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Il s’en alla tout triste, car il avait de grands biens…

Homélie pour le Dimanche XXVIII du Temps Ordinaire, année B (Mc 10, 17-30)

L’évangile que l’Eglise nous invite à méditer commence par une rencontre : celle de Jésus avec quelqu’un « qui avait de grands biens », un jeune homme, selon le texte parallèle de saint Matthieu. C’était une personne qui observait fidèlement tous les commandements de la loi de Dieu depuis sa jeunesse, mais qui n’avait pas encore trouvé « le vrai bonheur » ; et c’est la raison pour laquelle cet homme demande à Jésus comment faire pour « avoir en héritage la vie éternelle » (v. 17). D’un côté, il est attiré, comme tout le monde, par la plénitude de la vie ; de l’autre, étant habitué à compter sur ses propres richesses, il pense que la vie éternelle aussi peut, d’une certaine façon, « s’acquérir » (s’acheter), en observant peut-être un commandement particulier.

Il appelle le Seigneur, « bon maître », un titre qui n’était pas courant pour un rabbi de l’époque, aussi afin que ce jeune homme ne se retrouve pas avec une idée incomplète de la bonté, Jésus lui demanda : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. (Marc 10,18). En effet, Notre Seigneur ne s’opposait pas à être appelé bon, mais à être simplement considéré comme « un bon enseignant ». Le jeune homme s’était adressé à lui comme à un grand maître, mais le considérait toujours simplement comme un homme ; il avait admis la bonté, mais toujours au niveau de la bonté humaine.

Il y a, après ce dialogue sur la loi de Dieu et son nécessaire accomplissement, un geste et une parole centrale de la part de Jésus : « Il posa son regard sur lui, et il l’aima » et l’invitation à le suivre.

D’abord, le texte dit que le Seigneur « posa son regard sur lui », le verbe en grecque désigne un regard intérieur, regard spirituel ; un regard contemplatif et profond ; un regard qui englobe toute la personne, regard intense, regard totalisant. En bref, cela signifie que l’âme du Christ a touché et connu l’âme du jeune homme à travers son regard.

Le même verbe apparaît aussi dans la vocation de Pierre : « Jésus, le regardant, lui dit : ‘Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t’appelleras Képhas, Pierre » ». (Jn 1.42).

Et le même verbe apparaît aussi à l’indicatif aoriste (passé parfait), quand le Christ regarde Pierre après sa trahison : « Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement ». (Lc 22,61-62). On peut conclure donc que ce regard intense et contemplatif est présent lorsque Jésus veut conquérir pour une mission ou reconquérir une âme, après la défaite. Mais ce regard n’est pas seulement chargé d’amour et de miséricorde, il est aussi exigeant et engageant. 

Et avec ce regard, Jésus propose l’invitation, formulée comme une indication : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. ».

Et voilà que Jésus utilise le même impératif que pour les apôtres (Pierre, Jean), et eux ont tout laissé à l’instant pour les suivre ; mais Dieu nous a créés libres, et les paroles de Jésus n’avaient rien de « magique ou hypnotisant », Dieu cherche en nous un amour libre. Ce jeune n’a pas voulu accueillir l’appel, comme le décrit l’évangéliste avec un ton grave : « A ces mots, l’homme devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens ». Quand on sait que ce jeune était venu en courant lorsque Jésus quittait la ville où il vivait ! Ce qui dévoile l’attitude de celui qui ne voulait pas perdre cette opportunité, car ce jeune sentait peut-être dans son cœur l’appel à être aussi un des apôtres.

Le fait du rejet de la grâce de la vocation va provoquer à deux reprises, une exclamation de regret de la part de Jésus : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » (v.23). Et aussitôt encore : «  Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! » (v.24). Et les disciples ont également été choqués par la réaction du jeune homme et la douleur de Jésus, et à deux reprises ils ont aussi manifesté cet impact : « Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles (…) De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » (Vv. 24, 26). Le rejet d’une grâce de Dieu est toujours un motif de tristesse et encore plus s’il s’agit d’une grâce aussi grande que la grâce de la vocation sacerdotale ou religieuse.

Le jeune homme ne savait pas interpréter le regard du Christ, il ne savait pas voir ou deviner tout l’amour du monde qui brillait dans ce regard. Il n’entendait que les paroles exigeantes qui le poussaient à tout quitter, à tout laisser ; il n’avait  saisi que l’immense détachement qu’on lui demandait. Il n’a pas compris que l’amour avec lequel les exigences étaient accompagnées, était le premier moteur qui allait l’aider à répondre à ces exigences. Car, « pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu ».

Mais nous devons voir que dans ces paroles du Seigneur, la richesse en tant que telle n’était nullement condamnée, pas plus que le mariage ne l’avait été auparavant dans l’évangile ; mais il y avait une perfection supérieure à la perfection simplement humaine. Tout comme un homme pouvait quitter sa femme (et vice-versa), il pouvait aussi quitter ses richesses pour suivre le Christ. La croix exigerait que les âmes abandonnent ce qu’elles ont le plus aimé dans la vie et se contentent du trésor qu’elles trouveraient dans les mains de Dieu.

La deuxième partie de l’évangile est ainsi consacrée à se garder de tout affection désordonnée aux richesses de ce monde. Comme on vient de le dire, il faut bien savoir que les richesses ne sont pas condamnées, mais bien l’attachement que tout homme peut ressentir envers elles.

En effet le Christ, « qui est riche, s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté ». Lui, Seigneur de l’Univers, le Fils de Dieu, s’est fait serviteur de tous, s’est fait simple et humble pour nous apprendre à vivre le chemin d’authentique bonheur. « Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ».

Il enseigne donc que l’homme riche a une grande responsabilité envers les autres : vivre une vie de gratitude qui se manifeste dans un amour généreux à partir des richesses matérielles qu’il possède et que Dieu lui a permis d’avoir.

Jésus dit clairement qu’il y a une responsabilité et un devoir envers ceux qui souffrent, et si j’ai les moyens financiers de les aider, ma responsabilité sera plus grande. Dieu m’en parlera à la fin de ma vie. « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »

Pour entrer dans le Royaume, il faut être « pauvre en esprit » et « pauvre en esprit » peuvent l’être et le pauvre et le riche. Pauvre en esprit signifie être détaché des choses terrestres.

On peut s’attacher à n’importe quelle chose matérielle dans ce monde, de telle sorte qu’elle devienne la chose la plus importante dans sa vie et qu’ainsi Dieu et les frères prennent moins de valeur et soient mis au second plan.

Il y a des pauvres qui envient les riches et vivent dans le ressentiment d’être pauvres. En réalité, ils ne sont pas « pauvres en esprit » mais « riches et sans richesses ». « Que de pauvreté gaspillée », dirait un saint ! Ceux qui par la volonté de Dieu sont pauvres devraient remercier Dieu parce que leur pauvreté les fait ressembler à Jésus. La pauvreté nous donne un sens plus clair de ce que nous sommes, de notre réalité, du fait d’être créés et de dépendre totalement de Dieu qui est notre vérité existentielle. Et la reconnaissance de cette pauvreté existentielle est l’humilité, fondement de la vraie religiosité.

Comment vivre le vraie pauvreté d’esprit ?

1. N’oublions pas que cette vie est éphémère :

2. N’oublions pas les pauvres :

3. Sachons discerner : surtout les biens de ce monde, voir s’ils sont vraiment nécessaires dans notre sanctification pour les avoir et s’ils sont mauvais pour les refuser.

 « Pour les hommes, impossible, mais non pour Dieu ! Car tout est possible pour Dieu » (cf. vv. 24 et 27). Saint Clément d’Alexandrie commente ce passage en disant que Jésus enseigne « aux riches à ne point négliger leur salut, comme si toute espérance d’être sauvés leur était ravie ni à accuser la richesse et à la rejeter loin d’eux comme leur plus cruelle ennemie, mais à en faire un saint usage qui leur puisse acquérir le ciel » (Quel riche sera sauvé ? 27, 1-2). (Benoît XVI, Angélus, 14/10/12)

Que la Vierge Sainte nous obtienne la grâce de vivre cette pauvreté spirituelle.

P. Luis Martinez IVE.

L’homme selon le cœur de Dieu

Il est un autre titre que nous donnons à saint Joseph : nous l’appelons « l’homme selon le cœur de Dieu », « l’homme de la droite de Dieu c’est-à-dire l’homme de la Providence divine. Et ces titres invitent à étudier avec plus de détail les rapports de saint Joseph avec l’Esprit-Saint. En effet, l’Esprit-Saint, qui procède du Père et du Fils par voie de volonté ou d’amour, représente, dans la Divinité, l’amour ou le cœur, symbole de l’amour ; et comme il n’est rien de plus actif que l’amour, l’Esprit-Saint représente aussi le principe de tout mouvement ordonné au but. En un mot, il est le principe directeur auquel toutes les créatures doivent obéir pour atteindre leur destinée éternelle. L’Esprit-Saint, « le doigt de Dieu », qui a créé toutes choses par sa sagesse, conduit toutes les créatures à leur fin par sa Providence, en leur assignant leur vocation et en les rendant capables de remplir cette vocation.

En sa qualité de père légal de Jésus et de chef de la Sainte Famille, saint Joseph eut une vocation d’une grandeur et d’une importance exceptionnelles : préparer l’avènement du Rédempteur en ce monde, préparer la rédemption en veillant sur la jeunesse de l’Homme-Dieu. Sous ce rapport, il était l’instrument de l’Esprit-Saint. L’Esprit-Saint guidait, Joseph réalisait le plan divin par son obéissance. Il est intéressant, il est instructif et édifiant de voir de quelle manière Joseph suivit la direction de l’Esprit-Saint. A ce point de vue nous trouvons, dans la vie du saint patriarche, deux sortes de circonstances où sa conduite peut nous servir de modèle.

Premier genre de circonstances : – Dieu veut quelque chose de nous, il nous appelle à faire un choix ; mais il ne nous manifeste pas expressément sa volonté, il garde le silence. Saint Joseph se trouva dans ce cas probablement au moment de ses fiançailles avec Marie, puis lorsqu’il eut à souffrir du doute cruel dont nous avons parlé, et enfin à l’époque du retour d’Egypte, quand il s’agit de fixer à Bethléem ou à Nazareth la résidence de la Sainte Famille. En pareille conjoncture il n’y a d’autre ressource que de prendre le conseil d’autrui, ou de s’inspirer de sa propre prudence et de sa conscience, ou enfin de se régler d’après les événements qui peuvent servir à faire connaître la volonté de Dieu. Ainsi, pour les fiançailles avec Marie, saint Joseph se serait résolu sur la déclaration des prêtres et des chefs de famille. Dans le doute relatif à la virginité de Marie, il consulta sa conscience et la loyauté de son propre cœur, sans se laisser influencer par la voix de la passion, jusqu’à ce que Dieu eût révélé sa volonté par le message de l’ange. Enfin, pour fixer à Nazareth la résidence de la Sainte Famille, il se décida d’après les conseils de la prudence, parce qu’Archélaüs était à redouter autant que son père Hérode ; et, là encore, le choix de Joseph reçut la confirmation divine.

Deuxième genre de circonstances : – Dieu nous demande une chose, il manifeste clairement sa volonté, mais il nous laisse le choix et l’application des moyens. Ce que nous avons à faire, ici, c’est de nous dégager de tout attachement, de triompher de toute crainte, de toute irrésolution, pour nous conformer sans réserve à la volonté de Dieu. C’est le cas de saint Joseph recevant du ciel l’ordre de fuir en Egypte avec l’Enfant. Le but était nettement marqué ; quant aux moyens, Joseph dut y pourvoir par lui-même ; et nous avons vu son courage et sa constance à obéir. Quel détachement de lui-même, quelle docilité pour se conformer sur-le-champ à un ordre qui le jette au loin, sur la terre d’exil ! Par cette obéissance même, n’est-il pas la nuée légère sur laquelle le Seigneur voulait se montrer en Egypte (Is. XIX, 1) ?

Et, par-là, Dieu ne nous montre-t-il pas en saint Joseph notre Patron dans toutes les décisions difficiles et plus particulièrement dans le choix de la vocation, choix d’une si grande importance pour toutes les âmes ? Quand, parfois, une seule détermination à prendre dans le cours ordinaire de la vie est chose si délicate, que dire d’un choix d’où la vie entière dépendra ? Donc, imitons saint Joseph et implorons son secours. Les réflexions suivantes pourront nous aider en une affaire si grave.

Premièrement, il faut nous bien pénétrer de ce grand principe que, dans un choix quelconque et surtout dans le choix d’une vocation, nous ne devons-nous proposer autre chose que la volonté de Dieu pour le salut éternel de notre âme, et non notre volonté propre ou nos préférences, alors même qu’elles seraient d’accord avec la volonté de Dieu. Chercher et vouloir autre chose, ce serait renverser l’ordre ; ce serait tenter de plier la volonté de Dieu à notre propre volonté et non point ramener notre volonté à celle de Dieu ; ce serait faire du but le moyen, et du moyen le but ; ce ne serait point vouloir aller à Dieu, mais vouloir que Dieu vienne à nous. Tout consiste donc à chercher à connaître la volonté de Dieu sur nous. Il est notre Seigneur et Maitre ; notre vie lui appartient ; c’est à lui d’en disposer, et non point à nous ; à lui de régler comment nous devons le servir. Ce n’est point l’homme qui se fait sa vocation, c’est Dieu qui la lui donne.

Deuxièmement, il s’ensuit que nous devons examiner ce qui peut ou ne peut pas faire l’objet d’un choix. Evidemment, rien de coupable, rien de ce qui est contraire à la loi divine ne saurait être mis en délibération : nous n’aurions là ni la volonté de Dieu, ni un moyen d’arriver à notre fin. Le choix ne peut porter que sur une chose moralement bonne, ou du moins sur une chose indifférente en elle-même, mais pouvant, dans la circonstance, devenir bonne ; sur une chose, enfin, admise dans l’Eglise ou tolérée par elle. Il n’est donc pas nécessaire que l’objet du choix soit une chose se rapportant d’elle-même à la perfection, par exemple le sacerdoce ou l’état religieux. Dieu a des voies pour chaque âme en particulier, et toutes les voies, pourvu qu’elles ne soient pas mauvaises, peuvent conduire au but. C’est pourquoi il a établi dans l’Eglise des vocations diverses et, dans chacune de ces vocations, on peut, avec le secours de Dieu, atteindre à la perfection, parce que la perfection consiste essentiellement à aimer Dieu pardessus toutes choses, à être et à faire ce que Dieu demande de nous. Saint Joseph nous l’enseigne par son exemple : Dieu lui demandait d’être un modèle de perfection même dans l’état du mariage.

Ces principes posés, il s’agit, en troisième lieu, de savoir comment nous pouvons trouver et reconnaître la volonté de Dieu sur nous, relativement à notre vocation ou à la manière dont nous devons le servir et opérer notre salut. Il y a plusieurs moyens d’arriver, sur ce point, à une certitude morale. Dieu peut nous découvrir lui-même sa volonté, comme il l’a fait souvent pour les saints et, en diverses circonstances, pour saint Joseph en lui envoyant un ange. La lumière peut aussi nous être donnée par les inspirations intérieures et par les mouvements de la grâce dans la prière, par les inclinations naturelles ou les qualités que Dieu nous a données et qui sont en rapport avec telle ou telle vocation. Enfin, nous pouvons examiner sérieusement et peser avec réflexion les avantages et les inconvénients que nous trouverons pour le salut de notre âme dans les différentes voies qui s’ouvrent devant nous. Ce qui nous paraît alors le meilleur, quand toutes choses ont été ainsi discutées sans nous laisser influencer par notre goût naturel, est très vraisemblablement la volonté de Dieu et la vocation où il nous appelle. Nous pouvons donc prendre notre décision. Le choix est ainsi terminé et Dieu ne manquera point de nous bénir. De ferventes prières, les conseils de personnes sages et craignant Dieu, un sérieux retour sur nous même en nous demandant ce que nous conseillerions à un ami en semblable circonstance et ce que nous voudrions avoir fait nous-même quand viendra l’heure de la mort – autant d’indications très utiles pour un bon choix.

Donc, lorsque nous avons à faire un choix si important, allons à saint Joseph : c’est un saint, c’est notre conseiller, c’est notre ami. De lui mieux encore que du ministre du Pharaon, nous pouvons dire : « Trouverons-nous un tel homme qui soit rempli de l’esprit de Dieu ? trouverons-nous un sage qui lui soit comparable » (Gen. XLI, 38 sqq.) ? Non moins que le Joseph qui sauva l’Egypte et son peuple, saint Joseph est favorisé des lumières surnaturelles et des communications divines. Il n’a nul besoin d’une coupe (Gen. XLIV, 5) ou de quelque autre moyen pour reconnaître la volonté du ciel et découvrir l’avenir. Il règne, maintenant, auprès de Celui qui fut son fils sur la terre ; il lit dans le miroir de la divine Sagesse ce que Dieu veut et ce qui est bon pour les âmes. Rappelons-lui los angoisses qui ont accompagné pour lui le choix de sa vocation ; rappelons-lui ces trois jours de cruelle anxiété, lorsque Jésus, à l’âge de douze ans, demeura à Jérusalem. C’est bien d’une vocation qu’il s’agissait quand son cœur a tant souffert : il s’agissait de révéler et de préparer la vocation de l’Homme-Dieu, de Celui qui était son fils. Et nous avons là, aussi, un exemple des tristesses dont, bien souvent, la vocation de leurs enfants est l’occasion pour les parents. Saint Joseph connaît les alternatives de souffrances et de joies qui accompagnent une vocation. On l’a dit : ceux que la volonté de Dieu appelle à l’état du mariage ne sauraient mieux faire que de se recommander à saint Joseph dans le choix d’un époux ou d’une épouse. Pour lui, il a rencontré Marie ! Quelle grâce, et quelle source de bénédictions ! « La femme vertueuse est un heureux partage » (Eccli. XXVI, 3). « La femme sainte et pudique est une grâce au-dessus de toute grâce » (Eccli. XXVI, 19).

Saint Joseph, dans la Vie de Jésus-Christ et dans la Vie de l’Eglise

R. P. M. Meschler S. I.