“Et ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent des présents, de l’or, de l’encens et de la myrrhe”
Math. 2, 2.
Ils se prosternent et ils adorent. Sur quoi saint Augustin s’écrie : « O enfance, à qui les astres sont soumis! A qui donc est cette grandeur et cette gloire, pour qu’à l’aspect de ses langes, les Anges fassent des veilles, que les rois tremblent, que les sages tombent à genoux? Je suis dans la stupeur, car, je vois de pauvres bergers et je devine le ciel; je brûle d’amour quand je vois, dans une crèche, un petit pauvre, et qui cependant domine les astres. Que la foi nous soutienne, car la raison défaille ».
Et ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent des présents, de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
L’or s’entend de la sagesse céleste. Saint Bernard écrit : « Vous avez assurément trouvé la sagesse, si vous pleurez vos péchés passés, si vous dédaignez les avantages du monde, si vous désirez de toute votre âme la vie éternelle. Vous avez trouvé la sagesse, si chacune de ces choses ont pour vous le goût qu’elles ont en elles-mêmes, si elles sont amères et tout à fait détestables ».
L’encens, c’est la prière et la dévotion. Que ma prière soit devant vous comme l’encens (Ps. 141); c’est-à-dire un encens qui brûle sur le feu de la charité. Le danger pour la prière, c’est qu’elle soit timide, tiède ou téméraire. Timide, elle ne pénètre pas le ciel car, une crainte exagérée rétrécit le cœur et l’empêche de lancer sa prière. Tiède, elle languit dans son ascension et n’a pas de vigueur. Téméraire, elle monte, mais elle retombe; elle rencontre de la résistance; non seulement elle n’obtient pas, mais elle est une offense : tandis que la prière fidèle, humble et fervente, pénètre le ciel et ne saurait revenir vide.
La myrrhe, c’est la mortification. « De mes mains a découlé la myrrhe et mes doigts étaient pleins de la myrrhe la plus précieuse (Cantique des cantiques 5, 5), paroles que saint Grégoire commente ainsi : « Les mains, ce sont les actes vertueux; les doigts, c’est la discrétion dans l’action. Les mains distillent la myrrhe quand la chair est châtiée par les œuvres vertueuses; mais les doigts sont dits pleins de myrrhe précieuse, quand la mortification se fait avec discrétion ». Et il dit des trois présents symboliques : « Au roi, nous offrons l’or si, en sa présence, nous resplendissons de l’éclat de la divine sagesse; nous offrons l’encens, si nous consumons sur l’autel de notre cœur les pensées de la chair par le saint zèle de l’oraison, afin que nos désirs célestes soient un parfum pour lui; nous offrons la myrrhe, si nous mortifions la chair par l’abstinence ».
Saint Thomas d’Aquin Sermon