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“Je meurs content, parce que je meurs sous l’étendard de notre Dieu”

Lire l’évangile du dimanche XXXIII (Lc 21, 5-19)

jugement_dernier_institut_du_verbe_incarneNous arrivons bientôt à la fin de l’année liturgique et dans ce dimanche qui précède la fête du Christ Roi la Parole de Dieu résonne avec un ton eschatologique. Les lectures nous préparent pour les derniers temps de l’histoire, elles nous font penser à la fin de l’histoire de ce monde.

Dans la première lecture, le prophète Malachie décrit un tableau avec un réalisme un peu dur pour notre imagination : Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme la fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera.

A travers ces images nous devons découvrir une grande vérité : apparemment et parfois dans cette vie le mal semblerait triompher, et cela constitue ce qu’on appelle le « scandale » des bons. Ce problème est aussi présenté par le juste Job dans le livre de l’Ancien Testament, qui après une grande réflexion, nous laisse cet enseignement : Dieu est l’infini rémunérateur de ceux qui Le servent avec fidélité, malgré les épreuves et la souffrance. Et parallèlement à l’existence du mal dans ce monde, il y a cette autre vérité aussi importante : la fin du monde arrivera et avec elle, le jugement de Dieu ; c’est ce moment où Dieu mettra chaque chose à sa place selon sa justice.

Les terribles paroles de Malachie que nous venons d’entendre ne sont pas agréables à la façon de penser moderne, mais il est tout à fait vrai que la Justice divine manifestée dans ces paroles du prophète ne contredit pas la bonté de Dieu, sa Miséricorde, Dieu ne laisse pas d’être Père.

Alors, le Seigneur nous met aussi en garde sur les temps derniers dans son discours eschatologique (mot qui vient du grec, « schatos » : dernier, « logos » : traité, discours) ; Il commence en parlant de la destruction du temple de Jérusalem jugement_dernier_institut_du_verbe_incarne(ce temple magnifique qui mesurait 13 m. de hauteur et ses portes, de 10 m.de hauteur étaient toutes revêtues d’or). Jésus annonce cela lorsque les apôtres regardaient toute la majesté de ce temple, c’était pour montrer aussi que toute chose créée dans ce monde passera, ce qui est matériel finit et passe avec le temps. Surtout le Seigneur avertit ses disciples sur les possibles tromperies des faux christs auxquelles nous sommes exposés : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux !

Nous savons, et nous le confessons dans la foi, que ce temps finira, qu’il aura un dernier jour et que le Seigneur viendra après, pour cela nous devons être préparés. Le jour nous ne le connaissons pas et pourtant les signes donnés par le Seigneur s’accomplissent aujourd’hui, mais il faut reconnaître qu’au long de l’histoire ces signes se sont aussi accomplis de façon telle que par exemple saint Augustin pensait que Jésus viendrait à son époque, et même son maître, saint Ambroise de Milan s’écriait devant ses fidèles : « Qui peut mieux attester la vérité de ces paroles divines que nous-mêmes, qui devons être les témoins de la fin du monde ? Quelles guerres avons-nous apprises, et quels bruits de combats avons-nous entendus ! » (Catena Aurea).

Par contre, nous sommes certains d’une chose, nous sommes plus proches encore que saint Augustin et saint Ambroise de la fin des temps, et cela loin de nous enorgueillir doit nous rendre plus attentifs par rapport à notre vie spirituelle.

Le Martyre

martyre_institut_du_verbe_incarneLe Seigneur parle aussi dans l’évangile de la persécution que subiront ses disciples pour confesser son Nom, « cela vous amènera à rendre témoignage », le mot en grec c’est « martyre », nous donnerons notre « martyre ». « Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu », Il les console aussitôt après l’annonce de la persécution par l’espérance des joies de la résurrection, dit saint Grégoire, le grand. « C’est par votre persévérance que vous sauverez votre âme (comme dit l’original grec, plutôt que l’expression “votre vie”) ».

Il nous est bon de parler aujourd’hui de l’acte du martyre. Ce mot et sa signification peuvent être un peu corrompus aujourd’hui. Pour une autre religion, le martyre consiste à mourir dans un combat, et même consiste à mourir en de faisant mourir aussi ceux qui n’appartiennent pas à son idéologie sociale ou religieuse (même si ces personnes sont des innocents).

Dans un sens encore large, certains appellent aussi “martyr”, celui qui donne sa vie pour une cause de ce monde, comme par exemple la patrie.

martyrs_dernier_institut_du_verbe_incarnePar contre, pour nous les chrétiens, l’unique signification du martyre c’est le fait de donner la vie pour la foi en Jésus-Christ.

Le Seigneur parle aussi dans l’évangile de la persécution que subiront ses disciples pour confesser son Nom, « cela vous amènera à rendre témoignage », le mot en grec c’est « martyre », nous donnerons notre « martyre ». « Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu », Il les console aussitôt après l’annonce de la persécution par l’espérance des joies de la résurrection, dit saint Grégoire, le grand. « C’est par votre persévérance que vous sauverez votre âme (comme dit l’original grec, plutôt que l’expression “votre vie”) ».

martyr_jose_sanchez_del_rio_institut_du_verbe_incarneAu cours du mois d’octobre, notre pape François a canonisé un jeune homme, un garçon de 13 ans, martyr de la grande persécution au Mexique, dans l’année 1928. José Sánchez del Río luttait pour que son pays reste fidèle à la foi chrétienne, et il a été emprisonné. Depuis la prison, il écrit à sa mère quelques jours avant de mourir : « je crois que je vais bientôt mourir, mais cela m’est égal. Résigne- toi à la volonté de Dieu, je meurs content, parce que je meurs du côté (sous l’étendard) de notre Dieu.

martyr_jose_sanchez_del_rio_institut_du_verbe_incarneEt le jour même de son martyre, il finissait sa dernière lettre avec ces paroles : Le Christ vit, le Christ règne et Sainte Marie de Guadalupe. Et il signait : José Sánchez del Río qui est mort en défense de la foi.

Comment vivre cet esprit de martyre dans ce temps qui est le nôtre ?

La réponse a été donnée par le grand saint de notre époque qui est Saint Jean Paul II (discours à la veillée de prière avec les jeunes, Tor Vergata, samedi 19 août 2000) :

« Aujourd’hui encore, croire en Jésus, suivre Jésus sur les pas de Pierre, de Thomas, des premiers Apôtres et témoins, exige de prendre position pour lui, et il n’est pas rare que ce soit comme un nouveau martyre : le martyre de celui qui, aujourd’hui comme hier, est appelé à aller à contre-courant pour suivre le divin Maître.

Il ne vous sera peut-être pas demandé de verser votre sang, mais de garder la fidélité au Christ, oui certainement ! Une fidélité à vivre dans les situations quotidiennes : je pense aux fiancés et à leur difficulté de vivre dans la pureté, au sein du monde actuel, en attendant de se marier. Je pense aux jeunes couples et aux épreuves auxquelles est exposé leur engagement de fidélité réciproque.

Je pense aussi à ceux qui ont entrepris un chemin de consécration particulière et aux efforts qu’ils doivent souvent affronter pour persévérer dans le don de soi à Dieu et à leurs frères.

Je pense encore à ceux qui œuvrent pour la paix et qui voient naître et se développer, dans différentes parties du monde, de nouveaux foyers de guerre; je pense à ceux qui œuvrent pour la liberté de l’homme et qui le voient encore esclave de lui-même et des autres; je pense à ceux qui luttent pour faire aimer et respecter la vie humaine et qui doivent assister aux nombreuses atteintes portées contre elle et contre le respect qu’on lui doit.

Chers jeunes, dans un tel monde, est-il difficile de croire ? En l’an 2000, est-il difficile de croire ? Oui, c’est difficile ! On ne peut pas le nier. C’est difficile, mais avec l’aide de la grâce c’est possible, comme Jésus l’expliqua à Pierre : «Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux » (Mt 16, 17). »

Que la très sainte Vierge Marie nous donne la grâce de vivre cet esprit de martyre.

P. Luis Martinez. V. E.

Monastère « Bx . Charles de Foucauld »

“Voilà ce qui sera à la fin sans fin”

Lire l’évangile du dimanche XXXII (Lc 20, 27-38)

christ_roi_institut_du_verbe_incarneNous nous approchons déjà de la fin de l’année liturgique, qui finira avec la Solennité de Christ Roi, dans deux semaines. Et durant cette année nous avons médité l’Evangile de saint Luc, on arrive ainsi à ses derniers chapitres, ce sont les derniers discours du Seigneur, avant Sa Passion et Sa mort sur la croix. Tous les dialogues et les enseignements se dirigent vers les réalités ultimes, comme nous le voyons aujourd’hui.

La question posée par les sadducéens au Seigneur, ramène finalement, comme dit l’Evangile à une question de foi : parce que le mariage appartient au monde présent, dans le monde à venir il ne serait pas nécessaire, les hommes ne mourront jamais et la procréation donc, une des finalités du mariage, n’aura plus de sens. Les ressuscités, dit saint Bède,  « seront égaux aux anges et enfants de Dieu, parce qu’étant renouvelés par la gloire de la résurrection, ils jouiront de l’éternelle vision de Dieu, sans aucune crainte de la mort, sans aucune atteinte de la corruption, sans aucune des vicissitudes de la vie présente. »

vie_eternelle_institut_du_verbe_incarneLes deux dernières vérités que nous proclamons à la fin du Credo (de la profession de foi) nous parlent de la vie après la mort, et elles nous rappellent que nous ne marchons pas vers le néant. Au contraire notre existence est marquée par une finalité précise et la foi ouvre au milieu des tristesses causées par la séparation humaine, un horizon plein de lumière qui va au-delà de cette existence terrestre et qui a son but en Jésus-Christ.

Nous le répétons tous les dimanches : je crois à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Ou bien, le credo qu’on chante en latin, le symbole de Nicée et Constantinople : J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Alors, ce que nous confessons avec notre bouche, nous devons le croire dans notre cœur : « je crois à la résurrection des morts et je crois dans la vie pour toujours ! » Malheureusement, ces belles réalités sont souvent oubliées dans ces temps-là, il y a des chrétiens qui sont plus préoccupés de parler de problèmes sociaux et politiques que de parler de la vie éternelle ; on laisse très facilement de côté ces vérités.

Pour quelle raison ? Peut-être, parce que nous ne pouvons pas encore voir « réalisées » ces vérités, elles appartiennent à notre futur, mais c’est précisément pour cela qu’elles font partie de notre foi.

vie_eternelle_institut_du_verbe_incarneNous avons écouté la première lecture, cette grande profession de foi que font ces 7 frères appelés Macchabées devant ceux qui allaient leur donner le martyre pour ne pas renier de la foi en un Dieu unique : « C’est du Ciel que je tiens ces membres, et c’est par lui que j’espère les retrouver.» Comme nous, ils croyaient que Dieu ferait un jour ressusciter leurs corps.

Nous croyons cette vérité, et la foi nous apprend qu’avec la résurrection, pour ceux qui ressuscitent pour la vie éternelle, les corps seront glorieux.

Mais qu’est-ce que cette foi et cette espérance dans la vérité de la résurrection nous donnent comme fruit dans notre vie de chrétiens ? 

Saint Thomas d’Aquin, dans son “Commentaire du Credo” explique que notre foi et notre espérance en la résurrection nous apportent quatre biens.

vie_eternelle_institut_du_verbe_incarnePremièrement, elles font disparaître la tristesse que nous causent les morts. Il est en effet impos­sible qu’un homme n’éprouve pas de la douleur à la mort d’un être cher. Mais l’espérance qu’il a de sa résurrection tempère beaucoup la dou­leur que lui cause sa mort.

Le deuxième bien qui naît de notre foi et notre espé­rance en la résurrection, c’est qu’elles font disparaître notre crainte de la mort. Parce que nous croyons à l’existence d’une autre vie meilleure, à laquelle nous parviendrons après la mort, il est évident nous ne devons pas avoir peur de la mort ou bien commettre une mauvaise action pour l’éviter.

Le troisième bien que nous recevons c’est que notre foi et notre es­pérance en la résurrection nous rendent atten­tifs et zélés à faire le bien.

Nous croyons fermement que, grâce à nos actions d’ici-bas, nous recevrons, à la résurrection, les biens éternels; aussi nous som­mes dévoués à accomplir le bien. Si nous n’avions d’espérance en Jésus-Christ que pour cette vie, disait l’Apôtre. (1 Cor. 15, 19), nous serions les plus misérables de tous les hommes.

Et quatrièmementla foi et l’espérance en la résurrection nous détournent du mal. On vient de le dire : l’espoir de la récompense nous incite à faire le bien, pareillement la crainte de la peine, que nous croyons être réservée aux méchants, nous détourne du mal.

Devant cette pensée qui proclame que le bonheur est limité pour la vie de ce monde, nous croyons que la vie vraiment heureuse est dans la vie éternelle, la vie après la mort. Le paradis, le Ciel, la vision de Dieu constituent la réponse la plus haute à notre besoin intime de joie, là-bas nous possèderons Dieu, le bien infini.

Tandis qu’ici sur la terre nous ressentons souvent ce que Saint Augustin disait à Dieu dans les premiers mots de son grand livre « Les Confessions » : Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en toi.

Au Ciel, dans le paradis nous allons nous réjouir de l’union totale avec Dieu, nous rassasier, parce que c’est Dieu seul Celui qui peut rassasier pleinement tous nos désirs, et c’est seulement au Ciel qu’il n’y aura pas d’incertitude, là sera la sécurité parfaite, nous aurons rien à craindre, rien ne pourra troubler notre joie.vie_eternelle_institut_du_verbe_incarne

Pour finir, nous pouvons nous poser une autre question : Au Ciel, nous continuerons à aimer les personnes que nous avons aimées dans ce monde, les parents, les amis, ceux qui ont été unis par le sacrement du mariage ? Alors, il faut savoir que l’amour qui nous a unis à eux ne finit pas avec la mort, comme l’amour du Seigneur n’a pas fini avec sa mort sinon que sa Résurrection lui a donné un nouveau sens. Ainsi, nous pouvons dire que le Ciel consistera aussi dans les bons souvenirs de ce monde, avec ces personnes aimées. Encore plus, nous allons nous réjouir même avec ceux qui nous ont fait souffrir dans la vie présente s’ils sont au ciel, parce que notre triomphe sera aussi celui de voir ces gens-là au Ciel avec nous. Il est tout à fait vrai que nous verrons aussi avec joie combien les souffrances et les croix ont contribué à notre salut.

vie_eternelle_institut_du_verbe_incarneSaint Augustin avait très bien décrit pour nous dans son livre la cité de Dieu ce qui sera la vie éternelle : Là nous reposerons et nous verrons ; nous verrons et nous aimerons ; nous aimerons et nous louerons. Voilà ce qui sera à la fin sans fin. Et quelle autre fin avons-nous, sinon de parvenir au royaume qui n’aura pas de fin ? (S. Augustin, civ. 22, 30).

A la Reine du Ciel, nous demandons aujourd’hui la grâce qu’elle nous guide vers le royaume de son Fils.

P. Luis Martinez. V. E.

Monastère « Bx . Charles de Foucauld »