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LA NUIT DE NOËL

A la nuit de Noël, nos cœurs retournent un peu à l’enfance et avec cela aussi à l’innocence, un mot que le monde d’aujourd’hui a malheureusement oublié. L’histoire de la nativité de l’enfant Jésus, que les évangélistes Luc et Mathieu nous ont transmis dans leurs évangiles ne laissent pas de toucher nos cœurs, sans perdre tout le réalisme. Noel_2_Institut_du_Verbe_IncarnéUne troupe céleste innombrable qui loue Dieu dans les cieux, une étoile qui guide les rois mages de l’orient. Tout pour annoncer la naissance du Seigneur.

Il y en a plusieurs qui ont essayé d’enlever le caractère historique aux passages de l’évangile de l’Enfance du Seigneur, ils disaient par exemple que ces histoires ont été inventées par les évangélistes pour donner à Jésus de Nazareth un caractère divin. Alors que c’est le contraire, c’est parce que le Seigneur Jésus-Christ est Dieu, que tous ces signes ont annoncé sa naissance et c’est cela qu’avec toute simplicité nous racontent les évangélistes. On oublie que saint Luc commence son évangile disant qu’il s’est informé soigneusement de tout depuis les origines pour transmettre cela dans son livre. Nous pouvons penser avec toute justice que la Vierge Marie a été la principale source de ces récits de saint Luc, elle qui gardait toutes ces choses dans son cœur. C’est ainsi que la tradition de l’Eglise le proclame.

Mais notre réflexion revient vers la nuit de Noël, vers ces bergers qui passaient leur nuit à garder les troupeaux. Ils connaissaient l’existence des anges, ils étaient hébreux et connaissaient les écritures, mais ils ne les avaient jamais vus. Simples bergers, loin de pratiquer la religion juive de façon très stricte comme les pharisiens, ils étaient croyants et ils attendaient le Messie, ils savaient certainement que c’était déjà le temps de sa Venue.

On imagine l’étonnement pour les bergers de voir le premier messager divin qui leur communique la bonne nouvelle (en grec, c’est le mot évangile), plus étonnant encore c’est cette cour céleste qui glorifie Dieu dans le Ciel. L’ange leur donne un signe, et ils vont partir avec empressement pour aller voir ce signe.

Alors quel est ce signe, c’est un enfant, un petit enfant faible, qui pleure, qui a besoin des autres pour vivre. Le signe qu’ils voient dans l’enfant Jésus est loin de ce que le peuple attendait et de l’idée qu’il se faisait du Messie, un messie plein de pouvoir, capable de détruire les ennemis du peuple d’Israël.

Dans quelques jours, nous allons aussi commémorer la visite des Rois Mages, eux aussi, ils ont été guidés par un grand signe au Ciel, une étoile jamais vue auparavant. Mais lorsqu’ils arriveront à Bethléem pour adorer ce grand Roi, ils vont trouver ce même Enfant Jésus, faible et pauvre, loin d’être un roi puissant aux yeux des hommes.

Dans cette année de la foi nous pouvons beaucoup apprendre de ce mystère. Nous sommes à genoux devant l’image d’un Enfant ; et nous faisons l’acte de foi. Jésus a voulu naître de cette manière pour nous montrer le chemin par lequel Dieu veut nous conduire au Ciel.

Dans nos vies, Dieu paraît parfois se cacher derrière la faiblesse, la souffrance ; parfois, plusieurs fois nous sommes tentés de penser que Dieu n’est pas là , que Dieu n’est pas si puissant pour faire disparaître le mal de nos vies. Mais Dieu est là, comme Il était là , à la crèche lorsque les bergers et les mages voyaient le Petit Enfant emmailloté et couché dans une mangeoire.

Notre regard de foi doit être donc le même que celui des rois mages et des bergers, dont l’évangile nous dit qu’ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.

Cette nuit de Noël notre foi se renouvelle encore une fois dans la naissance de Jésus. Et notre foi s’exprime de façons très différentes.

Je finis avec un exemple : C’était l’année 1994, deux jeunes avaient été envoyés en mission en Russie. La mission consistait à donner de principes éthiques et moraux, qui avaient comme base les valeurs chrétiennes, à des orphelins qui avaient perdu leurs familles à cause de la guerre.

Arrivés au moment de Noël, ces deux jeunes ont raconté l’histoire de la Nativité, jusque-là inconnue de ces enfants et ils avaient ramené pour eux des simples crèches en carton que chaque enfant devait modeler selon son imagination.

Voyant après le résultat de leurs travaux, ils se sont rendus compte qu’un des petits, appelé Misha avait mis deux petites figures de l’enfant Jésus dans sa crèche.

Ils lui ont demandé la raison : à cela le petit Misha a commencé pour raconter avec une grande certitude l’histoire, jusqu’au moment où la Vierge a mis l’Enfant dans la mangeoire.

« A ce moment, dit Misha, l’Enfant Jésus m’a regardé et m’a dit si j’avais un endroit où aller , je lui ai répondu que je n’avais ni maman ni papa, et pour cela je n’ai pas donc aucun endroit où aller. »Noel_3_Institut_du_Verbe_Incarné

« A cela, Jésus m’a répondu que je pouvais donc rester avec Lui. Comme tout le monde lui donne de cadeaux, continuait Misha, j’ai pensé que le mien serai de le réchauffer avec ma compagnie, et Jésus m’a répondu : me réchauffer avec ta compagnie c’est le meilleur cadeau que quelqu’un puisse me donner. »

A ce moment là les larmes ont envahi le petit Misha, il avait compris par une grâce que Jésus est né pour lui, et que l’Enfant Jésus n’allait jamais l’abandonner, qu’Il allait toujours l’aimer et l’amener au Ciel.

Saint Ambroise de Milan prêchait avec toute vérité: « C’est pour vous qu’il s’abaisse à cet état d’infirmité, lui qui est en lui-même toute puissance; pour vous, qu’il se réduit à cette pauvreté, lui qui possède toute richesse. Ne vous arrêtez point à ce que vous voyez, mais considérez que c’est par là que vous êtes rachetés. Seigneur Jésus, je dois plus à vos humiliations qui m’ont racheté, qu’aux œuvres de votre puissance qui m’ont créé. Que m’eût-il servi de naître sans le bienfait inestimable de la rédemption ?

Que la Vierge Marie, elle qui gardait tous ces beaux souvenirs dans son cœur, nous aide à grandir dans la foi en son Fils Jésus le Christ.

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bienheureux Charles de Foucauld »

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“ET LE FRUIT DE TES ENTRAILLES EST BENI”

Lire l’évangile de ce dimanche (Lc 1, 39-45)

Ce dernier dimanche du temps de l’Avent est consacré à la Vierge Marie et à son rôle fondamental dans le mystère de notre Salut, dans le mystère de l’Incarnation et de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ.

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Ville de Bethléem aujourd’hui

Un simple regard, d’abord, sur les lectures de ce jour, le prophète Michée nous annonce que la ville de Bethléem est choisie par Dieu pour que son Fils vienne au monde. L’Eglise veut nous montrer avec cela que les temps se sont accomplis et que rien ne manque dans le dessein de Dieu. La promesse de nous envoyer un Rédempteur se réalise.

Dans la deuxième lecture, la lettre aux Hébreux nous dévoile la réponse du Fils de Dieu et le don qu’Il a fait de lui-même, l’Esprit Saint a voulu nous le révéler dans ce passage du nouveau Testament : « En entrant dans le monde, le Christ dit, d’après le Psaume : Tu n’as pas voulu de sacrifices ni d’offrandes, mais tu m’as fait un corps. Tu n’as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ; alors, je t’ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté. »

Alors ces deux lectures nous aident évidement à méditer le passage de l’Evangile, celui de la visitation de la Vierge à sa cousine Elisabeth. Le Fils de Dieu dans le sein de la Trinité accepte d’accomplir le Plan de Rédemption dans le monde « Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté », la Vierge Marie au moment de l’Annonciation accepte elle aussi sa mission de Mère du Christ, participant d’une manière très proche à la Rédemption de toute l’humanité « Voici la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta Parole! », et c’est ainsi que Marie, avec ce voyage qu’elle entreprend, commence Sa mission.

C’est juste après la scène de l’Annonciation que Saint Luc met ce passage de la Visitation comme une continuation logique. Nous pouvons contempler la foi de la Vierge Marie qui se traduit en des œuvres concrètes.

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Saint Luc commence en disant que Marie « se met en route rapidement », cela traduit le verbe grecque « anîstemi », le même verbe que Saint Luc utilise lorsqu’il veut parler des actions qui ont été impulsées pour ainsi dire « par l’Esprit Saint », c’est aussi le même verbe qu’il utilise au moment de la Résurrection du Seigneur. C’est l’Esprit Saint qui fait que Marie prenne la route rapidement vers la Judée.

Alors, plus qu’un acte de charité dont nous pouvons aussi beaucoup apprendre, nous devons contempler surtout la mission spirituelle de la Vierge « portant celui qui la portait », comme dit saint Bernard.

Si l’on compare ce voyage vers la maison de sa cousine avec le premier voyage du Seigneur (lorsqu’Il est sorti pour prêcher la nouvelle) on découvre une grande similitude, parce que le Seigneur sort de Nazareth pour commencer sa mission vers la Judée. On peut dire qu’Il avait déjà fait une première mission par sa Mère et dans le sein de sa Mère, il en fera une deuxième pour aller naître à Bethleem. La visitation est donc la première mission du Seigneur.

La Vierge Marie amène le Seigneur à ceux qui l’attendaient, l’Enfant Jésus se presse pour sanctifier les hommes avec sa Venue, Il veut sanctifier d’abord celui qui allait préparer son chemin. Marie part pour servir son Seigneur, pour annoncer la bonne nouvelle.

L’Eglise donne à Marie le titre de Médiatrice de toutes Grâces, et nous voyons cela de façon admirable dans cet évangile : « lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli (il a bondi) d’allégresse au-dedans de moi », voilà comment s’est accomplie la prophétie de Malachie « pour vous qui craignez mon Nom, se lèvera un soleil de justice, et la guérison sera dans ses rayons ; vous sortirez et vous bondirez comme des veaux d’étable ». Ce n’est pas seulement déjà l’annonce de l’Evangile, c’est une anticipation de la Pentecôte, parce que saint Jean sera rempli de l’Esprit Saint, et avec lui aussi sa mère, Elisabeth.

Elle félicite à son tour, la Vierge pour sa foi: « Heureuse toi qui as cru ». Expliquant ces paroles, saint Ambroise de Milan va faire une belle application pour nous les chrétiens. Il dit : « Heureux, vous aussi qui avez entendu et qui avez cru ; car toute âme qui croit conçoit et engendre le Verbe et le reconnaît à ses œuvres.

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Tableau composé par le Bx. Charles de Foucauld

Heureux, vous aussi qui avez entendu et qui avez cru ; car toute âme qui croit conçoit et engendre le Verbe et le reconnaît à ses œuvres.

Que l’âme de Marie soit en chacun de vous, pour qu’elle exalte le Seigneur ; que l’esprit de Marie soit en chacun de vous, pour qu’il exulte en Dieu.

S’il n’y a, selon la chair, qu’une seule mère du Christ, tous engendrent le Christ selon la foi. Car toute âme reçoit le Verbe de Dieu, pourvu qu’elle soit irréprochable et préservée des vices en gardant la chasteté dans une pureté intégrale. 

Toute âme qui peut vivre ainsi exalte le Seigneur, comme l’âme de Marie a exalté le Seigneur, et comme son esprit a exulté en Dieu son Sauveur. »

Stitched Panorama
Basilique de la Visitation. Terre Sainte

La Vierge Marie a été conçue en plénitude de grâce et nous pouvons dire avec certitude que Dieu rempli de grâce notre âme au moment de notre baptême ou après la confession des péchés. Avec la grâce nous devons faire des grandes œuvres, à l’exemple de la Vierge Marie.

En arrivant à la fin de ce temps de l’Avent et aussi à la fin de l’année, le Seigneur nous invite à faire un examen de conscience : est-ce que notre vie de chrétiens produit de véritables fruits ? est-ce que nous sommes dociles à ce que Dieu nous demande dans nos vies ?

C’est ainsi que le Seigneur veut que nous préparions notre cœur pour célébrer sa Nativité. Nous demandons cette grâce à la très sainte Vierge Marie.

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bienheureux Charles de Foucauld »