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MESSE DU SOIR EN MÉMOIRE DE LA CÈNE DU SEIGNEUR

Vivons la Semaine Sainte!

Le Seigneur Jésus Christ est entré dans sa passion en prenant part avec les siens au repas pascal, dans lequel le peuple juif célébrait sa libération de l’oppresseur et son alliance avec Dieu. Mais le Christ a voulu faire de ce repas celui de l’alliance nouvelle conclue dans son sang. C’est pourquoi Il a institué, sous les signes du pain rompu et de la coupe partagée, changés en son corps et en son sang, le mémorial du sacrifice qu’il offrirait le lendemain sur la croix.

Dans chaque Messe nous renouvelons le repas du Seigneur en mémoire de Lui, dans le souvenir de sa passion, l’attente de son retour et la joie de sa présence. Mais, le Jeudi saint, l’évocation atteint au maximum d’intensité. C’est une Messe du soir, qui rassemble le peuple après une journée de travail; une Messe concélébrée par tous les prêtres de la paroisse, afin de manifester l’unité du sacerdoce. Après l’homélie, celui qui préside refait le geste qu’accomplit le Seigneur, en lavant les pieds de douze fidèles. Dans ce cadre, à cette heure, l’agenouillement du prêtre devant son frère dit mieux qu’un long discours que le sacerdoce est un service.

La Messe achevée, chacun peut se pénétrer, dans l’adoration silencieuse du Saint-Sacrement, des ultimes confidences que le Seigneur fit aux siens avant d’entrer dans le jardin de Gethsémani, et surtout de son commandement suprême: «Aimez -vous les uns les autres, comme je vous ai aimés».

Liturgie de la Parole

La première lecture nous fait le récit de la manducation de l’agneau par les Juifs au seuil de la nuit de leur libération. C’est là l’événement que commémorait le repas pascal pris par Jésus avec ses disciples. Mais le Seigneur devait lui donner une signification nouvelle, ainsi que le montre saint Paul dans le plus ancien récit qui nous soit parvenu de l’institution de l’Eucharistie (2ème lecture). Saint Jean évoque ensuite, dans l’évangile, la grande leçon d’humilité et de service que Jésus a voulu lier à son mémorial.

LA VEILLÉE D’ADORATION DU JEUDI SAINT

Procession au reposoir 

A la fin de la célébration, le Saint-Sacrement est retiré de l’église jusqu’a la veillée pascale. L’eucharistie est transportée solennellement en un lieu que l’on nomme “reposoir” et qui traditionnellement est décoré de palmes, de fleurs et de luminaires, mais actuellement souvent plus dépouillé. L’Eucharistie est conservée pour la communion du Vendredi saint. Pendant la procession vers le reposoir les fidèles habituellement chantent le Pange Lingua:

Chante, ô ma langue, le mystère
De ce corps très glorieux
Et de ce sang si précieux
Que le Roi de nations
Issu d’une noble lignée
Versa pour le prix de ce monde Fils d’une mère toujours vierge

Né pour nous, à nous donné,
Et dans ce monde ayant vécu,
Verbe en semence semé,
Il conclut son temps d’ici-bas
Par une action incomparable :

La nuit de la dernière Cène,
A table avec ses amis,
Ayant pleinement observé
La Pâque selon la loi,
De ses propres mains il s’offrit
En nourriture aux douze Apôtres.

Le Verbe fait chair, par son verbe,
Fait de sa chair le vrai pain;
Le sang du Christ devient boisson;
Nos sens étant limités,
C’est la foi seule qui suffit
pour affermir les coeurs sincères.

Il est si grand, ce sacrement !
Adorons-le, prosternés.
Que s’effacent les anciens rites
Devant le culte nouveau !
Que la foi vienne suppléer
Aux faiblesses de nos sens !

Au Père et au Fils qu’il engendre
Louange et joie débordante,
Salut, honneur, toute-puissance
Et toujours bénédiction !
A l’Esprit qui des deux procède
soit rendue même louange. Amen.

Dépouillement de l’église 

On procède au dépouillement des autels, nappes et ornements et on voile les croix et les statues de l’église. On éteint les cierges. Ce dépouillement évoque la situation de Jésus, qui dans sa passion et sa mort est dépouillé de tout.

Silence des cloches

Depuis le Gloria de la Messe du Jeudi saint, pendant le quel on fait sonner les cloches, jusqu’au Gloria de la Messe de la Vigile pascale, c’est le silence des cloches qui évoque la mort de Jésus. Le silence des cloches a une grande portée symbolique. Elles carillonneront joyeusement pour annoncer la résurrection.

Veillée d’adoration devant le reposoir 

On est invité à  se recueillir et à adorer le Saint Sacrement qui est exposé au reposoir en méditant en silence l’agonie de Jésus dans la solitude du jardin des oliviers à Gethsémani. On répond à son appel “Veillez et priez“. Ce temps d’adoration permet de veiller avec le Christ Jésus dans la nuit du Jeudi saint. Il y a aussi une tradition qui invite à lire à haute voix le dernier entretien de Jésus avec ses disciples (Jean 13,31 – 17,26). On veille à ce qu’il y ait toujours un nombre convenable d’adorateurs en présence, du moins jusqu’à minuit.

MESSE CHRISMALE

Vivons la Semaine Sainte

JEUDI DE LA SEMAINE SAINTE *

Dans la matinée du Jeudi, saint l’Évêque concélèbre avec un certain nombre de prêtres venant des divers points du diocèse une Messe au cours de laquelle il consacre le saint chrême, dont on usera pour baptiser et confirmer durant la Nuit pascale. Avec le chrême l’Évêque bénit aussi l’huile pour l’onction des malades et, si cela est nécessaire, l’huile des catéchumènes. Là où l’on juge difficile de réunir les prêtres, les diacres et le peuple autour de l’Évêque le matin du Jeudi saint, on peut anticiper la Messe chrismale à un autre jour qui soit proche de Pâques .

Le chrême, fait d’huile mêlée de substances odoriférantes, est par excellence l’huile qui consacre à Dieu. Répandu sur le sommet de la tête de celui qui vient d’être baptisé dans l’eau, il signifie que le chrétien est désormais «pour toujours membre de Jésus Christ, prêtre, prophète et roi». Dans la Confirmation, le baptisé reçoit avec l’onction chrismale sur le front «la marque de l’Esprit Saint, qui lui est donné». En dehors de ces deux usages fondamentaux, on use encore du chrême dans la consécration de l’évêque (onction de la tête) et dans l’ordination du prêtre (onction des mains), ainsi que dans la dédicace des églises et des autels.

Chaque fois que l’on fait l’onction chrismale, c’est en référence au Seigneur Jésus, dont le nom même de Christ signifie en grec «consacré par l’onction». Jésus n’a pas reçu l’onction rituelle qui, sous l’Ancienne Alliance, consacrait le grand prêtre, ainsi que les rois et parfois les prophètes. Sa consécration tient à son être même de Dieu fait homme. En prenant chair dans le sein de Marie, le Verbe de Dieu a conféré à l’humanité de Jésus l’onction divine qui faisait de lui le Prêtre, le Prophète et le Roi de la Nouvelle Alliance et qui conférait la même consécration à tous les membres de son Corps, à tout le peuple de Dieu.

C’est la raison pour laquelle le pape Paul VI a voulu faire de la Messe chrismale du Jeudi saint une fête du sacerdoce: sacerdoce du Christ, qui offrit son sacrifice sur l’autel de la croix et en institua le mémorial à la dernière Cène; sacerdoce des ministres qu’il a appelés à continuer son oeuvre, les évêques et les prêtres, auxquels il a donné la mission d’annoncer l’Évangile, de conduire son peuple et de célébrer les sacrements, avec le pouvoir exclusif de célébrer son sacrifice et de remettre les péchés en son nom; sacerdoce du peuple chrétien chargé, lui aussi, de faire connaître Jésus Christ, d’être «dans le monde un ferment de sainteté» et d’ «instaurer le Royaume de Dieu en accomplissant ses tâches temporelles» (Prières pour les laïcs au Missel).

Liturgie de la Parole

Dans l’évangile Jésus se présente comme le Consacré, le Christ, en s’appropriant la prophétie messianique: «L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction». La première lecture replace la citation de Jésus dans son contexte, mais elle fait allusion aussi au sacerdoce du peuple de Dieu : «Et vous, vous serez appelés les prêtres du Seigneur». L’Apocalypse souligne ensuite que c’est par son sacrifice que le Christ a fait de nous «le royaume et les prêtres de son Père» (2ème lecture).

(*)Elle peut être anticipée à un autre jour proche de Pâques.