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« chaque fois que vous l’avez fait , c’est à moi que vous l’avez fait »

Solennité du Christ Roi

Lorsque le pape Pie XI instituait cette fête pour toute l’Eglise, son désir était que les mystères de la vie de Jésus-Christ commémorés au cours de l’année trouvent dans cette fête comme leur achèvement et leur couronnement et que la Liturgie proclame et exalte la gloire de Celui qui triomphe, en tous les Saints et tous les élus (Quas Primas, 19). Alors cela nous pouvons le constater au moment où nous contemplons les différents mystères de la vie de notre Seigneur, en tous Il se montre Roi, Roi en sa naissance étant vénéré par des Rois, Roi dans sa vie cachée grandissant en sagesse et en intelligence se préparant pour sa mission, Roi dans son humilité, dans sa miséricorde envers les pécheurs et ceux qui souffrent, Roi plein d’autorité devant ceux qui voulaient sa mort, Roi de vérité, Roi qui acceptait de mourir pour les siens, Roi en offrant librement sa vie en sacrifice, l’unique Roi et souverain qui a vaincu la mort et qui ne meurt jamais dans son trône de Gloire au Ciel.

C’est l’unique Roi qui aura le pouvoir de juger tous les hommes, mêmes ceux qui n’ont jamais voulu le reconnaître comme leur Roi et voilà le message que la liturgie de cette fête nous présente aujourd’hui, dans cette solennité.  

Mais, faisons un bref parcours pour voir de quelle manière la Parole de Dieu de ce dimanche nous montre la Royauté du Christ.

Le Seigneur règne en tant que berger, en tant que bon berger.

Le berger est celui qui aime les brebis et en prend soin, les protège de la dispersion, les rassemble « pour les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées.» (Ez 34, 12).

La liturgie d’aujourd’hui contient un dialogue passionnant entre le berger et le troupeau. Le berger dit: « je veillerai sur mes brebis, c’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer… Je chercherai les brebis perdues, je ramènerai celles qui sont perdues, je panserai leurs blessures, je guérirai les malades ; Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit.»(Ez 34, 15-16).

Le troupeau, toute brebis s’exprime à son tour par ces paroles: «Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien: Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.. Il me conduit vers des sources tranquilles et répare ma force; Il me guide sur le droit chemin, pour l’honneur de son nom … bonté et ta miséricorde m’accompagnent tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la maison du Seigneur pendant des années sans fin »(Ps 22 [23], 1-3. 6).

Selon les paroles de saint Jean Paul II: « C’est le dialogue quotidien de l’Église: le dialogue qui se fait entre le berger et le troupeau et dans ce dialogue mûrit le royaume «préparé depuis la création du monde» (Mt 25, 24). Le Christ Roi, en tant que Bon Pasteur, prépare son troupeau de diverses manières, c’est-à-dire tous ceux qu’il doit donner au Père «pour que Dieu soit tout en tous» (1 Co 15, 28) ».

Saint Paul dans la deuxième lecture que nous venons de rappeler nous révèle le plan de Dieu dans l’histoire de l’humanité, tout conduit à sa Gloire, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père et que le dernier ennemis, la mort soit vaincue, alors donc les élus de Dieu pour qui toute la création a été faite et l’histoire du monde est préparée, atteindront la récompense, la victoire obtenue par le Fils de Dieu, le Roi de l’Univers, pour qu’à la fin et pour toujours Dieu règne en tous.

Revenons maintenant au passage évangélique, le Seigneur prophétise son retour de Gloire pour juger toute l’humanité, alors il siégera sur son trône de gloire. Nous ne devons pas entendre cela d’un trône corporel, nous explique saint Thomas d’Aquin mais son trône, ce sont les hommes saints et les anges. En eux il trônera, car il exercera le jugement par eux. 

Il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs.

Mais pourquoi appelle-t-il les bons des brebis ? se demande encore saint Thomas. C’est pour quatre raisons. En effet, on trouve chez les brebis l’innocence. On trouve aussi la patience : Is 53, 7 : « Comme une brebis, il sera conduit à l’abattoir, et comme un agneau, il se taira devant celui qui le tond, et il n’ouvrira pas la bouche ». On voit dans cet animal encore l’obéissance, car elles se rassemblent à la voix du pasteur : Jn 10, 27 : Mes brebis entendent ma voix. On trouve enfin une abondance de fruits : comme nous recevons plusieurs fruits d’une seule brebis, ainsi abondent les fruits des bons. Ez 34, 3 : Vous buviez du lait et vous étiez habillés de sa laine.

 Par les boucs, le Seigneur désigne les ceux qui seront condamnés, nous dit toujours saint Thomas, car c’est un animal qui se promène dans les précipices. Il se donne facilement aux basses passions et possède un caractère agressif, non docile.

 « Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :  ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.

Comme le Seigneur veut dire à tous un jour : « Venez, les bénis de mon Père, héritez du royaume » (Mt 25, 34) ! Comme Il veut trouver, à la fin de l’histoire du monde, ceux à qui il pourra dire : « … j’avais faim et tu m’as donné à manger, j’avais soif et tu m’as donné à boire, j’étais un étranger et tu m’as hébergé, j’étais nu et toi tu m’as revêtu, malade et tu m’as visité, en prison et tu es venu me voir » (Mt 25, 35-36) !

Comme il veut reconnaître ses brebis par des œuvres de charité, même par une seule d’entre elles, voire pour le verre d’eau donné en son nom (cf. Mc 9, 41)!

Comme il veut rassembler ses brebis en un seul troupeau définitif, les placer « à sa droite » et dire : « recevez … le royaume préparé pour vous depuis la création du monde » !

Et pourtant, dans la même parabole, le Christ parle des boucs qui se trouveront « à gauche ». Ce sont eux qui ont rejeté le royaume. Ils ont rejeté non seulement Dieu, considérant et proclamant que son royaume anéantit le royaume indivis de l’homme dans le monde, le royaume de Dieu dérange et fait obstacle au royaume de l’homme dans ce monde, mais pourtant ils ont aussi rejeté l’homme : ils ne l’ont pas hébergé, ils ne lui ont pas rendu visite, ils ne lui ont pas donné à manger ou à boire. Ils n’ont pas accepté Dieu et ils ont méprisé l’œuvre de Dieu. C’est malheureux de constater cela en plusieurs formes de gouvernement, combien de fois pour refuser Dieu, nécessairement ils finissent par détruire les hommes.

En effet, le royaume du Christ est confirmé, dans les paroles du jugement dernier, comme un royaume de l’amour envers l’homme. La base ultime de la condamnation des mauvais sera précisément cette motivation : « chaque fois que vous ne l’avez pas fait avec un des petits, les humbles, vous ne l’avez pas fait avec moi non plus » (Mt 25, 45).

Pour conclure, saint Jean de la Croix avait dit une fois : « au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ». Et au soir de la vie de monde, au soir de l’histoire de l’humanité nous serons jugés aussi sur l’amour. A ce Roi d’amour implorons la grâce qu’Il nous trouve prêts pour ce jugement. A la Reine du Ciel nous demandons son intercession.

P. Luis Martinez IVE.

Le Christ Roi

Aujourd’hui, nous célébrons le Christ Roi de l’Univers. Ce dimanche est le dernier dimanche de l’année liturgique et de l’achèvement de l’année liturgique. L’année liturgique est un signe de l’histoire de l’homme et de l’histoire du salut, et ce dimanche est l’image de la fin des temps. Le Christ est roi, le Christ règne, et son royaume sera parfaitement accompli à la fin des temps.

Le Christ Roi et son Royaume.

Comme nous l’avons dit, le Christ est roi, le Christ règne, et son royaume sera parfaitement accompli à la fin des temps :

On pense que, pour mieux comprendre la profondeur et la réalité du Royaume du Christ, nous pouvons nous aider de sa personne même, le Christ.

Le Christ s’est fait homme, il se proclame Roi, il a été proclamé Roi et il a conquis son royaume avec la victoire de la Croix et de sa résurrection. Il était avec nous, il est avec nous et il viendra. De la même manière que le Royaume de Dieu a été proclamé par le Christ, par ses apôtres, le Royaume de Dieu est présent parmi nous, mais le Royaume de Dieu viendra aussi. Saint Jean dira dans l’apocalypse : « Il est Le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. (Cf. Ap 1, 18)

Il existe manifestement une relation entre la présence du Christ et la présence de son Royaume. Leurs présences peuvent être rendues plus parfaites. Nous disons souvent que dans l’âme d’un baptisé, le Christ habite, le Christ est présent, son royaume est là et nous disons cela aussi, mais d’une manière plus parfaite, dans une âme qui est au sommet de la sainteté, après des années de travail spirituel, le Christ et son royaume sont là, mais d’une manière plus parfaite. 

Travailler pour le Royaume de Dieu

Dans notre vie personnelle également, tout baptisé, toute personne qui vit dans la grâce de Dieu peut affirmer en toute tranquillité la présence du Christ et son royaume est dans notre âme. Non seulement une présence naturelle comme Dieu est présente dans toutes les créatures, mais aussi une présence surnaturelle par la grâce de Dieu.

Mais il est évident que nous pouvons voir en nous des défauts, des faiblesses, des péchés, des fautes… et nous devons confesser que dans cette partie de notre vie, le Christ ne règne pas encore.

On peut dire la même chose d’une société, d’une famille, d’une communauté. Malheureusement, dans de nombreux endroits, le Christ n’est même pas nommé. Mais dans certaines parties de notre société, de notre famille, de nos communautés, la lumière du Christ illumine notre quotidien. Et il veut régner pleinement.    

La plénitude du temps

Mais nous allons contempler la plénitude du règne du Christ, comme l’explique le livre de l’Apocalypse, à la fin des temps.  Dans la préface d’aujourd’hui nous allons prier « Un règne sans limite et sans fin: règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix. (Cf. Préface de la solennité du Christ Roi)

Malheureusement, comme dans de nombreux moments de l’histoire, il y a des gens qui sont des ennemis du Christ et de son Église. Ils sont invités à faire partie du Royaume de Dieu, même ils sont appelés au bonheur éternel, mais ils rejettent cette invitation. Saint Paul dira : « Les ennemis de la Croix du Christ » A la fin des temps, dans ces gens brillera la Justice de Dieu, la Justice du Christ Roi. « Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, j’avais soif, j’étais un étranger, j’étais nu, j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas assisté. » (Cf Mt 25, 31) 

Dans les âmes qui ouvrent leur cœur à la miséricorde divine, qui ouvrent leur cœur aux commandements de Dieu, dans les âmes qui s’efforcent de voir le Christ dans les nécessiteux et qui aident concrètement le Christ présent dans les petits, dans ces âmes brillera la miséricorde et l’amour du Christ Roi ; comme dit l’Évangile « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car vous m’avez assisté. » (Cf Mt 25, 31) 

Nous demandons à Marie Reine, Mère du Christ Roi, la grâce de Dieu de mieux comprendre la réalité du Royaume du Christ, de travailler pour le Royaume du Christ, dans nos vies, notre famille, notre société et d’attendre contre toute espérance la plénitude du Royaume du Christ à venir.

P. Andrés Nowakowski IVE.