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Dédicace de la Basilique de Latran

Nous pouvons commencer par une question : Pourquoi ce dimanche nous fêtons la dédicace de la basilique de Latran ? Pourquoi l’Eglise nous commande de le faire, si nous ne sommes pas à la Basilique de Latran ?

Pour répondre il nous faut un peu d’histoire !

Dans l’année 313 de l’ère chrétienne, l’empire romain proclame la liberté pour que les chrétiens puissent professer leur foi, c’est-à-dire, c’est à ce moment que les grandes persécutions de la première époque s’arrêtent (où sont morts les apôtres et tant de martyres)

Peu après, vers l’année 320,  l’empereur Constantin fait ériger une basilique, dédiée au Saint Sauveur, dans les palais Lateranis, avec le temps, dû à un baptistère édifié à coté de la basilique dédié celui-ci à saint Jean Apôtre, cette basilique sera appelée saint Jean de Latran, comme nous la connaissons aujourd’hui.   C’est aussi dans ces mêmes années que dans tout le monde romain, les chrétiens ont érigé leurs temples en toute liberté.

Alors, la basilique de Latran est la cathédrale du Pape, en tant qu’il est évêque de Rome. Mais ; il est aussi successeur de saint Pierre et chef de l’Eglise Catholique. Les deux ministères sont inséparables. Toutes les églises de rite romain répandues à travers le monde, ont à cœur de célébrer le mystère de l’unique Eglise du Christ en la fête de la dédicace de la cathédrale de Rome. C’est la réalité que décrit l’inscription au-dessus du portail de la basilique  « Mère et tête de toutes les églises ». C’est une façon aussi de célébrer la catholicité et l’unité de l’Eglise, en même temps.

De cette basilique, nous pouvons dire beaucoup de choses, parce que toute son histoire est riche, en elle se sont célébrés beaucoup de conciles et c’est surtout dans le troisième et quatrième siècle que beaucoup de romains venaient se faire baptiser dans cette basilique, c’est d’ailleurs précisément pour cela que la première lecture parle  de cette source d’eau vive qui surgit du temple.

Parlons maintenant de la réalité de tout temple, soit une basilique, une paroisse, une chapelle.

Saint Thomas d’Aquin dit que « tout lieu habité par Dieu reçoit le nom de Temple ». Comme Dieu est infini, seulement l’infini peut le contenir. Son être, l’être de Dieu est le plus digne de temple pour Lui. 

Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau.  (Apoc. 21,22)

La bible nous apprend aussi que la Création même est le temple de Dieu : Oracle du Seigneur :Ne suis-je pas celui qui remplit ciel et terre ? (Jér. 23,24)

L’âme du juste est aussi le temple de Dieu : Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? (1 Co. 3,16).

Tout homme avec un peu de bon sens sait qu’il a besoin d’un temple pour rendre culte à Dieu et pour y recevoir les sacrements.

Quelles sont les raisons qui exigent aux hommes ériger des temples ?   Elles sont trois :

La première c’est que nous avons une exigence naturelle  du culte : parce que ce qui est essentiel dans le culte, l’acte par excellence c’est le sacrifice. Comme il est public et extérieur, il a besoin d’un autel. Comme le sacrifice est sacré ( sacrum facere, faire sacré), sacré est aussi le ministre, sacré est aussi l’autel où l’on sacrifie et pour qu’il soit séparé de tout ce qui est profane, l’autel a été renfermé dans un temple.

La deuxième raison concerne la réalité  de la nature humaine blessée par le péché : la création même (temple naturel de Dieu) est devenue profane après le péché originel et nos péchés. L’homme, lorsqu’il voulait renouer l’amitié avec Dieu, a dû séparer un morceau de ce monde, un espace pour le sanctifier et le dédier à Dieu. Nous avons l’exemple dans la bible de Jacob : Jacob sortit de son sommeil et déclara : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. » Il fut saisi de crainte et il dit : « Que ce lieu est redoutable ! C’est vraiment la maison de Dieu, la porte du ciel ! » Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu’il avait mise sous sa tête, il la dressa pour en faire une stèle, et sur le sommet il versa de l’huile. Jacob donna le nom de Béthel (c’est-à-dire : Maison de Dieu) à ce lieu qui auparavant s’appelait Louz. (Gen. 28,17-19)

Finalement la troisième raison, c’est parce que le fait d’avoir un temple est une exigence de notre rite chrétien.

Le Seigneur a dit à la femme samaritaine qu’il faut adorer Dieu en esprit et en vérité (Jn. 4, 23), mais c’est aussi lui-même qui a choisi pour célébrer les divins mystères une grande pièce aménagée et prête pour un repas (Mc. 14,15). C’est là qu’Il consacre pour la première fois, l’Eucharistie et ordonne  les apôtres comme prêtres et évêques. Le Cénacle a été le premier temple chrétien. C’est là que l’Esprit Saint est descendu, c’est là que la première communauté chrétienne s’est réunie dans la prière et pour le sacrifice Eucharistique.

Si dans toutes les religions l’on trouve des rites et des temples, nous ne sommes pas l’exception, encore plus lorsque nous savons que notre sacrifice est le véritable, parce qu’il offre maintenant la Victime qui est agréable au Père, son Fils Jésus-Christ.

Toutes ces considérations doivent nous aider pour avoir d’abord le respect nécessaire pour la Maison de Dieu, la façon de nous comporter et de nous habiller lors que nous sommes à l’Eglise, un autre aspect, c’est contribuer à la beauté du temple et à sa propreté pour que notre âme puisse s’élever dans la prière. Si nous avons l’occasion d’aider à la construction d’une Eglise c’est une grande œuvre devant Dieu ; ainsi qu’aider pour que dans l’Eglise, tout ce qui sert au culte, à la célébration de la messe soit vraiment digne pour le culte.

N’oublions pas que notre âme est aussi Temple de Dieu, et que ce temple doit être toujours propre, Dieu ne peut pas habiter dans un cœur qui est en état de péché mortel. Faisons de notre âme une digne demeure de Dieu.

A la Vierge Marie, le temple le plus digne que Dieu a trouvé pour ha biter dans ce monde nous donne cette grâce.

P. Luis Martinez VE.

“Prions afin que mon sacrifice qui est aussi le vôtre soit agréable à Dieu le Père, tout-puissant” – Comment les fidèles offrent-ils la messe?

Homélie pour le Dimanche XIXe. du temps ordinaire, année B. (Jn 6, 41-51)

Le passage de l’évangile de ce dimanche débute en mentionnant que les gens murmuraient contre Jésus. Si nous en faisons un peu mémoire, les foules cherchaient Jésus pour un pain matériel, et Notre Seigneur leur offre le Pain de Vie, son Corps, une nourriture spirituelle.

« Ils murmuraient, commente saint Thomas d’Aquin, c’est parce qu’ils étaient dans un état d’esprit étranger aux choses spirituelles. Si jusque-là, ils ne murmuraient pas, c’est parce qu’ils espéraient encore obtenir une nourriture terrestre : cet espoir évanoui, ils commencent aussitôt à murmurer » (Commentaire à l’évangile de saint Jean)

Et en cela toutes les paroles du Seigneur conduisent les hommes vers la foi, une foi qui vient de Dieu et que l’homme doit accueillir et accompagner par ses actes de foi et qui lui ouvrira les portes de la vie pour toujours :

« Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. »  

Participer à la sainte Messe est toujours un acte de foi, un culte au mystère de la foi, c’est la foi qui nous fait venir à la messe.

– Souhaitez Vous célébrer plus d’une messe par jour ? – Si c’était en mon pouvoir, je ne descendrais jamais de l’autel.

« La messe est infinie comme Jésus », dit saint Pio de Pietrelcina ; et tout ce que nous avons à faire pour participer à la Sainte Messe est d’avoir une “noble simplicité”. Avec les paroles de saint Jean Paul II parlant du rite romain qu’il est d’une : « essentialité mystique »

Il y a deux aspects que nous devons approfondir pour avoir une participation consciente, active et fructueuse à la Messe, ce sont l’Oblation et la Communion.

Parlons aujourd’hui de l’Oblation, ce qu’elle implique. Les fidèles qui assistent et participent activement à la célébration de la messe « offrent » spécialement le sacrifice. Outre la raison générale pour laquelle les fidèles, en tant que membres de l’Église, assistent au sacrifice de la messe, ils « offrent » aussi (la Victime), surtout ceux qui y sont présents et ceux qui coopèrent activement à sa célébration.

L’oblation (qui étymologiquement signifie ce qui est présenté ou mis devant…) est un élément essentiel du sacrifice : « Tout sacrifice est une oblation. C’est l’offrande du sacrifice. En effet, à la sainte Messe, le sacrifice est offert au moment même de la consécration, c’est-à-dire dans le même rite d’immolation. Cet acte est connu sous des noms très différents : offrir, offrande, offertoire, victime oblate, chose offerte, oblation, etc. L’oblation est l’acte de sacrifice par lequel la victime d’un sacrifice est offerte à Dieu.

Selon les paroles la constitution dogmatique Lumen Gentium (n. 10) : « Les fidèles, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, par le témoignage d’une vie sainte, par leur renoncement et leur charité effective. Participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chrétienne, ils offrent à Dieu la victime divine et s’offrent eux-mêmes avec elle ».

On peut se poser cette question : A quel moment de la messe doit commencer l’attitude d’offrande chez les baptisés ? Elle doit commencer par la présentation des dons, le moment de l’offertoire, lorsque dans la présentation des dons du pain et du vin, « le pain et le vin deviennent, en un certain sens, le symbole de tout ce que l’assemblée eucharistique apporte d’elle-même en offrande à Dieu, et offre en esprit». D’où l’importance de ce premier moment de la liturgie eucharistique, donc qu’il soit célébré avec une procession, avec un chant, tous debout.

Encore une autre question : Quand la Victime immolée (le Christ) est-elle réellement offerte ? L’offrande de la Victime est faite au moment même du rite d’immolation ou de consécration et elle se manifeste –en fait– en plaçant la Victime sur l’autel. Autrement dit, l’offrande de la Victime à Dieu, qui a lieu au moment même de la consécration, devient visible au moment de déposer le Corps et de déposer le calice avec le Sang sur l’autel : « par le fait que le prêtre pose la divine victime sur l’autel, il la présente à Dieu le Père en tant qu’offrande, pour la gloire de la très sainte Trinité et le bien de toute l’Église » (Pie XII, Encyclique Médiator Dei, 1947) .

Cette action oblative devient explicite en paroles après la consécration, dans la prière appelée « d’offrande », après la prière mémorielle, (car il n’est pas possible de tout faire et tout dire en même temps), ainsi le prêtre dit à haute voix : « nous te présentons, Dieu de gloire et de majesté, cette offrande prélevée sur les biens que tu nous donnes, le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait, pain de la vie éternelle et coupe du salut », c’est-à-dire la Victime(Prière Eucharistique 1); ou bien (Prière Eucharistique 2) : « Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, nous t’offrons, Seigneur, le pain de la vie et la coupe du salut », c’est-à-dire la Victime; ou dans la prière Eucharistique n. 3 : «nous présentons cette offrande vivante et sainte pour te rendre grâce. Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Église, et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton Alliance ».

Nous devons encore dire que de même que l’immolation n’est effectuée que par le prêtre, qui possède le sacerdoce ministériel, l‘oblation de la Victime peut et doit être, par contre, effectuée par tous les fidèles laïcs chrétiens. Selon les paroles du pape Pie XII : « cette oblation au sens restreint, les chrétiens y prennent part à leur manière et d’une double façon, non seulement parce qu’ils offrent le sacrifice par les mains du prêtre, mais aussi parce qu’ils l’offrent avec lui en quelque sorte, et cette participation fait que l’offrande du peuple se rattache au culte liturgique lui-même. ».

Par les mains du prêtre : « Par les mains ou par le prêtre », cela veut dire comme un instrument et signifie en effet, que dès qu’il représente la communauté, il offre le sacrifice au nom de tous. Pour cela, il a été spécialement délégué (consacré). C’est l’acte que les baptisés ne peuvent faire par eux-mêmes, mais avec la médiation du prêtre ministériel. En représentant la personne du Christ Tête, il offre au nom de tous les membres, et pour cette raison l’on dit que « toute l’Église universelle offre la victime par le Christ ».

Mais les fidèles offrent le sacrifice avec le prêtre : “Ensemble avec le prêtre”, exprime un complément d’accompagnement, il s’agit des actes immédiatement sacerdotaux des fidèles, actes dans lesquels ils n’ont pas besoin d’être représentés par le prêtre ministériel.

Si les fidèles offrent en même temps que le prêtre, ce n’est pas que les membres de l’Église accomplissent le rite liturgique visible de la même manière que le prêtre lui-même, ce qui revient au seul ministre délégué par Dieu pour cela, mais parce qu’ils unissent leur vœux de louange, d’impétration, d’expiation et d’action de grâces aux vœux ou intentions mentales du prêtre, et même du Souverain Prêtre, afin de les présenter à Dieu le Père dans le rite extérieur même du prêtre offrant la victime.  (Pie XII, Encyclique Médiator Dei, 1947)

Ecoutons encore l’enseignement du grand Jean Paul II : « tous ceux qui participent à l’Eucharistie, sans sacrifier comme lui (le prêtre), offrent avec lui, en vertu du sacerdoce commun, leurs propres sacrifices spirituels, représentés par le pain et le vin depuis le moment de leur présentation à l’autel » (Lettre Dominicae Cenae, 1980).

C’est pourquoi le célébrant, s’adressant aux fidèles, dit : « Prions, frères, afin que mon sacrifice et le vôtre soit agréable à Dieu le Père, tout-puissant» [1]; de même, il est explicitement dit que le peuple participe au Sacrifice de la Messe, dans la mesure où le peuple offre également comme on voit dans la Prière Eucharistique numéro 1 : 

: « Nous (les prêtres) t’offrons pour eux, ou ils (les fidèles) t’offrent pour eux-mêmes et tous les leurs ce sacrifice de louange»;

 «Voici l’offrande que nous présentons devant toi, nous, tes serviteurs(les prêtres), et ta famille entière…»;

«C’est pourquoi nous aussi, tes serviteurs (les prêtres), et ton peuple saint avec nous, …, nous te présentons, Dieu de gloire et de majesté, cette offrande prélevée sur les biens que tu nous donnes, le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait, pain de la vie éternelle et coupe du salut.».

Demandons à la très Sainte Vierge, la grâce de toujours grandir spirituellement dans notre participation à la sainte Messe.

Au padre Pio, on avait aussi posé cette question : « Mon Père, comment devons-nous participer à la Sainte Messe ? » – « De la même manière que la Sainte Vierge et les saintes femmes y assistaient (au Calvaire). Comme saint Jean a assisté au Sacrifice Eucharistique et au Sacrifice sanglant de la Croix.

P. Luis Martinez IVE.

(Citations du livre « Ars Participandi », P. Carlos Buela, IVE.)


[1] La traduction actuelle de ces paroles en français perd cette signification : “Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise”. En latin, l’invitation du prêtre est exprimée de cette manière : Oráte fratres, ut meum ac vestrum sacrifícium acceptábile fiat apud Deum Patrem omnipoténtem, dont une possible traduction est la suivante : Priez, mes frères, pour que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, puisse être agréé par Dieu, le Père tout puissant. La réponse du peuple exprime aussi la différence entre le sacerdoce baptismale et ministériel : Suscípiat Dóminus sacrifícium de mánibus tuis ad laudem et glóriam Nóminis sui, ad utilitátem quoque nostram, totiúsque Ecclésiæ suæ sanctæ : Que le Seigneur reçoive de vos mains le sacrifice à la louange et à la gloire de son Nom et aussi pour notre bien et celui de toute sa sainte Eglise.