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Et parce que Joseph était un homme juste…

Lire l’évangile du quatrième dimanche du temps de l’Avent  (Mt 1, 18-24)

Ce quatrième et dernier dimanche de l’Avent, prêts à célébrer la Solennité de la Nativité, la liturgie nous présente l’annonce faite par l’Ange Gabriel à saint Joseph. Tout près de Noël, l’Eglise nous fait méditer les évènements qui ont précédé la naissance de Jésus.

Marie était déjà mariée avec Joseph et pas accordée en Mariage. Il faut connaître la façon dont le peuple d’Israël du temps de notre Seigneur célébrait les mariages. Dans une cérémonie, les fiancés devenaient légalement mariés, mais pour un temps (à peu près un an) les époux demeuraient chacun dans la maison des parents. Cela explique la phrase de saint Mathieu : « Marie avait été accordée en mariage à Joseph ; mais avant qu’ils aient habité ensemble » et ce qui suit.

Par rapport à tout cet épisode de l’évangile, son interprétation est parfois un peu difficile ; parce que certains ont tendance à penser que saint Joseph a douté de la fidélité de Marie, une pensée qui était déjà présente en quelques pères de l’Eglise. Aujourd’hui, dans un monde où souvent l’honneur et la vérité n’ont pas de valeur, la pensée de plusieurs commentateurs se dirige aussi vers ce type de commentaires qui affirment que saint Joseph a mis en doute –l’innocence de la Vierge, et ils arrivent même parfois à employer un langage qui n’est pas du tout correct en parlant de choses de Dieu et de son Mystère.

L’autre interprétation dit simplement que Joseph, connaissant le mystère auquel il allait participer, avait décidé de s’éloigner de Marie. Et nous pouvons faire une petite explication de cette deuxième interprétation.

L’évangile nous dit que « Joseph, l’époux de Marie, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement et décida de la renvoyer en secret.»

La première chose à signaler c’est le fait de qualifier saint Joseph comme « homme juste ».

Qu’est-ce qu’un homme juste dans la Bible et selon le langage biblique ?

Un homme juste, c’est un homme qui connaît Dieu, qui l’aime de tout son cœur, et qui s’applique à faire sa volonté ; c’est un homme « ajusté » à Dieu, à sa sainte Volonté, c’est-à-dire c’est celui qui règle son action en référence à la Parole de Dieu, à ses commandements et à ses lois.

Alors, s’il s’agit d’un homme juste, dans le doute d’infidélité, il aurait dû chercher à prouver cela pour après accomplir ce que la loi juive prévoit pour les femmes infidèles, c’est-à-dire d’être lapidée.

Pourtant, cet homme juste décide d’agir d’une façon différente ; ni il ne la dénonce ; ni il ne décide de la renvoyer, ou de la laisser.

Alors, on pourrait dire que saint Joseph a fait cela parce qu’il aimait beaucoup Marie ? Ce n’est pas celle- la, la raison principale et la plus importante, la raison donnée par l’évangile c’est que « Joseph était un homme juste » (comme dire : parce qu’il était un homme juste). En ayant cette attitude, Joseph nous montre qu’il considère en fait que son épouse n’est pas coupable d’un péché.

Alors… pourquoi donc  prend-il cette décision de rompre le lien avec Marie si elle n’est pas coupable ?

Ecoutons d’abord ce qui dit saint Jérôme :

« Comment Joseph est-il déclaré juste, si l’on suppose qu’il cache la faute de son épouse ? Loin de là : c’est un témoignage en faveur de Marie. Joseph, connaissant sa chasteté, et bouleversé par ce qui arrive, cache, par son silence, l’évènement dont il (perçoit le grand) mystère. » (St Jérôme, sur Mt 1. 1, PL 26, 24).

Saint Bernard nous dit aussi : « Pourquoi Joseph voulut-il renvoyer Marie ? Prends cette interprétation, qui n’est pas la mienne mais celle des Pères : Joseph voulut la renvoyer pour la même raison qui faisait dire à Pierre : ‘Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur’ ; et au Centurion : ‘Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit’. Pierre trembla devant la puissance divine et le Centurion trembla en présence de la Majesté. Joseph fut saisi de crainte – comme il était humainement normal – devant la profondeur du mystère ; c’est pourquoi il voulait renvoyer Marie secrètement. » (St Bernard, Hom 2 sur le Missus est, PL 183, 68).

Saint Joseph est devant un grand mystère, qu’il apprend peut-être par Marie qui lui communique ce fait prodigieux , c’est-à-dire qu’elle va concevoir cet enfant par l’œuvre de l’Esprit Saint. Il rentre dans ce moment que la spiritualité appelle la nuit obscure, c’est le moment où Dieu veut nous faire grandir dans la foi et notre nature souffre parce qu’elle doit s’adapter à cette nouvelle vie que l’Esprit lui propose.

Alors, contrairement à ce que la traduction semble dire, l’Ange n’apprend pas à Joseph que l’enfant conçu dans le sein de Marie vient de l’Esprit Saint, ce que l’Ange vient plutôt apprendre à Joseph, c’est que Dieu a besoin de lui pour accomplir pleinement son dessein.

Non seulement Dieu ne demande pas à Joseph de s’éloigner, mais il lui demande tout au contraire de rester et de prendre Marie pour son épouse (et comme conséquence d’introduire l’enfant dans sa « maison », dans sa famille) ; puis de donner son nom à l’enfant – ce qui revient, selon la coutume sémitique, à assumer la paternité légale de l’enfant. C’est la raison pour laquelle l’Ange interpelle Joseph par l’expression « Fils de David » : pour lui rappeler que le Messie doit s’inscrire, selon le Plan de Dieu annoncé par les prophètes, dans la descendance de David. Et que c’est par Saint Joseph que Jésus deviendra Fils de David, et accomplira en sa personne les promesses de Dieu. C’est Joseph qui est chargé de donner le nom à l’enfant. Et dans la Bible, donner le nom, c’est vraiment lui donner existence, la mission, la vocation.

Si Jésus n’est pas Fils de David, il ne pourra être reconnu par son peuple comme le Messie. C’est par Joseph que Jésus va pouvoir être reconnu comme le Messie annoncé. Cela est très bien exprimé dans la généalogie de Jésus qui ouvre l’Evangile de Saint Matthieu quelques versets avant le texte évangélique de ce dimanche, où l’on voit bien que Jésus est Fils de David par Joseph, et non par Marie.

Faisant une traduction plus directe du grec, nous devons lire le texte de Matthieu (1, 21-22) comme suit : « Certes, l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; mais toutefois, elle mettra au monde un fils auquel TU (il s’agit de Joseph, évidement) donneras le nom de Jésus. »

Le mystère s’éclaircit maintenant et Joseph, c’est Dieu qui envoie son Ange pour confirmer et pour lui demander son consentement, et ainsi avec toute sa liberté, comme Marie avait donné son Fiat, lui aussi doit donner le sien, son « Oui » pour que l’œuvre de l’Incarnation se réalise dans le monde ; la participation de saint Joseph ne sera pas simplement celle d’un simple père pour assurer la dignité de Marie. Sa vocation dépasse aussi largement celle de simple « père nourricier » de l’Enfant-Jésus et d’époux de Marie. Dans ce dessein de Dieu saint Joseph participe au mystère de Dieu « incarné et fait homme » et à la Maternité divine de son Epouse, saint Joseph c’est le premier grand contemplatif des grands mystères de Dieu.

Saint Jean Paul II a dit : « Pour saisir la signification et le don de grâce de Noël, désormais imminent, nous devons donc nous mettre à l’école de la Mère de Dieu et de son époux Joseph, que nous contemplerons dans la crèche en adoration pleine d’extase du Messie nouveau-né ».

A l’exemple de saint Joseph demandons la grâce d’une foi ferme : « croire signifie vivre dans l’histoire en étant ouverts à l’initiative de Dieu, à la force créatrice de sa Parole, qui s’est faite chair dans le Christ, s’unissant pour toujours à notre humanité ». Pensons que le plan de Dieu touche toujours aussi notre vocation, parents, époux, épouses, enfants, jeunes, laïcs, religieux et prêtres. Pensons aussi que nous pouvons interférer ce plan de Dieu avec nos péchés mais aussi avec nos critères et nos jugements trop humains. Nous pouvons aider ou parfois, empêcher que les desseins de Dieu se réalisent dans nos vies et dans la vie des autres. Cherchons à accomplir ce que Dieu veut de nous, ne soyons pas un obstacle à l’œuvre de Dieu qui se manifeste dans des grands et de petits signes.

Apprenons l’essentiel de la personnalité de saint Joseph: c’est un homme ouvert à l’écoute de Dieu dans la prière.  On peut définir Joseph comme un authentique homme de foi, comme son épouse Marie. La foi conjugue justice et prière, et telle est l’attitude la plus adaptée pour rencontrer l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous.

Que la très sainte Vierge Marie et saint Joseph nous donnent cette grâce.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

« Tu marcheras mieux sur le chemin du bien si le mal n’est pas couvert à tes yeux »

Lire l’évangile du troisème dimanche du temps de l’Avent  (Mt 11, 2-11)

Ce dimanche, nous célébrons le dimanche appelé de « Gaudete », mot qui veut dire « Réjouissez-vous » ; c’est parce que l’antienne d’ouverture (que nous avons remplacée par le chant d’entrée, commence avec ce mot, pris d’un verset de la lettre aux chrétiens de Philippe) : « Soyez toujours joyeux dans le Seigneur ! Je vous le répète : soyez joyeux. »

L’Eglise nous rappelle encore dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, celle de la lettre de saint Jacques, cet esprit de paix et de joie, traduit par le mot « patience » ; prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche. Alors, il est intéressant de voir ce mot en grec,  hypomoné. Et sa signification est loin de ce que certains de nous peuvent penser par rapport à la patience, parce qu’elle est parfois interprétée comme une résignation aux bras croisés à un malheur qu’on ne peut pas éviter. Tandis que ce mot «hypomoné » désigne plutôt le fait d’avoir un cœur héroïque, un cœur qui est capable de défier et de lutter contre les vagues agitées des doutes, des souffrances et des adversités de la vie, afin de les dépasser et de surgir de l’autre part, plus fort qu’il ne l’était auparavant.

Mais, d’après les deux autres lectures, nous pouvons appeler ce troisième dimanche « le dimanche des Prophètes ». Dans la première lecture on retrouve aujourd’hui ainsi le prophète Isaïe, il annonce la venue de Dieu sauveur « Il vient lui-même et va vous sauver », et c’est la prophétie comme nous le savons, du nom de Jésus c’est-à-dire « Dieu sauve ». Quant à l’évangile, saint Mathieu nous présente le dernier des prophètes, Saint Jean Baptiste mais non dans son ministère, plutôt à la fin de sa vie, dans la prison, nous sommes dans le chapitre 11 de l’évangile de Mathieu.

Jean Baptiste, déjà prisonnier du Roi Hérode, envoie ses disciples demander au Seigneur si c’est lui le Messie ou s’il fallait attendre un autre. Certains se demandent comment saint Jean pouvait ignorer qui était Jésus, s’il l’avait signalé comme l’Agneau de Dieu dans le fleuve du Jourdain ? La réponse nous est donnée par saint Jérôme : « ce n’est point par ignorance qu’il interroge, mais de la même manière que le Sauveur demandait en quel endroit le corps de Lazare avait été déposé, afin de préparer ainsi à la foi ceux qui lui indiquaient le lieu de sa sépulture, et de les rendre témoins de la résurrection d’un mort. C’est ainsi que Jean-Baptiste, sur le point d’être mis à mort par Hérode, envoie ses disciples à Jésus-Christ, pour qu’ils aient occasion de voir ses miracles et ses prodiges, et qu’ils puissent croire en lui, et s’instruire eux-mêmes en l’interrogeant au nom de leur maître » (Catena Aurea de saint Thomas d’Aquin, Sur saint Mathieu).

Après donc que les disciples de saint Jean soient repartis le Seigneur fait un éloge de ce grand prophète, plus qu’un prophète en fait, parce qu’il a indiqué de son doigt le Messie. On peut dire qu’il est le dernier de tous les prophètes de l’Ancien Testament, mais il est aussi déjà dans la nouvelle alliance, c’est cela que le Seigneur veut dire dans les paroles avec lesquelles finit l’évangile de ce dimanche.

Ce héros, selon le Seigneur, ne s’agitait pas devant les différentes opinions, comme le roseau agité par le vent, il ne s’adapte pas à ce que propose le monde.

Saint Jean était convaincu de ce qu’il était, il connaissait par ailleurs sa mission, le baptiste était convaincu de ce qu’il fallait faire pour préparer la venue du Seigneur, et il vivait en conséquence.

Bien que soit grande, la distance qui existe entre la sainteté de saint Jean et la sainteté que nous recherchons à vivre comme chrétiens, sa vie nous laisse pourtant un grand enseignement que nous pouvons saisir: nous devons être conscients de ce que nous sommes, soit devant Dieu, soit devant les hommes, soit devant nous-mêmes. Nous devons avoir surtout une grande connaissance de nous-mêmes pour progresser dans la connaissance de la Vie de Dieu en nous. Comme saint Jean, dès qu’on lui a posé la question sur qui il était, il a répondu : « je suis la voix qui crie dans le désert.»

Il est bien connu dans l’histoire de l’Eglise  que Saint Bernard écrivait des lettres au pape de son temps, le pape Eugène. Parmi d’autres recommandations qu’il lui donnait par rapport à la charge comme guide de toute l’Eglise, Saint Bernard lui adressait ce grand conseil sur Eugène lui-même : « rien ne sert de connaître tous les mystères si vous ignorez qui vous êtes. Que la considération de toute chose commence en vous-même et qu’en vous elle finisse ».

Alors, quelle est la façon de se connaître soi-même ? Il s’agit d’une connaissance très vaste, il s’agit par exemple de connaître nos forces, nos intentions, les talents, mais aussi nos faiblesses, nos points faibles comme personnes et comme chrétiens… les penchants ou les inclinaisons à certains péchés, etc.

Par rapport à tous les avantages que nous apporte cette connaissance de nous-mêmes, il y en a plusieurs.

C’est peut être assez étonnant mais cette connaissance nous aide à la pénitence, rappelons-nous que le Seigneur nous dit « mais si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous de même » Lc. 13, 1. La pénitence est donc nécessaire pour nous sauver. Alors quelle pénitence pouvons-nous faire si nous ignorons ce que nous faisons de mal ? Et si c’est le cas, il y a en conséquence un manque de connaissance de nous-même.

Elle nous est utile aussi pour savoir réparer nos fautes, par exemple une méconnaissance de nous-mêmes nous pousse généralement à l’orgueil, et par là vient aussi le mépris nos frères et sœurs, soit par des gestes, soit par les paroles (voir la médisance).

Elle nous sert dans notre connaissance de Dieu, devant la majesté de Dieu notre petitesse apparait de manière plus qu’évidente. Ce qui faisait dire à Sainte Catherine de Sienne : « devant Dieu je ne suis que rien plus les péchés ». Nous le savons, le premier pas vers la sainteté est donc de vivre une authentique humilité.

Mais, il ne s’agit pas de considérer seulement l’aspect négatif dans tout ce qu’implique notre propre connaissance.

Cette considération ne s’arrête pas en nous-mêmes, ni dans ce qui nous manque ; dépassant cela elle arrive à voir le pouvoir de Dieu en nous qui nous pousse malgré nos faiblesses à faire des grandes choses pour Lui : « Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force » (Philp. 4, 13).

Nous devons reconnaître en plus la valeur de notre âme pour la protéger des dangers, une vérité très belle exposée par saint Paul : Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous. (2 Cor 4,7)

Faisant le commentaire de la Genèse lorsque le livre dit que tout arbre produisait le fruit selon son espèce, Saint Ambroise écrivait : « Et toi homme, tu dois produire selon la nature que Dieu t’a donnée, et comme dit saint Paul, tu appartiens à la race de Dieu ».

Enfin, le fait d’arriver à avoir une bonne connaissance personnelle (défauts, mauvaises inclinations, dons, talents) nous aide énormément soit dans le service de Dieu, soit devant nos frères et sœurs, à accomplir de façon la plus sainte que possible notre devoir d’état. Saint Bernard disait au pape Eugène : « avoir cette connaissance c’est comme se mettre devant un miroir, sans que rien ne soit caché. Tu marcheras mieux sur le chemin du bien si le mal n’est pas couvert à tes yeux ».

Finalement quels moyens avons-nous pour approfondir cette connaissance ?

D’abord, comme il est évident, un sincère et habituel examen de conscience.

Saint Ignace dit que le démon se comporte parfois avec nous comme un ennemi qui veut occuper une ville, « il rôde sans cesse autour de nous ; il examine de toutes parts chacune de nos vertus théologales, cardinales et morales, et, lorsqu’il a découvert en nous l’endroit le plus faible et le moins pourvu des armes du salut, c’est par là qu’il nous attaque et qu’il tâche de remporter sur nous une pleine victoire ». Cet examen de conscience sera donc plus utile dans notre vie, lorsqu’il se fera plus objectif, travaillant pour enlever le défaut, ou le péché où nous tombons le plus régulièrement, ou à l’opposé, une vertu qu’on a pas tout à fait acquise dans notre vie spirituelle.

En général aussi savoir ce que nous sommes par nature, un corps qui va se corrompre avec la mort (et cela doit éloigner toute vanité de nous-mêmes) et une âme qui est immortelle et pour laquelle nous devons travailler pour qu’elle se sauve.

Une connaissance de ce que nous sommes par vocation : « chrétiens » et en tant que chrétiens nous avons de grands droits mais aussi de grandes obligations.

Une connaissance de ce que nous sommes dans ce monde : ce que nous devons accomplir comme mission, avoir une conscience claire de ce que notre mission est toujours quelque chose qui regarde la vie Eternelle.

Demandons à Saint Jean Baptiste et à la très Sainte Vierge Marie la grâce d’une bonne connaissance de nous-mêmes et d’une vie tout orientée vers le Christ.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné