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Cinquième jour de la neuvaine de Noël

20 décembre

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Méditation de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

Au nom de Celui que j’adore,

mes sœurs, je viens tendre la main

Et chanter pour l’Enfant Divin

car Il ne peut parler encore….

Pour Jésus, l’Exilé du Ciel

je n’ai rencontré dans le monde

qu’une indifférence profonde.

Que vos tendresses

et vos caresses,

que vos louanges,

o soeurs des anges!

soient pour l’Enfant.

Brûlez d’amour, âme ravie

un Dieu pour vous s’est fait mortel

Oh ! mystère touchant

celui qui vous mendie

c’est le Verbe Eternel !…

O mes soeurs, approchez sans crainte

que vos souffrances

vos jouissances

soient pour l’Enfant.

Brûlez d’amour, âme ravie

un Dieu pour vous s’est fait mortel

oh! mystère touchant

celui qui vous mendie

c’est le Verbe Eternel!…

Jésus, le Bel Enfant Divin,

pour vous communiquer sa vie

transforme en Lui chaque matin

une petite et blanche Hostie.

Avec bien plus d’amour encor

Il veut vous changer en Lui-même

votre cœur est son cher trésor

son bonheur et sa joie suprême.

Noël, Noël !

Je descends du Ciel

pour dire à votre âme ravie :

« L’Agneau si Doux

s’abaisse vers vous,

soyez sa blanche et pure Hostie ».

Extrait d’une prose écrite pour ses sœurs carmélites

Réflexion théologique

Considérons comment l’Incarnation de Dieu est une aide des plus efficaces pour l’homme qui tend vers la béatitude :

Parce que la Béatitude parfaite consiste en la jouissance de Dieu, il a fallu que le cœur de l’homme soit disposé à désirer cette divine jouissance. Nous savons, en effet, que le désir de jouir d’une chose est le résultat pour l’amour de cette chose. Il a donc été nécessaire d’amener l’homme à l’amour de Dieu, pour tendre son désir de la Béatitude parfaite, qui est Dieu même. Or, rien ne nous incite davantage à l’amour de quelqu’un, que la certitude d’être aimé de lui. Mais quelle meilleure preuve de l’amour de Dieu pour l’homme, que cette union de Dieu à l’homme en l’union personnelle ? N’est-ce pas le propre de l’amour que d’unir le plus intimement possible ceux qui s’aiment ? Il fallait donc que Dieu se fît homme, pour que l’homme orientât son désir profond vers la Béatitude parfaite.

De plus, comme l’amitié consiste en une certaine égalité, les êtres qui sont très inégaux, ne semblent pas pouvoir prétendre à l’amitié. Et donc, pour rendre possible une amitié familière entre Dieu et l’homme, il était opportun que Dieu se fît homme ; car, alors, il est naturel à l’homme d’être ami de l’homme ; et ainsi, tandis que Dieu nous est connu visiblement, nous sommes entraînés à l’amour de l’invisible.

Saint Thomas d’Aquin. Somme contre les Gentils, lib. 4, chap. 54

Prière de Saint Jean-Paul II

Seigneur Jésus, avec les bergers
nous nous approchons de ta crèche
pour te contempler enveloppé de langes
et couché dans la mangeoire.

Ô Enfant de Bethléem,
nous t’adorons en silence avec Marie,
ta Mère toujours Vierge.
À toi, la gloire et la louange dans les siècles,
Toi le divin Sauveur du monde ! Amen.

Mansuétude

Le bienheureux Clément Hofbauer, religieux et prêtre morave né en 1751, était curé de l’église Saint-Benno, à Varsovie (Pologne). Un jour, il a vu un enfant sans abri dans la rue et l’a emmené au presbytère, l’a nettoyé, nourri et catéchisé. Petit à petit, il amène davantage d’enfants au presbytère. Lorsque le nombre d’enfants est devenu trop grand pour le presbytère, celui-ci a ouvert le refuge Enfant Jésus pour les enfants sans abri.

Pour les nourrir et les vêtir, il devait mendier constamment. Un jour, alors qu’il mendiait, il entra dans un bar et commença à demander des dons aux clients. L’un d’eux lui a craché de la bière au visage. Il essuya la bière et dit : “C’était pour moi… maintenant, qu’est-ce que vous me donnez pour mes garçons ?”

L’homme fut tellement étonné par sa réponse qu’il donna au bienheureux Clément tout l’argent qu’il avait et quelques jours plus tard, il se rendit à sa paroisse et fit une confession générale.

Cette anecdote de la vie du bienheureux Clément peut nous aider à comprendre le sens de la douceur de cœur et le bien que nous pouvons faire aux autres si nous pratiquons cette vertu. La douceur est la vertu morale qui appartient à la vertu de tempérance et nous aide à contrôler notre appétit ou pouvoir irascible, c’est-à-dire notre colère.

L’appétit irascible, qui est quelque chose de bon en soi, s’éveille précisément pour surmonter l’obstacle, c’est pourquoi il est quelque chose de bon et de nécessaire. Il ne sert à rien d’essayer de nous débarrasser de notre passion de l’irascibilité

Le problème est que, à cause du péché originel, cet appétit est désordonné et nous fait réagir mal à quelque chose de mauvais. Cela nous fait surmonter l’obstacle de manière désordonnée : par exemple, haïr la personne qui fait quelque chose contre nous au lieu de haïr l’action en aimant la personne. C’est pourquoi nous devons le contrôler, l’ordonner et l’utiliser quand cela est nécessaire, comme Jésus l’a fait lorsqu’il a purifié le Temple en expulsant les marchands et les vendeurs d’animaux, et ne pas l’utiliser quand ce n’est pas nécessaire, comme Jésus l’a fait lors de sa passion.

La douceur, comme toutes les vertus, est une force qui suppose une passion, en l’occurrence la passion de la colère ( passion irascible) et elle suppose une force supérieure à cette passion. La douceur est donc une force capable de maîtriser la colère et de l’utiliser au bon moment et de la manière appropriée. Les deux aspects sont nécessaires, car il n’est pas vertueux de l’utiliser au bon moment mais non de la bonne façon, comme aussi dans le cas contraire.

Saint Jacques dans sa lettre enseigne l’importance de cette vertu et dit que la douceur et la mansuétude sont des signes et des fruits d’une sagesse authentique. C’est exactement ce que le Bienheureux Clément a transmis avec sa réaction face à cet homme. Pour être doux, nous devons travailler cette vertu dans notre vie spirituelle. Il ne s’agit pas seulement de vouloir être doux, mais nous devons également demander cette grâce à Dieu et seconder sa grâce dans notre travail spirituel.