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Adveniat regnum tuum

Homélie pour Solennité du Christ, Roi de l’univers

« Puis j’ai vu le ciel ouvert, et voici un cheval blanc : celui qui le monte s’appelle Fidèle et Vrai, il juge et fait la guerre avec justice. Ses yeux sont comme une flamme ardente, il a sur la tête plusieurs diadèmes, il porte un nom écrit que nul ne connaît, sauf lui-même. Le vêtement qui l’enveloppe est trempé de sang, et on lui donne ce nom : le Verbe de Dieu. Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, elles étaient vêtues de lin fin, d’un blanc pur. De sa bouche sort un glaive acéré, pour en frapper les nations ; lui-même les conduira avec un sceptre de fer, lui-même foulera la cuve du vin de la fureur, la colère de Dieu, Souverain de l’univers ; sur son vêtement et sur sa cuisse, il porte un nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs ».

Avec cette description, l’apôtre Jean commence à détailler, dans le chapitre 19 (11-16) du livre de l’Apocalypse, le triomphe final du Messie et la victoire sur tous ses ennemis. C’est la description finale du Christ comme Roi de tous les rois et Seigneur de tous les seigneurs, c’est la description de sa victoire finale et définitive.

Toute l’Écriture Sainte parle de Dieu comme Roi, et de la royauté du Christ. Lui-même, à l’approche de sa mort, a répondu à Pilate, qui lui demandait s’il était Roi : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix » (Jn 18, 37). Comme on peut le constater, le Règne du Christ commence à l’intérieur des âmes, dans la conformité à la vérité de chacun de nous (« voici que le règne de Dieu est au milieu de vous »- Lc 17, 21), mais il tend à devenir effectif et universel, car il convient que le Christ règne sur tout et sur tous, et que même la mort devienne le marchepied de son trône.

Dans son encyclique Quas primas de 1925, le pape Pie XI a enseigné que Jésus est appelé Roi dans un sens figuré ou métaphorique, en raison de la perfection de sa nature, de l’action de sa science et de sa grâce et de l’attrait de ses vertus et de son amour pour nous. Mais aussi, poursuit le pape, « il est de toute évidence que le nom et la puissance de roi doivent être attribués, au sens propre du mot, au Christ dans son humanité; car c’est seulement du Christ en tant qu’homme qu’on peut dire: Il a reçu du Père la puissance, l’honneur et la royauté; comme Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, il ne peut pas ne pas avoir tout en commun avec le Père et, par suite, la souveraineté suprême et absolue sur toutes les créatures » (n. 5).

Le Christ est roi comme Dieu, mais aussi comme homme, parce qu’il est uni à Dieu (« son pouvoir royal repose sur cette admirable union qu’on nomme l’union hypostatique »- QP, 8) ; et aussi à cause du sacrifice qu’il a fait pour gagner nos âmes : « le Christ règne sur nous non seulement par droit de nature, mais encore par droit acquis, puisqu’il nous a rachetés ». C’est pourquoi le pape Pie XI s’exclame : « Ah!, puissent tous les hommes qui l’oublient se souvenir du prix que nous avons coûté à notre Sauveur : Vous n’avez pas été rachetés avec de l’or ou de l’argent corruptibles, mais par le sang précieux du Christ, le sang d’un agneau sans tache et sans défaut. Le Christ nous a achetés à grand prix ; nous ne nous appartenons plus. Nos corps eux-mêmes sont des membres du Christ » (QP, 9).

Or, si Dieu est roi, seigneur de tout ce qui existe, et si le Christ est roi, non seulement parce qu’il est Dieu, mais aussi parce qu’il a vaincu tous ses ennemis et conquis les cœurs des hommes, alors pourquoi ne voyons-nous pas son Royaume établi sur terre ? C’est ce que se demande saint Thomas d’Aquin lorsqu’il commente la deuxième pétition du Notre Père, dans laquelle le Christ nous enseigne à demander que son Royaume vienne : Adveniat regnum tuum. « Le règne de Dieu a toujours existé », dit st. Thomas, « pourquoi donc demandons-nous son avènement ? ».

Et il dit que cela doit être compris de trois façons.

« a) En premier lieu, le règne de Dieu, sous sa forme achevée, suppose la parfaite soumission de toutes choses à Dieu. » Et st. Thomas explique : « Il arrive parfois qu’un roi ne possède que le droit de régner et de commander ; et cependant il ne semble pas encore être roi effectivement, parce que ses sujets ne lui sont pas encore soumis. Il n’apparaîtra vraiment roi et seigneur, que le jour où les sujets de son royaume lui obéiront. » Nous avons déjà dit que Christ est Roi, et c’est pourquoi dira st. Thomas : « Il faut donc que tout lui soit soumis. Mais il n’en est pas encore ainsi ; cela se réalisera à la fin du monde. Il est écrit en effet (1 Co 15, 25) : Il faut qu’il déploie son règne, jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Voilà pourquoi nous demandons et nous disons : Que ton règne vienne.

Et ce faisant, nous demandons trois choses, à savoir :

• Que les justes se convertissent,

• Que les pécheurs soient punis et

• Que la mort soit détruite. » La façon dans laquelle cela doit s’accomplir, l’explique st. Thomas l’explique comme ça : « Les hommes sont soumis au Christ de deux manières. Ils le sont, ou bien volontairement, ou bien contre leur gré… Dieu veut que toutes choses soient soumises au Christ, [donc] il faudra nécessairement, ou que l’homme accomplisse la volonté de Dieu, en se soumettant à ses commandements -ce que font les justes- ou que Dieu réalise sa volonté sur tous ceux qui lui désobéissent, c’est-à-dire sur les pécheurs et sur ses ennemis, en les punissant. Et cela aura lieu à la fin du monde, quand il placera tous ses ennemis sous ses pieds (cf. Ps 109, 1). Et c’est pourquoi il est donné aux saints de demander à Dieu la venue de son règne, c’est-à-dire leur totale soumission à sa royauté. Mais pour les pécheurs, la demande de la venue du règne de Dieu est propre à faire frémir, puisque c’est la demande de leur soumission aux supplices, requis par le vouloir divin… L’arrivée du règne de Dieu, à la fin des temps, sera aussi la destruction de la mort. Le Christ en effet est la vie ; aussi la mort -qui est contraire à la vie- ne peut exister dans son royaume ».

b) En second lieu, le règne des cieux désigne la gloire du paradis.

La volonté de Dieu est le salut des hommes, car Dieu veut les sauver tous (cf. 1 Tim 2, 4). Cette volonté divine s’accomplira surtout dans le paradis, où il n’y aura rien de contraire au salut des hommes… Dans ce monde, au contraire, abondent les obstacles au salut des hommes.

Quand donc nous demandons à Dieu : Que ton règne vienne, nous le prions de nous faire triompher de ces obstacles pour nous donner part à son royaume céleste et à la gloire du paradis. » Et nous espérons faire partie de ce royaume éternel, qui n’est composé que de justes et de saints, de ce royaume où la liberté est l’héritage des élus, et où nous ne serons pas seulement libres, mais aussi rois. « Ils seront tous rois », dit st. Thomas, « parce qu’ils auront, avec Dieu, une seule volonté ; Dieu voudra tout ce que les saints voudront et les saints voudront tout ce que Dieu aura voulu. Ils règneront donc tous, parce que la volonté de tous se fera, et Dieu sera leur couronne à tous, selon cette parole d’Isaïe (28, 5) : En ce jour le Seigneur des armées sera pour le reste de son peuple une couronne de gloire et un diadème de joie. » Un royaume dont l’abondance de biens est merveilleuse, car nous y trouverons le plus grand bien, qui est Dieu lui-même : « L’homme trouvera en Dieu seul tout, beaucoup plus excellemment et plus parfaitement que tout ce qu’il cherche en ce monde. Si vous cherchez la délectation, vous trouverez, en Dieu, la délectation suprême. Si vous cherchez les richesses, en Dieu, vous trouverez surabondamment tout ce dont vous aurez besoin et tout ce qui est la raison d’être des richesses. Et il en est de même pour les autres biens. « L’âme, qui commet cette fornication de s’éloigner de vous pour rechercher hors de vous des biens, ne trouve ces biens dans toute leur pureté et limpidité, que si elle revient à vous », reconnaissait saint Augustin dans ses Confessions ».

c) Le troisième motif de demander à Dieu la venue de son règne, c’est que parfois le péché règne et triomphe en ce monde.

Contre cette calamité, saint Paul s’élevait : Que le péché, disait-il aux Romains (6, 12), ne règne pas dans votre cœur. Ce malheur arrive, lorsque l’homme est ainsi disposé qu’il suit aussitôt sans résistance et jusqu’au bout son inclination au péché.

Dieu doit régner dans notre cœur et il y règne effectivement lorsque nous sommes prêts à lui obéir et à observer tous ses commandements. Quand donc nous demandons la venue du règne de Dieu, nous demandons que ne règne plus en nous le péché, mais Dieu seul et pour toujours. »

Tout ce qui a été dit peut se résumer en trois obligations que nous avons envers le royaume du Christ :

– Premièrement, faire régner le Christ dans nos cœurs, en triomphant du péché et en nous soumettant à ses commandements, en faisant confiance à sa loi et à sa grâce, et en ne laissant pas d’autres amours nous détourner de l’amour de celui qui est mort pour notre rédemption.

– Deuxièmement, rendre publiquement témoignage au royaume du Christ, dans la mesure où cela est en notre pouvoir, et si nous ne pouvons proclamer son nom directement, que notre vie extérieure lui soit au moins en tout point conforme, afin que le mystère du Christ soit rendu transparent en nous ; c’est notre travail pour le royaume public et social du Christ, dont le droit embrasse toutes les nations, tous les peuples et dans tous les âges.

– Troisièmement, espérer sans doute qu’un jour le royaume du Christ sera accompli pleinement, et vivre face à l’éternité, face à sa Venue, sachant qu’il nous attend dans ce royaume, et que là nous régnerons avec lui pour les siècles des siècles.

Que la Vierge Marie, Mère du Roi et Reine, nous guide dans cette œuvre, dont dépend notre participation éternelle au règne sans fin de notre Roi Jésus-Christ.

P. Juan Manuel Rossi IVE.

La perle de la vie éternelle, le trésor du Ciel

Homélie pour le Dimanche XVII, année C (Mt 13, 44-52)

L’évangile de ce dimanche conclut avec une série de paraboles que le Seigneur avait proclamées devant la foule, nous avons commencé par celle du Semeur, il y a deux dimanches, puis dimanche dernier nous avons poursuivi avec les paraboles de l’ivraie, ainsi que celle de la graine de moutarde et l’autre du levain ; et finalement les quatre d’aujourd’hui, celle du trésor, celle de la perle et l’avant dernière, la pêche pour finir avec une petite parabole qui parle de l’homme qui fait tout sortir « du neuf et du vieux » de son trésor.

Cette énumération n’est pas seulement pour nous faire un rappel, mais plutôt pour montrer la relation qui existe entre elles. Parce que toutes ces paraboles nous décrivent en quoi consiste le royaume des cieux : son origine divine et surnaturelle, sa condition dans ce monde, la guerre que le mal fait contre lui et aujourd’hui nous apprenons la valeur du royaume et son aboutissement, c’est-à-dire que le royaume finira dans ce monde pour continuer à exister pour l’éternité.

Revenant au passage de l’évangile de ce dimanche, nous nous centrons sur les deux premières paraboles qui évoquent la dignité du Royaume des cieux, qui est comme un trésor ou bien comme une perle.

D’abord, il est différence à remarquer : d’un côté, le trésor a été trouvé comme par accident, on dirait « gratuitement », tandis que la perle est recherchée par le négociant, jusqu’à ce qu’il trouve celle de grand prix. Un premier point donc de réflexion si l’on parle du royaume des cieux (qui commence déjà dans ce monde et c’est la vie divine en nous), c’est qu’en lui existe comme une double action : une de la part de Dieu, qui dans son amour se laisse trouver par nous, comme le dit de façon très belle le prophète Isaïe :  Je me suis laissé approcher par qui ne me demandait rien, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas (Is. 65,1). Et voilà le cadeau sans prix offert par Dieu en nous invitant à participer de sa vie divine.

Mais l’autre parabole nous montre aussi la collaboration de l’homme, comme le marchand qui recherche sa perle, Dieu aussi est à l’origine de cela, car c’est Lui-même qui met dans notre cœur le désir de Le chercher. On ne peut pas oublier la belle pensée de saint Augustin : « Tu nous as fait pour Toi et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il ne repose en Toi »

Dans les deux cas, il est question de travailler pour pouvoir trouver ce qu’ils ont trouvé : creuser le champ, rechercher la perle. Tous les deux, perle et trésor étaient des choses uniques, si bien que les acteurs de nos paraboles ne se souciaient pas de tout vendre, tout ce qu’ils avaient pour les acheter.

Imaginons qu’en écoutant cela, les gens aient été étonnés, comme nous-mêmes ! si nous devions vendre tous nos biens pour acheter quelque chose.

Voilà donc que ce que le Seigneur veut signifier : l’objet à acquérir vaut plus que toutes les autres choses que nous possédons. La vie éternelle, qui commence avec la foi et la vie de la grâce dans ce monde a une valeur infiniment plus grande que toutes les choses créées, visibles ou invisibles de ce monde.

Nous sommes habitués à parler de la vie éternelle, cette vérité fait partie de nos vérités de foi ; mais nous ne le faisons pas parfois avec la conscience que cette vie nous attend après si nous faisons la volonté de Dieu dans la vie présente et qu’en plus, nous devions constamment désirer atteindre cette vie éternelle. La mort, le jugement personnel et le jugement universel, le purgatoire, l’enfer et le Ciel reçoivent dans l’Eglise le nom de fins dernières et le livre de Ben Sira le sage nous enseigne: Quoi que tu fasses, souviens-toi de tes fins dernières et jamais tu ne pécheras pas (Ecclésiastique 7, 38).

Le Seigneur nous apprend aujourd’hui que cette vie éternelle, ce que nous appelons le Ciel, ou bien le Royaume des Cieux (utilisant les mots de la parabole) est un cadeau de Dieu que nous devons rechercher, et lorsque nous l’avons trouvé vendre tout pour l’acquérir. En définitive, Notre Seigneur proclame que rien ne vaut plus que le Ciel dans ce monde.

En définitive, depuis notre création Dieu désire nous communiquer la joie parfaite et totale qu’Il possède, et cela Dieu le fait en nous faisant participer de la gloire au Ciel.

Comment décrire le Ciel ?

Alors, avec nos catégories humaines de temps et espace toujours limitées, avec des idées et un vocabulaire limités, faire une description exacte de ce qu’est le Ciel est presque impossible. Nous savons par ses lettres que l’apôtre saint Paul a pu contempler une petite étincelle de toute la Gloire du Ciel et il se limite à dire qu’il a entendu des paroles ineffables, qu’un homme ne doit pas redire… ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé.  (2 Cor.12, 2-4 et 1 Cor. 2,9).

Voilà ce qu’est le Ciel : indescriptible, inimaginable, insondable à l’être humain parce qu’il est limité pour comprendre et décrire l’illimité de Dieu. En fin de compte, le Ciel c’est jouir de la présence de Dieu sans aucun voile, « car au Ciel, dit saint Jean, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’Il est » ( Jn. 3,2). Saint Jean Paul II ajoutait à cette vérité celle-ci : « au Ciel nous allons vivre dans une relation d’amour intime avec Dieu, là-bas c’est la plénitude de l’intimité avec Dieu« .

Selon le Catéchisme de l’Eglise catholique, «cette vie parfaite avec la Très Sainte Trinité, cette communion de vie et d’amour avec Elle, avec la Vierge Marie, les anges et tous les bienheureux est appelée « le ciel ». Le ciel est la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif» (n. 1024). 

Mais saint Augustin constate au terme d’une réflexion sur la vie éternelle qu’il est plus facile de définir ce qu’il n’y a pas dans le Ciel que de dire ce qu’il y a.  « Au Ciel, Dieu sera lui-même la fin de nos désirs, lui que nous contemplerons sans fin, aimerons sans satiété, louerons sans lassitude ».

Avons-nous encore besoin d’une autre description ? Le Ciel est la joie qui dépasse nos désirs, l’activité sans fatigue, le repos sans ennui, la connaissance sans voile, la grandeur sans excès, l’amour sans égoïsme, le pardon sans souvenir du mal, la gratitude sans dépendance, l’amitié sans jalousie, la compagnie sans trouble. Dans le Ciel Dieu nous donnera beaucoup plus que nous imaginons et même plus que ce que nous demandons sur cette terre.

Pensons un peu à ce qu’en arrivant à la patrie céleste, l’âme sentira instantanément une grande consolation de toutes les souffrances de ce monde : votre peine se changera en joie (Jn. 16, 20). Ce qui faisait dire à saint François d’Assise : « Le bien que j’attends est tellement grand que toute peine dans ce monde se change en joie pour moi ». Belles sont aussi les paroles de Saint Thomas More, martyr : « ce monde n’a aucune tristesse que le Ciel ne puisse guérir ».

Pour finir, l’écriture nous dit que la vie éternelle consiste essentiellement en la connaissance de Dieu (Jn. 17, 3 – Mt. 5,8), et le fait de jouir de son amour sans aucune limite, dans la perfection (Jn. 15, 11). C’est un océan de joie, qui remplit tout entier les profondeurs de notre âme et satisfait complètement toutes les aspirations de notre cœur, sans qu’on puisse désirer ou avoir besoin de rien de plus, on rentre totalement dans cet amour, là s’accomplissent les paroles du Seigneur dans la parabole : serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” (Mt. 25, 21). Regardons qu’Il ne dit pas « reçois », mais « rentre », parce que la joie nous envahira tout entiers au-dedans et dehors de notre esprit.

Nous comprenons maintenant pourquoi tant de saints voulaient passer vite ce monde à l’autre, voulaient mourir pour être dans cette joie totale du Ciel. Vivre dans ce monde représentait pour eux toujours un poids, une agonie. Cela a été le cas de sainte Thérèse d’Avila, vivant cette expérience elle a composé un très beau poème dont nous prenons quelques versets.

Je vis, mais sans vivre en moi,
Et mon espérance est telle
Que je meure de ne pas mourir.

C’est cette vie d’en haut
Qui est la vie véritable,
Mais jusqu’à la mort de cette vie terrestre,
On ne peut la posséder.

O mort, ne te dérobe plus.
Que je meure tout d’abord pour que je vive !
Que je meurs de ne pas mourir.

Demandons la grâce de toujours chercher dans notre vie cette perle, ce trésor ; et ainsi vivre pour toute l’éternité avec Dieu.

P. Luis Martinez IVE.