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Saint Joseph détient la clé de tous les trésors de Jésus et de Marie

Tout au long de cette année, l’Église nous invite à méditer toujours plus profondément sur le mystère du glorieux patriarche saint Joseph. Ainsi, en le connaissant mieux, nous pouvons nous rapprocher de lui pour imiter ses vertus et recourir à son intercession, qui est vraiment puissante.

Saint Joseph n’est pas seulement un grand saint, mais nous pouvons dire de lui qu’il est le plus saint des saints, après son fils Jésus-Christ et la Sainte Vierge Marie, son épouse.

Voyons les raisons de la grandeur de saint Joseph, afin qu’elles puissent servir de réflexion sur la figure du grand patriarche, et nous pousser à nous confier à lui dans nos besoins.

La première raison est son mariage avec la Vierge Marie. Nous avons montré en d’autres occasions comment son mariage avec la Sainte Vierge Marie est la source de la grandeur de saint Joseph et de ses innombrables grâces. C’est donc la première raison qui le place au-dessus de tous les saints. Saint Jean Damascène a dit : « Joseph est l’époux de Marie, on ne peut rien dire de plus ».

La raison en est très claire : le lien du mariage unit les personnes de telle manière qu’elles ne sont plus deux, mais une seule. Et pour cette raison, l’union et la ressemblance de Saint Joseph avec son Épouse, la personne humaine la plus sainte qui ait jamais existé, qui existe et qui existera jamais, est incomparable.

Saint Joseph participe comme personne aux biens dont Dieu a enrichi la Sainte Vierge et, par conséquent, il n’y a pas de plus grand saint que lui en dehors de son Épouse. Ainsi, le Pape Pie XI affirme : « Entre Dieu et Joseph, nous ne distinguons, ni ne pouvons distinguer, personne d’autre que Marie Très Sainte par sa maternité divine ».

Deuxième raison : parce qu’il était le père de Jésus-Christ. Saint Joseph, en plus d’aimer le Christ comme Dieu, l’aimait plus intensément à cause de son titre de père. La grâce a remplacé en lui, de manière éminente, les sentiments de paternité naturelle.

Saint Joseph était vraiment le père du Christ par son cœur. La volonté de Dieu, infiniment plus efficace que la nature, a placé dans le sein du saint Patriarche un cœur paternel, lui accordant d’une manière bien plus excellente tous les sentiments paternels qu’un père peut avoir pour son fils.

D’autre part, nous ne devons pas moins considérer ce qu’a été et combien a été grande la correspondance amoureuse du Christ avec saint Joseph. L’Écriture Sainte nous dit implicitement que le Christ a aimé Joseph d’un amour filial, car il lui était soumis comme à son père.

Troisième raison : à cause de sa proximité avec le Christ et Marie. Nous savons parfaitement que la vie spirituelle consiste essentiellement à s’unir au Christ par la charité. Il est également clair que le moyen le plus efficace et même nécessaire pour atteindre cette union est la Sainte Vierge Marie, qui, comme l’enseigne Saint Louis Marie G.M., forme tous les saints. Il est facile de déduire que saint Joseph, étant la personne qui a vécu le plus intimement avec le Christ et Marie, les aimant comme son Fils et son Épouse, est donc celui qui a atteint la plus grande union avec le Christ, c’est-à-dire la plus grande sainteté.

De plus, saint Joseph a vécu en contemplant le Christ et sa Mère, c’est-à-dire à l’école parfaite de toutes les vertus. Et il a consacré toutes ses œuvres, ses paroles, ses pensées, toute sa vie, au service du Verbe Incarné et de sa Sainte Mère.

Dernier motif : parce que son intercession est plus grande. La grandeur de la sainteté de saint Joseph se manifeste, enfin, dans sa très puissante intercession. En effet, la plus grande efficacité de l’intercession dépend de la plus grande union avec Dieu, comme l’enseigne saint Thomas d’Aquin.

Saint Joseph jouit d’une efficacité toute particulière en raison du ministère qu’il a exercé durant sa vie. Personne ne peut douter que son Fils et son Très Sainte Épouse ne refuseraient rien à celui qui ne leur a rien refusé, sacrifiant sa vie entière pour les servir, les soutenir et les protéger dans sa vie terrestre. Le bienheureux Allamano affirme que saint Joseph « détient la clé de tous les trésors de Jésus et de Marie ; il est le Patron de toutes les grâces ». Et il écrit même que « l’on pourrait dire de saint Joseph ce que nous disons de la Vierge, qu’il est omnipotent par la volonté de Dieu ».

C’est pourquoi sainte Thérèse de Jésus recourt à cet argument lorsqu’elle écrit à propos de son expérience de l’efficacité de l’intercession de saint Joseph : « Je ne me souviens pas de l’avoir supplié jusqu’à présent pour quelque chose qu’il n’a pas fait ».

Profitons de cette année consacrée à ce père que nous avons au ciel, le grand patriarche saint Joseph, pour mieux le connaître, nous confier à son aide et arriver par lui dans les bras de son Épouse Marie et de son Fils Jésus-Christ.

P. Juan Manuel Rossi IVE.

La vocation de saint Joseph

Dimanche de la Sainte Famille

Nous célébrons ce dimanche après Noël, la sainte Famille de Joseph, Marie et Jésus. L’évangile de saint Luc nous décrit les parents de l’Enfant Jésus amenant leur fils pour le rachat correspondant, les enfants devaient être consacrés à Dieu et dans le même moment ils pouvaient être rachetés par une offrande, un sacrifice ; saint Joseph et Marie font l’offrande des pauvres, deux petites colombes, dans le même rite se réalisait aussi la purification légale de la femme qui avait enfanté. Luc complète ce moment avec les deux rencontres, le grand prêtre Siméon et la prophétesse Anne.

Cette année, le 8 décembre, le pape a proclamé une année spéciale pour saint Joseph, car cette année se sont accomplis les 150 ans de sa proclamation comme Patron de l’Eglise.

Nous allons parler aujourd’hui plutôt de la vocation de saint Joseph et de la mission spéciale que Dieu lui a confiée dans l’histoire du salut.

Nous pouvons affirmer que Marie et Joseph sont les premiers disciples de Jésus parce qu’en eux s’accomplissent ses paroles: « quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, il est mon frère, ma sœur et ma mère » (Mt 12, 50 ). Si la sainte Vierge Marie est la femme du « fiat » (qu’il me soit fait), Saint Joseph est l’homme du « fecit » (il a fait…).

Ainsi comme la disponibilité à la volonté de Dieu caractérise Marie, la constance à agir sans se faire remarquer – être effacé – est la vertu de saint Joseph. C’est de cette manière que l’évangéliste Mattieu nous présente saint Joseph : Lorsqu’il s’est réveillé, Joseph a fait ce que l’Ange du Seigneur lui avait ordonné de faire : il a pris Marie chez lui (Mt 1,24). « Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère et se rendit en Egypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode » (Mt 2, 14-15). « Joseph s’est levé, a pris l’Enfant et sa mère et est entré en terre d’Israël, … il s’est retiré dans la région de Galilée, où il s’est installé dans une ville appelée Nazareth (Mt. 2: 21-23) ».

L’amour de Saint Joseph s’exprime dans l’oubli de lui-même et dans la recherche du bien intégral pour la Vierge Marie et pour l’Enfant Jésus, à travers le service désintéressé et dévoué. C’est ainsi qu’il accomplit sa mission.

Parlant de la mission de notre saint, le pape Jean Paul II a écrit une exhortation apostolique, « Redemptoris Custos », où il disait : « La vie de Marie consista à accomplir à fond le premier fiat prononcé au moment de l’Annonciation, tandis que Joseph ne proféra aucune parole lors de son « annonciation »: il « fit » simplement « ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit » (Mt 1, 24). Et ce premier « il fit » devint le commencement du « chemin de Joseph ». Le long de ce chemin, les Évangiles ne mentionnent aucune parole dite par lui. Mais le silence de Joseph a une portée particulière: grâce à lui, on peut saisir pleinement la vérité contenue dans le jugement que l’Évangile émet sur Joseph: le « juste » (Mt 1, 19). Il faut savoir lire cette vérité car en elle est contenu l’un des témoignages les plus importants sur l’homme et sur sa vocation.

En donnant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu lui donna non seulement un compagnon de vie, un témoin de sa virginité, un gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, un participant de sa sublime dignité.  

Dans les évangiles, on ne retient aucun mot de saint Joseph, on dirait qu’il est silencieux. Mais, plus que le silence de Joseph, on devrait parler de sa discrétion. Le silence ne parle pas, la discrétion c’est la vertu de savoir parler et de savoir se taire. Pensons à la communication sereine et profonde, chargée de grâce que saint Joseph aurait eu avec Marie et l’Enfant Jésus, les dialogues pleins de charité et respect avec les personnes qui passaient par son atelier pendant qu’il travaillait.

Les pères de l’Eglise ont très tôt dans l’histoire de l’Eglise saisi l’importance de la mission de l’Epoux de Marie, ils célèbrent les vertus qui ornaient Joseph, avant tout sa «justice», qu’ils entendent comme le total accomplissement de toutes les prescriptions de la loi et des devoirs de l’État, ainsi que la rectitude de sa vie intérieure; ils exaltent aussi sa virginité, sa pauvreté, son humilité, son silence, son esprit d’abnégation , sa foi et son obéissance aveugle aux dispositions de la Providence Divine. Rappelons-nous que l’évangéliste l’appelle Juste, qui veut dire « saint », juste devant Dieu et devant les hommes.

Selon les Pères, trois sources sont à l’origine des grandes grâces et des nobles privilèges accordés à saint Joseph : 1) sa mission personnelle extraordinaire d’époux de Marie et de père de Jésus; 2) la correspondance la plus fidèle de sa vie aux exigences de sa vocation; 3) sa vie même d’intimité familiale aux côtés de Marie et de Jésus.

Parlons maintenant de la virginité de Joseph. Selon la tradition appuyée par les pères de l’Eglise, Joseph et Marie avaient fait tous les deux le vœu de garder leur virginité tout le temps de leur vie. Dieu a pourtant voulu qu’ils s’unissent par le saint lien de mariage, non pas pour les faire repentir de leur vœu, mais pour le raffermir et se fortifier l’un et l’autre à persévérer en leur sainte entreprise ; c’est pourquoi ils ont vécu virginalement ensemble tout le reste de leur vie.

Bien que Joseph ne soit pas le père naturel de Jésus, le Fils de Dieu, il a été chargé de lui donner le nom, ce qui était propre au père, par conséquent, Saint Joseph devient l’homme choisi par Dieu pour une mission très spéciale : être le Gardien du Rédempteur, de Marie et du mystère dont l’accomplissement la lignée de David et toute la « maison d’Israël » attendaient depuis de nombreuses générations.

Un autre aspect pour notre réflexion : Peut-on vraiment affirmer que Joseph était l’époux de Marie ? Ou bien, entre les deux n’a existé qu’un mariage fictif ?

Il y a plusieurs raisons de convenance pour dire qu’un véritable mariage ait existé entre Joseph et Marie:

1) de la part du Christ: il fallait lui donner un ascendant masculin dans sa généalogie davidique, pour cacher en plus des yeux des hommes et aussi du diable sa conception virginale, et lui donner enfin, en tant qu’homme, un père aussi humain (sans le mode de conception humain);

2) de la part de Marie : pour éviter de qu’elle soit accusée et lapidée par les Juifs comme adultère, pour lui assurer ensuite le soutien et la protection nécessaires devant la société et dans les grandes tâches qu’elle a dû endurer dans la naissance, l’éducation et la protection de l’Enfant, et enfin, lui donner, comme figure de l’Église qu’elle était, un mari qui était la figure du Christ.

En ce qui concerne les fonctions et charges de Saint Joseph l’époux vis-à-vis de Marie son épouse, excluant totalement ce qui regarde la virginité, nous pouvons nommer : la compagnie, la protection et le soutien matériel, psychologique et moral que chaque mari doit apporter à sa femme.

Et par rapport à Jésus, saint Joseph était-il vraiment un père ? Excluant une paternité de type charnel, et dépassant la formule d’une paternité purement apparente et même d’une paternité adoptive, la doctrine commune des Pères a affirmé chez Saint Joseph une paternité vraie, réelle et objective à l’égard de Jésus, bien que très unique en raison des caractéristiques qu’elle apportait, comme unique était d’ailleurs la conception de l’Enfant par Marie. Cette paternité a été annoncée par l’ange dans son message à Joseph, reconnaissant explicitement le droit d’une autorité paternelle sur l’Enfant qui devait naître de Marie. Mais, intrinsèquement, la réalité de cette paternité découle de la réalité même de son mariage avec Marie. La paternité de Joseph peut être appelée virginale, par origine, car c’est précisément grâce à la virginité de Joseph que Marie a pu concevoir virginalement le Christ. De cette manière, le mariage de Joseph et de Marie, bien que virginal et très chaste, jouit de la plus riche fécondité dans le Fils divin que le Très-Haut leur donna comme fils. Parce que, réellement et vraiment, c’est à Marie et Joseph, unis dans le mariage, que Jésus a été donné.

La grâce de Noël nous fait contempler aujourd’hui la sainte Famille. Apprenons de chacun d’eux de quelle manière Dieu veut que nous accomplissons notre vocation.

Que Saint Joseph, Marie et l’Enfant Jésus bénissent toutes familles de notre monde.

P. Luis Martinez IVE.