TEMPS PASCAL

Le Temps pascal consiste dans les cinquante jours qui s’écoulent entre le Dimanche de la Résurrection et celui de la Pentecôte. Cinquante jours après avoir mangé la Pâque, le peuple juif célébrait, au jour de la Pentecôte («Pentecôte», en grec, veut dire cinquante), la fête des semaines, qui marquait le début de la moisson du froment et à laquelle, dès le temps de Jésus, on avait associé le souvenir de la promulgation de la Loi sur le Sinaï. C’est le jour de la Pentecôte que l’Esprit Saint fut envoyé par Jésus sur ses disciples, selon la promesse qu’il leur en avait faite. Très tôt les chrétiens célébrèrent les cinquante jours qui séparent la Résurrection de la Pentecôte dans la joie et l’exultation comme un jour de fête unique, ou mieux un «grand dimanche» (saint Athanase). C’est pour marquer ce caractère de solennité que les dimanches de ce temps sont appelés «dimanches de Pâque» et qu’à la Messe du soir de la Pentecôte nous rappelons que le Seigneur «a voulu que la révélation du mystère pascal s’accomplisse avec le jour de la Pentecôte».

Outre la présence du cierge pascal, qui brille près de l’ambon à toutes les célébrations jusqu’au jour de l’Ascension, la caractéristique principale du temps pascal consiste dans le chant répété de l’Alléluia, cette acclamation en langue hébraïque qui veut dire «Louez Dieu» et qui retentit dans l’Apocalypse comme le chant de victoire des rachetés.

C’est que les cinquante jours de la célébration pascale sont une célébration anticipée du bonheur du ciel, «du temps de la joie qui viendra ensuite, du temps du repos, de la félicité, de la vie éternelle» (saint Augustin). Aujourd’hui nous chantons «l’alléluia de la route», demain ce sera «L’alléluia de la patrie». Aujourd’hui nous le chantons «non pour charmer notre repos, mais pour soulager notre fardeau», dit encore saint Augustin avant de conclure

«Chante comme a coutume de faire le voyageur. Chante, mais en marchant; oublie ta fatigue en chantant, mais prends garde à la paresse. Chante et marche».

Au quarantième jour après la Résurrection, la fête de l’Ascension du Seigneur n’apporte pas une rupture dans la célébration de la Pâque. Elle dirige les yeux avec une attention accrue vers le ciel et ouvre: les cours à l’attente de l’Esprit.

LA VEILLÉE PASCALE

Vivons la Semaine Sainte

DIMANCHE DE PÂQUES DANS LA NUIT SAINTE

La célébration annuelle de la mort et de la résurrection du Christ culmine dans la Nuit pascale, qui est la nuit sainte des chrétiens. Cette assemblée liturgique est, selon le mot de saint Augustin, la mère de toutes les saintes veillées. S’il est naturel au disciple du Christ de consacrer à la prière une partie des heures de la nuit, car le Seigneur lui a enseigné à veiller dans l’attente de l’Époux (Mt 25, 13), l’assemblée liturgique convient d’une manière éminente à la nuit pascale:

– c’est la nuit où les enfants d’Israël mangèrent l’agneau libérateur et où ils passèrent à pied sec la mer Rouge;

– c’est la nuit où le Christ brisa les liens de la mort pour remonter victorieux des enfers;

– c’est la nuit où depuis les origines, l’Église attend le retour de son Seigneur.

Cette nuit, les chrétiens rassemblés la passent d’abord à écouter la lecture de la parole de Dieu qui leur rappelle toute l’histoire du salut, de la création et de l’exode jusqu’à la résurrection de Jésus et son exaltation aux cieux. Durant les lectures, l’assemblée est éclairée par le cierge pascal: il brille auprès du lecteur, telle la nuée lumineuse qui guida le peuple juif dans son cheminement vers la terre promise, tel surtout le Christ, qui illumine le monde de sa clarté.

La nuit s’achève dans la célébration des sacrements de la Pâque: le Baptême par lequel l’homme meurt avec le Christ pour vivre avec lui de sa vie nouvelle (Rom. 6, 8), la Confirmation, qui marque le chrétien du sceau du Christ et lui donne l’Esprit Saint; l’Eucharistie où, en prenant part au repas sacré de la Nouvelle Alliance, les disciples reconnaissent le Seigneur ressuscité quand le Christ leur rompt le pain (Lc 24, 35).

La nuit pascale apporte aux chrétiens une anticipation de la joie de la Jérusalem nouvelle. Aussi retentit-elle du chant de l’alléluia.

Liturgie de la lumière 

La Veillée pascale ne peut commencer qu’après la tombée de la nuit. La célébration commence par la bénédiction du feu nouveau. Un grand feu est allumé si possible à l’extérieur de l’église, sinon à l’intérieur. Il rappelle que Dieu est feu d’amour et lumière. Le célébrant bénit le feu.

Le nouveau cierge pascal, qui symbolise le Christ ressuscité, est allumé avec une flamme provenant de ce feu. On commence la procession de la lumière qui pénètre dans l’église obscure et qui manifeste la sortie des ténèbres à la suite du Christ. A l’entrée de l’église le diacre tient le cierge élevé et chante «lumière du Christ» et l’assemblé répond «Nous rendons grâce à Dieu» et chante «Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père, saint et bienheureux Jésus-Christ». Au milieu de la nef, on renouvelle l’acclamation et la lumière est transmise aux cierges des fidèles. On est pris par ces centaines de bougies qui brillent dans la nuit. Après une troisième acclamation au  pied de l’autel, le diacre chante «l’Exultet», c’est-à-dire l’annonce solennelle de la Pâque.

Liturgie de la Parole

C’est en se remémorant les événements essentiels de l’histoire du salut que les chrétiens se préparent à revivre dans les sacrements la mort et la résurrection du Christ.

En cette Veillée sainte, l’Office propose neuf lectures, à savoir sept de l’Ancien Testament et deux du Nouveau (l’épître et l’évangile).

On ne fera jamais moins de deux ou trois lectures de l’Ancien Testament, parmi lesquelles le récit de l’Exode (3ème lecture) tient une place prépondérante, car le salut du peuple hébreu à travers la mer Rouge inaugure le salut de l’humanité en Jésus Christ :

Une autre nuit constitue l’événement fondamental de l’histoire d’Israël: il s’agit du prodigieux exode d’Egypte, dont nous lisons chaque année le récit dans la solennelle Veillée pascale.

«Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est, et il mit la mer à sec. Les eaux se fendirent, et les fils d’Israël pénétrèrent dans la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche» (Ex 14, 21-22). Le peuple de Dieu est né de ce «baptême» dans la Mer Rouge, lorsqu’il fit l’expérience de la main puissante du Seigneur, qui le tirait de l’esclavage pour le conduire à la terre désirée de la liberté, de la justice et de la paix.

La prophétie du Livre de l’Exode s’accomplit aussi aujourd’hui pour nous qui sommes des israélites selon l’Esprit, descendance d’Abraham grâce à la foi (cf. Rm 4, 16). Dans sa Pâque, comme nouveau Moïse, le Christ nous a fait passer de l’esclavage du péché à la liberté des fils de Dieu. Morts avec Jésus, avec Lui nous ressuscitons à une vie nouvelle, grâce à la puissance de son Esprit. Son Baptême est devenu le nôtre. 

Jean Paul II

Veille Pascale 2002

Toute la Liturgie de la Parole atteint son sommet dans l’annonce joyeuse de la résurrection de Jésus par l’un des évangélistes (9ème lecture). Mais auparavant saint Paul nous révèle comment, par le baptême, chaque croyant meurt et ressuscite avec le Christ : l’homme pécheur est enseveli dans les eaux; c’est une créature nouvelle qui en émerge (8ème lecture).

Liturgie Baptismale

On célèbre ensuite la liturgie baptismale, car la nuit de la Résurrection est, par excellence, la nuit de la naissance à la vie nouvelle dans le Christ. Après avoir chanté la Litanie des saints et procédé à la bénédiction de l’eau baptismale, le célébrant baptise les catéchumènes, s’il y a lieu. On fait la rénovation de la profession de foi baptismale et l’aspersion des fidèles en mémoire de leur baptême.