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Premier jour de la Neuvaine – 16 décembre.

Méditation

C’est aujourd’hui que revient et que brille parmi nous la solennité anniversaire de la naissance de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ; aujourd’hui que la Vérité s’est élevée de terre et que le jour issu du jour a paru pour être notre jour: réjouissons-nous donc et tressaillons d’allégresse. Eh! que ne devons-nous point aux abaissements de cette incomparable Majesté? La foi des chrétiens le connaît et le cœur des impies n’y comprend rien. C’est que Dieu a caché ces merveilles aux sages et aux prudents et les a dévoilées aux petits. 

Que les humbles donc s’attachent à ces abaissements d’un Dieu, et appuyée sur ce puissant secours, leur faiblesse pourra s’élever jusqu’à sa hauteur.

Célébrons donc cette naissance du Seigneur avec tout l’empressement et la solennité qui conviennent. Hommes et femmes, tressaillez de joie, car le Christ s’est fait homme en naissant d’une femme et en honorant ainsi les deux sexes. Que tous les hommes s’attachent au second homme, puisque tous ont été condamnés avec le premier. Une femme nous avait inoculé la mort; une femme a pour nous enfanté la vie. Pour purifier la chair de péché, elle a donné naissance à une chair semblable seulement à la chair de péché. Ne condamnez donc pas la chair, détruisez seulement le péché pour faire vivre la nature. Pour rendre en lui une vie nouvelle au pécheur, un homme ne vient-il pas de naître sans péché?

Réjouissez-vous, vierges saintes : une Vierge a enfanté pour vous l’Epoux auquel vous pourrez vous attacher sans contracter aucune souillure. Réjouissez-vous, justes : voici la naissance de Celui qui fait les justes. Réjouissez-vous, infirmes et malades : voici la naissance du Sauveur. Réjouissez-vous, captifs ; voici la naissance du Rédempteur. Réjouissez-vous, serviteurs : voici la naissance de votre Seigneur. Réjouissez-vous, hommes libres : voici naître Celui qui donne la liberté. Réjouissez-vous, chrétiens : voici la naissance du Christ.

Saint Augustin, Sermon 184.

PRIÈRE POUR TOUS LES JOURS DE LA NEUVAINE

Ô Enfant, Toi qui as voulu avoir pour berceau une mangeoire; ô Créateur de l’univers, Toi qui t’es dépouillé de ta gloire divine; ô notre Rédempteur, Toi qui as offert en sacrifice ton corps sans défense pour le salut de l’humanité !

Que la splendeur de ta naissance illumine la nuit du monde. Que la puissance de ton message d’amour détruise les assauts orgueilleux du malin. Puisse le don de ta vie nous faire comprendre toujours davantage le prix de la vie de chaque être humain.

Trop de sang coule encore sur la terre ! Trop de violence et de conflits troublent les relations sereines entre les nations !

Tu viens nous apporter la paix. Tu es notre paix ! Toi seul peux faire de nous « un peuple purifié » qui t’appartienne pour toujours, un peuple « ardent à faire le bien » (Tt 2,14).

Un enfant nous est né, un Fils nous est donné ! Quel mystère insondable recouvre l’humilité de cet Enfant ! Nous voudrions presque le toucher; nous voudrions l’embrasser.

Toi, Marie, qui veilles sur ton Fils tout-puissant, donne-nous tes yeux pour le contempler avec foi; donne-nous ton cœur pour l’adorer avec amour. Dans sa simplicité, l’Enfant de Bethléem nous enseigne à redécouvrir le sens véritable de notre existence; il nous apprend à « vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux«  (Tt 2,12).

Ô Sainte Nuit, tant attendue, toi qui as uni Dieu et l’homme pour toujours ! Tu rallumes en nous l’espérance. Tu nous remplis d’étonnement émerveillé. Tu nous assures le triomphe de l’amour sur la haine, de la vie sur la mort.

C’est pourquoi nous demeurons dans l’émerveillement et nous prions.

Dans le silence lumineux de ton Noël, Toi, l’Emmanuel, tu continues à nous parler. Et nous, nous sommes prêts à t’écouter. Amen !

(Prière composée par saint Jean Paul II)

“Je suis né pour toi!”

Noël: Messe de l’Aurore

L’Eglise nous invite à revivre encore une fois le mystère de Noël au travers des lectures choisies pour le jour de cette solennité.

L’évangile nous dit qu’il y avait le jour de la Naissance de Jésus, proche du lieu où est né le Christ des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. C’est précisément parce qu’ils trouvaient dans ce petit coin de Judée des bons pâturages ; l’évangile nous dit aussi qu’ils vivaient dehors, hors du village de Bethlehem. Il s’agissait de bergers nomades, qui attendaient là-bas le temps des pluies, le printemps pour se déplacer vers d’autres endroits. Ils habitaient dans des tentes ou se réfugiaient dans les grottes naturelles des collines comme nous le montre la piété chrétienne appuyée sur la tradition. Le texte en grec dit en effet « qu’ils campaient », tout en gardant les troupeaux des voleurs et des bêtes sauvages, pendant la nuit très probablement.

L’histoire nous révèle que les bergers n’étaient pas trop estimés par les autres habitants de la Terre Sainte, on les considérait eux-mêmes comme des voleurs, les pharisiens avaient interdit de leur acheter de la laine et du lait, craignant qu’ils ne fussent le fruit de leurs vols. En général, eu égard à cette renommée, peut-être gratuite, ils étaient devenus des gens méprisés.

Mais, ces bergers de l’évangile ne sont pas loin de Dieu dans leurs cœurs ; nous le savons, Dieu établit son amitié et se révèle seulement aux cœurs qui sont ouverts à l’amour et au bien. Ils faisaient partie de ces pauvres dont l’âme est simple ; Jésus bénira au moment de sa prédication les âmes semblables, parce que pour eux est réservé le mystère de Dieu : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » Lc. 10,21. Ces bergers représentent les pauvres en général, auxquels Dieu garde sa prédilection. Posons-nous cette question : notre cœur est-il vraiment pauvre, est-il vraiment humble pour contempler l’enfant Jésus dans sa crèche ?

Comme de nos jours, beaucoup d’hommes et femmes ignoraient ce qui se passait dans cette nuit de Bethlehem. Après Marie et Joseph, la nouvelle de la Naissance de Jésus est communiquée tout d’abord à ce groupe de bergers.

Alors, ces bergers ne prennent pas beaucoup de temps pour aller voir ce que l’Ange leur annonce : « Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire » dit la suite de l’évangile de cette nuit. Quels sont les chrétiens d’aujourd’hui qui se hâtent vraiment pour les choses de Dieu ?

S’il y a quelque chose qui vaut vraiment la peine de se presser à sa recherche, semble-nous dire l’évangéliste de façon tacite, ce sont les choses de Dieu.

Le signe est en définitif une reconnaissance, une description qu’ils pouvaient constater au simple regard. Mais, le signe n’est pas une vision extraordinaire, il se produit dans l’humilité. Ils découvrirent la pauvreté d’un Dieu qui veut que les hommes et les femmes de tous les temps regardent au cœur. Les bergers découvrent que ce que l’Ange leur avait annoncé était vrai. Ils rendent gloire à Dieu et retournent à leur vie pleins de joie, d’une joie spirituelle de ce qu’ils avaient vu et entendu.

Mais, dans ce mystère de Noël, on retrouve cette analogie entre Noël et l’Eucharistie dans le même texte de l’Évangile avec les paroles de l’ange aux bergers : « C’est le signe pour vous : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. Le signe de la reconnaissance de Dieu fait homme est composé de réalités absolument simples et pauvres. De la même manière, l’Eucharistie, présence vraie, réelle et substantielle de Dieu fait homme, se produit dans la pauvreté des accidents eucharistiques du pain et du vin. Ainsi, « pour les bergers, le grand « signe » n’était qu’un pauvre enfant couché dans une crèche, bien qu’en sa mémoire ils aient glorifié et loué Dieu pour ce qu’ils avaient vu. Avec le regard de la foi, nous devons percevoir le Christ lui-même, né aujourd’hui, sous les signes du pain et du vin.

Saint Augustin a interprété le sens de la crèche avec un raisonnement qui au premier abord semble presque impertinent, mais qui, lorsqu’on y regarde de plus près, contient au contraire une vérité profonde. « La mangeoire est l’endroit où les animaux trouvent leur nourriture ». Cependant, Celui que l’on voit maintenant dans la crèche s’est indiqué comme le vrai pain descendu du ciel, comme la vraie nourriture dont l’homme a besoin pour être une personne humaine. C’est la nourriture qui donne à l’homme la vraie vie, la vie éternelle. La crèche devient ainsi une référence à la table de Dieu, à laquelle l’homme est invité à recevoir le Pain de Dieu. Dans la pauvreté de la naissance de Jésus se dessine la grande réalité dans laquelle la rédemption des hommes s’accomplit d’une manière mystérieuse : l’Eucharistie. Cette image est encore plus forte lorsqu’on comprend que Bethlehem veut dire en hébreux « Maison de Pain ».

Ce que Jésus fera après dans sa Passion, s’offrir pour le salut du monde, ce qu’Il fait chaque jour lorsqu’Il s’offre dans l’Eucharistie pour nous faire devenir lui, pour nous transformer en Lui, Il le fait maintenant dans sa crèche, il s’offre.

C’est encore Saint Jean Chrysostome, qui nous exhorte à recevoir le Christ:

« Il s’offre à nous pour tout. Et alors il nous dit: « Si tu veux t’embellir, prends ma beauté. Si tu veux combattre, mes armes. Si tu veux t’habiller, mes vêtements. Si tu veux te nourrir, ma table. Si tu as besoin de marcher, prend mon chemin. Si tu veux hériter, mon héritage. Si tu veux entrer dans la patrie éternelle, je suis l’architecte de cette ville …

Et je ne te demande aucun paiement pour ce que je te donne, mais je veux moi-même être ton débiteur, du seul fait que tu veux recevoir tout ce qui est à moi. Je suis pour toi père, frère, époux ; Je suis la maison, la nourriture, les vêtements, racine, fondation, tout ce que tu veux, c’est moi; ne sois pas dans le besoin et qu’il te manque de quelque chose, je te servirai même, car je suis venu “pour servir et non pour être servi” (Mt 20, 28). Je suis ami, frère, sœur, mère; Je suis tout pour toi et je ne veux que l’intimité avec toi. Je suis pauvre pour toi, mendiant pour toi, crucifié pour toi, enseveli pour toi. Au ciel, je suis pour toi devant Dieu le Père; et sur terre je suis l’envoyé pour toi. Tu es tout pour moi, frère et cohéritier, ami et membre. Que veux-tu de plus? Pourquoi rejettes-tu celui qui t’aime et travailles-tu plutôt pour le monde, jetant tout dans l’oreille d’un sourd? » (Homélie 76 sur Evangile).

P. Luis Martinez IVE.