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Dimanche des Missions

Avec la ferveur des saints

Notre appel à la mission s’inspire de la ferveur des plus grands prédicateurPaul-VIs et évangélisateurs dont la vie fut donnée à l’apostolat. Ils ont su dépasser bien des obstacles à l’évangélisation.

Notre époque connaît également de nombreux obstacles, parmi lesquels Nous nous contenterons de mentionner le manque de ferveur. Il est d’autant plus grave qu’il vient du dedans ; il se manifeste dans la fatigue et le désenchantement, la routine et le désintérêt, et surtout le manque de joie et d’espérance. Nous exhortons donc tous ceux qui ont à quelque titre et à quelque échelon la tâche d’évangéliser à alimenter en eux la ferveur de l’esprit.

Cette ferveur exige tout d’abord que nous sachions nous soustraire aux alibis qui peuvent nous détourner de l’évangélisation. Les plus insidieux sont certainement ceux pour lesquels l’on prétend trouver appui dans tel ou tel enseignement du Concile.

C’est ainsi qu’on entend dire trop souvent, sous diverses formes : imposer une vérité, fût-elle celle de l’Evangile, imposer une voie, fût-elle celle du salut, ne peut être qu’une violence à la liberté religieuse. Du reste, ajoute-t-on, pourquoi annoncer l’Evangile puisque tout le monde est sauvé par la droiture du cœur ? L’on sait bien d’ailleurs que le monde et l’histoire sont remplis de “ semences vu Verbe ” : n’est-ce pas une illusion de prétendre porter l’Evangile là où il est déjà dans ces semences que le Seigneur lui-même y a jetées ?

Quiconque se donne la peine d’approfondir, dans les documents conciliaires, les questions que ces alibis y puisent trop superficiellement, trouvera une toute autre vision de la réalité.

Ce serait certes une erreur d’imposer quoi que ce soit à la conscience de nos frères. Mais c’est tout autre chose de proposer à cette conscience la vérité évangélique et le salut en Jésus-Christ en pleine clarté et dans le respect absolu des options libres qu’elle fera — en évitant “ toute forme d’agissements qui ont un relent de coercition, de persuasion malhonnête ou peu loyale— : loin d’être un attentat à la liberté religieuse, c’est un hommage à cette liberté à laquelle est offert le choix d’une voie que même les non croyants estiment noble et exaltante. Est-ce donc un crime contre la liberté d’autrui que de proclamer dans la joie une Bonne Nouvelle que l’on vient d’apprendre par la miséricorde du Seigneur ? Et pourquoi seuls le mensonge et l’erreur, la dégradation et la pornographie, auraient-ils le droit d’être proposés et souvent, hélas, imposés par la propagande destructive des mass media, par la tolérance des législations, par la peur des bons et la hardiesse des méchants ?

Cette façon respectueuse de proposer le Christ et son Royaume, plus qu’un droit, est un devoir de l’évangélisateur. Et s’est aussi un droit des hommes ses frères de recevoir de lui l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Ce salut, Dieu peut l’accomplir en qui Il veut par des voies extraordinaires que lui seul connaît. Et cependant, si son Fils est venu, ce fut précisément pour nous révéler, par sa parole et par sa vie, les chemins ordinaires du salut. Et il nous a ordonné de transmettre aux autres cette révélation avec la même autorité que lui. Il se serait pas inutile que chaque chrétien et chaque évangélisateur approfondisse dans la prière cette pensée : les hommes pourront se sauver aussi par d’autres chemins, grâce à la miséricorde de Dieu, même si nous ne leur annonçons pas l’Evangile ; mais nous, pouvons-nous nous sauver si par négligence, par peur, par honte — ce que saint Paul appelait “ rougir de l’Evangile ”— ou par suite d’idées fausses nous omettons de l’annoncer ? Car ce serait alors trahir l’appel de Dieu qui, par la voix des ministres de l’Evangile, veut faire germer la semence ; et il dépendra de nous que celle-ci devienne un arbre et produise tout son fruit.

Gardons donc la ferveur de l’esprit. Gardons la douce et réconfortante joie d’évangéliser, même lorsque c’est dans les larmes qu’il faut semer. Que ce soit pour nous — comme pour Jean-Baptiste, pour Pierre et Paul, pour les autres Apôtres, pour une multitude d’admirables évangélisateurs tout au long de l’histoire de l’Eglise — un élan intérieur que personne ni rien ne saurait éteindre. Que ce soit la grande joie de nos vies données. Et que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l’Evangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçus en eux la joie du Christ, et qui acceptent de jouer leur vie pour que le Royaume soit annoncé et l’Eglise implantée au cœur du monde.

Evangelii Nuntiandi 80
Paul VI

 Le pape Paul VI sera béatifié  le dimanche 19 octobre à Rome.

Le Pape François nous parle de la vie contemplative

  • Le Concile œcuménique Vatican II rappelle le rôle de la contemplation dans le chemin de la vie : « il appartient en propre à l’Église d’être à la fois humaine et divine, visible et
    riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et adonnée à la contemplation, présente dans le monde et cependant en chemin » (Sacrosanctum Concilium, n. 2).
  • Dans un monde qui méconnaît souvent le Christ et, de fait, le refuse, vous êtes invités à vous approcher et à adhérer toujours plus profondément à Lui. C’est un appel incessant à suivre le Christ et à être configurés à Lui. Cela est d’une importance vitale dans notre monde tellement désorienté, « parce que, lorsque sa flamme s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur » (Lumen Fidei, n. 4). Le Christ est présent dans votre fraternité, dans la liturgie communautaire et dans le ministère qui vous est confié : renouvelez-lui l’obéissance de toute votre vie !
  • La prière est cette « voie royale » qui ouvre aux profondeurs du mystère de Dieu Un et Trine, mais c’est aussi le sentier obligé qui serpente au milieu du peuple de Dieu en pèlerinage dans le monde vers la Terre Promise. Une des plus belles voies pour entrer dans la prière passe à travers la Parole de Dieu. La lectio divina introduit à la conversation directe avec le Seigneur et ouvre les trésors de la sagesse. L’amitié intime avec Celui qui nous aime nous rend capables de voir avec les yeux de Dieu, de parler avec sa Parole dans le cœur, de conserver la beauté de cette expérience et de la partager avec ceux qui ont faim d’éternité.1217899 (1)
  • Le retour à la simplicité d’une vie centrée sur l’Évangile est le défi pour le renouveau de l’Église, communauté de foi qui trouve toujours des parcours nouveaux pour évangéliser le monde en perpétuelle transformation.
  • Aujourd’hui, peut-être plus que par le passé, il est facile de se laisser distraire par les préoccupations et par les problèmes de ce monde et se laisser fasciner par de fausses idoles. Notre monde est éclaté de bien des façons ; le contemplatif en revanche revient à l’unité et constitue un fort rappel à l’unité. À présent plus que jamais, c’est le moment de redécouvrir le sentier intérieur de l’amour à travers la prière et d’offrir aux personnes d’aujourd’hui dans le témoignage de la contemplation, ainsi que dans la prédication et dans la mission non pas d’inutiles raccourcis, mais cette sagesse qui naît du fait de méditer « jour et nuit dans la Loi du Seigneur », une Parole qui conduit toujours auprès de la croix glorieuse du Christ.
  • Unie à la contemplation, l’austérité de vie n’est pas un aspect secondaire de votre vie et de votre témoignage. C’est une tentation très forte pour vous aussi de tomber dans la mondanité spirituelle. L’esprit du monde est l’ennemi de la vie de prière : ne l’oubliez jamais ! Je vous exhorte à une vie plus austère et pénitente, selon votre tradition la plus authentique, une vie loin de toute mondanité, loin des critères du monde.
  • Aujourd’hui, la mission présente parfois des défis ardus, parce que le message évangélique n’est pas toujours accueilli et parfois il est même rejeté avec violence. Nous ne devons jamais oublier que, même si nous sommes jetés dans des eaux troubles et inconnues, Celui qui nous appelle à la mission nous donne aussi le courage et la force de la mettre en œuvre.

Message du Pape François au Prieur général de l’Ordre des Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, à l’occasion du Chapitre Général. Du Vatican, le 22 août 2013. Source: www.vatican.va