Notre union vitale avec le Seigneur- La grâce et les Sacrements

Homélie pour le Cinquième Dimanche de Pâques

L’évangile de ce Vème dimanche de Pâques nous présente cette belle allégorie de la vigne, « De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. »

Notre Seigneur décrit l’union entre les chrétiens et Lui à travers donc cette image et à travers le verbe « demeurer », qui marque non seulement l’union mais une union qui se donne en Lui, nous sommes unis en Lui, à Lui, de Lui dépendent notre vitalité, notre vie et pour cela au centre de l’évangile il y a cette grande vérité : « en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. »

Dans ce monde, on peut dire que pour les chrétiens, il y a deux façons d’être unis au Christ, une façon juste « matérielle » (ils sont donc comme des sarments secs et morts), ces sont les chrétiens de nom mais ils ne vivent pas comme des bons chrétiens ; et une autre façon que l’on peut appeler « vivante », « vitale ».

Alors, cette façon vitale ou vivante de vivre se réalise en nous à travers la grâce.

« Notre justification vient de la grâce de Dieu. La grâce est la faveur, le secours gratuit que Dieu nous donne pour répondre à son appel : devenir enfants de Dieu (cf. Jn 1, 12-18), fils adoptifs (cf. Rm 8, 14-17), participants de la divine nature (cf. 2 P 1, 3-4), de la vie éternelle (cf. Jn 17, 3). La grâce est une participation à la vie de Dieu, elle nous introduit dans l’intimité de la vie trinitaire.

Cette vocation à la vie éternelle est surnaturelle. Elle dépend entièrement de l’initiative gratuite de Dieu, car Lui seul peut se révéler et se donner Lui-même. Elle surpasse les capacités de l’intelligence et les forces de la volonté humaine, comme de toute créature (cf. 1 Co 2, 7-9).

C’est cette réalité que Jésus veut démontrer en disant: « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn. 15,5). Si quelqu’un était tombé dans une fosse très profonde à cause d’un accident et s’y trouvait plein de blessures, il ne pourrait jamais sortir par ses propres moyens; il devrait être sauvé. Ainsi, nous étions totalement incapables de nous sauver et d’arriver au ciel après «le grand accident» du péché originel et de nos péchés personnels: nous avions besoin de l’aide de la grâce.

Les sacrements

Tout comme la force vitale nous vient à travers les aliments, ainsi la grâce nous est donnée par Dieu à travers les sacrements. Les sacrements sont comme les canaux par lesquels Dieu nous apporte l’eau de la grâce dont nous avons besoin pour vivre.

Dieu peut apporter le salut aux hommes de mille manières, mais les voies ordinaires sont les sept sacrements qu’Il a institués (créés) et donnés à l’Église. Nous sommes composés d’une âme invisible et d’un corps visible. Chez nous, le spirituel a besoin du matériel à la fois pour recevoir et pour donner. Par exemple, l’amour entre la mère et l’enfant est quelque chose de spirituel, mais il s’exprime à travers le regard d’amour, en caressant, serrant et embrassant l’enfant. La même chose se produit avec la joie ou la tristesse, elles vont toujours accompagnées de gestes. C’est notre réalité. Dieu, dans sa sagesse infinie et par son immense amour, a voulu nous sauver en « s’adaptant » à notre condition humaine. Il aurait pu nous sauver d’une autre manière; mais cela convenait à notre condition humaine. Pour cela, Il a pris notre nature humaine en Jésus-Christ; pour nous exprimer son Amour d’une manière humaine; il est devenu visible et palpable (1 Jn 1,1-3). C’est précisément pour cette raison qu’Il a institué les sacrements. En eux, la grâce invisible nous vient à travers des choses sensibles que nous pouvons sentir, voir et entendre: le pain, l’eau, l’huile, ou la présence et les paroles consolantes du prêtre qui écoute nos péchés et nous dit: «Je te pardonne». … Dieu nous donne ce qui est à lui à travers «ce qui est à nous».

Voilà la réflexion du Catéchisme (1114-1116) : « Les paroles et les actions de Jésus durant sa vie cachée et son ministère public étaient déjà salvifiques. Elles anticipaient la puissance de son mystère pascal. Elles annonçaient et préparaient ce qu’il allait donner à l’Église lorsque tout serait accompli. Les mystères de la vie du Christ sont les fondements de ce que, désormais, par les ministres de son Église, le Christ dispense dans les sacrements, car  » ce qui était visible en notre Sauveur est passé dans ses mystères  » (S. Léon le Grand, serm. 74, 2 : PL 54, 398A).  » Forces qui sortent  » du Corps du Christ (cf. Lc 5, 17 ; 6, 19 ; 8, 46), toujours vivant et vivifiant, actions de l’Esprit Saint à l’œuvre dans son Corps qui est l’Église, les sacrements sont « les chefs-d’œuvre de Dieu » dans la nouvelle et éternelle Alliance « . Saint Thomas d’Aquin enseigne que les sacrements nous font toucher le Corps très saint du Christ, comme autre fois les malades le faisaient pour recevoir la guérison.

Comme nous savons, il y a sept sacrements: le baptême, la confirmation, la pénitence (confession), l’eucharistie, l’onction des malades, l’ordre sacerdotal et le mariage. Le Concile de Trente a défini que les sept sacrements ont été institués par Jésus-Christ. Tous les sacrements nous confèrent la grâce sanctifiante, en plus d’une grâce propre à chaque sacrement. Cette grâce aide le fidèle sur le chemin de la sainteté ; elle aide aussi l’Église à croître dans la charité et dans son témoignage.

L’Évangile nous parle explicitement de l’institution de cinq sacrements : baptême, eucharistie, pénitence, ordre sacerdotal et mariage.

L’Évangile ne parle pas directement de la confirmation et de l’onction des malades, mais le Nouveau Testament nous dit qu’ils existaient au temps des Apôtres ; par conséquent, ils ont dû être institués par Jésus-Christ comme les précédents. Ainsi, la confirmation est mentionnée dans les Actes des Apôtres, et l’onction des malades dans l’épître de Saint Jacques. Enfin l’institution du sacerdoce est également évoquée dans les Actes des Apôtres, et celle du mariage chez Saint Paul.

Parmi les sacrements, Il y en est trois qui impriment le caractère. Le caractère signifie « sceau indélébile » en grec. Ces sacrements nous marquent donc d’un sceau indélébile. Autrement dit, ils mettent un sceau spirituel sur l’âme qui ne sera jamais effacé. C’est la raison pour laquelle, ils ne peuvent être reçus qu’une seule fois. On ne peut pas les répéter. Ce  sont: le baptême, la confirmation et l’ordre sacerdotal. C’est une vérité de foi que le baptême, la confirmation et l’ordre sacerdotal impriment le caractère.

Pour la validité d’un sacrement, il faut trois conditions : La matière apte, celle qui a été voulue par le Seigneur, l’eau ; la forme, ce sont les paroles qui doivent être dites selon les prescriptions de l’Eglise ; et l’intention de faire ce qu’à toujours fait la Sainte Église Catholique. 

Tous les sacrements agissent en vertu d’un rite établi par Jésus-Christ, ils impliquent donc des paroles, des gestes et une matière nécessaire (par exemple, de l’eau, de l’huile, du pain), mais leur validité ne dépend pas de l’état de grâce du ministre.

L’efficacité (les résultats) d’un sacrement dépend de l’état spirituel du sujet qui le reçoit, par exemple : on peut recevoir la communion dignement ou indignement (1 Co 11,27). Dans chaque sacrement, il y a un ministre qui le confère et un sujet qui le reçoit.

Pour certains sacrements, les ministres peuvent être ordinaires et extraordinaires, selon qu’ils sont administrés dans des circonstances normales ou spéciales. Ordinairement, par exemple, le ministre du baptême est l’évêque, le prêtre ou le diacre ; extraordinairement, il peut être administré par n’importe quelle personne, même athée, pourvu qu’il ait l’intention de faire ce qu’ordonne l’Église.

Pour tout chrétien, il est obligatoire de recevoir le baptême, la confession et la communion ; mais, en plus, ceux qui veulent se marier doivent recevoir le mariage comme sacrement et tout chrétien doit être prêt à recevoir l’onction des malades à l’heure de la mort, si c’est possible.

La confirmation n’est pas absolument obligatoire pour être sauvé, mais tous ceux qui ne l’ont pas encore reçue devraient la recevoir, si la bonne opportunité se présente, car elle aide à atteindre plus facilement le salut éternel.

Le sacrement de l’Ordre est réservé à ceux qui veulent devenir prêtres.

Redisons enfin que le mariage et l’ordre sacerdotal l’Ordre et le Mariage, confèrent une grâce spéciale pour une mission particulière dans l’Église, au service de l’édification du peuple de Dieu. Ils contribuent en particulier à la communion ecclésiale et au salut d’autrui. Ce qui veut dire que les deux sacrements ne sont pas tant reçus en vue du salut individuel que pour occuper un certain état au sein de l’Église, pour servir la communauté en son sein. Ainsi, ces sacrements sont reçus par l’individu moins pour lui-même que pour les autres : les époux devraient toujours penser que chacun obtient les grâces nécessaires plutôt pour l’autre conjoint que pour lui-même. Comme le prêtre reçoit ce sacrement non pas pour lui mais pour aider l’Eglise.

Que Marie, la mère de toute grâce nous protège!

P. Luis Martinez IVE.

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