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“Il expulsa beaucoup de démons” – Comment vaincre le diable?

Site de Capharnaüm en Galilée. L’église octogonale est appelée la Maison de saint Pierre.

Lire l’évangile du cinquième dimanche du temps ordinaire (Mc. 1,29-39)

Nous poursuivons ce dimanche avec les premiers moments du ministère public de Notre Seigneur, nous y lisons que Notre Seigneur n’a pas de repos, « le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. » Mais, malgré toute cette activité, Jésus se réserve du temps pour le dialogue intime avec son Père du Ciel : « bien avant l’aube Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait ».

Nous pouvons voir aussi la disponibilité du Seigneur, car Il est conscient évidement de sa Mission dans ce monde, l’annonce de l’Evangile et l’appel à la conversion, mission qui sera scellée avec sa Mort et sa Résurrection.

Ainsi, tout au long de la vie de Notre Seigneur, nous constatons le pouvoir qu’Il exerce sur le mal dans ce monde, guérissant les malades, ressuscitant aussi les morts. Il exerce au même temps ce pouvoir lorsqu’Il pardonne les péchés et, comme le montrent l’Evangile de ce dimanche et celui de la semaine dernière, lorsqu’Il expulse les démons.

Les évangiles nous décrivent comment à plusieurs reprises le Seigneur fait des exorcismes. Mais dans tous les cas, on observe que le Seigneur exerce un grand pouvoir sur eux, ils Lui obéissent. Il les empêche de parler, comme lorsque dans l’évangile de la semaine dernière le démon même dit par le possédé : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? »

Saint Marc nous écrit que le Seigneur empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était ; dans d’autres passages le même évangéliste note que Jésus fait taire le diable au moment où il déclare que Jésus est Fils de Dieu. On peut se demander : pourquoi le Christ fait-il taire le diable si ce dernier confessait cette grande vérité ? Et la réponse nous est donnée par un père de l’Eglise : « le Seigneur ne permettait point aux démons de parler, pour nous apprendre à ne pas les croire, même lorsqu’ils disent la vérité. Car lorsqu’ils rencontrèrent des esprits disposés à les croire, ils mêlent toujours le mensonge à la vérité ».

Alors, la lecture attentive des évangiles nous conduit à une réflexion : la présence maléfique des démons est forte au moment où le Christ vient dans ce monde ; le diable régnait dans le monde, mais le Seigneur est venu pour lui arracher le pouvoir de ce monde par sa présence, avec sa parole et par le sacrifice de la Croix. Pour cela, la seule présence de Jésus fait fuir le démon, pensons à l’importance pour une ville ou village d’avoir un tabernacle (présence eucharistique de Jésus) ; et dans nos vies, de lire la Parole de Dieu , d’avoir un crucifix et de faire le signe de la croix.

Si bien le Christ a vaincu la puissance du démon et nous a assuré que nous, étant ses disciples, pouvons vaincre les œuvres du mauvais avec la force de la grâce divine, Dieu a pourtant permis que le démon continue à exercer certaines actions dans ce monde, actions qui sont toujours limitées et permises par Dieu, le diable ne peut rien faire sans que Dieu le lui permette.

C’est l’enseignement du Catéchisme de l’Eglise : « La puissance de Satan n’est pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature : il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu. Quoique Satan fasse dans le monde par haine contre Dieu et son Royaume en Jésus-Christ, et quels que soient les graves dommages que cause son action – de nature spirituelle et indirectement même de nature physique – pour chaque homme et pour la société, cette action est permise par la divine Providence qui avec force et douceur dirige l’histoire de l’homme et du monde. La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère, mais ” nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment ” (Rm 8, 28). (CEC, 395).

Comme on l’a dit dans la première lecture : la vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre( il se prépare toujours pour le combat). Alors, Dieu consent au diable de nous éprouve, mais jamais au-delà de nos forces. Le Seigneur obtient de cela un bien, parce qu’avec sa grâce, une fois la preuve surmontée, notre cœur surgit purifié et notre foi devient plus solide et forte. Mais nous devons être sûr que le démon n’a jamais pouvoir sur notre vie, il ne peut pas nous causer la mort ; car cela appartient seulement à Dieu.

Les démons agissent généralement et surtout à travers le mensonge et la tentation, le Seigneur l’appellera le « père du mensonge » (Jn 8, 44), le diable peut tromper, conduire vers l’erreur, créer des illusions. Le fameux Baudelaire, poète français, écrivit que « l’astuce la plus parfaite du diable c’est de nous convaincre qu’il n’existe pas. »

Il possède un grand pouvoir de séduction pour conduire au péché, comme nous le montre la Genèse, avec Adam et Eve. Il vient pour tenter le Christ directement lors des tentations, mais aussi indirectement à travers Pierre, ce qui fait dire au Seigneur, « va-t’en Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu » (cfr. Mt 16,23).

Nous connaissons peut être ce fameux dicton: le diable est une bête enchainée, il ne peut faire vraiment du mal qu’à celui qui s’approche de lui (sauf quelques exemples de saints et saintes, qui ont subi dans leur vie des grandes attaques du démon, mais parce qu’ils étaient de véritable saints devant Dieu). Celui qui s’approche du diable ou du mal, se dispose à être puni dans son imprudence, « a force de jouer avec le feu, on finit par se brûler ».

Voici donc quelques conseils pour éviter de nous faire faire du mal :

  • Ne pas rechercher les choses sensationnelles, ne pas rechercher ni se prêter à croire n’importe quel évènement étrange comme venu du diable. Eviter en tout la suggestion malsaine.
  • Etre attentifs et savoir discerner ce que transmettent les médias comme phénomènes extraordinaire, parfois avec l’unique finalité de ramasser de l’argent.
  • Ne jamais recourir à séances de magies, visionnaires, guérisseurs, marabouts, même s’ils se présentent comme « bons » ou venus de la part de Dieu. Au contraire, seule l’Eglise en a le pouvoir, tout d’abord avec les moyens qu’elle donne à tous, comme les sacrements, l’Eucharistie et la confession : la vie de la grâce est le meilleur moyen de lutter et nous préserver des œuvres du mal. Dans les cas exceptionnels, où vraiment nous aurions besoin du rite d’exorcisme, c’est donc l’autorité de l’Eglise qui confie la mission, et non à n’importe quel ministre, mais seulement aux ministres choisis et envoyés pour cette mission.
  • Toujours nous rappeler que la superstition, la magie et évidement le satanisme sont contraires à la dignité de l’être humain et à la foi en Dieu et en Notre Seigneur.

Alors, comment vaincre toujours le diable dans nos vies ?

  • Tout d’abord, avec une vie de foi, confiante en tout en Dieu et sa Providence, en obéissant à sa sainte Volonté et pour cela accomplir les commandements. En tout imiter Notre Seigneur Jésus-Christ, voilà la protection la plus effective contre le diable.
  • Etre vigilants (1 Pe 5, 8) : Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer.
  • Lutter contre les tentations et fuir du péché.
  • Discerner le bien du mal, pour choisir ce qui est bien et meilleur pour notre âme.
  • Et avoir une vie de prière, comme nous le disons chaque fois dans le Notre Père : délivre-nous du mal. La lecture de la bible, la dévotion à la très Sainte Vierge Marie, la prière du chapelet, les autres dévotions, les jeunes et les sacrifices.

Quelqu’un disait : il ne suffit pas de savoir que les démons existent, il faut aussi savoir comment ne pas tomber dans leurs pièges.

Saint Paul donnait ce réconfort aux romains : « Sans délai, le Dieu de la paix écrasera Satan sous vos pieds. » Rom. 16,20.

En tout nous avons l’exemple de Notre Seigneur (Hébreux 2,18): « Il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve ». Que la Vierge Marie nous protège dans ce monde et nous conduise au Ciel.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

« Il enseignait en homme qui a autorité »

L’autorité du Christ

L’Evangile que nous avons lu (Mc 1, 21-28) comme les évangiles que chaque dimanche nous lirons cette année est celui de Marc.

Avant de parler du passage évangélique de ce dimanche, nous allons dire quelque mots en général de cet évangile et ensuite deux petites remarques sur le texte d’aujourd’hui.

L’évangile selon Saint Marc a été écrit par Jean Marc, collaborateur de Saint Paul et secrétaire et traducteur de Saint Pierre, et pour cela on trouve les traces des expressions de l’apôtre et aussi des récits, enfin si l’on veut, des homélies de Saint Pierre. On trouve des petits détails, comme si la personne qui écrit avait été présente, certains détails peuvent seulement être racontés par un témoin oculaire, justement Saint Pierre.

Cet évangile est très court et il n’a que 16 chapitres. On peut le lire en deux heures.

Il est divisé en deux parties : La première partie Saint Marc cherche à nous faire découvrir que Jésus Christ est le Fils de Dieu. Pour cela on trouve souvent ces types d’expressions :

  • « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »
  • « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » (Mc 4, 41)

Jusqu’à la profession de foi de Saint Pierre « Tu es le Christ, (le fils de Dieu) » Mc 8, 29. Une fois que nous avons compris ou bien que nous l’avons cru, Saint Marc nous fait découvrir que Jésus Christ est Sauveur, par la croix, par la souffrance et par la résurrection.

Maintenant nous allons nous reporter à l’évangile d’aujourd’hui :

La première remarque que nous allons faire est le thème central de ce texte qui est l’autorité.

Les gens « était frappés par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. » Il prenait la place du législateur.

Ce n’est pas seulement qu’il enseignait d’une façon magnifique, d’une manière divine… ce n’est pas non plus qu’il vivait ce qu’il enseignait, mais là il s’agissait de son autorité. Les scribes disaient : Moïse a dit cela… les prophètes ont dit tel autre chose… Mais Jésus disait : « Moi je vous dis… moi je vous dis que tout homme qui… moi je vous dis aimes vous ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ». Il disait cela en prenant justement la place de législateur divin, la place qui est à lui, la place qui lui appartient en tant que Fils de Dieu.

La deuxième remarque toujours en relation à l’autorité :

C’est la manière avec laquelle Jésus expulse le démon. « Tais-toi ! Sors de cet homme. »

Ici on ouvre une petite parenthèse pour nous demander : Pour quoi Jésus lui dit « Tais-toi » Si le démon disait la vérité, il dirait « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »

Saint Jean Chrysostome nous explique : « l’Eternelle Vérité [Jésus] ne voulait pas des témoignages des esprits impurs.[1] Souvent nous proclamons la vérité, mais nos lèvres sont impures, Dieu veut que nous soyons des témoins de la vérité, tout en cherchant la sainteté ».

Fermons les parenthèses et revenons à notre sujet, l’autorité de Jésus qui expulse le démon en disant «Sors de cet homme » il donne carrément un ordre, parce qu’il est Dieu, le Fils de Dieu.

Les prophètes et les saints eux ont fait des miracles, mais toujours en étant instrument de Dieu.

Le livre de l’Exode nous raconte qu’après la sortie de l’Egypte, Moïse étant en face de la mer rouge «  Le Seigneur [lui] dit: « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route ! Toi, lève ton bâton, étends le bras sur la mer, fends-la en deux, et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec. » (Ex 14, 15 s.) On voit clairement comment Moïse est instrument de Dieu, mais c’est Dieu qui fait le miracle par Moïse. La cause première de Dieu.

Les actes des apôtres nous disent que Saint Pierre étant en face d’un paralysé , il lui  déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » (Actes 3, 06) Pierre fait la guérison tout en étant l’instrument de Dieu.

Mais ce n’est pas le cas de Jésus, Il dit : « Tais-toi et sors de cet homme »

Saint Jérôme fait un petit commentaire : Ici, que dit-il lui-même ? « Sors de cet homme », sans autre précision. C’est en son nom propre qu’il donne l’ordre à l’esprit impur. Il ne cite personne d’autre : Il donne lui-même les ordres ; Il ne parle pas au nom d’un autre, mais de sa propre autorité.[2]

« Tais-toi et sors de cet homme » Il dit cela, parce qu’Il parle avec son autorité, parce qu’Il est Dieu, Il est le Fils de Dieu.

Pour cela la foule ne comprend pas et se demande : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Est-ce que nous comprenons ?

Pour notre vie spirituelle, nous pouvons nous demander :

  • Est-ce que nous comprenons ?
  • Est-ce que nous croyons que Jésus est le Fils de Dieu ?
  • Est-ce que nous écoutons sa parole, la Parole de Dieu ?
  • Est-ce que nous sommes dociles à son Autorité ?

Nous allons demander à la très Sainte Vierge Marie la grâce de nous laisser guider par Jésus Christ, le Fils de Dieu. Il sait le chemin pour aller au ciel, Il est le chemin. Il nous montre le bon Chemin, Il est la Vérité. Il va nous conduire à la Vie Eternelle, Il est la Vie.

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

[1] Chaine d’Or. Saint Thomas d’Aquin.

[2] Saint Jérôme (347-420). Commentaire sur l’évangile de Marc, 2 ; PLS 2, 125s (trad. DDB 1986, p. 49)