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« Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière »

Ascension
Voici quelques belles réflexions que nous apprend saint Thomas d’Aquin sur le mystère de l’Ascension du Seigneur:

L’ascension a retiré aux fidèles la présence corporelle du Christ ; cependant, par sa divinité, le Christ reste toujours présent parmi eux. Aussi dit-il lui-même en S. Matthieu (28, 20) : « Voici que je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles.  » Celui  » qui est monté aux cieux, dit S. Léon n’abandonne pas ceux qu’il a adoptés.  » Mais l’ascension du Christ qui nous a privés de sa présence corporelle, nous a été plus utile que ne l’aurait été cette présence elle-même, pour les raisons suivantes :

1° Elle augmente notre foi, qui a pour objet ce qu’on ne voit pas. Le Seigneur lui-même dit en S. Jean (16, 8) que l’Esprit Saint, lorsqu’il sera venu,  » convaincra le monde au sujet de la justice « , la justice  » de ceux qui auront cru », remarque S. Augustin :  » car la comparaison des fidèles avec les infidèles est par elle-même la condamnation de ces derniers « . Aussi le Seigneur ajoute-t-il :  » je vais au Père, et vous ne me verrez plus.  » S. Augustin reprend :  » Bienheureux ceux qui ne voient pas et qui croient. Ce sera donc par notre justice que le monde sera condamné, car vous croirez en moi sans me voir.  »

2° Elle relève notre espérance. Le Seigneur déclare (Jn 14, 3) :  » Lorsque je m’en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi.  » Et le Christ, en emmenant au ciel la nature humaine qu’il avait prise, nous a donné l’espoir d’y parvenir, car  » partout où sera le corps s’assembleront les aigles  » (Mt 24, 28). Et Michée (2, 13) avait prophétisé  » Il monte en frayant le chemin devant eux.  »

3° Elle dirige vers les réalités célestes l’affection de notre charité :  » Recherchez les choses d’en haut, où le Christ demeure assis à la droite de Dieu ; affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles de la terre  » (Col 3, 1). Car, d’après S. Matthieu,  » où est ton trésor, là aussi est ton cœur « . L’Esprit Saint étant l’amour qui nous ravit vers les réalités du ciel, le Seigneur dit aux disciples (Jn 16, 7) :  » Il vous est bon que je m’en aille car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai.  » Ce que S. Augustin commente ainsi : « Vous ne pouvez saisir l’Esprit Saint tant que vous persistez à connaître le Christ selon la chair. Lorsque le Christ se fut éloigné corporellement, non seulement l’Esprit Saint, mais encore le Père et le Fils leur furent présents spirituellement.  »

Somme Théologique  Q. 57, art. 1, ad 3.