C’est la semaine centrale de l’année liturgique qui, du dimanche des Rameaux et de la Passion au dimanche de Pâques, suit au plus près, pour les célébrer, les événements des derniers jours de Jésus, de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection. En cette grande semaine, les jours du Triduum pascal sont les plus importants.
Le Triduum Pascal
«Triduum» est un mot latin signifiant «un espace de trois jours» (tres: «trois» et dies: «jour»). Le Triduum pascal, qui va de la Messe du soir le Jeudi saint au Dimanche de Pâques inclus, est le centre de gravité de l’année liturgique. De la Cène à la Résurrection s’écoulent ces trois jours auxquels le Seigneur a souvent fait allusion dans l’Évangile (cf. Mt 12, 40 ; 26, 61 ; Jn 2, 19) et qui, ensemble, constituent le Mystère pascal.
Notre Pâque est Jésus-Christ
Saint Paul nous dit : «En mourant, c’est au péché que le Christ est mort une fois pour toutes; vivant, c’est pour Dieu qu’Il vit. De même vous aussi: considérez que vous êtes morts au péché et vivants pour Dieu en Jésus Christ» (Rom. 6,11). La semaine sainte est un bon moment pour vivre notre résurrection spirituelle à travers la confession sacramentelle.
Au commencement de la
célébration, la liturgie nous a expliqué les sens de la célébration :
« Nous avons préparé nos
cœurs, par la prière, la pénitence et le partage. Nous voici rassemblés pour
commence la semaine sainte, pour célébrer le mystère pascal. Aujourd’hui, le
Christ entre à Jérusalem, la Ville Sainte, où il va mourir et
ressusciter. Et encore Mettons toute notre foi à rappeler le souvenir de
cette entrée triomphale de notre Sauveur. Suivons-le dans sa passion
pour avoir part à sa résurrection. »
D’abord nous allons
contempler cette entrée triomphale dans les évangiles
synoptiques, puis à la lumière du psaume 23 que nous avons chanté tout à l’heure et nous finirons avec une petite
relation entre cette entrée triomphale et la célébration de l’Eucharistie.
A.
L’entrée à Jérusalem dans les évangiles
synoptiques.
Avec l’entrée triomphale les trois évangiles synoptiques (Mt, Marc et Luc) commencent à décrire le ministère public du Christ à Jérusalem. On trouve 5 chapitres chez Saint Mathieu (21 – 25 Mt)
Notre Seigneur entre à la
ville et chasse les vendeurs du temple.
Dans le chapitre 21 Le premier problème qui se pose c’est la question de l’autorité de Jésus. « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » demandaient les juifs. Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » [Ils n’en répondent rien pour cela Jésus leurs dit] : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela ». (Mt 21, 23 ss)
Après cela, le Seigneur
prononce la parabole de deux enfants : le premier disait faire la volonté
de son père mais finalement il ne la fait pas. La parabole de vignerons
homicides (En relation aux chefs du peuple) 22 Et une troisième parabole, le
festin des noces.
Puis les juifs
lui mettent à l’épreuve avec des questions difficiles.
L’impôt dû à César.
La résurrection des morts,
Le commandement plus grand
Au chapitre 23, Jésus dénonce l’hypocrisie des scribes
et des pharisiens… avec quelques imprécations : « Malheureux êtes-vous, scribes et
pharisiens hypocrites guides Insensés et aveugles ! »
Le chapitre 24 présente
les discours eschatologique et, dans le chapitre 25, les paraboles
en relation au jugement dernier : « Les vierges sages et folles »
et « la parabole des talents ».
Après
la prédication du Seigneur Saint Matthieu dira : « Lorsque Jésus eut terminé tout ce
discours », ce que
Saint Thomas d’Aquin commente :
« Seulement lui, il est capable de donner la fin, le terme, la perfection
à ce qu’il faut dire. »
B.
A la dernière cène :
L’évangéliste
nous décrit la préparation de tout ce qu’il fallait.
L’annonce
de trahison de Judas.
Et l’institution
de l’Eucharistie (Le même sacrifice du Christ mais offert de manière non
sanglant)
C.
Et finalement, la passion dont nous venons d’écouter le récit. C’est sa sortie de ce monde.
(Selon la transfiguration de San Luc 9, 11)
Gethsémani.
Les
tribunaux religieux et publics.
La
flagellation et le couronnement d’épine.
Le
chemin de croix et la crucifixion et la mort de notre Seigneur.
La passion, le sacrifice du
Christ offert de façon sanglant.
En effet, cette
entrée à la ville sainte a un climat, un contexte liturgique, Jésus entre dans
la ville pour offrir son unique sacrifice (Jésus
Christ… après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis
pour toujours à la droite de Dieu…. Par son unique offrande, il a mené pour
toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie.10, 12hébreux) d’abord de manière non
sanglante et puis de manière sanglante, en versant son propre sang.
Le pape Benoît, dans une homélie de dimanche
de Rameaux, disait : La procession des Rameaux est – comme elle le fut ce
jour-là pour les disciples – une expression de joie, parce que nous pouvons
connaître Jésus (le Sauveur), Il nous accorde d’être ses amis et il nous a
donné la clé de la vie, [Il est la vie]. Cette joie, qui existe au début, est
cependant également l’expression de notre “oui” à Jésus et de notre
disponibilité à aller avec Lui partout où il nous conduit. (Homélie dimanche de
Rameaux 2007)
Le
Psaume 23
Méditons maintenant le
psaume 23 de la procession d’entrée que nous avons chanté : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et
se tenir dans le lieu saint ? «
C’est la
partie du psaume où l’on voit que la perspective du Psalmiste se restreint au
Sion, « la montagne du Seigneur ». Nous sommes devant le temple de
Jérusalem et l’ambiance est liturgique.
Dans cette
procession que faisait le peuple d’Israël, les fidèles adressent une question aux
gardiens de la porte sainte: “Qui montera sur la montagne de Yahvé?
Et qui se tiendra dans son lieu saint?”.
Il ne s’agit
pas de normes purement rituelles et extérieures à observer, mais plutôt
d’engagements moraux et existentiels à pratiquer. Pour entrer en communion avec
Dieu nous devons nous préparer, ou plutôt nous laisser préparer par Dieu. En
certaine manière c’est une description de Jésus Christ : L’homme au cœur pur, aux mains innocentes. Qui ne livre pas son âme aux idoles (et ne dit pas de
faux serments).
A) Tout
d’abord il faut avoir “les mains innocentes et le cœur pur”.
“Les mains” et le “cœur” évoquent l’action et l’intention,
c’est-à-dire tout l’être de l’homme qui doit être radicalement orienté vers
Dieu et vers sa loi.
B) La seconde
exigence est celle que l’âme du croyant “ne se porte pas vers des riens ou
les idoles” qui, dans le langage biblique, ne renvoi pas seulement à la
sincérité mais surtout à la lutte contre l’idolâtrie, les idoles étant de faux
Dieu, c’est-à-dire “des riens”.
C) Enfin,
voilà la troisième condition qui concerne la relation avec le prochain
: “Ne jure pas pour tromper”. La parole, comme on le sait, dans
une civilisation orale comme celle de l’antique Israël, ne pouvait pas être un
instrument de tromperie, mais elle était au contraire le symbole de relations
sociales fondées sur la justice et la rectitude. Jésus Christ est la parole qui
donne la vie éternelle, Il est ou Il doit être le centre de la vraie vie social
de l’homme.
Pour nous qui
montons avec le Christ, c’est presque comme un examen de conscience ou un acte
de pénitence qui précède la célébration liturgique.
3. Pour
finir mais plus brièvement, tous ces évènements en relation à la liturgie
eucharistique.
On peut observer ces 3
moments liturgiques dans la célébration eucharistique :
L’entrée du Christ à Jérusalem – L’entrée du Prêtre, qui préside le sacrifice.
La prédication du Christ à Jérusalem -la liturgie de la Parole.
La dernière cène et la passion – la célébration du sacrifie eucharistique.
Conclusion :
Aujourd’hui, le Christ entre à Jérusalem, la Ville Sainte, où il va mourir et ressusciter. Nous sommes appelé à entrer avec le Christ, à avoir ses mêmes dispositions. Écoutons sa parole et répondons par notre foi, l’obéissance de la foi. Suivons-le dans sa passion ; essayons de vivre, de faire notre son sacrifice ; pour utiliser un verbe plus technique « participer» à l’unique sacrifice rédempteur, l’unique sacrifice qui peut nous purifier de nos péchés.