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N’ayez pas peur! – La sorcellerie

Homélie pour le Dimanche XII du Temps Ordinaire, année A (Mt 10, 26-33).

Le Pape émérite Benoît XVI disait il y a quelques années commentant l’évangile de ce dimanche : « La Parole de Dieu est claire : qui “craint” Dieu “n’a pas peur”. La crainte de Dieu, que les Écritures définissent comme “le principe de la vraie sagesse”, coïncide avec la foi en Lui, avec le respect sacré de son autorité sur la vie et sur le monde.

Qui craint Dieu est tranquille même au cœur de la tempête, car Dieu, comme Jésus nous l’a révélé, est un Père plein de miséricorde et de bonté. Qui l’aime n’a pas peur : “Il n’y a pas de crainte dans l’amour – écrit l’apôtre Jean -, au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n’est point parvenu à la perfection de l’amour” (1 Jn 4, 18). Le croyant ne s’effraye donc devant rien, car il sait qu’il est dans les mains de Dieu, il sait que le mal et l’irrationnel n’ont pas le dernier mot, mais que le seul Seigneur du monde et de la vie, c’est le Christ, le Verbe de Dieu incarné, qui nous a aimés jusqu’à se sacrifier lui-même, en mourant sur la croix pour notre salut.

Plus nous grandissons dans cette intimité avec Dieu, imprégnée d’amour, plus nous surmontons toute forme de peur avec facilité. Dans le passage de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus exhorte à plusieurs reprises à ne pas avoir peur » (Angélus, 22 juin 2008). 

En poursuivant cette belle pensée du pape Benoît, nous allons parler d’un phénomène ancien et actuel qui constitue une grande difficulté par rapport à la foi chrétienne.

Nous parlons de la pratique de la magie ou sorcellerie, qui est évidement condamnée par l’Eglise ; mais qui suscite chez beaucoup de chrétiens, un sentiment de peur. Peur qui constitue un risque précisément dans la vie de la foi. Peur parce que certains ont participé dans la vie passée à la pratique de la sorcellerie, ou bien ont accepté, payé et collaboré dans des pratiques de sorcellerie. Ou bien, il y a le cas de gens qui vivent comme obsédés par cette pensée, dans la peur mais sans savoir comment s’en libérer.

D’abord, nous devons dire que la sorcellerie, la magie et la divination existent, et que leur pratique comme leur participation constituent un péché.     

Le premier Commandement condamne la sorcellerie, la magie et toutes sortes de divination : “Je suis le Seigneur ton Dieu … tu n’auras pas de dieux étrangers devant moi” (Ex 20: 2-3). Le Nouveau Testament condamne également la sorcellerie comme une réalité perverse parmi d’autres aussi graves : « inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu » (Galates 5,19-21 ; voir aussi Galates 13,6 et Apocalypse 21,8; 22,15).

La sorcellerie est un acte mauvais car elle fait appel aux mauvais esprits. Cela implique un pacte ou du moins une recherche de l’intervention de ces esprits. Pour devenir un ou une sorcière, il est nécessaire de faire des pactes sataniques, ce qui implique parfois un don de l’âme, donnant l’âme au démon et en acceptant d’aller en enfer ; certains peuvent aussi recevoir ces pouvoirs à travers le don d’une autre personne, en consacrant un enfant au démon ou même en pratiquant le sacrifice humain.

La sorcellerie implique la croyance en une réalité invisible à laquelle est lié celui qui la pratique. Les Saintes Écritures et les Pères de l’Eglise enseignent que c’est une entité diabolique (Deut. 18,12), c’est au démon qu’ils sont liés à travers un pacte (explicite ou implicite). Celui qui a un pouvoir et qui se déclare comme sorcier est en relation avec les démons, même s’il se présente comme une personne qui veut faire du bien.

« L’aide surnaturelle » offerte par la sorcellerie est recherchée pour différentes raisons. Voilà les principales : faire du mal à quelqu’un qu’on haït ; attirer la passion amoureuse de quelqu’un (conquérir un homme ou une femme) ; invoquer les morts; provoquer des calamités ou l’impuissance des ennemis, rivaux ou oppresseurs  réels ou imaginaires; résoudre un problème devenu une sorte d’obsession pour lequel on ne se soucie pas d’employer même les moyens qui vont contre la loi de Dieu et le salut de l’âme (comme c’est le cas d’obtenir un diplôme, un travail, une maison).

La sorcellerie, la divination et la magie sont toujours liées au Satanisme.

Que cela soit dans le cas de la sorcellerie ou de la magie, se retrouvent en générale ces éléments :

1-L’exécution de rituels ou de gestes symboliques.

2- L’utilisation de substances et d’objets matériels (amulettes, plantes, petites images) ayant une signification symbolique.

3- La formulation d’un maléfice.

4- Une condition prescrite de celui qui accomplit le rite (c’est fait par quelqu’un qui a un pouvoir démoniaque).

Le pouvoir de la sorcellerie est-il réel ?

Il peut être réel, mais dans de nombreux cas, cela peut aussi être une suggestion de l’esprit, c’est-à-dire un pur mensonge (quelqu’un qui fait croire que cela a été fait). Dans les deux cas agit le diable, car il est menteur et père du mensonge (Jn. 8,44)

La Bible, l’enseignement des Pères de l’Église et la tradition ne laissent aucun doute sur le fait que les êtres humains ont la liberté de conclure un pacte avec le diable qui a une influence sur la terre et dans les activités humaines. D’autre part, certains Pères comme Saint Jérôme pensaient que dans de nombreux cas la sorcellerie était une suggestion de l’esprit.

La Bible condamne la sorcellerie et la magie, non pas comme fausses ou frauduleuses, mais en raison d’une abomination : « Une sorcière, tu ne la laisseras pas vivre » (Exode 22:18; voir aussi Deutéronome 18: 11-12).

Le diable existe et il rentre en relation avec ceux qui le recherchent. En récompense à ceux qui l’adorent, le diable accorde des pouvoirs surnaturels pour obtenir le pouvoir, la renommée, l’argent, l’influence, c’est-à-dire tout ce que la chair désire. Grâce à la sorcellerie, on peut réussir dans le monde professionnel, que ce soit en tant qu’artiste, professionnel, militaire, politique, etc. Les pouvoirs du mal peuvent aveugler les esprits et les fanatiser facilement. La sorcellerie, la magie et la divination ne sont pas une simple superstition. Le démon entraîne inéluctablement dans son royaume ceux qui s’y livrent et ses flatteurs. S’il n’y a pas de repentance et de conversion, la fin sera l’enfer.

Que faire contre la sorcellerie ? Car le Seigneur nous dit de ne pas avoir peur !

Beaucoup de gens ont peur en apprenant que quelqu’un fait un travail de « sorcellerie » contre eux. C’est ce que les gens qui pratiquent cela veulent vraiment parce que par peur ils peuvent nous dominer.

Souvenons-nous que le diable ne peut rien contre ceux qui sont fidèles à Dieu. Notre Père céleste est Tout-puissant et nous aime (c’est cela l’enseignement essentiel de ce dimanche). Le diable ne le peut qu’avec ceux qui ne font pas confiance à Dieu et qui par manque de foi sont spirituellement faibles ou morts. Ils sont comme des poussins qui se sont éloignés de la protection de la poule et sont exposés aux oiseaux rapaces. Pour cela, Jésus nous dit : combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! Matthieu 23,37.

Celui qui est menacé par ce mal, il faut qu’il se tourne vers le Seigneur pour se protéger et qu’il n’ait pas peur. Nous devons remettre toute notre confiance en Dieu et pratiquer notre foi, non par peur de la sorcellerie mais par conviction : s’approcher des sacrements, insister dans la prière personnelle et demander à nos frères de prier pour nous. La grâce du Seigneur ne manquera jamais à quiconque la recherchera.

On ne doit jamais aller voir un autre sorcier pour « nous défendre ». Ce serait tomber dans le piège du diable en faisant ce qu’il veut : que nous nous méfions de Dieu pour avoir recours à lui.

Souvent, les gens se tournent vers la sorcellerie dans les moments de désespoir, quand ils croient que c’est le dernier recours qui leur reste. Dans ces moments vulnérables, quelqu’un propose la sorcellerie (la magie et la divination) comme une solution facile.

En tant que catholiques, nous ne devons jamais avoir recours à des moyens spirituels en dehors de Dieu.

Comme le Seigneur dit dans l’évangile de ce dimanche, nous ne devons pas avoir peur de ceux qui peuvent faire du mal à notre corps mais qui ne peuvent rien contre notre âme. Combien de gens viennent à l’Eglise cherchant une protection contre le démon et ses actions, lorsqu’ils vivent loin de Dieu soumis dans le péché pour chercher une protection contre le démon lorsqu’ils ont librement accepté de suivre ses tentations et suggestions, et la pire des choses est que parfois ces gens ne veulent pas revenir à la vie de la grâce et de l’amitié avec Dieu pour pouvoir continuer à pécher, à vivre en dehors de la loi de Dieu.

Craignons plutôt celui qui a le pouvoir de juger notre âme et notre corps, qui a le pouvoir de nous juger et de donner une sentence juste selon nos actions.

Que Notre Dame nous donne cette grâce.

P. Luis Martinez IVE.

Notre vie en dimension trinitaire

Solennité de la Sainte Trinité

Maintenant que le temps de Pâques est passé, l’Église nous propose de célébrer le mystère central de notre foi, qui est le mystère de la Sainte Trinité.

Ce mystère exprime que Dieu, étant UN dans la nature (un seul Dieu), est trinitaire en termes de personnes : Père, Fils et Saint-Esprit.

Et le Catéchisme enseigne que c’est le mystère central de notre foi, parce que tout ce que nous croyons et tout ce que nous vivons en tant que chrétiens tourne autour de ce mystère et est soutenu par cette vérité.

Un théologien moderne, Karl Rahner, a dit que le mystère de la Trinité est le mystère le plus éloigné pour nous tous, qu’il est le mystère le plus lointain de notre vie concrète, de sorte que nous pourrions être et vivre également en tant que chrétiens si Dieu était unique en sa personne, ou s’Il est trinitaire, comme Il l’est.

Ce théologien disait cela en théologien progressiste, qui en réalité n’a pas compris le mystère de la Trinité tel que l’Église le comprend et tel que nous devons le comprendre.

Rahner comprenait la Trinité d’une manière « modaliste », c’est-à-dire comme si Dieu se montrait parfois comme Père, parfois comme Fils, parfois comme Esprit Saint ; mais en étant toujours une seule personne. Comme s’il s’agissait des « modes » d’une seule personne divine. Tout comme si l’un de nous se comportait dans son travail d’une certaine manière, s’habillait et parlait d’une certaine manière, d’une autre manière se comportait, s’habillait et parlait dans sa maison ; et qui d’une troisième manière le faisait avec ses amis. Cette personne se comporte de différentes manières, selon différents « modes », mais c’est toujours la même personne.

Mais la Trinité n’est pas telle que Rahner et les progressistes la comprennent. Dieu est vraiment une Trinité. Il y a vraiment trois personnes qui vivent dans cette perfection totale qu’est la divinité. Ce sont trois personnes vraiment distinctes, qui possèdent toutes les trois en plénitude et en perfection la même Divinité. Elles sont trois qui se distinguent, et un seul vrai Dieu. C’est là le mystère.

Ce n’est que lorsque nous le comprenons de cette manière que nous comprenons également l’importance du mystère du Dieu trinitaire pour notre vie spirituelle quotidienne et à quel point il est proche de nous.

Tout d’abord, parce qu’il nous permet d’établir une triple relation avec ce Dieu qui vit en nous lorsque nous sommes dans la grâce. C’est pourquoi nous ne parlons pas tant de la présence divine en nous, que de l’inhabitation trinitaire. Cela signifie la présence dans l’âme de chacun d’entre nous des Trois Personnes Divines, dont chacune se rapporte à nous selon toute sa plénitude divine et aussi selon sa distinction personnelle, c’est-à-dire le Père comme notre Père et notre Seigneur, le Fils comme notre Modèle, notre Vérité, notre Rédempteur, et le Saint-Esprit comme notre Souffle d’amour, notre Charité, et notre Sanctificateur. Ainsi, les Trois Personnes Divines sont chacune l’objet de notre connaissance et de notre amour dans leur propre personnalité, et avec chacune d’Elles nous pouvons établir une intimité amicale, qui nous permet d’être remplis de leurs dons et nous engage à leur rendre notre service.

D’autre part, cette trinité de personnes nous montre la vie intime qui existe en Dieu, à travers les relations d’amour et de connaissance mutuelles qui existent entre ces Trois Personnes. Et c’est pour nous une impulsion à vivre non seulement cette charité que nous disons devoir avoir envers Dieu, mais aussi la charité sur cette terre et envers nos frères. Car notre but surnaturel est de vivre en plénitude avec Dieu cette vie intime au ciel, et pour cela il est nécessaire que nous apprenions à reproduire entre nous ces relations d’amitié et de connaissance mutuelle qui existent en Dieu lui-même. Pour ce faire, nous devons commencer par reconnaître que toute la vie trinitaire est en nous, et qu’elle est la richesse maximale de la grâce.

Dans toute communion, nous pouvons entrer en contact non seulement avec Jésus Christ, qui est Dieu le Fils, mais aussi avec le Père et le Saint-Esprit, car là où se trouve Une Personne, il y a toujours les Deux Autres. Nous pouvons donc faire de chaque communion « une expérience trinitaire », qui nous permet non seulement de rencontrer chacune des personnes divines, mais aussi de nous pousser par elles à aimer et servir nos frères, de sorte que le royaume de la charité qui est vécu dans les cieux, se fasse aussi sur terre, dans l’attente du jour définitif de la puissante manifestation du Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit.

Nous demandons à la Bienheureuse Vierge Marie la grâce de vivre notre vie chrétienne en ayant conscience de sa dimension trinitaire. Et nous le demandons à celle qui est Fille de Dieu le Père, Mère de Dieu le Fils et Épouse de Dieu le Saint-Esprit.

P. Juan Manuel Rossi IVE.