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Sacerdos in aeternum

“Oh, que le prêtre est quelque chose de grand! S’il le comprenait, il mourrait” 

Le Saint Curé d’Ars

LitaniesNous avons l’immense joie d’annoncer cette bonne nouvelle pour notre Famille Religieuse et l’Eglise tout entière. Le 6 décembre dernier quatre moines de notre institut ont reçu le sacrement de l’ordre.

La cérémonie a été présidée par l’Evêque du diocèse de « San Rafael », de la région Mendoza en Argentine, le pays d’origine des nouveaux ordonnés.

En même temps que nos quatre moines, deux pères de la branche active ont aussi reçu le sacrement de l’ordre.

Au cours de ce mois de décembre le groupe de prêtres a parcouru les différentes villes d’Argentine, d’où ils sont originaires, pour célébrer les premières messes, ensemble, à leurs familles.

Finalement, après avoir passé les fêtes de fin d‘année avec les siens, chaque nouveau prêtre partira pOnction avec le saint Chrêmeour sa mission :

Le père José Ignacio Berarducci au monastère « Bienheureux Charles de Foucauld » en Tunisie.

Les pères Ignacio Berreta et Javier Ansaldi au Monastère   “Notre Dame de El Pueyo” en Espagne.

Le père Alejandro Cunietti  au monastère « du Verbe Incarné » en Argentine.

OrdonnésConcernant les pères de la branche apostolique, le père Tomás García est destiné au Pérou et le père José Sylvester à l’Argentine.

Nous rendons grâce au Seigneur pour ce don précieux pour notre Institut et pour l’Eglise. Nous vous invitons aussi à vous unir à notre prière pour les fruits spirituels de leur ministère sacerdotal et pour leurs familles qui ont donné, avec grande générosité, leurs enfants à Dieu.

Nous allons finir avec une belle pensée de saint Jean Paul II sur la mission du prêtre.

« Quelle merveille celle d’exercer notre triple mission sacerdotale, indispensable à l’Eglise:

Le père du nouveau prêtre embrasse les mains de son fils.
Le père du nouveau prêtre embrasse les mains consacrées de son fils.

– celle d’annonciateur de la Bonne Nouvelle: faire connaître Jésus-Christ; mettre en relation vraie avec Lui; veiller à l’authenticité et à la fidélité de la foi, qu’elle ne défaille pas, qu’elle ne soit ni altérée, ni sclérosée; et aussi entretenir dans l’Eglise l’élan évangélisateur, former à l’apostolat;

– celle de dispensateur des mystères de Dieu: les rendre présents de façon authentique, notamment le mystère pascal par l’Eucharistie, et le pardon; permettre aux baptisés d’y accéder, et les y préparer. A de tels ministères, les laïcs ne pourront jamais être délégués; il faut une ordination sacerdotale, qui permet d’agir au nom du Christ-Tête;

– celle enfin de Pasteur: édifier et maintenir la communion entre les chrétiens, dans la communauté qui nous est confiée, avec les autres communautés diocésaines, toutes en lien avec le successeur de Pierre. Avant d’être spécialisé, en fonction de ses compétences personnelles et en accord avec son évêque, le prêtre est en effet le ministre de la communion: dans une communauté chrétienne qui risque souvent l’éclatement ou la fermeture, il assure à la fois le rassemblement de la famille de Dieu et son ouverture. Son sacerdoce lui confère le pouvoir de conduire le peuple sacerdotal »(cf. Lettre du Jeudi Saint 1979, n. 5) .

Bienheureux Miguel Agustin Pro

Nous approchant de la Solennité du Christ Roi, nous voudrions vous présenter la vie d’un martyr mexicain, qui nous est très cher, il est mort le 23 novembre, en criant « Vive le Christ Roi ».Bienheureux Miguel A. Pro

Miguel Agustin (Michel Augustin) Pro Juarez naît en 1891 à Guadalupe au Mexique dans une famille profondément chrétienne. Son père est un ingénieur qui dirige l’exploitation d’une mine. Sa mère s’appelle Josefa Juarez. Le petit ‘Miguelito’, comme on l’appelle, manifeste un caractère très gai et même espiègle, prêt à jouer mille tours. Devenu grand, il abandonne un moment la pratique religieuse, mais il y revient, ému par l’entrée de sa sœur au couvent, et c’est le point de départ de sa vocation. Agé de vingt ans, il entre chez les Jésuites et fait ses premiers vœux le 15 août 1913. Inquiétés par le gouvernement mexicain anti-clérical, les Jésuites en formation doivent s’exiler aux Etats-Unis. Michel va aussi en Espagne (deux séjours) et au Nicaragua, pour aboutir en Belgique à Enghien où il achève son parcours de formation dans la maison d’études des jésuites français, eux aussi exilés, par leur gouvernement. Malgré sa mauvaise santé et de continuelles douleurs à l’estomac, le jeune jésuite se distingue par une joie inaltérable et communicative. Il est ordonné prêtre à 34 ans à Amiens, en août 1925. Lui qui venait d’un milieu aisé et qui aurait pu succéder à son père, il préfère les pauvres, et en particulier, il prend contact avec les mineurs belges et français qu’il a l’occasion de rencontrer ; il s’intéresse à la pastorale ouvrière et à la JOC naissante (Jeunesse ouvrière catholique).

Le père Pro prie avant son exécution
Le P. Pro prie avant son exécution

Malgré la persécution qui s’intensifie au Mexique avec l’arrivée au pouvoir du général Calles, ses supérieurs pensent que l’air du pays pourrait être bénéfique à sa santé (que plusieurs opérations n’ont pas pu rétablir). Le Père Pro revient au Mexique en 1926 quelques jours après l’édit interdisant la présence des prêtres. A Mexico, pendant plus d’une année, il exercera un ministère clandestin périlleux. Les églises sont fermées et tout culte public interdit. Mais, il a l’art d’agir sans être pris. Il se fait appeler ‘Cocol’ (nom d’un pain sucré qu’il aimait dans son enfance). Il utilise toutes sortes de déguisements, s’habillant par exemple en gendarme pour visiter les prisons. Un jour, alors que la maison où il se cache est cernée, il se déguise en inspecteur de police, aborde un officier et lui reproche de ne pas agir assez énergiquement pour arrêter “ce vaurien de Pro” ; l’autre s’excuse, promettant d’intensifier ses recherches. Une autre fois, talonné par la police, il prend une jeune femme dans ses bras et lui dit : « Aidez-moi, je suis prêtre », et la police passe en trombe sans prêter attention à ce couple. Dans cette vie de proscrit, l’eucharistie est la force qui l’anime et, pour en nourrir aussi ses fidèles, il organise des ‘stations eucharistiques’ disant la messe chaque jour dans une maison différente. Il n’a pas peur de s’exposer encore plus en ajoutant à son ministère spirituel des services de charité en faveur des pauvres.

Le père Pro reçoit la fussilade
Le père Pro reçoit la fussilade

Finalement il est pris, soupçonné à tort d’avoir fomenté avec son frère prêtre également, un attentat contre l’ancien Président, le Général Obregon. On le condamne sommairement. On se doute bien qu’il est innocent, mais Calles en veut surtout à son caractère sacerdotal et à son ministère. Le 23 novembre 1927, on l’emmène au lieu d’exécution. Là, après avoir prié et refusé le bandeau sur les yeux, il élève une voix puissante pardonnant à tous et disant à Dieu son innocence, puis il étend les bras en croix, tenant un crucifix dans une main et un chapelet dans l’autre, et avant d’être transpercé par les balles, il s’écrie : « Vive le Christ Roi ! » Pour son enterrement, toute manifestation publique est interdite, mais plus de vingt mille personnes sont aux fenêtres ou l’accompagnent en silence dans les rues. Parmi les prêtres martyrs de cette période, le Père Pro est le plus connu.

« Je n’ai jamais si bien compris, écrit le P. Pro, la valeur de la souffrance. II est bon de souffrir et de n’être vu que de Dieu… Il faut pourtant que je guérisse. Je veux rentrer au Mexique, où je mourrai martyr. Je veux des âmes!… J’offrirais volontiers dès maintenant le sacrifice de ma vie. Mais le bon Dieu a-t-il vraiment besoin de moi au Mexique?… Voyons si la grâce du martyre finira par m’être donnée. « 

 
Sources :
http://www.jesuites.com/2013/01/bienheureux-michel-pro-sj/
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/
http://www.hommes-adorateurs.fr/padre-pro-martyr-dans-la-joie/