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ET NE NOUS LAISSEZ PAS SUCCOMBER A LA TENTATION (TROISIÈME PARTIE)

DE QUELLE MANIÈRE L’HOMME EST LIBÉRÉ DE LA TENTATION?

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A ce sujet, il faut remarquer ceci : le Christ nous enseigne à demander au Père non pas la grâce de ne pas être tentés, mais bien celle d’éviter de nous établir passivement dans l’état où nous met la tentation.

C’est en effet en surmontant et en dominant la tentation que l’homme mérite la couronne de gloire incorruptible (cf. 1 Co 9, 25 ; 1 Pierre 5, 4).

C’est pourquoi saint Jacques (1, 2) déclare : Considérez comme une joie extrême, mes frères, de buter sur toute sorte d’épreuves. Et l’Ecclésiastique nous avertit (2, 1) : Mon fils, en entrant au service du Seigneur, prépare votre âme à l’épreuve. Saint Jacques déclare encore (1, 12) : Heureux l’homme qui supporte la tentation : sa valeur une fois reconnue, il recevra la couronne de vie.

Ainsi donc, Jésus nous enseigne à demander au Père de ne pas nous laisser succomber à la tentation en donnant à cette tentation notre consentement.

 Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec l’épreuve il donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter dit saint Paul (1 Co 10, 13). Que l’homme soit tenté en effet est chose normale, mais qu’il consente à la tentation et s’y abandonne, cela ne l’est pas, mais lui vient du diable.

Mais objectera-t-on, puisque le Christ dit très précisément : Ne nous induisez pas en tentation, c’est-à-dire, ne soyez pas cause d’un entraînement et d’une entrée fatale dans la tentation, ne faut-il pas comprendre que c’est Dieu lui-même, plutôt que le diable, qui nous entraîne activement au mal ?

Il faut savoir que Dieu permet parfois le mal à cause de la liberté que l’homme ne sait bien utiliser. Un exemple c’est que Dieu retirera sa grâce, à cause des nombreux péchés de cet homme ; ce qui aura pour effet de faire tomber celui-ci dans le péché.

C’est pour être préservé d’un tel malheur, que le Psalmiste demande à Dieu dans sa prière (Ps. 70, 9) : Lorsque mes forces déclineront, Seigneur, ne m’abandonne pas.

Par contre, grâce à la ferveur de la charité qu’Il lui donne, Dieu conduit l’homme de telle manière qu’il ne soit pas induit en tentation. La charité en effet, si petite qu’elle soit, peut résister à n’importe quel péché. Car les grandes eaux (de la tentation) n’ont pu éteindre l’amour, dit le Cantique des Cantiques (8, 7).

Heureux_les_coeurs_purs_Institut_du_Verbe_IncarnéLe Seigneur nous dirige aussi par la lumière de l’intelligence ; par elle, il nous montre les œuvres que nous devons accomplir. D’après le Philosophe Aristote, en effet, tout pécheur est un ignorant. Pour bien agir, David  demandait cette lumière par ces paroles (Ps. 31, 8) : Seigneur, illumine mes yeux, que je ne m’endorme pas dans la mort. Que mon ennemi ne dise pas : j’ai triomphé de lui.  Cette lumière nous vient par le don d’intelligence.

Si nous refusons notre consentement à la tentation  nous gardons cette pureté du cœur, béatifiée par Jésus, en ces termes (Mt 5, 8) : Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ; et nous parviendrons à la vision de Dieu.

Commentaire au Notre Père

Saint Thomas d’Aquin

Lire aussi:

Ne nous laisse pas succomber dans la tentation (Première partie)

Ne nous laisse pas succomber dans la tentation (Deuxième partie)

Notre Père qui es aux cieux

Dieu le PèreLe Seigneur nous prescrit de dire à son Père, dans l’Oraison dominicale, non pas « Père », mais« Notre Père ».

Il nous montre quels sont nos devoirs envers nos proches:

A nos proches, nous devons, premièrementl’amour, parce qu’ils sont nos frères ; tous, en effet, sont fils de Dieu. Qui n’aime pas son frère qu’il voit, dit saint Jean (1 Jean 4, 20), comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ?

En deuxième lieu, nous devons à nos semblables le respect. N’avons-nous pas tous un Père unique, dit Malachie (2, 10). N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi donc chacun de vous méprise-t-il son frère ? Et saint Paul écrit aux Romains (12,10) : Prévenez-vous d’honneur les uns les autres.

L’accomplissement de ce double devoir nous procure un avantage très désirable, puisque le Christ, dit saint Paul (Heb 5, 9), est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel.

 QUI EST DANS LES CIEUX (cela vient désigner un autre nom de Dieu, une autre caractéristique)

Ce nom nous inspire « confiance » ; il est évidant que parmi les dispositions nécessaires à celui qui prie, la confiance a une importance considérable. Que celui qui fait une demande à Dieu, dit en effet saint Jacques (1, 6), la lui adresse avec foi, sans hésitation aucune.

Le Seigneur, au début de la prière qu’il nous à enseignée, expose les motifs qui font naître la confiance.

C’est d’abord la bienveillance du Père« Si vous, dit le même Seigneur (Luc 11, 13), qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

 Un autre motif de confiance, c’est la grandeur de la puissance du Père ; ce qui fait dire au Seigneur, non pas simplement : Notre Père, mais : Notre Père, qui es aux cieux. Le psalmiste dit de même à Dieu (Ps. 122, 1) : Vers Toi j’ai les yeux levés, vers Toi qui es au ciel.

Mais, comment on peut dire que Dieu est aux cieux si nous savons qu’Il est partout ? Ainsi comme partout où est le roi, là est la cour ainsi partout où est Dieu, là est le ciel.

 Considérons ce que dit saint Augustin : qu’après avoir cherché Dieu de tous côtés, il le trouva dans lui-même.

Saint Thomas d’Aquin
Commentaire au Notre Père

« Pensez-vous qu’il soit peu utile à une âme qui est distraite de comprendre cette vérité, et de connaître qu’elle n’a point besoin d’aller au ciel, afin de parler à son divin Père, pour trouver en lui toute sa joie, ni de crier de toute sa force pour s’entretenir avec lui ?

 Il est si proche de nous, qu’encore que nous ne parlions que tout bas, il ne laisse pas de nous entendre, et nous n’avons pas besoin d’ailes pour nous élever vers lui ; il suffit de nous tenir dans la solitude, de le regarder dans nous-mêmes, et de ne nous éloigner jamais de la compagnie d’un si divin hôte. Nous n’avons qu’à lui parler avec grande humilité, comme à notre père ; à lui demander nos besoins avec grande confiance, à lui faire entendre toutes  nos  peines ;  à  le  supplier  d’y  apporter  le  remède,  et  à reconnaître en même temps que nous ne sommes pas dignes de porter le nom de ses enfants. »

Sainte Thérèse d’Avila