“Que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père”
Philip. 2,11
Notre Mission en Ukraine
https://youtu.be/80kC3gxnh9A
https://youtu.be/80kC3gxnh9A
Dans les deux demandes précédentes, le Seigneur nous apprend à implorer le pardon de nos péchés, et il nous montre comment échapper aux tentations. Ici, il nous enseigne à demander d’être préservés du mal.
Cette demande est générale. D’après saint Augustin, elle vise les différentes espèces de maux, à savoir les péchés, les maladies, les afflictions. Nous avons déjà parlé du péché et de la tentation ; il nous reste à traiter des autres catégories de maux, c’est-à-dire de toutes les adversités et afflictions de ce monde.
De ces adversités et de ces afflictions, Dieu nous délivre de quatre manières.
Cependant, Dieu accorde parfois à tel ou tel de n’être pas affligé par le mal. Quand, en effet, il le sait incapable de supporter l’épreuve, il agit comme un médecin, qui évite de donner à un grand malade des médecines violentes. Voici, dit le Seigneur (Ap 3, 8), que j’ai mis devant toi une porte ouverte, que nul ne peut fermer, et ce, à cause de ton défaut de vigueur.
Dans la patrie céleste, il en va tout autrement. Nul n’y est affligé. C’est la loi générale pour tous les élus. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, est-il dit dans l’Apocalypse (7, 16-17), et jamais ne les accablera le soleil ni aucun vent brûlant. Car l’Agneau qui est au milieu du trône les fera paître et les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
Les tribulations sont en effet données aux saints pour leur bien, pour leur faire mériter la couronne de gloire ; et c’est pourquoi, loin de demander d’être délivrés des tribulations, les saints font leurs les paroles de l’Apôtre (Rom 5, 3) : Non seulement nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu, mais nous nous glorifions encore dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la constance. Et ils répètent la prière du livre de Tobie (3, 12) : Au temps de la tribulation, Dieu de nos Pères, vous pardonnez les péchés de ceux qui vous invoquent.
Dieu donc délivre l’homme du mal et de la tribulation, en transformant tribulation du mal en bien ; et c’est là le signe d’une sagesse consommée, puisqu’en effet il appartient au sage d’ordonner le mal au bien. Dieu y parvient, en donnant à l’homme la grâce d’être patient dans ses tribulations. Les autres vertus se servent des biens, mais la patience est seule à tirer profit des maux ; euxseuls donc la rendent nécessaire. C’est pourquoi sa nécessité apparaît seulement au milieu des maux, c’est-à-dire dans les adversités. Nous lisons en effet dans les Proverbes (19, 11) : La sagesse d’un homme, vous la reconnaîtrez à sa patience, qui lui fait ordonner le mal au bien.

C’est pourquoi l’Esprit-Saint nous fait adresser cette demande au Père, par le don de la sagesse. Grâce à ce don, nous parvenons à la béatitude, à laquelle nous ordonne la paix. La patience, en effet, nous assure la paix dans l’adversité comme dans la prospérité. C’est pourquoi les pacifiques sont appelés fils de Dieu. Ils sont, en effet, semblables à Dieu. A eux, comme à Dieu, rien ne peut nuire, ni la prospérité, ni l’adversité. Bienheureux donc les pacifiques, ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5, 9).
Le mot Amen est la réaffirmation générale des sept demandes de l’Oraison dominicale.
Commentaire au Notre Père
Saint Thomas d’Aquin