chrétiens une nouvelle façon de penser, une mentalité que ce document appelle « mentalité relativiste ». Le relativisme c’est le fait de considérer que tous les points de vue et les opinions sont légitimes et vraies, selon cette idéologie « rien n’est donc absolument vrai, tout dépend du point de vue à partir duquel on regarde ».

On entend dire par fois : « cela c’est ta vérité, mais j’ai la mienne ». Alors la vérité n’est qu’une seule, on ne peut pas avoir deux vérités qui soient contraires en elles mêmes.

Alors, cette mauvaise mentalité a produit une grande catastrophe dans la religion chrétienne, comme c’est le fait de considérer par exemple, que toutes les religions sont vraies, ou bien que toutes les religions peuvent me donner ce qui est nécessaire pour atteindre le salut.

Ecoutons encore une fois la Parole du Seigneur dans l’évangile de ce dimanche : personne ne va vers le Père sans passer par Moi.

Dire que dans toutes les religions on trouve la vérité c’est le même cas de l’histoire d’un juge qui devait donner une sentence devant trois personnes, chacune d’elles donnait son argument qui était en plus contraire à celui des autres. Alors ce juge, à chaque fois qu’il écoutait un témoin, répondait : « Tu as tout à fait raison », il a donné donc la raison à tous les trois… Alors, le fils de ce juge qui se trouvait à ce moment là, lui dit à la fin : «  Mais, papa ! Tu as dit à tous les trois qu’ils avaient chacun la raison. Alors le père répond : Tiens, mon fils, toi aussi tu as raison !!

Comme c’est illogique une attitude pareille, c’est illogique le fait d’affirmer que l’on peut trouver la Vérité en toute religion. Dans mon pays, on dit que à ce type de gens « n’importe quel bus le dépose bien »… pour signifier qu’ils s’arrangent avec tous mais finalement pas avec la vérité.

Etincelles de vérité

Il peut exister et il existe par contre, dans les cœurs de tous les hommes et dans les différentes cultures, des reflets, comme de petites étincelles de l’unique Vérité, que Dieu a mises avec une finalité : qu’elles aident les hommes dans leur recherche de la vérité, ces étincelles préparent et conduisent les hommes vers le Christ et son Eglise.

Suivant une comparaison que l’on trouve aussi dans l’encyclique Lumen Fidei, c’est comme l’étoile de Noël qui guidait les mages. Cette étoile conduisait vers le Sauveur, elle brillait c’est vrai, mais sa lumière n’avait une autre finalité que celle de conduire vers la Lumière, la Vérité tout entière qui est le Christ. Et le document complète cette belle image en disant que le chrétien qui est plus immergé dans la Vérité de l’Evangile, seulement lui peut être capable de guider et comprendre les hommes vers leur recherche de la Vérité. Il faut connaître plus profondément notre foi pour que nous puissions vraiment aider les hommes à chercher et trouver la vérité.

Parlant de l’évangile d’aujourd’hui, saint Augustin faisait réfléchir ses fidèles, il fait le même avec nous : « Si tu aimes, tu dois suivre. “J’aime, dis-tu, mais par où dois-je suivre ?” Suppose que le Seigneur ton Dieu ait dit : “Moi, je suis la vérité et la vie.” Parce que tu désires la vérité, parce que tu convoites la vie, tu chercherais le chemin pour y parvenir, et tu te dirais : “C’est une belle chose que la vérité, une grande chose que la vie, si je savais comment y parvenir !” Tu cherches par où ? Tu l’as entendu qui disait en premier lieu : Moi, je suis le Chemin. Avant de te dire “pour où”, il a commencé par te dire “par où”. Moi, je suis le Chemin. Le Chemin pour où ? – La Vérité et la Vie. Il t’a dit d’abord par où aller, il t’a dit ensuite où aller. Moi, je suis le Chemin, moi, je suis la Vérité, moi, je suis la Vie. Lui qui demeure auprès du Père, il est la Vérité et la Vie ; en revêtant notre chair, il est devenu le Chemin. »

P. Luis M. Martínez

Dimanche du Bon Pasteur et la journée mondial de prière pour les vocations.

Chaque année l’Eglise célèbre dans ce quatrième dimanche après Pâques le dimanche appelé du Bon Pasteur. Une tradition présente depuis très tôt dans histoire de l’Eglise consistait en que les différentes paroisses de Rome se rendaient à la Basilique de Saint Pierre, pour célébrer la Pâque auprès des reliques du premier Pasteur de Rome, celui que le Bon Pasteur avait laissé comme son vicaire dans ce monde.

L’évangile nous propose la belle image du Bon Pasteur, très chère depuis l’aube du Christianisme, et les lectures, la première et la deuxième, nous montrent la valeur du sacrifice du Christ, le bon Pasteur a donné sa vie pour nous, qui étions de brebis égarées par le péché.  

Depuis quelques années, l’Eglise a uni à cette spéciale commémoration que l’on fait de Jésus Bon Pasteur, une intention particulière, aujourd’hui c’est aussi la journée de prière pour les Vocations.

Nous prions Dieu pour qu’Il envoie des ouvriers à sa moisson, ceux qui sont appelés au sacerdoce et ceux qui consacrent totalement leur vie pour la Gloire de Dieu et le salut des âmes. Lorsque nous prions pour cette intention, nous ne faisons que demander à Dieu que Jésus se multiplie dans ce monde, parce qu’Il l’a voulu de cette manière.

Les prêtres sont appelés par Dieu pour servir le peuple chrétien, en renouvelant le sacrifice du Christ sur l’autel, en pardonnant les péchés à travers le sacrement de la confession, appelés pour qu’ils agissent « in persona Christi », dans la personne du Christ.

Les consacrés, les frères ou sœurs religieuses sont appelés eux aussi à être l’image du Christ, le Christ qui prie pour la conversion du pécheur, le Christ qui guérit les malades, le Christ qui apporte une parole de consolation, d’amour, le Christ qui montre le chemin pour aller au Ciel, le Christ qui donne sa vie pour ceux qu’Il aime.

Le fait de connaître mieux la nature de l’appel à la vie sacerdotale ou religieuse nous donnera certainement une force spéciale pour la prière, nous appuyant de ce principe qui dit que pour pouvoir aimer une chose, il faut tout d’abord la connaître.

Comme premier point nous devons nous demander qu’est-ce que ce que la vocation ? Alors, c’est un appel et une grâce, le fait de l’inspirer et de la faire naître est au-delà de nos forces humaines. L’initiative est toujours de Dieu : Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure (Jn. 15, 16).

C’est le Seigneur lui-même qui se dirige au fond de la conscience d’une âme, pour qu’elle consacre sa vie à l’apostolat ou à la pratique de la perfection chrétienne.

Une des grandes questions surtout des jeunes devant la question de la vocation, soit sacerdotale ou religieuse, c’est « de quelle manière on aperçoit cet appel à se consacrer ? » Beaucoup croient que cela se fait à travers une motion sensible de l’Esprit Saint, ou bien une vision, comme c’est le cas de certains saints dans l’histoire de l’Eglise qui ont senti une grande consolation, ce que nous pouvons appeler un phénomène mystique. Mais nous devons savoir plutôt que cela ce n’est pas la façon ordinaire dont Dieu se communique à l’âme.

D’autres disent aussi que pour avoir la vocation, il faut une attraction naturelle pour la vie consacrée, il faut que ce style de vie porte un certain plaisir, un goût sensible pour ce genre de vie.

La véritable réponse c’est que l’appel au sacerdoce ou à la vie consacrée se manifeste lorsque le désir de se consacrer à Dieu se réveille au fond d’une âme avec une totale rectitude d’intention (une intention droite), c’est-à-dire, avec la seule motivation de se consacrer à Dieu et au salut des âmes, ayant évidement les qualités physiques, intellectuelles et morales nécessaires et suffisantes pour embrasser cette vie.

Saint Jean Bosco disait encore : « Ceux qui sentent dans leur cœur ce désir d’embrasser cet état de perfection et de sainteté peuvent croire sans aucun doute qu’un tel désir ne vient que du Ciel, parce que c’est un désir trop généreux et il est par-dessus de tout sentiment de la nature humaine ( de notre chair) ».

Il faut dire aussi que, loin d’avoir un goût sensible ou une consolation de l’ordre de la nature, la personne appelée va expérimenter plutôt une résistance qu’on peut dire « naturelle », car notre nature nous incline à la vie du mariage et à nous conserver dans ce monde (et non pas à nous éloigner de lui). Encore plus, dans une époque difficile et matérialiste comme la nôtre, il est normal de sentir une forte répulsion à une vie pleine de sacrifices, de renoncement à soi-même, et qui implique parfois, la héroïcité. Mais, malgré que les forces de la nature tentent toujours de gagner les cœurs, il y a toujours des hommes et des femmes choisis par Dieu avec une volonté convaincue de faire ce qu’Il leur demande et d’être généreux avec leur Rédempteur.

Mais alors, en concret, comment se manifeste ce choix de Dieu ? Dieu va toujours donner des signes de route à celui qu’Il a choisi ?

A chaque fois que Dieu montre le but, il donnera et montrera clairement aussi les moyens pour y arriver. Il donnera comme des pistes pour suivre son appel. Un saint, le père Hurtado, énumérait quelques-unes :

  • Par exemple, par une inquiétude de l’âme qui la pousse à regarder vers le Ciel (le désir de choses d’en haut, comme dit saint Paul, cf. Col. 3,2)
  • Une prédication qui fait aspirer à une plus grande perfection, la lecture d’un livre.
  • La mort d’une personne aimée ou un autre évènement difficile à vivre mais qui montre aussi la vanité de la vie.
  • Une retraite, des exercices spirituels qu’on fait pour donner une nouvelle impulsion vers la sainteté, pour considérer quelles sont les choses vraiment essentielles dans notre vie.

A cela nous pouvons ajouter l’écoute attentive de la parole du Christ par exemple lorsqu’il dit : celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.(Mt. 19, 29)

Certains ont pourtant argumenté que ces paroles étaient adressées seulement aux apôtres qui entouraient à ce moment Jésus. Mais nous savons que ce conseil est dirigé à tous sans une limitation temporelle : Ce que je vous dis là, je le dis à tous (Mc 13, 37). Selon les paroles de saint Thomas d’Aquin, c’est une grande erreur que de penser que ces paroles ont eu de la valeur que pour une époque, si ces choses-là n’étaient destinées que pour les contemporains de Jésus, elles n’auraient jamais été écrites. Mais elles ont été dites pour eux et écrites pour nous.

Alors, une fois qu’on a découvert la vocation, comment répondre ?

Evidement que cela doit être partagé avec une personne qui puisse nous orienter, comme c’est un guide spirituel, un confesseur, un prêtre.

Mais, essentiellement, toute réponse implique trois caractéristiques :

Une promptitude pour suivre l’appel comme les apôtres de qui nous dit l’évangile : Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent (Mc.1,18).

La perfection et la héroïcité, c’est-à-dire, être prêt à ne pas vouloir garder ce que j’abandonne maintenant, savoir couper avec le monde. Etre prêt à mourir à la vie de ce monde pour vivre avec Dieu : toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps (2Cor.4, 10).

Et la générosité, car Dieu appelle ceux qui ne lui posent pas de conditions pour Le suivre : Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts » (8, 21-22).

Le Seigneur veut un don total de vie et une ferme décision : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu » (Lc. 9, 62)

Continuons à prier pour les vocations, pour que ceux qui ont été et sont appelés répondent avec promptitude, générosité et perfection.

Nous demandons cette grâce à Marie, Reine des vocations. 

P. Luis Martinez IVE.