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Jean-Paul II, grand témoin chrétien de notre temps – Ses statistiques

Sans aucun doute, la fête de Saint Jean-Paul le Grand est pour chaque membre de la famille religieuse du Verbe Incarné une occasion d’une importance particulière et un motif d’immense joie. Car elle nous ramène aux origines et nous rappelle le lien filial qui nous unit à lui.

Le Père Spirituel de notre Famille Religieuse a été désigné par beaucoup comme “Jean-Paul le Grand” [1] et a été considéré comme l’un des plus grands papes de l’histoire[2]. Aujourd’hui – jour de sa fête liturgique et du début de son pontificat – nous voulons également souligner cinq aspects par lesquels nous croyons que Saint Jean-Paul II a eu un impact dramatique sur notre époque et sur le futur:

Jean-Paul II a été le grand témoin chrétien de notre temps qui a rendu présent le Verbe Incarné comme habitant parmi nous. De plus, son témoignage même a rendu la suite du Christ irrésistible pour beaucoup d’autres.

En suivant l’instruction du Premier Pape aux premiers chrétiens: soyez toujours prêt à répondre à quiconque vous demande de donner une raison de l’espérance dans laquelle vous vivez [3], nous pouvons affirmer que Jean-Paul II a fait exactement cela. Car il a rendu fascinante l’orthodoxie chrétienne dans un monde qui pensait « avoir dépassé » les racines bibliques de la religion.

– Jean-Paul II était le Pape du Catéchisme de l’Église Catholique et de la dévotion à la Miséricorde Divine, rayonnant la Vérité et la Miséricorde dans un monde qui en avait tant besoin.

Jean-Paul II a donné un élan à la nouvelle évangélisation dans l’Église et a ainsi renouvelé en elle l’expérience de la Pentecôte, lui transmettant une nouvelle ferveur missionnaire.

Jean-Paul II a démontré au monde le pouvoir de la conviction morale et religieuse en tordant le bras de l’histoire vers une direction plus humaine, et donc ouverte à la transcendance.

En ce jour, que son exemple magnanime nous pousse à rechercher la cité future … l’union parfaite avec le Christ, c’est-à-dire la sainteté[4]. Que chaque membre de notre famille religieuse prenne les paroles du Saint Pape comme spécialement adressées à lui: «Là où il y a foi, prière, charité, apostolat, vie chrétienne, là se multiplient les dons de Dieu» [5].

Puisse sa paternelle intercession nous encourager à toujours avancer : n’ayez pas peur![6].

Bonne fête de Saint Jean-Paul II à tous!

Voici quelques statistiques du saint Jean Paul II, depuis le début de son pontificat, le 22 octobre 1978:

Le Pape a gouverné l’Eglise pendant plus de 26 ans et 5 mois, c’est le troisième pontificat le plus long des plus de 2000 ans d’histoire de l’Église catholique romaine.

On pense que la plus longue duration du pontificat correspond à Saint-Pierre, qui a présidé l’Église pendant au moins 34 ans.

Au cours de son pontificat, le pape Saint Jean-Paul II a:

– parcouru un total de 1.247.613 kilomètres, soit 3,24 fois la distance de la Terre à la Lune, lors de ses voyages à l’intérieur et à l’extérieur de l’Italie

– effectué 104 voyages en dehors de l’Italie.

– visité 129 pays et territoires différents

– effectué 146 voyages en Italie

– réalisé 301 visites dans les paroisses de Rome

– passé 822 jours, soit plus de deux ans et trois mois, hors du Vatican

– lu plus de 20 mille discours

– lu près de 100.000 pages de discours

– tenu plus de 1 160 audiences générales au Vatican auxquelles ont assisté plus de 17,64 millions de personnes.

– publié plus de 100 documents importants, dont 14 encycliques, 45 lettres apostoliques et 14 exhortations apostoliques.

– béatifié 1.338 personnes, soit plus que tous leurs prédécesseurs au cours des quatre derniers siècles réunis

– canonisé 482 personnes, plus que tous leurs prédécesseurs au cours des quatre derniers siècles réunis

– créé 231 cardinaux

– rencontré plus de 1 590 chefs d’État ou de gouvernement.

La plus grande foule rassemblée lors d’une messe papale était d’environ quatre millions de personnes à Manille en 1995.


[1] Card. Angelo Sodano, Richard John Neuhaus, etc.

[2] Hilarion de Vienne, évêque orthodoxe.

[3] 1 Pierre 3, 15.

[4] Cf. Directoire de Spiritualité IVE, 256; op. cit. Lumen Gentium, 50.

[5] Directoire de Spiritualité IVE, 292; op. cit. Saint Jean-Paul II, Message à la XXe Journée mondiale de prière pour les vocations, 3; OU du 17/04/1983, 20.

[6] Saint Jean-Paul II, Discours inaugural de son pontificat, (22/10/1978).

“Ils rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons”

Homélie pour le XXVIII Dimanche, année A (Mt 22, 1-14)

Nous venons d’entendre dans l’évangile de ce dimanche la troisième parabole prononcée par Notre Seigneur le Lundi ou Mardi Saint de sa vie. Jésus avait été confronté aux  chefs religieux suite à l’expulsion par Jésus des marchands du Temple ; comme une partie de sa réponse le Seigneur enchaîne trois paraboles, celle des deux fils (nous l’avons méditée il y a deux dimanches), celle des vignerons homicides du fils du propriétaire de la vigne (le dimanche dernier), et celle d’aujourd’hui : la paraboles des invités aux Noces du Fils d’un roi.

Nous pouvons percevoir qu’il y a comme un lien entre les trois histoires, en toutes les trois il y a un Père, il y a des fils ou des serviteurs infidèles, et surtout dans les deux dernières, il y a un Fils, un héritier unique, qui est assassiné et méprisé (comme dans la dernière parabole).   

Le roi de notre histoire envoie deux fois des messagers, pareillement au propriétaire, les messagers n’arrivent pas à convaincre les autres et seront mis à mort. Deux fois se présente aussi le Fils, soit comme le dernier envoyé pour la vigne, soit comme celui pour qui la fête est dédiée.

Mais, cette fois-ci les gens ne sont pas invités à travailler ou à donner ce qu’ils avaient gagné mais à participer de la joie du banquet des noces du Fils du Roi.

Il est évident que dans le contexte de ces trois histoires, le Seigneur veut montrer le rejet que son peuple fait de Lui comme Messie, ce peuple n’accepte pas de faire partie de ces noces consommées dans la vie éternelle. C’est d’ailleurs ainsi (comme des noces) que s’explique le don extraordinaire offert par Dieu à tous les hommes de tous les temps et de tous les peuples. Jésus caractérise trois types d’hommes qui ne veulent pas accepter cette union nuptiale de l’Eglise et de chaque âme avec Lui: premièrement, ceux qui préfèrent les occupations de leur domaine et de leur travail. Deuxièmement, ceux qui préfèrent leurs affaires. Troisièmement, ceux qui s’opposent et détestent ouvertement l’Époux et tuent donc les messagers chargés d’inviter.

Saint Thomas dit clairement: «Certains rejettent par négligence (…). Ils semblaient avoir une juste cause extérieure, mais le Seigneur n’accepte pas le prétexte, car aucune chose temporaire ne doit être un obstacle pour aller vers Dieu (…) En disant que «les autres sont allés s’occuper de leurs affaires», cela signifie l’appétit pour les richesses. Mais d’autres rejettent l’invitation par méchanceté, et endurcis par la méchanceté, persécutent les prédicateurs “.

Les pères de l’Eglise ont vu aussi cette parabole comme une continuation de celle présentée la semaine dernière, le Fils tué va ressusciter et le Père invite encore une fois tous les hommes à la fête pour son Fils, mais le mépris et la méchanceté sont toujours là.

« Repassez donc encore une fois dans votre esprit, mes frères –nous dit saint Jean Chrysostome- , quel soin Dieu a témoigné pour ce peuple. Il a planté une vigne, il l’a enfermée de murailles ; il a fait tout ce qu’il fallait. Il envoie ensuite des serviteurs pour en demander les fruits : les vignerons les tuent. Il en envoie d’autres ; ils les tuent encore. Il envoie son propre Fils : ils le tuent et le crucifient. Après cet outrage, et après une mort si injuste, Dieu les appelle encore aux noces, et ils refusent d’y venir. Il leur envoie d’autres serviteurs pour les presser davantage ; et ils les font mourir. Enfin, après qu’ils aient témoigné par tant de preuves que leur maladie était incurable et leur obstination inflexible, Dieu prononce l’arrêt de leur condamnation. » 

Saint Thomas note également que dans cette parabole il n’y a aucune mention de la mort du Christ mais seulement de ses disciples, le Fils ressuscité ne meurt plus. Il dit: « le Seigneur ne mentionne pas sa mort ici mais seulement celle des disciples car il avait déjà mentionné la sienne dans la parabole précédente. »

Il y a pourtant un détail qui pourrait nous effrayer : pour quelle raison, le roi envoie t’il ses troupes pour faire périr les meurtriers mais en même temps incendie leur ville ? Il est probable que cette histoire nous présente une prophétie sur la destruction de Jérusalem, une punition de Dieu mais une conséquence de l’obstination de son peuple, ils n’ont pas voulu reconnaître le temps de la visite de Dieu et ils ont assassiné le Messie ; c’est toujours l’évangéliste saint Matthieu qui rappellera ensuite les paroles de la foule à Pilate, « il avait dit : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » (Mt. 27,25)

Mais la parabole contient encore une deuxième partie, c’est précisément l’invitation de ceux qui n’en était pas dignes et comme un élément central, la personne qui ne porte pas l’habit des noces.   

Elle nous présente plus en détail la nouvelle vie que les nouveaux invités doivent mener dans le Royaume et les conséquences qui en découlent s’ils ne sont pas cohérents avec ce nouveau mode de vie. Saint Mathieu précise que ceux qui sont appelés « aux croisées des chemins » sont « des bons et des mauvais». «Mauvais» parmi les Gentils est compris comme ceux qui ne se conforment pas à la loi naturelle; «Bons» est compris pour ceux qui se conforment à cette loi. En effet, dit saint Jérôme: “Il y a aussi chez les Gentils une diversité infinie, car il faut savoir que certains sont plus enclins au mal, et d’autres pratiquent des vertus par leurs bonnes coutumes”

Mais aussi, «mauvais et bon» signifie ici la même chose que dans la parabole du blé et de l’ivraie, «parce que dans l’Église il ne peut y avoir de bien sans mal, ni de mal sans bien»

C’est pourquoi saint Jean Chrysostome mentionne que l’une des caractéristiques particulières de cette parabole est l’invitation à une vie parfaite. «Cette parabole du banquet des noces nous montre la nécessité de la perfection de la vie et la grande punition qui attend pour le négligent ».

Selon le grec original, ce que le roi voit lorsqu’il rentre pour « examiner », c’est «un homme non habillé (verbe endyo) avec le vêtement de mariage (endyma)» (Mt 22:11). « Quelle est ce vêtement? C’est le Christ ! », conclut spécifiquement saint Thomas. En effet, Saint Paul dit: “Revêtez (endyo) Jésus-Christ, le Seigneur” (Rom 13:14).

« Quelqu’un revêt le Christ lorsqu’il reçoit les sacrements. En effet, l’apôtre dit : « Ceux d’entre vous qui ont été baptisés dans le Christ ont revêtu (endýo) le Christ » (Ga 3,27) ». « Être revêtu du Christ » signifie aussi être revêtu de l’amour et de la charité du Christ. En d’autres termes, « revêtir le Christ signifie se conformer à lui par les œuvres. Par conséquent, avoir la robe des noces, c’est revêtir le Christ par les bonnes œuvres, par la sainte convivialité, par la vraie charité. « Vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau qui, pour se conformer à l’image de son Créateur, se renouvelle sans cesse en vue de la pleine connaissance. Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. (Col 3,10.12).

Si l’homme n’a pas revêtu le Christ, il ne peut pas entrer dans la vie éternelle : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’

Saint Thomas fait de cette expression une interprétation très profonde. Il dit: “Pleurer vient de la tristesse et le grincements de dents de la colère. Car certains pleurent leurs péchés, s’humilient et sont lavés. En l’enfer, par contre, il y aura la tristesse, mais ce n’est pas une tristesse qui se termine en humilité, mais une tristesse qui se transforme en colère “.

La parabole exprime les extrêmes dont l’homme est capable en se basant sur sa liberté et son autodétermination. D’une part, les noces mystiques avec le Christ ici sur terre puis éternellement dans le Ciel. Et de l’autre, l’incapacité absolue de penser, d’aimer, de connaître Dieu, de voir l’essence de Dieu, accompagnée de tristesse et de colère éternelles, car l’enfer est tout cela.

Saint Jean Chrysostome dit que le fait que l’homme qui était sans vêtement de mariage ne répond pas un mot à la question du roi signifie que le même homme se condamne lui-même: «Regardez comment, même si le cas est si évident, le Seigneur ne le punit pas jusqu’à ce que le pécheur prononce lui-même sa sentence. En effet, par le fait même de n’avoir rien à répondre, il s’est condamné, puis est arraché pour une torture inexplicable ». Chaque homme choisit son destin.

Que Notre Dame nous aide à revêtir le Christ.

P. Luis Martinez IVE.