Archives par mot-clé : définition de la vertu de la foi

Conformer notre conduite à notre foi

Homélie pour le Dimanche XIX C. Évangile de Luc 12, 32-48

Si le dimanche dernier nous avons médité sur l’attachement aux choses de ce monde tout en oubliant Dieu ; ce dimanche, l’appel à vivre dans la constante vigilance est encore plus évident.

Le Seigneur commence le passage évangélique tout en nous adressant un mot de consolation : « Sois sans crainte, mon petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » ; n’ayons pas peur, la vie éternelle n’est pas impossible pour ceux qui veulent faire de Dieu l’unique trésor de leur vie.

En regardant la deuxième lecture et l’évangile, on peut dire que le thème principal de ce dimanche c’est l’absence visible de Dieu et cela constitue un défi pour nous. L’absence visible de Dieu fait que notre union avec Lui devienne parfois faible, car on a la tentation de penser qu’Il est absent dans nos vies. C’est un grand défi pour nous de sauter cet obstacle en ayant une pleine conviction de que Dieu est avec nous a et que par la foi et l’espérance sa présence dévient intense et proche. Mais la foi et l’espérance sont des vertus théologales, il est impossible de les produire en nous, elles viennent dans nos âmes comme un cadeau de Dieu. Nous devons les implorer, les demander dans nos prières et les protéger et les nourrir afin qu’elles ne faiblissent pas.

Nous croyons que le Christ reviendra un jour : « Il est monté aux cieux d’où Il viendra juger les vivants et les morts », cette vérité fait donc partie de notre foi. Si nous croyons dans sa deuxième venue, nous devons aussi l’espérer. L’espérance, dit Saint Thomas, fait référence aux choses qui ne sont pas à la portée de la main, qui ne se sont pas encore accomplies.

Il est évident que par les trois petites paraboles de l’évangile de ce dimanche, le Seigneur nous commende de vivre la foi et l’espérance comme une constante vigilance. La première parabole est une exhortation, nous devons être comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Il faut l’attendre pourtant avec la ceinture autour des reins, c’est-à-dire, être prêts pour entreprendre un voyage, comme les membres du peuple juif lorsqu’ils devaient quitter l’Egypte pendant la nuit, cela signifie pour nous la disposition d’abandonner ce monde qui n’est pas notre patrie. Il faut garder en plus les lampes allumées, comme quelqu’un qui doit rester en veille pendant la nuit et ne pas s’endormir dans les ténèbres de ce monde.

Dans la deuxième parabole, il s’agit du maître de maison qui veille afin que le voleur ne le surprenne pas : « Voici que je viens comme un voleur, dit le Seigneur dans l’Apocalypse. Heureux celui qui veille et garde sur lui ses vêtements (l’habit de la grâce sanctifiante) pour ne pas aller nu en laissant voir sa honte ».

La troisième parabole est adressée à ceux qui seront les guides de son Eglise, représentés dans la personne de saint Pierre qui a posé la question. « Heureux le serviteur, cet intendant fidèle et sensé, que le maître en arrivant trouvera en train d’accomplir ce qu’il lui avait demandé de faire pour son Eglise ». Et avec cette troisième parabole le Seigneur nous montre que nous devons tous être prêts et travailler pour qu’à son arrivée le Seigneur nous trouve en train de faire sa Sainte Volonté.

Il est tout à fait vrai que comme dit l’évangile « le maître viendra, le jour où son serviteur (chacun de nous) ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas… ». Mais nous devons être convaincus d’une chose, le retour du Seigneur est certain, parce qu’Il l’a annoncé et Dieu ne ment pas. Ou bien peut être, c’est nous qui allons rencontrer les premiers, le Seigneur le jour de notre mort.

L’exhortation « tenez-vous prêts » ce n’est pas une invitation à vivre avec l’angoisse de penser comment nous allons nous retrouver à l’heure de notre rencontre. Comme le cas du propriétaire d’un commerce par exemple, qui ne devrait pas craindre l’arrivée d’un inspecteur s’il garde toutes les affaires en règle, en accord avec les lois.

Dans le plan spirituel c’est pareil, être prêts et veiller signifie vivre de manière à ne pas nous soucier du jour de la mort ni du jugement. Dans la vie de saint Louis de Gonzague on raconte qu’un jour quelqu’un lui a posé subitement cette question au moment où il jouait à la recréation : « Si vous deviez mourir dans une heure que feriez-vous ? » Le jeune garçon répondit tout simplement : « Je continuerais à jouer ». La « recette » pour jouir de la même sérénité c’est de vivre en grâce, vivre en amitié avec Dieu, sans avoir dans la conscience le reproche d’un péché.

Saint Thomas d’Aquin nous donne quatre remèdes contre la crainte du jugement.

  • Le premier, dit-il, consiste dans les bonnes œuvres. Dans le livre de l’Apocalypse est écrit : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur. Oui, qu’ils se reposent de leurs peines, car leurs actes (leurs œuvres) les suivent ! ».
  • Le second remède contre la crainte du jugement, c’est la confession et la pénitence des péchés que l’on a commis.
  • Le troisième remède est l’aumône qui purifie tout. Le Seigneur a dit à ses disciples (Luc 16, 9): Avec l’argent malhonnête, faites-vous des amis, pour que, le jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous reçoivent dans les demeures éternelles.
  • Le quatrième remède contre la crainte du jugement c’est la charité, c’est-à-dire l’amour de Dieu et du prochain : la charité, en effet, fait disparaître la multitude des péchés (1Pierre 4, 8 et Prov. 10, 12).

Le pape Saint Grégoire le grand commentait l’évangile de ce dimanche en disant « Celui qui veille est celui qui tient les yeux de son âme ouverts pour contempler la lumière véritable, qui conforme sa conduite à sa foi, et repousse loin de lui les ténèbres de la tiédeur et de la négligence. »

Si nous ne sommes pas ignorants de cette lumière de vérité, connaissant la loi de l’évangile, nous devons donc être cohérents avec notre foi, « conformer notre conduite à notre foi ». Un prêtre, n’est pas seulement « prêtre » lorsqu’il célèbre la messe, ou quand il est à l’Eglise ; il est prêtre les vingt-quatre heures du jour ; et c’est la même chose pour chacun des chrétiens, nous devons tous être cohérents avec la foi que nous professons.

Le petit commentaire dit encore que le veilleur « repousse loin de lui les ténèbres de la tiédeur et de la négligence ». Voilà deux grands dangers de la vie de tout chrétien, la tiédeur et la négligence.

La tiédeur c’est comme un manque de force dans la vie spirituelle, causée par nous-mêmes, c’est ne pas vouloir grandir dans la foi, ne pas vouloir être un chrétien plus fervent ; vivre à la limite, me préoccuper pour accomplir le minimum. Les tièdes vivent une bonne partie de leur vie comme des païens, ce sont ceux qui vont peut-être à la messe et font quelques pratiques de piété mais sans trop s’exiger des 10 commandements.

Un bon chrétien, une bonne chrétienne c’est ce serviteur et cette servante que le Maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller, d’accomplir sa sainte Volonté.

Sainte Joséphine Bakhita est une sainte d’origine soudanaise, attrapée par des trafiquants d’esclaves de sa même origine, elle a été vendue et revendue plusieurs fois sur les marchés de El Obeid et de Khartoum, elle connut les humiliations, les souffrances physiques et morales de l’esclavage. A la fin, elle est rachetée par un commerçant italien qui l’amène en Europe comme servante.  

Cette petite sainte africaine a trouvé Dieu et le Christ en Italie, une fois en totale liberté elle a consacré sa vie à Dieu. Le reste de l’histoire vient racontée par le pape Benoît.

 Elle était sœur dans un couvent italien; un jour, l’évêque du lieu rend visite à ce monastère, et il voit cette petite sœur noire, dont il semble ne rien savoir, et dit: « Ma sœur, que faites-vous ici? ». Et Joséphine Bakhita répond: « La même chose que vous, Excellence ». L’évêque, visiblement irrité, dit: « Comment cela, ma sœur, vous faites la même chose que moi? ». « Oui – répond la sœur – nous voulons tous deux faire la volonté de Dieu, n’est-ce pas? ».

Voilà quel est le point essentiel : connaître, avec l’aide de l’Eglise, de la Parole de Dieu et de nos bons amis, quelle est la volonté de Dieu, tant dans ses grandes lignes, communes pour tous, que dans l’aspect concret de ma vie personnelle. Ainsi, la vie devient sans doute un peu moins facile mais belle et joyeuse. Prions le Seigneur afin qu’il nous aide toujours à trouver sa volonté, et à la suivre avec joie. Prions la sainte Vierge Marie de veiller pour protéger la lampe de notre foi et attendre avec confiance l’arrivée de notre Seigneur.

P. Luis Martinez IVE.

Il vit, et il crut!

La résurrection du Christ a changé l’histoire des peuples. Sa vie est ses œuvres, sa résurrection ont changé l’histoire. Le Christ est le sujet le plus abordé, soit de façon positive, soit de façon négative. De certaine façon, on ne peut pas être impartial, ou bien nous sommes avec le Christ ou nous sommes contre le Christ.

De ce grand mystère de la résurrection nous allons parler tout d’abord de la résurrection comme un fait historique, après la résurrection comme objet de la foi, et finalement, comment nous devons vivre ce mystère.

La résurrection est un fait historique :

Il y a des sources non chrétiennes :

Tacite (55-120), dans son traité « Les Annales », vers les années 115, décrit le grand incendie de Rome pendant le règne de l’empereur Néron. Il déclare : « Néron fit de ceux que le peuple a appelés Chrétiens, des boucs émissaires et les soumit aux tortures les plus raffinées… Leur nom vient de Christ qui, pendant le règne de Tibère, avait été exécuté par le procurateur Ponce Pilate » (Annales 15. 44).

Flavius Josèphe, (37-110 ap JC), historien juif du Ier Siècle dit : « Jésus, un homme sage … un maître d’hommes dont ces derniers reçoivent la vérité avec plaisir. Il avait attiré à lui, beaucoup de juifs et beaucoup de païens … quand Pilate, sur la suggestion des hommes principaux parmi nous, l’avait condamné à la croix, ceux qui l’ont aimé depuis le début ne l’ont pas abandonné ; parce qu’il leur est apparu vivant le troisième jour. (Et voilà) La tribu des chrétiens, ainsi appelée à cause de lui. (Josephus, Antiquités 18.3.3. )

Mais, les évangiles sont des sources historiques :

Même s’il y a beaucoup des personnes qui nient cela, les évangiles sont des sources historiques, par exemple : au moment où ils racontent la coutume de l’époque : La façon de semer, la façon de travailler, la manière de chercher de l’eau.  Lorsqu’ils décrivent les différentes sectes religieuses, les pharisiens, sadducéens, les hérodiens. Les différents gouverneurs, la manière de punir, la croix…

On voit aussi que les évangiles ne recherchent pas de nous convaincre de la résurrection. Saint Marc, dont l’évangile est lu cette année dans la liturgie, est plus étendu, plus large au moment où il parle de la passion, que lorsqu’il parle de la résurrection. Pour la passion on a 2 chapitres avec 119 versets. Pour la résurrection on a 1 chapitre avec 20 versets[1], Saint Marc écrit donc 99 versets de plus quand il parle de la passion. Semble-t-il qu’il n’est pas intéressé à nous faire croire un fait, parce que pour lui et pour ses contemporains, cela est évident.

Les ennemis de Jésus : Ils sont les seuls à penser à la résurrection juste après la passion.  Ce sont eux qui demandent une garde à Pilate pour garder le sépulcre : Les grands prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai… Pilate leur déclara : « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! » (Mt 27, 62 ss) (Les disciples n’ont pas par contre cru à la résurrection tout de suite après la passion…)

Au moment où le tremblement de terre se produit et le Corps de Jésus disparait, les soldats font leur rapport et les juifs leur répondent : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »

Mais, les disciples de Jésus étaient encore trop effrayés pour penser à voler le corps de Jésus, car Saint Jean nous dit « Le soir venu, en ce premier jour de la semaine… les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs » (Jn 19, 20) C’est la même crainte qu’ils ont manifesté le jeudi Saint au moment où ils ont abandonné leur maître.

On peut même examiner l’affirmation de Juifs : « Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” » Mgr. Fulton Sheen dit : « Les soldats dorment, s’ils dorment ils ne pouvaient pas donc voir qui était le voleur. »

Une fois que les disciples voient le Christ ressuscité, on voit comment après ils proclament ouvertement la passion et la résurrection du Christ : « Les pharisiens (les chefs du peuple) leur interdisent de faire cela mais ils continuent à le proclamer. C’est pour cela que les pharisiens leur disent une fois encore : ‘Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme !’ En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : ‘Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.  Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.’ » (Actes 5, 28ss.) On voit pourtant que les pharisiens ne disent pas : « le Christ n’est pas mort ou il n’est pas ressuscité»… Ils interdisent simplement la prédication.

Saint Paul aux corinthiens

Un cas qui nous fait voir la certitude la résurrection c’est la lettre aux corinthiens. Le contexte est que quelques corinthiens disaient : «il n’y a  pas résurrection de mort » Paul leur répond : Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité… Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis ». (1 cor 15, 12). Saint Paul se sert de la certitude de la résurrection du Christ pour affirmer avec certitude notre résurrection future.

Nous voudrions finir ce premier mot en disant : Le Christ est mort sur la croix. Son corps n’est plus là. On ne peut pas croire non plus au mensonge qu’une personne endormie puisse voir qui est le voleur. Donc les disciples n’ont pas volé le corps. Alors,  qu’est-ce que s’est passé ?

C’est pour cela qu’il est logique croire en la résurrection.

  1. La foi en la résurrection :

La foi est en elle-même est un sujet très large, la foi comme l’acte de foi, soit intérieur soit extérieur, la foi comme vertu, la foi comme don de Dieu. Ce que nous dirons de la foi aura toujours le but d’approfondir le mystère de la résurrection.

La lettre aux hébreux nous dit que : « La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. » (Hébreux 11, 1)

Nous avons écouté tout à l’heure l’évangile de Saint Jean : Les disciples écoutent l’histoire des femmes, les deux disciples courent, Jean arrive le premier mais il n’entre pas. Pierre arrive et entre au tombeau, et l’évangile nous dit : « C’est alors qu’entra l’autre disciple (Jean), lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. »

Qu’est-ce qu’il a vu ? Il a vu ce que Pierre a aussi vu : « il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. »  Il crut en la résurrection. Car « La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

On connait bien l’histoire, le dimanche de pâque, Thomas n’est pas avec les disciples au cénacle.  Après, lorsqu’il sera informé, l’apôtre ne voudra pas croire à ses compagnons. Le dimanche suivant, Jésus apparait au cénacle encore une fois et dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Alors, est-ce que Thomas a vu Dieu lui-même ? Non, il est en face de Jésus ressuscité, il voit un corps avec les marques de la croix et il le proclame « Seigneur et Dieu ».

« La foi est un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

La lettre aux hébreux dit aussi : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère » (Hébreux 11,1)

Nous avons l’exemple de Marie Madeleine : Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs… elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.  « Jésus lui dit… « Marie ! »… S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » et elle se jette vers Jésus… Jésus reprend : « Ne me retiens pas… » ».

C’est ça qu’on fait par la foi, en quelque sorte on touche, on possède l’objet de la foi : une façon de posséder ce que l’on espère »

On voit comme la résurrection nous fait mieux comprendre l’ensemble de la révélation. On connait le passage des disciples d’Emaus, ces deux disciples qui quittaient Jérusalem tous tristes, et Jésus devient leur compagnon de voyage (Lc. 24, 13-35).

Jésus va leur expliquer les écritures: « Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. » Et ils se disaient après : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » »

La résurrection du Christ nous laisse voir, nous permet de comprendre d’une meilleure façon, la révélation toute entière.

Nous avons aussi le cas de Saint Pierre, en l’apparition à saint Pierre nous voyons que la résurrection nous aide à comprendre nos péchés et nos faiblesses.

L’apparition dont nous parlons est présentée dans l’évangile de Saint Jean (21, 15-19). Il nous dit que le Christ est apparu en Galilée, Il était à la berge du lac et les disciples faisaient la pêche. Ils reconnaissent Jésus, ils font une pêche miraculeuse, ils mangent ensemble, et après Jésus parle avec Pierre en disant :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit cela une deuxième fois… et pour la troisième fois… Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

Nos péchés ne disparaissent pas dans l’histoire (En le sens que nous les avons commis et c’est une réalité que nous devons reconnaître, nous sommes pécheurs) ils deviennent[2] une cause par laquelle nous sommes ‘obligés’ d’aimer Dieu. Saint Pierre devient triste, peiné, parce que Jésus lui rappelle son péché, mais il se confie à la miséricorde de Dieu qui est plus fort que la mort, plus grande que nos péchés.

En certaine manière la résurrection est le sceau de la révélation, ce qui donne unité,   « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine aussi est votre foi. »

  1. Vivre comme ressuscités :

D’abord, le baptême : Par le baptême nous sommes morts avec le Christ et nous sommes ressuscités avec le Christ.

Col 3,1-2 : Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez (Vivez !) les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.

Nous faisons partie d’un corps ressuscité, du corps mystique du Christ. Notre façon de vivre, notre manière de penser, de parler, agir, d’omettre, doivent manifester le mystère de la résurrection.  « Le royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint ». On sait bien que la joie éternelle ne peut pas être donnée par aucune créature.

Mais aussi nous avons le devoir de la proclamer :

Au matin des pâques, les femmes ont reçu le message de la résurrection mais tout de suite elles reçoivent le devoir de proclamer aux disciples le mystère de la résurrection:

« L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire » (Mt 28, 5).  C’est un commandement pour toute l’Église :

Saint Marc, Saint Matthieu, Saint Luc et Saint Jean. Mt 28, 18 : Jésus (Ressuscité) s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.  Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

[1]Il y a de manuscrits que seulement nous transmettent 12 versés, évidement les 20 versés sont canoniques.

[2]Is 1, 18 « Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine.»