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Totus Tuus, Maria! Saint Jean Paul II et saint Louis-Marie Grignon de Montfort

« Vous savez que je dois beaucoup à ce saint (saint Louis-Marie Grignon de Montfort) et à son « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge », déclarait saint Jean Paul II s’adressant aux fidèles lors de son voyage apostolique en France, au cours de l’année 1996.

On ne peut pas nier que c’est saint Louis-Marie celui qui a formé dans le cœur du grand Pape, l’amour et l’authentique dévotion à la Mère de Dieu, comme lui-même l’a exprimé dans son livre « Don et mystère » :

« Moi-même, au cours des années de ma jeunesse, j’ai tiré un grand bénéfice de la lecture de ce livre, dans lequel « j’ai trouvé la réponse à mes doutes », liés à la crainte que le culte pour Marie, « en se développant excessivement, finisse par compromettre la suprématie du culte dû au Christ » (Don et mystère). Sous la sage direction de saint Louis-Marie, je compris que si l’on vit le mystère de Marie dans le Christ, ce risque n’existe pas. En effet, la pensée mariologique du saint « est enracinée dans le Mystère trinitaire, et dans la vérité de l’Incarnation du Verbe de Dieu »» (ibid.).

« Lorsque, séminariste clandestin, je travaillais à l’usine Solvay de Cracovie, mon directeur spirituel m’a conseillé de méditer sur le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. J’ai lu et relu plusieurs fois et avec un grand profit spirituel ce précieux petit livre ascétique à la couverture bleue tachée de soude. »

Il rappelait comment la place de Marie chez saint Louis-Marie se comprend par rapport au mystère de la Sainte Trinité : « En plaçant la Mère du Christ en relation avec le mystère trinitaire, Monfort m’a aidé à comprendre que la Vierge appartient au plan du salut par la volonté du Père, en tant que Mère du Verbe incarné, qu’Elle a conçu par l’œuvre de l’Esprit Saint. Chaque intervention de Marie dans l’œuvre de la régénération des fidèles ne se met pas en concurrence avec le Christ, mais dérive de lui et est à son service. L’action que Marie accomplit sur le plan du salut est toujours christocentrique, c’est-à-dire qu’elle fait directement référence à une médiation qui a lieu dans le Christ. Je compris alors que je ne pouvais pas exclure la Mère du Seigneur de ma vie sans désobéir à la volonté de Dieu-Trinité, qui a voulu ‘commencer et accomplir’ les grands mystères de l’histoire du salut avec la collaboration responsable et fidèle de l’humble Servante de Nazareth. »

« Marie apparaît donc comme un espace d’amour et d’action de la Personne de la Trinité, et Montfort la présente dans une perspective relationnelle : ‘Marie est totalement relative à Dieu et je l’appellerai volontiers la relation à Dieu, qui existe seulement en relation à Dieu’. C’est pourquoi la Toute Sainte conduit à la Trinité. En lui répétant chaque jour ‘Totus tuus’ et en vivant en harmonie avec Elle, on peut parvenir à l’expérience du Père dans la confiance et dans l’amour sans limite, à la docilité à l’Esprit Saint et à la transformation de soi selon l’image du Christ. »

Dans son pontificat, en plus d’être marqué par l’amour à la Mère de Dieu dans la consécration du monde qu’il a faite au Coeur Immaculé, dans ses visites aux grands sanctuaires mariales dans les différents pays qu’il a visités, saint Jean Paul II a aussi dédié à la sainte Vierge la lettre Encyclique « Redemptoris Mater » (25 mars 1987), la lettre apostolique « Rosarium Virginis Mariae » (16 octobre 2002), dans ces deux grands documents, il fera référence explicite à saint Louis-Marie, et le grand pape a encore dédié 14 catéchèses à Marie parlant de son rôle dans le plan de salut dont 13 au cours de l’année 1996, en préparation du jubilée millénaire ; sans compter les innombrables homélies et discours, où il a parlé d’elle ou bien, du moins invoqué le nom de Marie.    

A la doctrine donnée par le Concile Vatican II, qui présentait la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l’Église entière, saint Jean Paul II a aussi ajouté sa spiritualité inspirée par saint Louis-Marie.  Selon les paroles du Pape Benoît XVI lors de la béatification de son grand prédécesseur : « Cette vision théologique de Marie est synthétisée dans l’icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère. Icône qui se trouve dans l’Évangile de Jean (19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła : une croix d’or, un « M » en bas à droite, et la devise « Totus tuus », qui correspond à la célèbre expression de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, en laquelle saint Jean-Paul II a trouvé un principe fondamental pour sa vie : « Totus tuus ego sum: Je suis tout à toi et tout ce que j’ai est à toi. Je te place au centre de ma vie. Donnes-moi ton cœur, O Marie » (Traité de la vraie dévotion à Marie, nn. 233 et 266) ».

Nous voulons ici évoquer ce beau témoignage de son amour à Marie sous l’inspiration de Saint Louis-Marie : lorsque Saint Jean Paul II devait rédiger n’importe quel document, sur la première page, il écrivait le début de la prière: Tuus totus ego sum, ‘Je suis tout à toi’; sur la seconde, Et omnia mea tua sunt, et tout ce que j’ai est à toi. ‘; sur la troisième, Accipio Te in mea omnia, «Je te place au centre de ma vie»; dans le quatrième, Praebe mihi cor tuum, «Donne-moi ton cœur» et le Saint Pape  continuait ainsi à la page suivante, répétant, si nécessaire, chacune de ces phrases particulières, jusqu’à ce qu’il ait fini d’écrire».

Cette prière de saint Louis-Marie avait tellement pris son cœur, que lorsque saint Jean Paul II écrit son testament, en 1979, il y fait référence et il en fera mention encore deux fois, dans les paragraphes qu’il a ajoutés à cette première rédaction de ce testament.

Il est écrit en 1979 : « Je désire suivre (le Christ) et je désire que tout ce qui fait partie de ma vie terrestre me prépare à ce moment. Je ne sais pas quand celui-ci viendra, mais, comme tout, je dépose également ce moment entre les mains de la Mère de mon Maître:  Totus Tuus

1980. Dans la vie et dans la mort Totus Tuus à travers l’Immaculée. 

1982. Je ressens d’autant plus profondément que je me trouve totalement entre les Mains de Dieu – et je reste continuellement à la disposition de mon Seigneur, me remettant à Lui à travers Sa Mère Immaculée (Totus Tuus). »

Précisément « Totus Tuus » ce sont les derniers mots que saint Jean Paul II a écrits et qu’il a prononcés en mourant. 

Demandons à Saint Louis-Marie Grignion de Montfort et saint Jean Paul II, cet amour qu’ils avaient pour la très sainte Vierge, à Marie nous demandons la grâce de l’aimer comme ils l’ont aimée, Totus tuus Maria !

P. Luis Martinez IVE.

Saint Joseph détient la clé de tous les trésors de Jésus et de Marie

Tout au long de cette année, l’Église nous invite à méditer toujours plus profondément sur le mystère du glorieux patriarche saint Joseph. Ainsi, en le connaissant mieux, nous pouvons nous rapprocher de lui pour imiter ses vertus et recourir à son intercession, qui est vraiment puissante.

Saint Joseph n’est pas seulement un grand saint, mais nous pouvons dire de lui qu’il est le plus saint des saints, après son fils Jésus-Christ et la Sainte Vierge Marie, son épouse.

Voyons les raisons de la grandeur de saint Joseph, afin qu’elles puissent servir de réflexion sur la figure du grand patriarche, et nous pousser à nous confier à lui dans nos besoins.

La première raison est son mariage avec la Vierge Marie. Nous avons montré en d’autres occasions comment son mariage avec la Sainte Vierge Marie est la source de la grandeur de saint Joseph et de ses innombrables grâces. C’est donc la première raison qui le place au-dessus de tous les saints. Saint Jean Damascène a dit : « Joseph est l’époux de Marie, on ne peut rien dire de plus ».

La raison en est très claire : le lien du mariage unit les personnes de telle manière qu’elles ne sont plus deux, mais une seule. Et pour cette raison, l’union et la ressemblance de Saint Joseph avec son Épouse, la personne humaine la plus sainte qui ait jamais existé, qui existe et qui existera jamais, est incomparable.

Saint Joseph participe comme personne aux biens dont Dieu a enrichi la Sainte Vierge et, par conséquent, il n’y a pas de plus grand saint que lui en dehors de son Épouse. Ainsi, le Pape Pie XI affirme : « Entre Dieu et Joseph, nous ne distinguons, ni ne pouvons distinguer, personne d’autre que Marie Très Sainte par sa maternité divine ».

Deuxième raison : parce qu’il était le père de Jésus-Christ. Saint Joseph, en plus d’aimer le Christ comme Dieu, l’aimait plus intensément à cause de son titre de père. La grâce a remplacé en lui, de manière éminente, les sentiments de paternité naturelle.

Saint Joseph était vraiment le père du Christ par son cœur. La volonté de Dieu, infiniment plus efficace que la nature, a placé dans le sein du saint Patriarche un cœur paternel, lui accordant d’une manière bien plus excellente tous les sentiments paternels qu’un père peut avoir pour son fils.

D’autre part, nous ne devons pas moins considérer ce qu’a été et combien a été grande la correspondance amoureuse du Christ avec saint Joseph. L’Écriture Sainte nous dit implicitement que le Christ a aimé Joseph d’un amour filial, car il lui était soumis comme à son père.

Troisième raison : à cause de sa proximité avec le Christ et Marie. Nous savons parfaitement que la vie spirituelle consiste essentiellement à s’unir au Christ par la charité. Il est également clair que le moyen le plus efficace et même nécessaire pour atteindre cette union est la Sainte Vierge Marie, qui, comme l’enseigne Saint Louis Marie G.M., forme tous les saints. Il est facile de déduire que saint Joseph, étant la personne qui a vécu le plus intimement avec le Christ et Marie, les aimant comme son Fils et son Épouse, est donc celui qui a atteint la plus grande union avec le Christ, c’est-à-dire la plus grande sainteté.

De plus, saint Joseph a vécu en contemplant le Christ et sa Mère, c’est-à-dire à l’école parfaite de toutes les vertus. Et il a consacré toutes ses œuvres, ses paroles, ses pensées, toute sa vie, au service du Verbe Incarné et de sa Sainte Mère.

Dernier motif : parce que son intercession est plus grande. La grandeur de la sainteté de saint Joseph se manifeste, enfin, dans sa très puissante intercession. En effet, la plus grande efficacité de l’intercession dépend de la plus grande union avec Dieu, comme l’enseigne saint Thomas d’Aquin.

Saint Joseph jouit d’une efficacité toute particulière en raison du ministère qu’il a exercé durant sa vie. Personne ne peut douter que son Fils et son Très Sainte Épouse ne refuseraient rien à celui qui ne leur a rien refusé, sacrifiant sa vie entière pour les servir, les soutenir et les protéger dans sa vie terrestre. Le bienheureux Allamano affirme que saint Joseph « détient la clé de tous les trésors de Jésus et de Marie ; il est le Patron de toutes les grâces ». Et il écrit même que « l’on pourrait dire de saint Joseph ce que nous disons de la Vierge, qu’il est omnipotent par la volonté de Dieu ».

C’est pourquoi sainte Thérèse de Jésus recourt à cet argument lorsqu’elle écrit à propos de son expérience de l’efficacité de l’intercession de saint Joseph : « Je ne me souviens pas de l’avoir supplié jusqu’à présent pour quelque chose qu’il n’a pas fait ».

Profitons de cette année consacrée à ce père que nous avons au ciel, le grand patriarche saint Joseph, pour mieux le connaître, nous confier à son aide et arriver par lui dans les bras de son Épouse Marie et de son Fils Jésus-Christ.

P. Juan Manuel Rossi IVE.