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Il n’y a qu’un seul Chemin, une seule Vérité, une Vie et c’est le Christ!

V Dimanche de Pâques

Nous voilà déjà dans le cinquième dimanche du temps de Pâques et après le dimanche du Bon Pasteur, l’Eglise commence à préparer nos cœurs pour les deux mystères que nous allons célébrer à la fin de ce temps pascal : l’Ascension du Seigneur au Ciel et la Venue de l’Esprit Saint.

Pour cette raison, la liturgie nous présente une petite partie, quelques versets, du Sermon de la dernière Cène. Le Seigneur est réuni avec ses apôtres, Il va créer à ce moment-là, le Sacrement de l’Eucharistie et le Sacerdoce Catholique. Il partage aussi avec ses disciples ce qu’Il a dans son Cœur ; en les préparant immédiatement pour le difficile moment de la croix et de sa Mort, en même temps Jésus révèle un peu de ce que Dieu a préparé pour ceux qu’Il aime.

Ce long discours du Seigneur, se verra interrompu parfois par les questions posées par les apôtres. Bien que le Seigneur utilise des images accessibles pour eux et que les apôtres pouvaient saisir ; les réalités décrites les dépassent toujours, et ils demandent à en être éclairés. Le Seigneur va leur annoncer aussi que le moment viendra, où les apôtres recevront une lumière spéciale, le jour de la Pentecôte, ce qui fera qu’ils se souviendront et comprendront beaucoup mieux ses paroles pour transmettre ce trésor à l’Eglise tout entière. Nous suivrons pour ce sermon, les commentaires de saint Thomas d’Aquin sur l’Evangile de saint Jean.

Il faut savoir que les disciples pouvaient être profondément troublés par les paroles du Seigneur prononcées plus haut (avant) car Il avait prédit la trahison de Judas, le reniement de Pierre, et son propre départ. Vraiment tout portait au trouble et à la douleur et pour cette raison le Seigneur, voulant guérir leur détresse, leur dit : « que votre cœur ne se trouble pas ».

« Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi », comme si le Seigneur disait : « Si en effet vous croyez en Dieu, vous devez par conséquent croire en moi, puisque moi je suis Dieu ». Et cette conséquence est valable, soit que le terme (le mot) DIEU soit pris essentiellement, puisque le Fils lui-même est Dieu, soit qu’il désigne la personne du Père. Car nul ne peut croire en le Père s’il ne croit pas en le Fils, selon ce qu’Il avait dit : « Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé » (Jn. 5,23). Et dans ce qu’il dit : CROYEZ AUSSI EN MOI, Jésus atteste qu’il est vraiment Dieu.

« Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures » Ces paroles veulent encore rassurer le cœur des disciples. Dans un sens figuré, et selon certains pères de l’Eglise, le Seigneur veut signifier avec cela, que le Ciel n’est pas limité à l’espace, qu’au contraire, il est infini et qu’il peut tout contenir. Mais la Maison du Père, le Ciel, contient Dieu, elle est Dieu Même.

Le Ciel est appelé maison du Père non seulement celle qu’il habite, mais c’est aussi lui-même parce que lui-même est en lui-même. Et dans cette maison il nous rassemble. Or, que Dieu soit lui-même une maison, on le voit dans la deuxième Épître aux Corinthiens (5,1) : « Nous avons une maison venant de Dieu, qui n’est pas faite de main d’hommes »    

« Je vais vous préparer une place » ; c’est-à-dire – que le Seigneur par son départ nous a préparé un lieu de cinq manières.

Premièrement en donnant le lieu de la foi qu’il lui fallait. En effet, puisque la foi porte sur des choses qu’on ne voit pas, elle n’existait pas chez les disciples à l’égard du Christ quand ils le voyaient en personne. Donc, Jésus s’éloigna d’eux pour que celui dont ils jouissaient de la présence corporelle et qu’ils voyaient par les yeux du corps, ils l’eussent par une présence spirituelle, et le distinguent par l’œil de l’esprit : et c’est cela : « voir par la foi ». En second lieu, en leur montrant le chemin pour aller vers ce lieu, « Il monte en ouvrant le chemin devant eux ». En troisième lieu, en priant pour eux « il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur » (Hébreux 7, 25). En quatrième lieu, en les attirant en haut « Entraîne-moi à ta suite » (Cantique des cantique 1,3), « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut »(Col 3,1). En cinquième lieu, en leur envoyant l’Esprit-Saint « L’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jn 7, 39).

A ce moment, lorsque le Seigneur parle du chemin, Il est interrompu par l’apôtre Thomas, sa question fait donner à Jésus une des plus belles phrases de l’Evangile, en trois mots Il résume non seulement sa mission et sa nature divine encore une fois, mais Il révèle pleinement ce qu’Il est pour nous tous.

« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

 Si donc tu cherches par où passer, accueille le Christ, parce qu’il est lui-même le Chemin. Et Saint Augustin dit : « Avance par l’homme, et tu parviendras à Dieu. » II vaut mieux en effet boiter sur le chemin qu’avancer fermement en dehors du chemin. Car celui qui boite sur le chemin, même s’il avance peu, s’approche du terme ; quant à celui qui marche en dehors du chemin, plus il court fermement, plus il s’éloigne du terme. Mais si tu cherches où aller, adhère au Christ, parce que lui-même est la Vérité à laquelle nous désirons parvenir. Si tu cherches où demeurer, adhère au Christ parce que lui-même est la Vie : « Celui qui me trouvera, trouvera la vie » Pr 8, 35.

Adhère donc au Christ si tu veux être en sûreté : en effet tu ne pourras pas dévier, parce qu’il est lui-même le Chemin. Aussi ceux qui adhèrent à lui ne marchent pas où il n’y a pas de route, mais par un chemin droit.

Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?

Mais on peut objecter : pourquoi le Seigneur a-t-il blâmé Philippe qui, voyant le Fils, demandait à voir le Père, alors que n’est pas répréhensible celui qui, voyant une représentation, voudrait voir la réalité représentée ?

À cela Saint Chrysostome répond en disant que Philippe, entendant parler de la vision du Père et de sa connaissance, voulait voir le Père lui-même avec ses yeux de chair, de la même manière qu’il pensait aussi avoir vu le Fils lui-même ; et c’est pourquoi le Seigneur a désapprouvé cela en lui montrant que ce n’est pas le Fils lui-même dans sa nature qu’il a vu avec son œil de chair. Saint Augustin, quant à lui, dit que le Seigneur n’a pas désapprouvé la demande mais l’esprit de celui qui demandait. Car Philippe dit : MONTRE-NOUS LE PÈRE, ET CELA NOUS SUFFIT, comme pour dire : « Nous, nous te connaissons, mais cela ne nous suffit pas. » Et ainsi croyait-il que la satisfaction parfaite n’était pas dans la connaissance du Fils mais dans la connaissance du Père. Et par là il semblait juger que le Fils était moindre que le Père. Et c’est cela que le Seigneur lui a reproché, en disant : QUI ME VOIT, VOIT AUSSI LE PÈRE, montrant par là qu’il y a dans la connaissance du Fils la même satisfaction que dans la connaissance du Père.

Comme conclusion, nous devons toujours raffermir notre foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, Verbe fait chair. Hors de Lui, il n’y a pas un autre chemin pour aller au Ciel, il n’y a pas plusieurs chemins, Il est le seul.

Il n’y a pas non plus, plusieurs vérités, « ma vérité, ta vérité, sa vérité », il n’y en a qu’une seule, c’est le Christ et en Lui nous trouvons toutes les véritables réponses.

Il n’y a qu’une seule Vie, le Christ. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ» Jn. 17, 3.

Selon les paroles de saint Augustin : « le Seigneur dit : ‘MOI JE SUIS LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE’ comme s’il disait : Par où veux-tu aller ? MOI JE SUIS LE CHEMIN. Où veux-tu aller ? MOI JE SUIS LA VÉRITÉ. Où veux-tu demeurer ? MOI JE SUIS LA VIE ». En effet, comme le dit Hilaire, il ne conduit pas par des voies trompeuses, lui qui est le Chemin, il ne trompe pas par des mensonges, lui qui est la Vérité, il ne laisse pas dans l’erreur de la mort, lui qui est la Vie.

Que Marie nous guide par le bon Chemin à la Vérité tout entière, à la Vie Éternelle.

P. Luis Martinez IVE.

Jésus, l’unique Bon Pasteur

IV Dimanche de Pâques, année A (Jn. 10, 1-10)

En ce quatrième dimanche de Pâques, l’Église nous propose de fixer notre regard sur une image que Jésus utilise pour parler de lui-même : l’image du bon Pasteur. L’Evangile que nous avons entendu nous indique de quelle manière Jésus est notre Pasteur, et quelle doit être notre attitude devant Lui.

Nous avons entendu ces paroles de Jésus que Saint Jean rapporte au chapitre 10 de son Évangile. La guérison de l’aveugle de naissance a eu lieu juste avant ce discours du Christ. Les deux textes sont unis par un thème central : Jésus est la lumière du monde et seuls ceux qui le reconnaissent comme tel peuvent lui appartenir. Maintenant, Jésus affirme qu’il est le seul bon Pasteur, et que ses brebis sont celles qui entendent sa voix et la reconnaissent.

Jésus lui-même a dit qu’il n’est pas venu dans le monde en tant que juge (cf. Jn 3, 17 ; 5, 24 ; 8, 15), mais que tout jugement lui a été donné, parce qu’Il est le Fils de l’homme (Jn 5, 26). Le jugement se fonde sur la séparation entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. Les pharisiens, aveuglés dans leur autosuffisance basée sur le fait qu’ils « savent », refusent d’accepter Jésus comme lumière du monde. C’est ainsi qu’ils se jugent eux-mêmes.

Il y a deux façons d’entrer dans l’enclos des brebis : pour paître ou pour nuire au troupeau. L’application est évidente : Jésus est celui qui prend soin du troupeau, le nourrit, le soigne, le cherche. C’est ce qu’Il a fait avec l’aveugle. Les juifs, pour leur part, ont agi avec arrogance à son égard, ils l’ont expulsé de la synagogue. Les brebis qui appartiennent au troupeau du Pasteur sont celles qui connaissent la voix du Pasteur et le suivent ; le critère de la vraie foi en Jésus, envoyé par Dieu, c’est d’écouter sa voix. Les juifs qui se confrontent avec le Seigneur n’ont pas reconnu ce qu’Il leur disait ; ils n’appartenaient pas à son troupeau dans la mesure où ils ne reconnaissaient pas sa voix et ne le suivaient pas : ils sont donc aveugles, voleurs et étrangers.

Le site par lequel une personne entre dans l’enclos des brebis est un critère pour connaître l’authenticité de son intention. Celui qui entre par la porte est le Pasteur. Et Jésus dit : « Je suis la porte des brebis ». L’expression implique l’ « unicité » : seul Jésus est la porte de l’enclos des brebis ; ce n’est que par Lui que l’on peut accéder légitimement au troupeau ; et ce n’est que par Lui que le troupeau peut passer pour trouver de bons pâturages. Ceux qui sont venus avant Jésus sont décrits comme « des voleurs et des bandits ». Ce sont les Juifs qui reconnaissent que Dieu a parlé par Moïse, mais qui ne savent pas d’où vient Jésus (Jn 9, 29) ; ce sont les chefs religieux d’Israël qui conservent le droit traditionnel d’être appelés bergers du peuple (cf. Mt 23, 1). Mais la prétention des Pharisiens à être des leaders du peuple sans aucune relation avec Jésus est fausse : ce sont des voleurs et des brigands, car ils mesurent leur espérance messianique selon des critères humains. Les brebis n’écoutent pas leur voix, comme dans le cas de l’aveugle, qui n’a pas accepté leurs directions, mais s’est détourné d’elles et a suivi Jésus. Ceux qui se présentent comme des leaders sont en fait des voleurs et des bandits en raison de leur attachement rigide à leurs propres attentes messianiques.

Comme la porte des brebis, Jésus est le médiateur qui pourvoit à tous les besoins vitaux du troupeau. C’est Jésus qui fait que le troupeau ait de bons pâturages (cf. Ez 34, 14), et donc qu’il ait la vie et qu’il l’ait en abondance. Le troupeau a besoin de deux choses : de protection et de nourriture, et les deux « par la porte » ; il la traverse pour être sauvé, et il sort pour trouver des pâturages. Jésus donne au troupeau une vie abondante.

Il y aura également une controverse lorsqu’Il proclamera : « Je suis le bon Pasteur » (Jn 10, 11). Cette figure est liée à la tradition du pasteur messianique. Le statut de Jésus comme « seul Pasteur » contraste avec ceux qui ne sont pas de bons pasteurs : Il est le seul qui donne sa vie pour les brebis. Jésus est le Messie et exercera sa mission en donnant librement sa vie pour son troupeau. En bref, c’est le critère ultime : la reconnaissance de Jésus sur la croix comme le Pasteur qui nous donne la vie par sa vie.

Le Bon Pasteur est le Christ : le berger des brebis, le Pasteur par excellence, notre Seigneur Jésus (Heb 13, 20) ; vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes (1 Pt 2, 25) ; quand se manifestera le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas (1 Pt 5, 4). Par conséquent, est un bon pasteur celui qui est conforme à l’Unique Pasteur.

Nous devons demander au Père de nous envoyer des pasteurs selon son cœur, des pasteurs qui donnent leur vie pour les brebis. Et nous devons aussi demander la grâce de connaître le vrai Bon Pasteur, d’entendre sa voix et de l’aimer.

Nous demandons ces grâces par la Mère du bon Pasteur et notre Mère, la très Sainte Vierge Marie.

P. Juan Manuel Rossi IVE.