Méditations de préparation pour la Nativité du Seigneur

17 décembre : L’humilité de Jésus

La première des « vertus de l’anéantissement du Christ » que nous allons traiter dans nos méditations pour nous préparer à Noël, est l’humilité.

Pour comprendre l’humilité de Jésus lorsqu’il se fait homme, il faut d’abord dire que l’humilité est la vertu qui nous permet de nous connaître parfaitement, la vertu qui nous met à notre place devant Dieu. Saint Bernard dit que l’humilité est une connaissance des propres misères, faiblesses et péchés qui fait que l’homme se méprise lui-même. L’humilité, que nous devons acquérir en nous vainquant nous-mêmes et en répétant des nombreux actes contre l’amour propre et l’orgueil, nous place catégoriquement devant Dieu, notre Créateur, devant qui nous ne pouvons que nous soumettre et obéir, en reconnaissant nos propres misères. L’humilité, en cette façon, est la soumission a la Volonté de Dieu, confiante et convaincue.

C’est pourquoi Saint Ignace, en distinguant les différents degrés d’humilité qu’il faut travailler pour l’acquérir, il dit dans ses Exercices Spirituels : « Le premier degré d’humilité est nécessaire pour le salut éternel. Il consiste à m’abaisser et à m’humilier autant qu’il me sera possible et qu’il est nécessaire pour obéir en tout à la loi de Dieu, notre Seigneur: de sorte que, quand on m’offrirait le domaine de l’univers, quand on me menacerait de m’ôter la vie, je ne mette pas même en délibération la possibilité de transgresser un commandement de Dieu ou des hommes, qui m’oblige sous peine de péché mortel.

Le second degré d’humilité est plus parfait que le premier. Il consiste à me trouver dans une entière indifférence de volonté et d’affection entre les richesses et la pauvreté, les honneurs et les mépris, le désir d’une longue vie ou d’une vie courte, pourvu qu’il en revienne à Dieu une gloire égale et un égal avantage au salut de mon âme. De plus, quand il s’agirait de gagner le monde entier, ou de sauver ma propre vie, je ne balancerais pas à rejeter toute pensée de commettre à cette fin un seul péché véniel » (ES, 165-166).

Cette humilité est très bonne et difficile à pratiquer. Cela exige de nous des grands renoncements et une vision positive de Dieu, c’est-à-dire de ne pas nous concentrer sur nos misères mais de comprendre qu’Il nous aime et nous rachète ; de sorte que, bien que séparés de Lui, nous ne puissions rien faire à cause nos grandes faiblesses, au contraire, unis à Lui, nous pouvons tout faire, comme l’enseigne saint Paul : « Je peux tout en celui qui me donne la force ! » (Phil 4,13).

Il existe cependant une humilité beaucoup plus parfaite, qui est vraiment enracinée dans l’exemple du Christ. Saint Ignace la décrit ainsi : « Le troisième degré d’humilité est très parfait. Il comprend les deux premiers, et veut de plus, supposé que la louange et la gloire de la Majesté divine soient égales, que, pour imiter plus parfaitement Jésus-Christ, notre Seigneur, et me rendre de fait plus semblable à lui, je préfère, j’embrasse la pauvreté avec Jésus-Christ pauvre, plutôt que les richesses ; les opprobres avec Jésus-Christ rassasié d’opprobres, plutôt que les honneurs ; le désir d’être regardé comme un homme inutile et insensé, par amour pour Jésus-Christ, qui le premier a été regardé comme tel, plutôt que de passer pour un homme sage et prudent aux yeux du monde » (ES, 167).

Telle était l’humilité du Seigneur. Étant très pur et parfait, il avait en lui l’humilité la plus parfaite qui ait jamais existé sur terre. Comment est-ce possible ? Pour amour de l’humilité, il l’aimait tellement qu’il l’a embrassée et s’est jeté de tout son cœur dans le mépris et l’humiliation. Pour amour de l’humilité et pour amour des hommes qui, en Lui et par Lui, devaient l’aimer et l’imiter, même s’ils n’allaient jamais atteindre une telle perfection.

L’amour fou pour l’humilité, pour l’anéantissement, même pour l’humiliation et l’opprobre, s’est emparé de toute sa vie, de chacun de ses pas. Dans son Incarnation, le Verbe « s’est anéanti » ; dans sa Naissance, il s’est entouré de tout ce qui est pauvre et simple sur terre ; la plus grande partie de sa vie s’est passée cachée et dissimulée dans l’humilité silencieuse de Nazareth ; dans sa prédication, il a rencontré la calomnie, le mépris, la persécution ; dans sa passion, le comble de l’opprobre et de l’ignominie, même la mort sur une croix. Combien de choses peuvent être dites de chacune de ces paroles et de ses actions et combien resteront toujours en elles d’ineffables !

Si le Christ pouvait aimer l’humilité à ce point en étant si pur, ne serait-il pas facile pour nous, pécheurs, de l’aimer pour lui ? Nous nous plaignons souvent ainsi : « Je n’aime pas assez le Seigneur ; que ferais-je pour l’aimer davantage » ? Aimer son humilité, devenir amoureux, comme lui, de l’humiliation jusqu’à la folie. Et si vous le faites, vous aimerez le Christ et serez unis à Lui, parce que… ce qui unit au Christ, c’est le fait d’avoir les mêmes sentiments avec son Cœur Divin. Les humbles sont unis au Christ et les parfaitement humbles seront parfaitement unis. D’autre part, sans humilité, il n’y a pas d’union avec Lui, ou du moins elle est superficielle ; elle ne peut être profonde. Ne peut pas entrer en contact avec Jésus celui qui marche dans son cœur sur des chemins aussi éloignés que ceux de l’amour-propre et de l’orgueil, ou de la recherche de la reconnaissance ou des premières places.

On fait la Prière pour tous les jours.

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