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Tout ce qu’il est et tout ce qu’il a, Dieu nous le donne dans l’Eucharistie

La Fête Dieu

Nous célébrons ce dimanche cette belle solennité du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, aussi appelée du Corpus Christi (du Corps du Christ) ou comme nous y sommes habitués, la Fête-Dieu, la fête de Dieu présent dans l’Eucharistie. Au cours de l’histoire la piété des chrétiens a fait que ce sacrement reçût beaucoup de noms pleins de beauté comme le Saint Sacrifice, l’Auguste Sacrement, le Saint Sacrement.

Nous savons que l’Eucharistie fait partie des sept sacrements, pour quoi lui ajouter l’adjectif de Saint ou d’Auguste comme on vient de le dire ? C’est parce que l’Eglise sait, et elle le transmet à ses enfants, que ce sacrement est placé au-dessus des autres sacrements et cela pour une raison très importante précisément qu’il est en même temps sacrifice, c’est pour cela qu’on dit de plein droit que nous participons au Sacrifice de la Messe.

Le grand maître et docteur des saints, Saint Thomas d’Aquin avait bien saisi cette double vérité de l’Eucharistie et il l’expliquait avec ces mots : « Ce sacrement est tout ensemble sacrifice et sacrement. Il possède la raison de sacrifice en tant qu’il est offert ; et il a raison de sacrement (on dit qu’il est sacrement) en tant qu’il est mangé. Et c’est pourquoi il produit l’effet du sacrement en celui qui mange, tandis qu’il produit l’effet du sacrifice en celui qui offre, ou en ceux pour qui il est offert. »

Il va donc aussi expliquer que l’Eucharistie est un sacrement parce que l’essentiel du sacrement c’est la sanctification de l’homme, mais elle est aussi sacrifice, parce que l’essentiel du sacrifice c’est la glorification de Dieu. Nous devons être conscients que la messe est le moment par excellence où nous rendons la Gloire que Dieu seul a le droit de recevoir.

Cette réalité que la Sainte Messe est avant tout un Sacrifice a fait que beaucoup des saints de l’histoire ont vu l’importance de participer même chaque jour à la messe et de s’y préparer pour participer de la meilleure façon. Nous ne pouvons pas oublier les martyrs morts précisément pour ne pas abandonner la messe. Ce fut le cas des martyrs d’Abitène, condamnés à mort pour se trouver réunis autour de l’Autel célébrant la messe le dimanche, et qui ,au moment où le juge païen voulait connaître du motif de leur réunion,  ont répondu : « Sine doménico non possumus », nous ne pouvons pas vivre sans la Nourriture de dimanche.

Il est très important de nous préparer nous aussi pour la messe : saint Jean Eude disait aux prêtres, des paroles que nous pouvons aussi nous appliquer :

« Le Sacrifice de la Messe est quelque chose de si grand, qu’il faudrait trois éternités pour l’offrir dignement : la première pour s’y préparer, la seconde pour le célébrer, la troisième pour en rendre de justes actions de grâces. »

Un autre grand saint, Saint Claude La Colombière nous apprend au sujet de la messe :  Jésus-Christ, à la Messe, se met entre nos mains, comme une monnaie d’un prix infini, pour acheter de Dieu tout ce que nous pouvons désirer de Lui, quelque précieux que puisse être le bien que nous Lui demandons. Jésus-Christ se fait dans le sacrifice de la Messe, non seulement notre intercesseur auprès de son Père pour Lui demander par ses mérites tout ce qui nous est nécessaire (tout ce que nous souhaitons) mais Il offre son Sang et sa Vie, comme en paiement de ce que nous demandons.

Ecoutons aussi ce qu’enseignait à ses fidèles  le Saint Curé d’Ars, saint Jean Marie Vianney:

« Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au Sacrifice de la Messe, puisqu’elles sont l’œuvre des hommes, et la Messe est l’œuvre de Dieu. Le martyre n’est rien en comparaison : c’est le sacrifice que l’homme fait à Dieu de sa vie, la Messe est le sacrifice que Dieu fait à l’homme de son Corps et de son Sang. Si le prêtre comprenait ce que c’est que la Messe, il mourrait. On ne saura qu’au Ciel ce qu’est la Messe. »

Encore un autre saint qui nous parle de l’importance de la messe : « Comme l’abeille ayant recueilli sur les fleurs la rosée du ciel et leur suc, en fait son miel, et le porte dans sa ruche ;  de même le prêtre prend sur l’autel le Sauveur du monde, le vrai Fils de Dieu descendu du ciel comme la rosée, le vrai Fils de la Vierge sorti de la terre comme une fleur et vous le donne pour vous servir de nourriture. » Ce sont les paroles de saint François de Sales.

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique ne fait que nous rappeler cette belle vérité vécue par les saints : « La messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur. Mais la célébration du sacrifice eucharistique est toute orientée vers l’union intime des fidèles au Christ par la communion. Communier, c’est recevoir le Christ lui-même qui s’est offert pour nous. » (C. E. C. 1382)

De là, l’importance de la communion dans notre vie, de recevoir l’Eucharistie comme la nourriture de l’âme, ayant toujours les dispositions nécessaires pour le faire (surtout notre âme en état de grâce).  Les saints débordaient d’amour et de désir chaque fois qu’ils pensaient à l’Eucharistie et à la communion : nous pouvons en donner quelques exemples parmi les saints, certains que nous connaissons bien. Ainsi par exemple :

La Mère Teresa : « La messe est la nourriture spirituelle qui me soutient et sans laquelle je ne pourrais pas vivre un seul jour ou une seule heure de ma vie ».

« Sans l’Eucharistie, le monde disparaîtrait immédiatement ». Sainte Thérèse d’Avila.

« Le monde pourrait vivre sans soleil, mais pas sans l’Eucharistie ». Saint Padre Pio.

Saint Cyrille de Jérusalem : «  Le Christ présent dans l’Eucharistie et notre corps physique à nous sont des corps différents mais dans la communion ne font qu’un, comme deux morceaux de cire qui, fondus ensemble, n’en sont qu’un. »

« Quand on vous demande, disait saint François de Sales, pourquoi vous communiez si souvent, dites que deux sortes de personnes doivent souvent communier, les parfaits et les imparfaits : les premiers, pour se maintenir dans la perfection ; et les autres, pour y arriver »

Et pour conclure, saint Thomas nous apprend encore : « Tout ce qu’il est et tout ce qu’il a, Dieu nous le donne dans l’Eucharistie »

Demandons à la très Sainte Vierge Marie deux grâces, la première, de participer toujours mieux de la Sainte Messe et la deuxième, de recevoir la Communion avec une grande dévotion. Avec les paroles de saint Bonaventure : « Celui qui désire goûter la douceur cachée dans le Sacrement de l’Autel et s’approcher dignement du même, doit se disposer invoquant le nom très saint de la Vierge Marie »

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

Du Nom de Dieu dépend notre histoire

Solennité de la Sainte Trinité

Chaque fois que nous faisons le signe de la croix et que nous invoquons les noms des Trois Personnes Divines, nous accomplissons un véritable acte de foi dans la Trinité; en effet, ce signe marque le début de beaucoup de nos prières, commençant par la messe. Les chrétiens sont baptisés ” au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ” (Mt 28, 19). ” La foi de tous les chrétiens repose sur la Trinité » disait S. Césaire d’Arles.

Notre foi nous dit il n’y a qu’un seul Dieu, le Père tout puissant et son Fils unique et l’Esprit Saint : la Très Sainte Trinité.

Il est beau de revoir ce que le catéchisme de l’Eglise Catholique nous apprend sur ce mystère. « Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Il est le mystère de Dieu en Lui-même. Il est aussi la source de tous les autres mystères de la foi ; il est la lumière qui les illumine. Il est l’enseignement le plus fondamental et essentiel dans la ” hiérarchie des vérités de foi ” (DCG 43). ” Toute l’histoire du salut n’est autre que l’histoire de la voie et des moyens par lesquels le Dieu vrai et unique, Père, Fils et Saint-Esprit, se révèle, se réconcilie et s’unit les hommes qui se détournent du péché ” (DCG 47). »

La Trinité est un mystère de foi au sens strict, un des ” mystères cachés en Dieu, qui ne peuvent être connus s’ils ne sont révélés d’en haut ” (Cc. Vatican I : DS 3015). Dieu certes a laissé des traces de son être trinitaire dans son œuvre de Création et dans sa Révélation au cours de l’Ancien Testament. Mais l’intimité de Son Être comme Trinité Sainte constitue un mystère inaccessible à la seule raison et même à la foi d’Israël avant l’Incarnation du Fils de Dieu et la mission du Saint Esprit.

C’est le Fils du Père, Jésus-Christ avec ses paroles et à travers les écritures saintes qui nous a révélé le mystère de la vie intime de Dieu que nous appelons Trinité Sainte, ce qui nous aurait été impossible avec notre seule raison comme on l’a dit. Saint Augustin en a fait lui-même l’expérience lorsque, plongé dans la profondeur de ses méditations, sur la plage, il rencontra un enfant qui tentait avec ténacité de verser toute l’eau de la grande mer Méditerranée à l’intérieur d’un petit trou creusé dans le sable. Devant la stupeur du grand saint, l’enfant lui dit avec un sourire : « Et toi, comme peux-tu penser comprendre Dieu qui est infini, avec ton esprit tellement limité ? ». En effet, plus l’homme découvre ce mystère, plus il devient conscient de ce qui lui manque encore, il découvre que Dieu est encore plus immense. Le fait que Dieu nous révèle son mystère ne signifie pas qu’Il va nous expliquer toute la profondeur de son mystère, ce qui est impossible pour notre intelligence créée et limitée.

Les lectures de ce dimanche nous parlent évidement de Dieu, mais elles n’attirent pas tant notre attention sur le mystère, que sur la réalité d’amour qui est contenue dans ce premier et suprême mystère de notre foi. 

D’abord, nous avons la Théophanie du mont Sinaï, la manifestation de la présence divine au sommet de cette montagne. A l’exemple de Moïse, Dieu nous invite à gravir ce mont sacré. On pourrait penser que cela signifie nous éloigner de la réalité de ce monde et de ses problèmes. Mais, en réalité nous approcher de Dieu donne comme un fruit principale le fait de diriger notre vie vers Lui, la connaissance de Dieu nous permet de connaître sa loi, sa Volonté qui veut notre bien. Si nous lisons tout ce passage dans le livre de l’Exode, nous nous apercevons que le patriarche reste un temps devant Dieu, dans la présence de Dieu et  il y reçoit de Lui la loi dans les dix commandements, qui seront le guide du peuple d’Israël pour trouver la liberté authentique et pour se former dans la liberté et dans la justice. Le pape Benoît disait parlant de ce passage : Du nom de Dieu dépend notre histoire ; de la lumière de son visage, notre chemin.

Mont Sinaï

La première lecture (et c’est une vérité qu’on trouve dans toute la bible) nous dit que Dieu n’est pas un être enfermé en soi-même. Il veut se communiquer, Il est une vie qui veut se donner, se faire connaître.  En fait, Dieu se révèle comme “Dieu de tendresse”, “de pitié”, “riche en grâce” et ces noms nous parlent tous d’une relation, en particulier d’un Etre vital qui s’offre, qui veut combler chaque lacune, chaque manque, qui veut donner et pardonner, qui désire établir un lien stable et durable, qui veut être enfin en dialogue avec les hommes.

Il y a encore un autre grand enseignement dans ce passage de l’Exode. Cette révélation que Dieu fait de sur le mont de Sinaï vient juste après le grand péché de son peuple. Quand Moïse monte une première fois, le peuple d’Israël, voyant que le patriarche prolonge son absence, commande à Aaron de lui faire un veau d’or pour l’adorer comme un dieu, il veut un dieu qui soit visible, accessible, manœuvrable, à la portée de l’homme, à la place de ce Dieu mystérieux invisible, lointain. Descendant du mont, et à la vue de ce grand péché, Moïse casse les pierres de la loi, montrant que l’amitié avec le véritable Dieu était détruite par ce péché. Et c’est Dieu qui décide pardonner encore une fois, et invite Moïse à remonter sur le mont pour recevoir à nouveau sa loi et renouveler le pacte. Moïse demande alors à Dieu de se révéler (c’est la première lecture de ce dimanche), de lui faire voir son visage. Mais Dieu ne montre pas son visage, il révèle plutôt son être plein de bonté par ces mots : «Le Seigneur, le Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité» (Ex 34, 8). Et cela est le Visage de Dieu. Dieu se révèle en manifestant son amour miséricordieux : un amour qui l’emporte sur le péché, le couvre, l’élimine. Et nous pouvons être toujours sûrs de cette bonté qui ne nous abandonne pas. Il ne peut y avoir de révélation plus claire. Nous avons un Dieu qui renonce à détruire le pécheur et qui veut manifester son amour de manière encore plus profonde et surprenante devant le pécheur pour offrir toujours la possibilité de la conversion et du pardon.

L’Evangile complète cette révélation, que nous écoutons dans la première lecture, parce qu’il indique à quel point Dieu a montré sa miséricorde. «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle» (3, 16).

Dans le monde, il y a le mal, il y a l’égoïsme, il y a la méchanceté, et Dieu pourrait venir pour juger ce monde, pour détruire le mal, pour châtier ceux qui œuvrent dans les ténèbres. En revanche, il montre qu’il aime le monde, qu’il aime l’homme, malgré son péché, et il envoie ce qu’il a de plus précieux : son Fils unique. Et non seulement il l’envoie, mais il en fait don au monde (un don c’est quelque chose que j’ai fait gratuitement et avec l’intention de ne pas la récupérer, de la donner pour toujours). Notre Seigneur est la réponse qui vient du Père, le Fils a donné sa propre vie pour nous : sur la croix l’amour miséricordieux de Dieu touche son point culminant.

Et finalement ce mystère d’amour de Dieu pour nous trouve sa réponse dans la fidélité de vie du chrétien, comme le dit dans la conclusion de sa deuxième lettre aux Corinthiens,  l’apôtre saint Paul, c’est la deuxième lecture : soyez dans la joie (qui est le grand secret du chrétien) cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, c’est-à-dire que ce sont tous les fruits de la grâce qui font que  le Dieu d’amour et de paix soit présent dans une âme.

Dans cette célébration de la sainte Trinité, pensons et méditons que ce Dieu de majesté infinie s’est fait proche de nous, Il a voulu marcher avec nous, comme dit saint Jean au moment où il parle de l’incarnation, Dieu a planté sa tente parmi nous, parce qu’Il nous a montré Son visage dans son Fils fait homme pour nous sauver, Dieu se fait homme ; si nous voulons contempler son visage, recherchons Jésus, cherchons pour cela à l’imiter , c’est là la véritable perfection du chrétien. Que la Sainte Vierge nous donne cette grâce.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné