Homélie pour la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu
Nous célébrons aujourd’hui, Sainte Marie, mère de Dieu et nous mettons cette nouvelle année que Dieu nous donne dans sa Providence sous la protection de notre Mère, la sainte Vierge.

Dès le IIIe siècle, comme on peut le déduire d’un ancien témoignage écrit, les chrétiens d’Egypte s’adressaient à Marie avec le titre de Mère de Dieu, il s’agit d’une prière rédigée sur un papyrus, et c’est le témoignage le plus ancien où apparaît pour la première fois explicitement l’expression grecque « Theotokos », « Mère de Dieu ».
Au Ve siècle, un personnage appelé Nestorius remet en cause la légitimité du titre “Mère de Dieu”. Il soutenait qu’il fallait considérer Marie seulement sous l’expression « Mère du Christ ». Ce qui a poussé Nestorius à cette erreur était la difficulté qu’il éprouvait à admettre l’unité de la Personne du Christ et son interprétation erronée de la distinction entre les deux natures – divine et humaine – présentes en lui.
Un concile réuni en Asie Mineur, aujourd’hui Turquie, le concile d’Ephèse, en 431, condamna ses thèses et, en affirmant la subsistance de la nature divine et de la nature humaine en la seule personne du Fils, a proclamé Marie « Mère de Dieu ». Avec la définition de la maternité divine de Marie les pères de l’Eglise voulaient souligner leur foi en la divinité du Christ.
Ecoutons cette belle réflexion de saint Jean Paul II :
« Dans le titre « Theotokos », l’Église, d’une part, trouve la garantie de la réalité de l’Incarnation, parce que, comme Saint Augustin affirme, « si la Mère était fictive, la chair (de Jésus) serait aussi fictive (…) et le seraient aussi les cicatrices de la résurrection » (Tract. in Ev. Ioannis, 8, 67). D’autre part, nous contemplons émerveillés et nous célébrons avec vénération l’immense grandeur conférée à Marie par Celui qui a voulu être son fils.
L’expression « Mère de Dieu », à la lumière de la sublime dignité accordée à la Vierge de Nazareth, proclame aussi la noblesse de la femme et sa plus haute vocation. En effet, Dieu traite Marie comme personne libre et responsable et ne réalise l’incarnation de son Fils qu’après avoir obtenu son consentement. »
L’évangile que nous avons proclamé, nous dit que le huitième jour suivant sa naissance, et cela coïncide avec le premier jour de notre année civile, l’Enfant reçoit le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.
En effet, dans le texte de saint Matthieu, l’ange qui annonce à Saint Joseph le nom à donner à l’enfant, fait une explication de ce nom, il signifie « Yahvé sauve ». Cette explication du nom « Jésus » est dans les mots suivants : « Car il sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1,21). Cette phrase est une confession de la divinité du Christ et une affirmation que le nom de « Yahvé » qui est inclus dans celui de Jésus, est dit d’une manière stricte et pas seulement comme un souvenir ou un hommage fait à « Yahvé ».

Le seul qui peut sauver le peuple de ses péchés sera Yahvé. En fait, ce sera ce qui soulèvera le scandale des pharisiens lorsque Jésus dira au paralytique : “Tes péchés te sont pardonnés” (Mt 9,2; Mc 2,5). Les pharisiens, avec une théologie correcte, s’exclameront intérieurement: «Dieu seul peut pardonner les péchés» (Mc 2,7). Cependant, même si à ce stade leur théologie est bonne, la conclusion est fausse : « Cet homme blasphème » (Mt 9,3 ; Mc 2,7).
C’est pourquoi, lorsque l’ange dit à Joseph : « Tu l’appelleras Jésus, parce qu’il sauvera son peuple de ses péchés », il dit : « Cet enfant est Yahvé et, parce qu’il est Yahvé fait homme, il sauvera le peuple de ses péchés ».
Comme on peut le voir toute la liturgie de ce jour nous amène à renouveler notre foi en Jésus-Christ, Dieu fait homme et né de Marie, la Mère de Dieu.
Et comme c’est aujourd’hui le premier jour du nouvel an 2022 et qu’hier, nous avons dit « à Dieu » à l’année 2021, je voudrais vous faire connaître une belle pensée d’un saint que Saint Jean Paul II a considéré comme l’un des plus grands mystiques du vingtième siècle, un moine trappiste, Saint Raphael Arnaiz Varón.
Pour dire au revoir à l’année, il avait écrit un 31 décembre: « Aujourd’hui, c’est comme hier et ce sera pareil demain. Pour l’homme, le temps passe, pour Dieu il n’y a pas de temps, seul Dieu reste. Cette année est finie, il en reste très peu. Une année qui s’est écoulée dans un instant est sur le point de se terminer. La seule consolation que j’aie, c’est qu’avec cette année de plus je me rapproche plus de Dieu, je me rapproche plus du Ciel.

Et dans ce temps qui arrive nous continuerons à vivre, nos habitudes vieilliront, les cheveux perdront leur couleur et tomberont, tout l’organisme s’usera, et ce qui est jeune aujourd’hui, demain ne le sera pas… Ce que tu es maintenant, demain tu ne le seras pas, et maintenant tu es ce que tu n’étais pas… tout change, et cela fait le temps ; rien n’est stable… qu’est-ce que ça fait une année de plus ou un siècle, ou un million de siècles…
Il n’y a qu’une seule vérité, qui est Dieu, car seul Dieu demeure, seul Dieu est immuable.
La nouvelle année approche, elle se profile déjà, désormais nous devons être meilleurs, et nous devons marcher plus vite, et en moins de temps, nous perfectionner dans l’amour de Dieu.
Mais ce n’est pas l’année qui doit être meilleure… c’est nous qui devons nous améliorer…

Eh bien… nouvelle année, tu viens, quoi que tu sois, tu es la bienvenue car Dieu t’envoie. Que le Seigneur m’aide à mieux le servir dans tes jours et dans tes mois…, que Lui et Marie me protègent comme ils l’ont fait les années précédentes. Et que je puisse dire à la fin de cette nouvelle année que je me suis rapproché de Dieu, dans la sainteté, dans la perfection et dans le véritable amour … “.
P. Luis Martinez IVE.


