Le Christ, viendra-t-Il finalement?

Que Jésus-Christ viendra est une vérité de notre foi. Nous le disons dans le Credo : « Il viendra juger les vivants et les morts ». Ce sera la deuxième venue (ou la troisième selon la façon dont nous comptons) : il est venu dans l’Incarnation ; Il vient à chaque âme par la grâce et la croix (les Saintes Écritures appellent cela « visite ») et viendra à la fin des temps. C’est l’un des dogmes les plus importants et qui est malheureusement largement nié aujourd’hui. Cette vérité se révèle jusqu’à l’épuisement : les anges le disent aux Apôtres lors de l’Ascension du Christ : Celui qui a été enlevé d’auprès de vous, ce même Jésus, viendra comme vous l’avez vu monter au ciel (Actes 1,11); Saint Paul parle aux Thessaloniciens de la nécessité… d’attendre ainsi le Fils (le Fils du Père), Jésus qui doit venir du ciel (1Th 1, 10) ; et parle également de la venue de notre Seigneur Jésus-Christ, avec tous ses saints (3, 13). Et Jésus, au moment le plus solennel de son procès devant le Sanhédrin, le dit aux Grands Prêtres avec des paroles très graves : Et je vous déclare que désormais vous verrez le fils de l’homme assis à la droite de la Puissance et venant du ciel sur les nuées (Mt 26,64 ; Mc 14,62 ; Luc 22,69). Ce dogme est fondamental pour notre foi ; et aussi important que celui de sa Première Venue, c’est-à-dire l’Incarnation. Saint Polycarpe de Smyrne écrivait ces terribles paroles aux Philippiens : « Celui qui ne reconnaît pas que Jésus-Christ est venu dans la chair est un antéchrist ; et quiconque rejette le témoignage de la croix vient du diable ; et quiconque dénature les paroles du Seigneur pour satisfaire ses mauvais désirs, et nie la résurrection et le jugement, celui-là est le premier-né de Satan » (Saint Polycarpe, Ad Phil., 7,1  304).

Ce dogme signifie que le monde ne continuera pas à se développer indéfiniment et ne finira pas par hasard, mais par une intervention directe de son Créateur. Aujourd’hui, beaucoup l’ont oublié, comme les vierges folles de l’Évangile qui, parce que l’Époux tardait, pensaient « qu’il ne reviendra pas » et s’endormirent. Il est venu quand même et elles ont été exclues de la fête. En oubliant cette vérité, on cesse de comprendre l’histoire (qui perd pour lui son sens), on peut finir par perdre la foi (en prétendant que Jésus ne revient pas) et devenir païen.

Jésus-Christ a donné des signes de l’arrivée de ce jugement, bien qu’Il ne nous ait rien dit sur le jour précis ; et il l’a délibérément caché : même les anges du ciel ne le savent pas. Pourquoi? Pour que nous soyons prêts à tout moment. Nous pouvons résumer ces signes en trois groupes :

(a) Avant la Parousie : Toutes les nations doivent être évangélisées ; il y aura une apostasie universelle (la charité de beaucoup se refroidira) ; et avec cela la venue de l’Antéchrist (cf. 2Thes 2,3) ; Satan sera libéré pour un temps pour séduire les nations (cf. Apocalypse 20 :7) ; ici aura lieu la conversion des Juifs (cf. Rm 11, 25) ; Il y aura une grande tribulation comme jamais auparavant (cf. Mt 24,21)

(b) Pendant la Parousie (cf. Mt 24 et 25) : il y aura des signes sur la terre et dans le ciel : ténèbres, tremblements de terre, etc. ; l’étendard de Jésus-Christ apparaîtra dans les cieux ; toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine ; on verra venir le Fils de l’homme : Jésus-Christ ; les anges rassembleront les élus ; Jésus séparera les élus des réprouvés, c’est-à-dire le jugement dernier.

(c) Après la Parousie : ces cieux et cette terre passeront avec fracas (cf. 2 Pierre 3,10.12) ; un nouveau ciel et une nouvelle terre apparaîtront (cf. 2Pi 3 ; Ap 21,1) ; Il rassemblera son peuple pour le grand banquet final (cf. Lc 22, 30).

Et ces signes se sont-ils accomplies? Selon la façon dont on les considère, certains disent que presque tous ont déjà été réalisés ; d’autres disent que certains manquent. Et donc? Cela veut donc dire qu’il faut toujours être préparé… Comme si cela allait arriver aujourd’hui. C’est pourquoi l’Apocalypse appelle Jésus non pas « Celui qui vient », mais spécifiquement « Le Venant » ; Il est à venir; le voyage a déjà commencé. Il se compare, en effet, à un voleur qui arrive à l’heure la moins attendue…

Face à cela, notre attitude doit être celle de l’espoir, du désir de son arrivée et de la préparation. Car la Parousie est un mystère à deux faces : terrible et extrêmement joyeuse. Terrible pour ceux qui ne sont pas préparés, les injustes, les pécheurs, les ouvriers d’iniquité ; très joyeux pour ceux qui appartiennent au Christ. La Didaché, le plus ancien écrit chrétien qui n’appartient pas aux livres canoniques de la Bible, le dit succinctement : « Que la grâce vienne et que ce monde passe… Que celui qui est saint s’approche. Celui qui ne l’est pas, qu’il fasse pénitence. Maranhata. Amen » (Didaché, 10,6). Et de façon plus belle encore, saint Jean dit dans l’Apocalypse : “L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! Et celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Et celui qui a soif, qu’il s’approche, et celui qui veut, qu’il reçoive gratuitement l’eau de la vie… Celui qui témoigne de tout cela dit : « Oui, je viens bientôt ». Amen! Viens, Seigneur Jésus !” (Apocalypse 22).

P. Miguel A. Fuentes, IVE

www.teologoresponde.org

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