Comment élargir notre espérance?

Homélie pour le XI Dimanche du Temps Ordinaire, année B

Nous reprenons les dimanches du temps ordinaire, et la couleur liturgique propre à ce temps est la verte, cette couleur évoquant la croissance de l’Église, grâce à la sève venue de Dieu. Et pour cela, dans ces dimanches, nous méditons les évangiles de la prédication et des miracles de Notre Seigneur dans sa vie publique, où Il donnait les instructions nécessaires et les lois pour l’Eglise. La couleur verte est aussi associée à l’espérance, l’espérance de la vie, des fruits dans la nature ; et nous pouvons dire que ce temps nous prépare aussi pour la vie éternelle.

Précisément, l’évangile de ce dimanche nous parle de deux paraboles, des images tirées du monde de l’agriculture où le Seigneur présente le mystère de la Parole et du Royaume de Dieu, et indique les raisons de notre espérance et mais aussi de notre engagement avec le Royaume de Dieu. Il est beau d’écouter le petit commentaire du pape Benoît sur ce passage (Angélus, 7/6/12) :

Dans la première parabole, l’attention porte sur le dynamisme des semailles : la semence qui est jetée en terre, que le paysan dorme ou qu’il veille, germe et grandit toute seule. L’homme sème avec la confiance que son travail ne sera pas stérile. Cette parabole rappelle le mystère de la création et de la rédemption, de l’œuvre féconde de Dieu dans l’histoire. C’est lui le Seigneur du Royaume, l’homme est son humble collaborateur, qui contemple et se réjouit de l’action créatrice divine et en attend les fruits avec patience. La moisson finale nous fait penser à l’intervention conclusive de Dieu à la fin des temps, quand Il réalisera pleinement son Royaume. Le temps présent est un temps de semence, et la croissance du grain est assurée par le Seigneur. Aussi, chaque chrétien sait-il qu’il doit faire tout ce qu’il peut, mais que le résultat final dépend de Dieu : cette conscience le soutient dans l’effort de chaque jour, spécialement dans les situations difficiles. Saint Ignace de Loyola écrit à ce propos : « Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu » (cf. Pedro de Ribadeneira, La vie de saint Ignace de Loyola).

La seconde parabole aussi utilise l’image de la semence. Ici, cependant, il s’agit d’une semence particulière, le grain de sénevé (de moutarde), considéré comme la plus petite de toutes les graines. Mais bien que minuscule, elle est pleine de vie, de sa brisure naît un germe capable de rompre le sol, de sortir à la lumière du soleil et de grandir jusqu’à devenir « la plus grande de toutes les plantes potagères » (cf. Mc 4, 32) : la faiblesse est la force de la semence, la brisure est sa puissance. Et le Royaume de Dieu est ainsi : une réalité humainement petite, composée de celui qui est pauvre de cœur, de celui qui ne s’en remet pas à ses pauvres forces, mais à celles de l’amour de Dieu, de celui qui n’est pas important aux yeux du monde ; et pourtant c’est justement grâce à lui que la force du Christ fait irruption et transforme ce qui est apparemment insignifiant.

Comme nous pouvons le constater, ces deux images, simples, nous invitent à mettre en Dieu notre espérance, à tout laisser entre les mains de Dieu, sachant que de Dieu procèdent toute grâce et tout bien.

« L’espérance est une vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit ». Il faut bien distinguer, il existe aussi une espérance humaine, l’espoir, mais qui ne dépasse pas les désirs de ce monde. Nous parlons ici de l’espérance comme vertu théologale qui nous unit à Dieu et qui vient en nous pour élever aussi la vertu humaine et naturelle de l’espérance.

« La vertu d’espérance répond à l’aspiration au bonheur placée par Dieu dans le cœur de tout homme ; elle assume les espoirs qui inspirent les activités des hommes ; elle les purifie pour les ordonner au Royaume des cieux ; elle protège du découragement ; elle soutient en tout délaissement ; elle dilate le cœur dans l’attente de la béatitude éternelle. L’élan de l’espérance préserve de l’égoïsme et conduit au bonheur de la charité.

C’est le même pape Benoît qui a dédié toute une encyclique parlant de la vertu de l’espérance : « SPE SALVI facti sumus »( dans l’espérance nous avons été sauvés). C’est une étude théologique, mais aussi bien pratique où nous pouvons découvrir l’ampleur de cette vertu dans notre vie chrétienne.

Le pape présente dans ce document les « Lieux » d’apprentissage et d’exercice de l’espérance, comme il les nomme : ce sont la prière, l’agir et la souffrance et le jugement dernier (Spe Salvi nn. 32-48).

La prière comme école de l’espérance, c’est le premier lieu

« Si personne ne m’écoute plus, écrit le pape, Dieu m’écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne – je peux toujours parler à Dieu. S’il n’y a plus personne qui peut m’aider – là où il s’agit d’une nécessité ou d’une attente qui dépasse la capacité humaine d’espérer, Lui peut m’aider. »

« De façon très belle, Augustin a illustré la relation profonde entre prière et espérance dans une homélie sur la Première lettre de Jean. Il définit la prière comme un exercice du désir. L’homme a été créé pour une grande réalité – pour Dieu lui-même, pour être rempli de Lui. Mais son cœur est trop étroit pour la grande réalité qui lui est assignée. Il doit être élargi. « C’est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir ; en faisant désirer, il élargit l’âme ; en l’élargissant, il augmente sa capacité de recevoir ». Augustin renvoie à saint Paul qui dit lui-même qu’il vit tendu vers les choses qui doivent venir (cf. Ph 3, 13). Puis il utilise une très belle image pour décrire ce processus d’élargissement et de préparation du cœur humain. « Suppose que Dieu veut te remplir de miel [symbole de la tendresse de Dieu et de sa bonté]: si tu es rempli de vinaigre, où mettras-tu ce miel? » Le vase, c’est-à-dire le cœur, doit d’abord être élargi et ensuite nettoyé : libéré du vinaigre et de sa saveur. Cela requiert de l’effort, coûte de la souffrance, mais c’est seulement ainsi que se réalise l’adaptation à ce à quoi nous sommes destinés. »

Deuxièmement : Agir et souffrir comme lieux d’apprentissage de l’espérance

« Il est important de savoir ceci, dit le pape: je peux toujours encore espérer, même si apparemment pour ma vie ou pour le moment historique que je suis en train de vivre, je n’ai plus rien à espérer. Seule la grande espérance-certitude que, malgré tous les échecs, ma vie personnelle et l’histoire dans son ensemble sont gardées dans le pouvoir indestructible de l’Amour et qui, grâce à lui, ont pour lui (pour Dieu) un sens et une importance, seule une telle espérance peut dans ce cas donner encore le courage d’agir et de poursuivre. »

Par rapport à la souffrance, le pape nous apprend : « Nous pouvons chercher à limiter la souffrance, à lutter contre elle, mais nous ne pouvons pas l’éliminer. Ce n’est pas le fait d’esquiver la souffrance, de fuir devant la douleur, qui guérit l’homme, mais la capacité d’accepter les tribulations et de mûrir par elles, d’y trouver un sens par l’union au Christ, qui a souffert avec un amour infini. »

« La foi chrétienne nous a montré en effet que Dieu – la Vérité et l’Amour en personne – a voulu souffrir pour nous et avec nous. Bernard de Clairvaux a forgé l’expression merveilleuse : Impassibilis est Deus, sed non incompassibilis, Dieu ne peut pas souffrir, mais il peut compatir. L’homme a pour Dieu une valeur si grande que Lui-même s’est fait homme pour pouvoir compatir avec l’homme de manière très réelle, dans la chair et le sang, comme cela nous est montré dans le récit de la Passion de Jésus. De là, dans toute souffrance humaine est entré quelqu’un qui partage la souffrance et la patience; de là se répand dans toute souffrance la consolation de l’amour qui vient de Dieu et ainsi surgit l’étoile de l’espérance. »

Le troisième lieu d’apprentissage et d’exercice de l’espérance c’est le Jugement.

C’est-à-dire, la réflexion constante sur le jugement dernier. En ce sens, la réalité du jugement nous aide à ordonner la vie présente en vue de l’avenir, de l’éternité. De plus, face à de nombreux événements tragiques qui ont marqué l’histoire humaine, nous espérons en la justice divine, car il doit y avoir quelqu’un qui puisse répondre    « à la souffrance des siècles » et au « cynisme du pouvoir ». Certains auteurs de violence et d’injustice dans ce monde peuvent échapper au jugement humain mais pas au jugement divin. « Il est impossible que l’injustice de l’histoire soit la parole ultime. Une justice existe, celle de Dieu. La ‘révocation’ de la souffrance passée, la réparation qui rétablit le droit existent. C’est pourquoi la foi dans le Jugement final est avant tout et surtout espérance.

A la très sainte Vierge Marie, demandons la grâce de grandir dans l’espérance qui nous unit à Dieu, car l’homme a besoin de Dieu, autrement, il reste privé d’espérance. Dieu seul peut remplir tous nos désirs et tous nos espoirs. En Dieu seul réside notre véritable espérance.

P. Luis Martinez IVE.

NEUVAINE AU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS

NEUVIEME JOUR

Prions le Cœur de notre Seigneur Jésus Christ qui a consacré le monde par son amour.

Père des miséricordes, Tu as envoyé ton Fils dans le monde pour le sauver et tu l’as établi Chef de la création. Fais que le feu de l’amour qui brûle dans son Cœur s’étende au monde entier et ainsi le consume à la louange de ta gloire. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils, qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu, pour les siècles des siècles.

De la première épître de Saint Jean 4, 7-16 :

Voici à quoi se reconnaît l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés. Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection. Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu’il nous donne part à son Esprit. Et nous qui avons vu, nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.

MEDITATION : LES PROMESSES DU SACRE-CŒUR

 7. « Les âmes tièdes deviendront ferventes. »

Le Saint-Esprit exprime un profond dégoût pour une âme tiède : « Je connais tes actions : je sais que tu n’es ni froid ni brûlant, – mieux voudrait que tu sois ou froid ou brûlant. Aussi, puisque tu es tiède – ni brûlant ni froid – je vais te vomir de ma bouche. » (Ap 3, 15- 16). Le remède à la tiédeur est la dévotion au Sacré-Cœur, qui est venu « pour apporter le feu sur la terre », c’est-à-dire pour inspirer aux froids et tièdes un nouvel amour et une nouvelle crainte de Dieu.

8. « Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection. »

Cette dévotion a pour fruit particulier de nous transformer en une grande ressemblance avec Notre-Seigneur. Par la dévotion à l’amour du Sacré-Cœur, l’on fera place à un zèle ardent pour égaler nos intérêts à ceux de Jésus. Elle allume dans nos cœurs le feu de l’amour divin qui, comme le dit saint Paul : « est le lien de la perfection ». (Col 3, 14)

9. « Je bénirai même les maisons où l’image de mon Cœur sera exposée et honorée ».

Les images religieuses sont une source puissante et attrayante d’inspiration. Dans le Sacré-Cœur, nous pouvons lire l’amour infini de Jésus envers nous dans sa passion et sa mort : il nous montre son Cœur, blessé et ouvert par la lance, tout resplendissant comme un four brûlant d’amour, dont les flammes apparaîtront du côté le plus élevé. Il est entouré d’épines, le coup angoissant de l’amour ignoré. Que cela nous incitera toujours à des actes d’amour et de générosité.

10. « Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis. »

La conversion d’un pécheur arrive parfois par des grâces extraordinaires. Dieu ne va jamais forcer la libre volonté d’un être humain, mais il peut accorder des grâces par lesquelles il pousse le pécheur à vaincre l’attitude rebelle manifestée par les âmes des pécheurs les plus endurcis. Cela c’est donc ce qui se passe dans le cas des prêtres animés d’une grande dévotion au Sacré Cœur.

11. « Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, et il n’en sera jamais effacé. »

Ces paroles impliquent une amitié forte et fidèle du Christ lui-même avec les promoteurs de la dévotion, et nous présente le « Livre de la Vie » de saint Jean : « Jamais je n’effacerai son nom du livre de la vie » (Ap 3, 5).

12. « Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon Cœur, que mon amour tout puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir les sacrements, et que mon Cœur se rendra leur asile assuré à cette heure dernière. »

Cette promesse contient une grande récompense : le ciel éternel ! Il est donné comme la récompense d’une série d’actes répétés jusqu’à la fin : « Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » (Mt 10, 22)

« La persévérance finale c’est un don gratuit de la bonté de Dieu, et non peut être mérité comme un droit acquis par tout acte individuel que nous puissions faire. » (Concile de Trente)

LITANIES

Seigneur, prends pitié.

Oh Christ, prends pitié.

Seigneur, prends pitié

O Dieu, notre Père des cieux, PRENDS PITIE DE NOUS

O Dieu, Fils Rédempteur du monde, PRENDS PITIE DE NOUS

O Dieu, Esprit Saint, PRENDS PITIE DE NOUS

O Dieu, unique Trinité Sainte, PRENDS PITIE DE NOUS

Cœur du Christ, Fils du Père éternel, NOUS T’ADORONS

Cœur du Christ, Fils du Père éternel, NOUS T’ADORONS

Cœur du Christ formé par le Saint Esprit dans le sein de la Vierge Marie,

Cœur du Christ, uni substantiellement au Verbe de Dieu,

Cœur du Christ, Temple saint de Dieu,

Cœur du Christ, Tabernacle du Très-Haut,

Cœur du Christ, en qui réside la plénitude de la divinité,

JESUS, DOUX ET HUMBLE DE CŒUR, RENDS NOTRE CŒUR SEMBLABLE AU TIEN.

Prière finale :

Seigneur Jésus, Tu as dit que lorsque Tu serais élevé sur la croix, Tu attirerais tous les hommes à toi. Nous t’en prions, hâte le jour où tous les hommes seront attirés vers ton Cœur ouvert pour y trouver tous les trésors de ton amour et une demeure sûre, maintenant et toujours. Toi qui vis et qui règnes pour les siècles des siècles.