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Et pour toi, qui est Jésus ?

Le Seigneur dit l’évangile vient habiter à Capharnaüm, et voilà que la prophétie d’Isaïe s’est accomplie. Le Seigneur annonce la bonne Nouvelle (l’Evangile), Il fait des miracles, en Lui s’accomplissent les écritures, Il se révèle comme le Messie, Il montre et proclame qu’Il est le Fils de Dieu.

Il nous suffit de prendre les évangiles pour constater qu’en Jésus-Christ toutes les prophéties de l’Ancien Testament se sont réalisées.

Vous avez peut être, entendu plusieurs fois : Et pour toi, qui est Jésus ? Parfois les réponses commencent avec ces mots : «  pour moi, Il est… » et delà sortent une quantité inimaginable de réponses, la plupart, fruit de l’imagination et de la vanité.

Un bon chrétien devrait pourtant dire : pour moi le Christ est le Fils de Dieu qui se fait chair, ce n’est pas mon imagination, c’est l’Eglise et les évangiles qui m’ont appris cette vérité, et je le tiens comme une vérité de foi, pour laquelle je donnerai ma vie.

Alors, pour confesser que Notre Seigneur Jésus-Christ est Dieu nous pouvons donner beaucoup de raisons, mais elles ne suffiront pas, nous resterons toujours à moitié de chemin ; encore plus, nous serons au commencement du chemin. Pour confesser le Christ, il nous faut la foi ; il faut que ma raison ne s’incline pas seulement sous le poids des preuves, même si elles peuvent nous aider, mais il faut que nous donnions un autre pas, ce dernier pas de la foi.

Beaucoup de prophéties ont parlé du Seigneur, dans Sa Vie, tout cela s’est accompli comme Lui-même l’a dit avant d’expirer sur la Croix. Le Seigneur a aussi prophétisé beaucoup de choses qui se sont accomplies dans l’Histoire.

Parmi elles, il y en a une qui est, pour ainsi dire, une prophétie vivante. On parle de l’Eglise. Comment penser que de douze hommes qui étaient presque des illéttrés, Dieu a fondé une société qui allait conquérir tout un monde. Et que cette Eglise n’allait pas disparaître comme tant d’autres règnes sur la terre :   

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre elle ». 

En même temps que nous le voyons réalisé dans l’histoire, cela nous donne une grande paix et tranquillité. Combien ont voulu détruire l’Eglise, combien veulent la détruire, combien veulent déformer les vérités que l’Eglise nous a apprises. Si notre âme se trouble rappelons-nous les Paroles du Seigneur : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre elle ».

Mais, revenant à ce dont on parlait d’abord, beaucoup ont essayé de détruire notre foi, notre foi en Jésus-Christ ; certains ont dit que Notre Seigneur n’a finalement jamais existé, qu’il s’agit un personnage légendaire et un mythe. Ce Jésus des évangiles, disent-ils, a été inventé par ses fanatiques, ses disciples ont fait d’un simple homme, un dieu, alors plus les siècles sont passés, ce Jésus devenait encore plus idéalisé, plus une légende ; mais d’abord, il était un bon homme qui s’appelait Jésus, assez loin d’être Dieu ou le Messie.

Alors, si l’on fait recours à la même histoire, on trouve que déjà, avant le premier siècle, l’empereur Trajan ordonne à un tel Pline, gouverneur de l’Asie mineure de se renseigner sur une nouvelle religion. C’est un témoignage écrit qui dit : « Les chrétiens se réunissent tôt le matin d’un jour fixé et chantent les louanges du Christ, comme si c’était un Dieu » Comme nous apercevons, un païen dit que les chrétiens considèrent le Christ un Dieu. On ne peut pas oublier non plus l’archéologie qui nous montre sans paroles que les chrétiens adoraient Jésus comme Dieu.

Après la naissance du christianisme c’est une foule innombrable d’hommes et femmes, même des enfants qui ont donné leur vie pour confesser que Jésus est Dieu. D’où venait cette force pour confesser cela ? D’où venait la résistance des chrétiens persécutés pendant 4 siècles, qui semblait augmenter plutôt que diminuer le nombre de disciples du Seigneur ? Comme Tertullien écrit : « Nous ne sommes que d’hier et nous envahissons tout: les villes, les colonies, les palais, les prétoires, même l’armée, le forum, le sénat; nous ne vous laissons que vos temples, qui sont devenus déserts ».

Si l‘on continue à regarder l’histoire, on voit toujours dans les premiers siècles, un grand persécuteur de l’Eglise Dioclétien, empereur romain, c’est à cause de lui que beaucoup de chrétiens sont allés au martyre, avec l’idée d’avoir supprimé le christianisme, il fait donc frapper une monnaie avec cette inscription : « Nomine Christianorum deleto » : « en souvenir de la disparition du nom chrétien ». Pourtant quelques années après, il meurt et un autre empereur, Constantin, proclame la paix pour les chrétiens, et même après, Constantin, lui-même devient chrétien…

Vous allez dire : « qu’est–ce qu’il lui est arrivé au père  pour  qu’il nous fait fasse un cours d’histoire !! » Mais c’est simplement pour voir un peu ce que la même histoire nous dit et que beaucoup d’ennemis de l’Eglise ont essayé et essaient de changer pour nous tromper…

Un dernier exemple par rapport à ceux qui ont combattu Jésus-Christ et son Eglise. Il y a eu un empereur qui s’appelait Julien, il est passé à l’histoire avec le nom de l’Apostat, Julien l’apostat, parce que, après la paix de Constantin (313), il a voulu enlever le christianisme de l’empire, et les chrétiens ont subi encore une nouvelle persécution.

C’est ainsi, qu’après avoir détruit quelques communautés et tué beaucoup de chrétiens,  il demande à un chrétien avec une ironie triomphante « Eh bien ! que fait maintenant le charpentier galiléen? »

Le chrétien répondit par ces mots remplis d’une foi inébranlable : « Il fait ton cercueil ». En réalité, le cercueil de Julien était déjà fait. Et lorsqu’il est resté mourant sur le champ de bataille, il prit dans le creux de sa main un peu de son sang et le lança contre le ciel avec ce cri de désespoir : Tu as vaincu, Galiléen!

Dans son agonie, Julien l’Apostat, reconnait malgré lui, que ce Christ qui triomphe n’est pas quelqu’un passé et mort, mais quelqu’un qui est vivant. Alors, si un impie peut dire cela, nous qui croyons en Jésus, Fils de Dieu, nous n’allons pas raffermir notre foi en Lui ?

Même si aujourd’hui le monde se présente contraire à Jésus-Christ, et que lui et son Eglise sont attaqués, soit de dehors soit parfois, on peut dire, de dedans. Dans ce monde confondu, il nous faut soulever la tête, et voir l’histoire d’un regard différent, d’un regard surnaturel. Le Christ est toujours vainqueur, et nous sommes vainqueurs avec Lui. Il est toujours vivant, Il est notre Lumière et la Lumière des nations, et Il est avec nous ; comme lui-même l’a dit « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

A la très sainte Vierge Marie nous demandons de grandir dans la foi.  

P. Luis Martinez V.E.

La vocation de Marie au moment de l’Annontiation

Dimanche IV du temps de l’Avent, année B (Lc. 1, 26-38).

Dans ce dernier dimanche du temps de l’Avent, la liturgie de la Parole de cette année nous invite à méditer l’annonce de l’Ange à Marie et la conception de Jésus.

C’est un texte très beau, qu’il faut lire avec la profondeur théologique donnée par son auteur, l’Esprit Saint; le moment est décrit par saint Luc, mais Dieu a voulu qu’il choisisse les paroles exactes afin de nous dévoiler quelques traces de ce grand mystère : l’Incarnation du Verbe et la Maternité divine de Marie avec sa participation dans le plan du salut.

Commençons donc par la première parole adressée à Marie : « Je te salue ». Mais la parole grecque qui est traduite, “Kaire”, signifie en soi “réjouis-toi”, “sois contente”. Et il y a là un premier élément qui surprend:  la salutation entre les juifs était “Shalom”, “paix”, alors que dans le monde grec le mot : “Kaire”, “réjouis-toi” était habituel. Il est surprenant que l’Ange, en entrant dans la maison de Marie, salue avec le salut des grecs :  “Kaire”, “réjouis-toi, sois contente”. Et les Grecs, lorsqu’ils lurent cet Evangile quarante ans plus tard, ont pu voir ici un message important:  ils ont pu comprendre qu’avec le début du Nouveau Testament avait également eu lieu l’ouverture au monde des peuples, à l’universalité du Peuple de Dieu.

Mais il est aussi important de noter, affirme le pape Benoît (homélie 18/12/2005), que les paroles de l’Ange sont la reprise d’une promesse prophétique tirée du Livre du prophète Sophonie. Le prophète, inspiré par Dieu, dit à Israël:  “Réjouis-toi, fille de Sion; le Seigneur est avec toi et prend en toi sa demeure”. Nous savons que Marie connaissait bien les Saintes Ecritures. Son Magnificat est une étoffe tissée des fils de l’Ancien Testament. Nous pouvons donc être certains que la Sainte Vierge comprit immédiatement qu’il s’agissait des paroles du Prophète Sophonie adressées à Israël, à la “fille de Sion”, considérée comme demeure de Dieu. A présent, la chose surprenante qui fait réfléchir Marie est que ces paroles, adressées à tout Israël, sont adressées de manière particulière à Elle, Marie. Elle est appelée à être la véritable demeure de Dieu, une demeure qui n’est pas faite de pierres, mais de chair vivante, d’un cœur vivant ; que Dieu entend en réalité la prendre précisément elle, la Vierge, comme son véritable temple. Nous pouvons alors comprendre que Marie commence à réfléchir avec une intensité particulière sur ce que signifie cette salutation.

L’ange Gabriel s’adresse à Marie, avec un nom nouveau, Pleine de Grâce, Comblée-de-grâce, cela montre qu’elle reçoit un nom « nouveau » à cause d’une mission nouvelle donnée par Dieu, comme c’est le cas d’Abraham ou bien de saint Pierre dans le Nouveau Testament. La mission de Marie ou plutôt sa vocation a besoin pour ainsi dire, de la joie, de la grâce et de l’assistance et de la compagnie de Dieu, tous ces éléments sont réunis dans les premiers mots de l’ange.

Alors, bien que l’ange lui commande la joie, se réjouir, parmi les réactions de Marie devant ces paroles (elle est bouleversée, elle se demandait le sens de cette salutation et l’explication, et finira par accepter) l’évangile ne dit pas qu’elle s’était réjouie. C’est après, lors de la visite à sa cousine Elisabeth que Marie dira que son esprit exulte de joie en Dieu. Mais nous avons la certitude que dans toute vocation et mission donnée par Dieu se trouvent toujours le défi et le sacrifice.

Tout laisser pour le Christ ne provoque pas nécessairement une joie sensible et immédiate, mais dans la fidélité quotidienne à cette vocation, on trouve une joie complète. La joie est ce qui rend l’appel de Dieu reconnaissable, c’est l’un des signes qui garantit que cette vocation vient de Dieu. Cette «joie» que l’Ange dit à Marie est un impératif qui préserve sa nature malgré la douleur.

« Le Seigneur est avec toi »: Il ne s’agit pas ici d’une présence générique de Dieu, mais de son aide réelle et efficace. Cette assurance n’est pas donnée dans la Bible à n’importe quelle personne, mais uniquement aux grands appels de l’histoire du peuple de Dieu (Jacob, Moïse, Josué, Gédéon et David). Dans le développement de la mission, ils ne dépendent pas uniquement de nos propres forces humaines. Dieu ne se limite pas à appeler, pour abandonner ceux qu’Il a appelés à leur sort, mais il les accompagne et leur permet d’accomplir leur mission. Il est attentif et reste fidèle. Il leur assure sa constante assistance.

Et Marie réagira à ces paroles de l’ange sur un plan émotionnel et rationnel, de toute sa personne. Sur le plan émotionnel, elle réagit par le bouleversement (comme celui qui reçoit beaucoup de bonnes idées mais ne sait pas par où commencer et se sent en plus, dépassé). Sur un plan rationnel, elle réagit en délibérant et en réfléchissant (en grec: dielogídseto, « elle dialoguait avec elle-même »). Elle demeure ouverte au message et travaille pour le comprendre plus profondément.

Bien comprendre sa vocation, c’est aussi comprendre sa propre insuffisance pour l’accomplir. L’accomplissement de sa vocation ne peut jamais être basé sur une tranquille confiance en ses propres forces. Il est tout à fait normal et légitime que les appelés reconnaissent leurs propres limites, leur petitesse, leurs péchés (pas dans le cas de Marie) et qu’ils attendent tout de l’aide de Dieu. C’est pourquoi l’ange dit aussi à Marie: «ne crains pas». Si Dieu a jugé qu’il fallait dire «ne crains pas» à la Vierge Marie, à plus forte raison il n’est pas anormal que nous éprouvions en nous un certain frémissement devant une vocation et à une mission. La force de l’Esprit se trouve dans l’appel devant l’expression de ses limites et de sa petitesse.

Marie est étonnée et demande: “Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais aucun homme?” C’est une parole étrange sûrement, car elle était fiancée à un homme, Joseph, de la maison de David, d’où viendra le Messie comme l’ange venait de lui annoncer. Marie voulait dire que, étant vierge, comme l’ange le savait, elle voulait rester dans cette condition ; ou bien, comme les théologiens l’ont interprété, elle avait fait un vœu de virginité et espérait le garder. Elle n’osait cependant pas contredire les volontés de Dieu, qui avait déjà commencé à communiquer avec elle. «Je ne connais pas d’homme» signifie dans sa pensée: «Je ne veux pas le connaître». Mais elle ne dit pas «je ne le connaîtrai jamais » parce qu’elle ne s’oppose pas aux desseins de Dieu et elle attend la solution de cette énigme.

Dieu répond par la force du Saint-Esprit pour dévoiler enfin la mission à laquelle Marie est appelée: “Le Saint Esprit descendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre.” Ce que Marie ne peut pas faire avec sa propre force, la puissance et la force de Dieu le feront. C’est ainsi que Dieu avait agi dans la création, faisant tout sortir du rien. Et ainsi qu’Il fera par la résurrection des morts. Et c’est pourquoi il rend possible l’accomplissement de chaque vocation.

A la fin du ce dialogue rempli de mystère, une fois que tout le plan de Dieu est révélé, Marie répond à l’Ange:  “Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole”. Marie anticipe ainsi la troisième invocation du Notre Père:  “Que ta volonté soit faite”. Elle dit “oui” à la grande volonté de Dieu, une volonté apparemment trop grande pour un être humain; Marie dit “oui” à cette volonté divine, elle se place dans cette volonté, elle insère toute son existence à travers un grand “oui” dans la volonté de Dieu et ouvre ainsi la porte du monde à Dieu. Adam et Eve, avec leur “non” à la volonté de Dieu, avaient fermé cette porte. “Que la volonté de Dieu soit faite”:  Marie nous invite nous aussi à prononcer ce “oui” qui apparaît parfois si difficile. Nous sommes tentés de préférer notre volonté, mais Elle nous dit:  “Sois courageux, dis-toi aussi:  “Que ta volonté soit faite”, car cette volonté est bonne”. Tout d’abord elle peut apparaître comme un poids presque insupportable, un joug qu’il n’est pas possible de porter; mais en réalité, la volonté de Dieu n’est pas un poids, la volonté de Dieu nous donne des ailes pour voler haut, et nous pouvons ainsi aussi oser, avec Marie, ouvrir à Dieu la porte de notre vie, les portes de ce monde, en disant “oui” à sa volonté, en ayant conscience que cette volonté est le vrai bien et nous guide vers le vrai bonheur. 

Pour conclure cette méditation, l’Évangile de Saint Luc dit immédiatement après ce récit: «Marie se leva (anastâsa) et se rendit rapidement (metaspoudês) dans la région montagneuse, dans une ville de Juda; elle entra dans la maison de Zacharie et  salua Elisabeth ». « Marie se leva », c’est le même verbe pour dire « ressusciter » en grec, car accomplir la mission que Dieu nous a donnée signifie vivre déjà comme ressuscités dans ce monde. Et Elle a commencé à accomplir sa vocation « rapidement». Nous devons donc, nous aussi, accepter l’appel de Dieu et entrer « promptement » à son service. Les apôtres, lorsqu’ils ont été appelés, ont aussi répondu « immédiatement»: «Ils ont immédiatement laissé les filets et l’ont suivi» (Mc 1,18; grec: euthéos, immédiatement, instantanément).

Que la très Sainte Vierge Marie prépare nos cœurs pour recevoir son Fils, l’Emmanuel dans quelques jours.

P. Luis Martinez IVE.