La prière est nécessaire

Saint Alphonse Marie disait : « celui qui prie, se sauve ; et celui qui ne prie pas se condamne. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever.
La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,
et expulsant les démons.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Dimanche 2015-02-08

La priRosario en manoère :

En ce texte nous voyons différents sujets. Nous parlerons de la nécessité de la prière. Combien nous avons besoin de la prière!

Le texte nous avons écouté dit: « Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. »

Notre Seigneur avait beaucoup de travail apostolique, (parce qu’Il avait et Il a la mission de sauver le monde) mais il consacrait le début de la journée à la prière.

Ainsi nous pouvons voir comment la prière est-elle nécessaire dans la vie des Chrétiens. Dans cet aspect Jésus nous donne l’exemple.

Nous verrons deux points : 1. La prière est nécessaire parce qu’elle est un précepte. 2. Et la prière est nécessaire parce qu’elle est un moyens pour arriver au ciel.

  1. La prière est nécessaire parce qu’elle est un précepte. Un précepte donné par Dieu, pour la même façon d’être de l’homme, c’est-à-dire la nature humaine; et pour l’Eglise, pour nous aider dans le chemin vers le ciel.

Par fois, et souvent, les préceptes faits par les hommes n’ont pas de raison d’être, et par fois ils vont contre la nature de l’homme. Mais les préceptes que nous donne Eglise, spécialement les préceptes divins sont pour (ils ont une finalité) : pour nous aider dans le chemin vers le ciel.

La prière est un précepte divin :

Par exemple, notre Seigneur a enseigné :

  • Mt 26, 41 « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation»
  • Lc 18,1 « Jésus dit encore une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager »
  • Mt 7,7 « Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte. Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s’ouvrira. » 

Aussi Saint Paul dit aux thessaloniciens:

 1 thessaloniciens 5 17 « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche»

 La prière appartient à la nature de l’homme :

L’homme, c’est à dire nous, nous sommes pleins de misères, de souffrances, de nécessités etc. Et souvent l’unique qui peut nous consoler, qui peut nous aider c’est Dieu. Pour cela notre raison naturelle nous donne le précepte de la prière.

La prière est un précepte donné aussi par l’Eglise:

L’Eglise (le Corps Mystique du Christ) comme mère de tous les croyants nous demande de prier, pour nous aider dans le chemin vers la sainteté. Par exemple : les sacrements, baptême, la messe, la confessiJean Paul II en priant 2on; pour  les prêtres,  la liturgie des heures, etc.

Nous devons dire ainsi que la prière est un précepte, divin, naturel et ecclésiale, et qu’en conséquence nous devons prier de manière fréquente, fréquemment. Mais il faut aussi dire qu’il y a d’autres moments où nous devons prier à cause de ces préceptes:

  • La tentation : Le moment où nous sommes tentés. Il y a des tentations que nous ne pouvons vaincre que par la prière. Il faut donc prier.
  • Pour aider notre prochain. Il faut prier, pour la paix, les malades, pour ceux qui sont en train de se préparer pour la rencontre avec Notre Père qui est au ciel, etc.
  1. Et la prière est nécessaire parce qu’elle est un moyen pour arriver au ciel.

Il faut faire encore une petite distinction :

  • Il y a de moyens qui sont nécessaires pour arriver au ciel, par institution divine : par exemple, le baptême.
  • Il y a de moyens qui sont nécessaires pour arriver au ciel par eux- mêmes : par exemple, la grâce de Dieu. La grâce est le vêtement de noces de l’agneau.

La prière est nécessaire parce qu’elle est un moyen pour arriver au ciel. Mais elle est un moyen qui a été institué par Dieu. Dieu veut que nous demandions des choses concrètes pour arriver au salut éternel, il y a des choses que nous ne pouvons pas atteindre sans l’aide de Dieu.

Par exemple :

  • La persévérance en la foi.
  • La persévérance dans la vocation (soit des personnes mariées, soit des personnes consacrées, etc.)
  • La persévérance finale (c’est-à-dire qu’au moment de notre mort nous sLa prièreoyons en grâce de Dieu).

Dieu veut que nous demandions ces grâces, et Dieu ne donne pas habituellement la grâce de la persévérance sinon que par l’humilité et par la prière. Comme nous le constatons donc, la prière est un moyen institué par Dieu pour arriver au ciel.

En ce sens, dans ce contexte Saint Alphonse Marie disait : « celui qui prie, se sauve ; et celui qui ne prie pas se condamne. »

Pour finir, mépriser la prière est signe de que nous ne sommes pas en train de marcher vers la sainteté. Mais ce que je dirai sert à notre consolation, si nous aimons la prière (si nous cherchons le temps pour la faire, etc.) c’est un signe de que nous sommes en train de marcher vers Dieu.

(D’après A. Royo Marin “Théologie de la perfection Chrétienne”)

Notre Père qui es aux cieux. Troisième Partie

CieuxCes paroles, adressées à notre Père : Qui es aux cieux nous donnent, au moment de la prière, un triple motif de confiance, confiance qui repose :
  1. sur sa puissance,
  2. sur l’amitié de ce Dieu, que nous invoquons et
  3. sur la convenance de notre demande.
  4. a) La puissance du Père que nous implorons nous est suggérée par l’expression : Qui es aux cieux, si, par les cieux, nous entendons les cieux matériels et visibles.

Sans doute Dieu n’est pas renfermé dans ces cieux matériels ; Il le déclare en Jérémie (23, 24) : Je remplis le ciel et la terre. On dit toutefois : « Il est dans les cieux », pour insinuer et la vertu de sa puissance et la sublimité de sa nature.

Contre ceux qui affirment : tout arrive nécessairement par l’influence des corps célestes, si bien qu’il est inutile de demander quoi que ce soit à Dieu par la prière, – quelle sottise ! – nous disons à Dieu : « qui es dans les cieux » et tu y es, par la vertu de ta puissance, comme le Maître de ces mêmes cieux et des étoiles, suivant cette parole (Ps. 102, 19) Le Seigneur a préparé son trône dans le ciel.

C’est également contre ceux qui dans leurs prières se construisent et se composent des images corporelles de Dieu et à leur intention, que nous disons : Qui es aux cieux.

En fait, par ce qu’il y a de plus élevé dans les choses sensibles, nous leur montrons la sublimité de Dieu, surpassant tellement toutes choses, y compris le désir et l’intelligence des hommes, que tout ce que l’on peut penser et désirer est inférieur à Dieu. C’est pourquoi il est dit dans Job (32, 26) : Dieu est grand et dépasse notre science, et le Psalmiste écrit (Ps. 112, 4) : Le Seigneur est élevé au-dessus de toutes les nations, et Isaïe déclare (40, 18) : A qui avez-vous égalé Dieu ?

Plusieurs ont prétendu que Dieu, à cause de son élévation, ne prend pas soin des choses humaines. Il faut au contraire penser qu’il est proche de nous, bien plus, qu’il est présent intimement en nous. Cette familiarité de Dieu avec l’homme nous est signifiée par ces paroles de la Prière Dominicale : Toi, qui es dans les cieux, à condition de l’entendre ainsi : Toi, qui es dans les saints. Les saints en effet sont des cieux, d’après cette parole du Psaume 18 (Vers. 2) : Les cieux racontent la gloire de Dieu. Il est dit aussi en Jérémie (14, 9) : Tu es en nous, Seigneur.

Alors, cette intimité de Dieu avec les hommes nous inspire deux motifs de confiance quand nous prions le Seigneur :

Le premier s’appuie sur cette proximité divine, que le Psalmiste montre par ces paroles (Ps. 144, 18) : Le Seigneur est proche de ceux qui l’invoquent. C’est pourquoi le Seigneur nous donne cet avertissement (Mt 6, 6) : Pour vous, quand vous priez, entrez dans votre chambre, c’est-à-dire, dans l’intérieur de votre cœur.

Le deuxième motif de confiance repose sur le patronage des saints, par l’intercession desquels nous pouvons obtenir ce que nous demandons. Job (5, 1) dit en effet : Adressez-vous à quelqu’un des saints, et saint Jacques (5, 16) : Priez les uns pour les autres, afin d’être sauvés.

Si, en disant au Père céleste : vous, qui es aux cieux, nous pensons que les cieux désignent les biens spirituels et éternels, objet de la béatitude, alors notre désir des choses célestes s’enflamme. Notre désir doit en effet tendre là où est notre Père, car là aussi est notre héritage. Saint Paul dit aux fidèles : Cherchez les biens d’en haut (Col 3, 1) et saint Pierre (1 Pierre 1, 4) nous parle de cet héritage incorruptible qui nous est réservé dans les cieux.

La pensée que le Père est notre Bien spirituel éternel, l’objet de notre béatitude, nous invite avec force à mener une vie céleste, afin que nous lui devenions conformes : comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel, déclare en effet l’Apôtre (l Co 15, 48).

Ces deux choses, – le désir de la béatitude du ciel, et une vie céleste, – nous disposent incontestablement à bien prier le Seigneur et à lui adresser une oraison digne de sa Majesté.

Saint Thomas d’Aquin
Commentaire au Notre Père