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Je ne me lasserai jamais de parler de Jésus-Christ

Un demi-million d’Allemands a quitté l’Église catholique en 2022. La raison en est simple : ils n’ont trouvé personne pour leur prêcher Jésus-Christ. Le vrai Jésus, celui des Évangiles, celui pour lequel les martyrs se sont laissés tuer, les vierges ont embrassé la chasteté parfaite, les moines se sont enfuis dans les déserts, les missionnaires ont passé leur vie dans les jungles et les steppes, les époux ont tenu leurs promesses de fidélité jusqu’à la mort, les malades ont patiemment offert leur douleur et les anciens ont fermé les yeux dans l’espoir de les rouvrir pour voir Dieu face à face, comme un ami regarde son ami. Si on ne nous parle pas de Jésus, à quoi bon être catholique ? Pourquoi professer une foi qui a perdu sa substance et ne nous distingue pas du monde ? Pourquoi croire en Quelqu’un qui est mort sur une croix si nous allons continuer à être identiques à ce que nous étions avant qu’il ne se vide de son sang dans de cruels tourments ? Si notre Jésus n’est pas ce Jésus de Pierre et de Paul, ce Jésus de Jean, ce Jésus de Thomas et de Matthieu…, la porte par laquelle ce demi-million est passé si rapidement restera ouverte et saignera encore plus. Ce n’est pas une prophétie, c’est du bon sens.

“Je ne me lasserai jamais de parler de Jésus-Christ ; il est la lumière, la vérité, en effet, le chemin, la vérité et la vie ; il est le pain et la source d’eau vive, qui apaise notre faim et notre soif ; il est notre berger, notre guide, notre exemple, notre consolation, notre frère. Comme nous et plus que nous, il était petit, pauvre, humilié, soumis au labeur, opprimé, patient. C’est pour nous qu’il a parlé, fait des miracles, institué le nouveau royaume dans lequel les pauvres sont bénis, dans lequel la paix est le principe de la coexistence, dans lequel les cœurs purs et ceux qui pleurent sont exaltés et consolés, dans lequel ceux qui ont faim de justice sont satisfaits, dans lequel les pécheurs peuvent être pardonnés, dans lequel tous sont frères et sœurs. C’est Jésus-Christ, dont vous avez déjà entendu parler, et auquel beaucoup d’entre vous appartiennent déjà en tant que chrétiens. À vous donc, chrétiens, je répète son nom, je l’annonce à tous : Le Christ Jésus est le commencement et la fin, l’alpha et l’oméga, le roi du monde nouveau, l’arcane et la raison suprême de l’histoire humaine et de notre destin ; il est le médiateur, comme un pont, entre la terre et le ciel ; il est le Fils de l’homme par excellence, parce qu’il est le Fils de Dieu, éternel, infini, et le Fils de Marie, bénie entre toutes les femmes, sa mère selon la chair ; notre mère par la communion avec l’Esprit du corps mystique. Jésus-Christ ! Souvenez-vous de lui : il est l’objet permanent de notre prédication ; notre désir est que son nom retentisse jusqu’aux extrémités de la terre et pour les siècles des siècles” (Paul VI, Homélie prononcée à Manille le 29 novembre 1970).

P. Miguel Angel Fuentes, IVE

Pourquoi dois-je croire en Toi, Jésus?

Homélie pour le XIV dimanche du temps ordinaire (Mc 6, 1-6)

« Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux » Nous avons écouté cet avertissement de Dieu au prophète Ezéchiel dans la première lecture. Ce dernier est image et prophétie vivante de notre Seigneur, spécialement dans ce passage de l’évangile que nous venons d’entendre.

Le Seigneur enseigne dans la synagogue de Nazareth, ses paroles produisent l’étonnement de ses auditeurs, qui connaissent d’ailleurs quelques miracles que Jésus avait déjà accomplis. Ils sont profondément choqués, dit l’évangile. « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles », les gens de Nazareth voyaient Jésus avec les yeux de la chair, Il était toujours le charpentier, le fils d’une famille de ce petit village. En définitif, le problème qu’ils avaient c’était comme dira le Seigneur un problème de foi, et de foi dans le mystère de l’Incarnation ; Jésus de Nazareth était et Il est le Fils de Dieu.

Certaines traductions de l’évangile de ce dimanche disent « que les gens de la synagogue étaient scandalisés » au lieu de dire « profondément choqués » comme le fait notre traduction. Ce scandale est appelé « scandale pharisaïque » c’est-à-dire, le scandale (une réaction mauvaise, comme un choc) qui se reçoit ou bien qui semble se recevoir sans une véritable cause, regardant comme répréhensible (condamnable) ce qui ne l’est pas.

Ils étaient scandalisés de l’enseignement de Jésus, ils résistaient à croire en Lui, le voyant toujours comme le voisin de Nazareth. Cette attitude fermait le cœur des auditeurs, comme aujourd’hui aussi beaucoup ne veulent pas écouter son enseignement, parce que finalement ils n’ont pas une foi éclairée en Jésus-Christ

Voilà le grand point de réflexion de ce dimanche, il est orienté vers l’enseignement de notre Seigneur ; et nous ferons pour cela un peu d’ « apologétique » (c’est-à-dire, une défense au travers d’arguments cohérents des dogmes de notre foi en Jésus-Christ, l’Eglise, etc.).

Nous allons nous demander si l’enseignement de notre Seigneur est acceptable, si son témoignage est véritable, si Sa vie correspond à ce qu’Il enseigne. Cela est évident pour nous qui avons la foi et croyons en Jésus, mais nous savons qu’une grande partie de l’humanité ne croit pas en Lui, et qu’une autre partie Le combat et combat son Eglise. Nous devons avoir des éléments nécessaires pour défendre notre foi, comme dit l’apôtre saint Pierre (1 P 3,15) « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ».

Au long de l’histoire certains ont blasphémé contre Jésus ; de son temps les chefs religieux Le qualifiaient d’imposteur, quelqu’un qui se prenait pour Dieu. Au XIXème siècle sont apparus dans le monde des biographes de Notre Seigneur qui méprisaient son image, Le considérant comme un fou aveuglé par l’orgueil, un fanatique religieux (Bultmann, R. Otto).

Pour répondre à ces conceptions perverses et éviter d’y succomber , nous devons savoir qu’à travers une lecture attentive des évangiles, qui sont pour nous tout d’abord la Parole de Dieu, mais aussi les livres qui nous racontent les moments les plus importants de la vie de notre Seigneur, nous pouvons démontrer que la Personne de Jésus est un véritable miracle de sagesse et sainteté, la personnalité la plus parfaite qui ait jamais existé auparavant ni n’existera après, un homme unique.

Nous allons procéder en deux pas, un premier pas qu’on dira négatif puis un pas positif. En chacun de ces deux pas il y aura deux aspects, un aspect intellectuel et un aspect moral.

Premier grand pas, le pas négatif.

Jésus ne s’est jamais trompé sur Lui-même (aspect intellectuel). Jésus était conscient qu’Il était Roi, Prophète et plus grand qu’Abraham. Alors, si ces expressions avaient été le résultat des divagations d’un fou, ni ses amis n’auraient adhéré à ses prédications avec tant de ferveur, ni le peuple ne l’aurait suivi avec autant d’ardeur (les foules accouraient vers Lui), ni certains docteurs de la loi (Nicodème, Joseph d’Arimathie) n’auraient accepté ses enseignements, ni ses ennemis ne se seraient disputés avec lui tant de fois.

Loin d’être un hystérique, nous voyons en Jésus une personne prudente, avec une grande maîtrise de soi et forte en ses décisions, qui savait bien distinguer les domaines religieux et politique. En plus de jouir d’une parfaite santé corporelle et équilibrée qui lui a permis de mener une vie si dure comme celle décrite par les évangiles.

Jésus n’a pas voulu nous tromper (aspect moral), car ce serait un geste de grande méchanceté de quelqu’un que de prendre le titre de prophète et même de Dieu, un blasphème et même un crime de pousser l’humanité vers une fausse religion qui la condamnerait.

Alors, cette méchanceté n’a jamais existée en Jésus. Il montrait par contre, une tendresse et une douceur qui conduisaient les autres à aimer le Père Eternel, tendresse qu’on voit aussi dans la Passion de Notre Seigneur ; les évangiles nous dévoilent aussi l’ardeur avec laquelle Jésus accomplissait la volonté divine.

Nous savons qu’il y eu des cas où ceux qui se sont proclamés Dieu ou envoyé de Dieu ont cherché toujours une récompense, une rétribution ; ce que Jésus n’a jamais exigé de personne : Il ne recherchera pas les richesses, ni le pouvoir politique, ni l’honneur ; lorsqu’on veut faire de Lui un roi, par exemple, Il s’échappe de la foule (Jn 8,15; Lc 12,14).

D’autre part, ses ennemis n’ont jamais réussi à démontrer un manque de vérité dans son enseignement.  Les scribes et les grands prêtres se mirent alors à le surveiller et envoyèrent des espions qui jouaient le rôle d’hommes justes mais Ils furent incapables de le prendre en défaut devant le peuple en le faisant parler et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence (Lc 20,20.26). La foule ne trouve rien de mauvais dans son enseignement et surtout ses disciples, qui traitaient avec Lui quotidiennement et en grande amitié, n’ont jamais trouvé une parole ou un geste qui nuise à l’image de leur maître, comme le dira saint Pierre quelques années plus tard (1P. 2,21) : « Il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. »

Nous avons aussi ce deuxième pas de notre raisonnement, le pas positif, qui compte, lui aussi de deux aspects : l’aspect intellectuel et l’aspect moral.

Par rapport à l’aspect intellectuel, en Jésus resplendit une Sagesse qui n’est pas de ce monde. Cela est témoigné par les contemporains de Notre Seigneur ( les docteurs de la loi sont surpris de sa Sagesse lorsque Jésus avait 12 ans par exemple et en d’autres moments de sa vie (Lc 2,47; 11,27; 4,22; Jn 6,68), ses mêmes adversaires (Jn. 7,46; etc.). Dans son enseignement il n’y pas de contradictions, au contraire le tout garde une parfaite unité, en plus de profondeur et de sublimité.

Au centre de sa prédication s’élève l’idée du royaume de Dieu, et d’elle dépendent les relations de filiation par rapport à Dieu, l’amour universel par rapport aux autres et l’envie de perfection, dans l’abnégation de soi-même.

Sa Sagesse resplendit aussi dans la façon de proposer ses idées, Jésus jouit d’une autorité qui n’est pas de ce monde, il n’hésite jamais dans ses décisions et exerce l’autorité avec fermeté.  Son enseignement est facile à comprendre, accessible à tous mais il garde une incomparable densité. Il nous suffit de relire le sermon de la Montagne, ou le sermon de la dernière Cène.

Par rapport à l’aspect moral, Jésus resplendit aussi en sainteté : dans sa passion, les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort et ils n’en trouvèrent pas (Mt 26,59). Pilate le reconnaît innocent (Lc 23,4.14) et même Judas, le traitre (Mt 27,4).

Si on examine sa façon d’agir par rapport à Dieu, on Le voit envahi par le désir de la glorification de son Père ; sa prière est continuelle, intime et très élevée et elle dévoile un amour ardent pour Dieu et un désir qui l’amène à se consacrer tout entier à Lui (Jn 8,29; Mt 22,37; 26,40; etc.). Dans sa façon d’agir envers les hommes, nous voyons en Jésus de Nazareth un homme plein de charité : Il guérit, Il pardonne, mais Il est plein de tendresse devant la mort de son ami, Lazare. Sa charité n’a pas de limites, elle est miséricordieuse et affable, patiente et douce (Mt 22,36.40 ; 25,34-46; 7,12; etc) , mais aussi virile et consciente (réaliste) au moment où Il corrige les fautes et les erreurs du prochain(Mc 7,18; M7 16,23; etc.).

Il dévoile sa sainteté aussi dans sa chasteté immaculée, la proposant comme un chemin pour ses disciples et l’humilité (Il lave les pieds de ses disciples, Il est toujours accompagné de pécheurs et publicains). De façon particulière, nous voyons en Jésus toutes les vertus, vécues de manière admirable, même celles qu’on pourrait considérer comme opposées, gardant en tout un grand équilibre (la vie de contemplation et l’activité apostolique, le zèle et la miséricorde, la grande sincérité et en même temps la gentillesse dans les mots)

Il y a un dernier point dans l’évangile de ce dimanche qui nous surprend un peu, malgré tout ce que l’on vient de dire. Il ne pouvait accomplir aucun miracle à cause du manque de foi des gens. Ces gens l’avaient méconnu, pour eux Jésus était un simple voisin et voilà un grand obstacle pour l’œuvre de Jésus. L’envie de vouloir tout savoir, de fermer l’intelligence à la vérité, de mal penser et de vouloir ramener tous à leur rang, a causé l’incrédulité dans le cœur de nazaréens. Saint Thomas d’Aquin dira : « ce n’est pas que Jésus n’a pas pu, car Il est Tout-puissant ; mais Il réalisait les miracles pour que les gens croient en Lui » . Mais ils l’ont méprisé, car tout ce qu’Il leur avait dit, ils l’ont appris pour le mal et pour cela, ils n’étaient pas disposés à croire.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie, la grâce de la foi, de croire pleinement en son Fils Jésus de Nazareth, de croire qu’Il est Dieu fait homme. L’écrivain Rousseau avait dit une fois : « Si la vie et la mort de Socrate sont d’un sage, la vie et la mort de Jésus sont d’un Dieu. »

 

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné